Au volant de la Lotus Elan +2, la “spacieuse” qui a su rester sportive

La Lotus Elan, c’est un mythe pour beaucoup. Une petite deux places prête à s’encanailler et à devenir une bête de course une fois (à peine) préparée. Mais il y a aussi dans la gamme la Elan +2, une auto étirée, et conçue pour être luxueuse et spacieuse… et qui a su rester une vraie sportive et une vraie Lotus !

L’histoire de la Elan +2

La Lotus Elan+2 est née du désir de Colin Chapman de conserver comme clients les jeune père de famille ayant du, a contre cœur se séparer de leur petite Elan, tout simplement. En même temps, Lotus pouvait attirer une nouvelle clientèle plus désireuse de confort et de luxe, pas forcément le point fort des routières de la marque à cette époque.

Preuve de cette évolution pour la marque, le concept de « Total Mobility » qui est proposé a l’époque. Il vous donne droit pour le prix d’une Rolls-Royce Silver Shadow, de posséder, un avion Piper Cherokee 140, une Elan +2 et un mini vélo ! Chez Lotus, on ne se moque pas de vous.

C’est donc en 1967 que la Lotus Elan+2 vit le jour alors qu’on était déjà dans la cinquième année de production de la Elan. Elle fut produite durant huit ans (jusqu’en 1974) à 5168 exemplaires dans trois déclinaisons entre septembre 67 et la fin 74.

Tout d’abord la +2 équipé du Twin-Cam de 1558 cm³ développant 118 ch. Puis à partir de mars 69 la +2S est ajoutée au catalogue avec un équipement plus poussé. En janvier 71, elle adopte le Twin-Cam “big valve” qui équipe la Elan Sprint et qui développe quand a lui 126 ch, l’auto est rebaptisée +2S 130. Enfin c’est en octobre 1972 qu’apparaît la version ultime de ce modèle, la Elan+2S 130/5 ! Oui, le 5 est bien là pour cinq rapports, mais c’est optionnel.

À partir de 1974 (fin de production de la Elan) sortent des modèles tels que la Eclat, dérivé plus spacieux de la Elite 75 toujours dans cet idée de monter en gamme… Mais faute de moyen suffisant, la réussite n’est pas au rendez-vous.

Notre Lotus Elan+2 du jour

Une ligne plus qu’originale

C’est un modèle de 1968 auquel je vais avoir droit aujourd’hui ! C’est en douceur que xe fait la rencontre avec cette petite +2. Au premier abord le dessin de Ron Hickman est plutôt réussi, doux, mais suffisamment sportif pour y reconnaître une lotus.

Le profil de l’auto est élancé sans pour autant être ultra agressif. Sur le bas de l’aile avant on peut apercevoir un petit badge « Elan +2 » qui, accompagné de cette discrète mais élégante prise d’air sur la custode, vient épicer cette ligne plutôt sage. En regardant de plus près l’écrou central, typique sur une sportive de cette époque attire l’œil, planté au milieu de ces jantes en tôle de 13 pouces.

La face avant, quand à elle, reprend les codes de la Elan “classique”. C’est donc plutôt aérodynamique, avec des phares escamotable, le top à l’époque ! Le pare-choc en chrome qui surmonte l’entrée d’air du radiateur est bien intégré et du plus belle effet.

Pour l’arrière c’est un peu la même histoire que pour l’avant, ça ressemble fortement à la Elan, mais en étiré. Des petits feux, un échappement central, c’est discret et élégant.

Dans l’ensemble la carrosserie en fibre de notre petite anglaise est sage mais agréable à regarder dans cette livrée rouge a toit blanc.

Intérieur : grand luxe… par Lotus

Passons à l’intérieur, dès l’ouverture de la petite portière, une ambiance contrastée s’installe, c’est à la fois élégant et sportif. Je m’explique, visuellement la planche de bord en ronce de noyer agrémentée de ses compteurs et manomètres rond est tout à fait dans l’esprit gentleman driver. Le volant trois branches à trous, en alu brossé, trouve pour moi parfaitement sa place dans cette +2. Même chose pour les sièges semi-baquet correspondant parfaitement à cet esprit.

Pour la finition et l’assemblage j’ai été agréablement surpris, je m’attendais à ce que tout tombe en ruine, mais non. Tout a l’air de tenir en place et d’être fonctionnel ! Quelques ombres viennent tout de même noircir le tableau. Pour commencer les plastiques, car oui il y’en a… Malheureusement, le toucher de ceux-ci n’est guère agréable. Et puis cette console centrale qui ne choque pas mais qui aurait mérité un peu plus d’attention.

Pour l’équipement la Lotus Elan +2 fait simple, très simple. Pas de direction assistée mais ce n’est pas bien grave car c’est une sportive et pour tourner des roue en 165 de large, pas besoin d’assistance ! Le freinage quand à lui est servo-assisté et des vitres automatiques sont tout de même présentes dans l’habitacle pour nous faciliter la vie a bord de cette Elan +2.

La salle des machines

Notre Elan+2 du jour cache sous son capote un moteur plein de vie. C’est donc le 1558 cm³ à double arbre à cames en tête développant 118 ch à 6250 trs/min qui est rentré au chausse pied dans ce petit compartiment moteur. Quel plaisir en ouvrant le capot que de voir ce double arbre mythique gavé par deux gros Weber double corps ! Le bloc dérivé d’un Ford est accouplé à une boite à quatre rapports… vous l’aurez deviné d’origine Ford elle aussi. Plus précisément elle est dérivée de la Corsair 2000 E.

Parlons un peut du châssis de l’Elan, la fameuse coque en fibre auto portée est laissée de coté au profit du nouveau châssis poutre et d’un système de suspension en avance pour son époque. À l’avant on retrouve des triangles superposés avec amortisseur et pour l’arrière, des jambes Chapman, du nom de leur inventeur. En fait ce sont des triangles simples accompagnés de MacPherson non directif. Pour les freins c’est un système hydraulique avec quatre disques pincés par des étriers à deux pistons ! De quoi rivaliser avec des autos bien plus modernes, du moins sur le papier.

Au volant de la Lotus Elan +2

Il est temps pour moi de me mettre aux commandes de cette Elan +2. Ce n’est pas sans un certain plaisir que j’ouvre la portière afin d’essayer de me glisser derrière le volant. Après avoir fait démonstration de ma souplesse je suis enfin installé à bord. Je règle mon siège, attache ma « sangle » de sécurité… Là, en effet, on est bien en 1968, quand la sécurité n’était qu’un détail, bref !

En terme d’ergonomie la Elan+2 est au top. Une fois bien en place dans les petits baquets, tout tombe plutôt bien en main. La console centrale, que je critiquais il y a peu, est pile à la bonne hauteur et la position de conduite n’est pas désagréable mais bien typée sportive. Même si cette Lotus est plutôt petite dans ses proportions, l’habitacle est suffisamment spacieux… Du moins à l’avant car pour les places arrières je ne vois pas à quel moment il est possible d’y caser un adulte de plus d’un mètre cinquante.

En route

Contact, première et c’est parti. Une fois en route, la prise en main se fait assez rapidement même si je sens déjà que les freins vont me donner mal au mollet. Il faut appuyer fort et ça ne freine que très peu, même à très basse vitesse.

Sinon la direction est agréable et se montre plutôt douce, la boite de vitesse est bien guidée et ferme comme doit l’être une sportive. On sort enfin de la ville, je me détends un peu et commence a apprécier la Lotus Elan +2. À allure de sénateur la Lotus se montre docile et agréable dans son comportement, tout en restant ferme et précise. Le moteur, jusqu’à maintenant, se montre souple en bas et se fait sentir assez rageur dès que je dépasse un certain régime… que je ne pourrais malheureusement pas vous communiquer car le compte-tours fait absolument n’importe quoi dès que l’on accélère un peu.

Tant qu’on en parle, l’auto est en température, il est temps de hausser un peut le rythme ! Seconde engagée, champ libre devant je pousse un peut le 1558 cm³. C’est rageur, les gros Weber aident ce petit moteur à émettre un son super sympa ! Et ça pousse assez franchement. Troisième, ça recommence, un virage commence à se dévoiler devant. Par précaution je freine tôt. J’ai bien fait car, cette fois c’est sûr, les freins en mal d’amour de notre modèle d’essai vont ternir le plaisir que je commençais à prendre au volant de cette Elan +2.

Malgré ce désagrément j’inscris l’avant en courbe, c’est précis. L’arrière suit sans broncher ni se dérober et la voiture ne s’affale pas sur ses suspensions qui, jusqu’à maintenant ne se montraient pas inconfortables.

Les virages s’enchaînent, les reprises sont franches, la boite de vitesse verrouille fort et reste précise. C’est un régal avec cette direction et ce châssis au top. On ressent bien là le génie de Colin Chapman qui a su tirer le meilleur de son expérience en compétition pour l’apporter le meilleur à des autos de série, telles que la Elan +2 dans laquelle je suis assis aujourd’hui.

En résumé la Elan +2 est une auto docile et agréable en ville et pour la balade. Mais elle sait se montrer affûtée en conduite sportive bien que le modèle que j’essaye ait bien besoin d’attentions. Je ne suis pas mécontent de ce petit tour et c’est avec le sourire que j’en descends… Même si je sais que je vais devoir rende les clés dans peu de temps.

Conclusion

Pour conclure, cette Elan+2 est-elle une sportive pure ? À mon sens, oui, car mis a part les deux ridicules places arrière et son profil plus long que celui de la Elan classique, cette +2 est sportive dans son approche. Que ce soit le châssis, le moteur ou la position de conduite tout est sportif ! Oui, s’y installer aussi est sportif…

Mais passé ce “mauvais” moment on est transporté dans une autre époque avec cet intérieur de fabrication artisanale typique des anglaises de cette époque. Enfin vous l’aurez compris j’ai adoré prendre le volant de cette Elan +2 pour mon premier essai chez News d’Ancienne.

Les plusLes moins
Prise en main facileQualité d’assemblage artisanale
Un vrai agrément de conduiteLe freinage
Une ligne agréableAttention aux fuites
Image
Entretien
Plaisir de Conduite
Ergonomie
Facilité de conduite
Note Totale

Rouler en Lotus Elan +2

Vous voulez rouler dans cette auto ? C’est possible, elle sera proposée DEMAIN, aux enchères par Osenat. Toutes les infos sont là.

Et elle est parfaitement dans la cote du modèle. Les versions plus pêchues tendent vers les 30.000 €. Mais au final une Elan +2 est aussi le meilleur moyen d’avoir une Elan. Les modèles à deux places vont tout de suite chercher entre 35 et 50.000 €. On ne parle même pas des versions 26R comme celle qui a remporté le Tour Auto ces deux dernières années (son pilote nous débriefe d’ailleurs la course par ici).

Malgré le fait que seul le châssis et les supports mécaniques soient en métal, il faut impérativement bien les vérifier. Car la corrosion s’y attaque et changer un châssis est plus lourd qu’une contre-aile sur une ancienne plus classique.
Côté coque, la fibre travaille. Les raccords et ajustements ne sont pas toujours au top et la peinture peut se craqueler et écailler.
Le côté électrique peut se montrer problématique… c’est une anglaise. Mais ni plus, ni moins qu’une autre. Les défauts de masse sont par exemple possible, surtout quand la coque n’est pas métallique.

Enfin, les pièces sont trouvables dans leur majorité, y compris le châssis. Pour la partie mécanique, encore moins de soucis, en plus du fait que le moteur soit dérivé d’un bloc de série, Lotus l’a utilisé dans nombre d’autos.

Un grand merci à Loïc et Stéphane d’Osenat pour nous avoir laissé le volant de cette auto.

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Fiche Technique de la Lotus Elan +2
MécaniquePerformances
Architecture4 Cylindres en ligneVmax191 km/h
Cylindrée1588 cm³0 à 100 km/h9,2 s
Soupapes8400m da16,6 s
Puissance Max119 ch à 6250 trs/min1000m da30,8 s
Couple Max152 Nm à 4500 trs/minPoids / Puissance9 kg/ch
Boîte de vitesse4 rapports manuelle
TransmissionPropulsion
ChâssisConso Mixte8,5 L/100 km
Position MoteurLongitudinale avantConso Sportive12 L/100km
FreinageDisques pleins AV et ARCote 1968NC
Dimensions Lxlxh429 x 168 x 119 cmCote 201922.000 €
Poids950 kg à vide
Guillaume Jnk on Email
Guillaume Jnk
Rédacteur-photographe à News d'Anciennes
Comme la plupart des contributeurs de News d'Anciennes, Guillaume est un passionné de photos et de belles autos.
Il a rejoint l'aventure en Juin 2018.

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