Rallye de la Vienne 2019 : la fête des anciennes…

Chaque année, la Ville de Chatellerault revit l’intensité des rallyes comme il s’en menait dans les années 70, 80… mais si, jusqu’en 2017 le Rallye de la Vienne ne se conjuguait qu’en langue moderne, il accueille pour la 2ème année un superbe plateau d’anciennes, qu’on les appelle VHC ou VHRS. On y était, on vous y emmène : bienvenue sur le Rallye de la Vienne 2019 !

VHC, VHRS… de quoi est-ce qu’on parle et qu’est-ce qu’il faisait là l’auteur ?

Vous l’aviez découvert dans mon précédent article qui traitait des rallyes en anciennes, il est tout un tas d’acronymes qui rythment la vie du sport automobile.

Les VHC, ce sont les gros bras des anciennes : les Véhicules Historiques de Compétition. En gros, elles partent et se battent contre le chrono. Pour les VHRS, c’est plus subtil : ce sont les Véhicules Historiques de Régularité Sportive. Ici, il n’est plus tout à fait question de se battre contre le chrono, mais de tenir une (ou des) moyenne bien précise, tout au long de la spéciale.

De mon côté, je n’étais ni vraiment dans la première catégorie, ni vraiment dans la deuxième. En effet, outre les autos de compétition, un rallye est aussi composé d’une armada de véhicules dits d’encadrement : on les appelle Tricolore, Damier, Sécurité… ou encore les supers-héros (prononcez supers-zéros sinon on comprend pas la blague) !

Et c’est ici que j’interviens. La dernière auto qui emprunte la spéciale avant les compétiteurs, c’est la 0. Elle peut être en configuration course (et sera alors composée de 2 équipiers licenciés-pratiquants) ou civile (avec un licencié-pratiquant, mon pilote, et un licencié-encadrant, bibi). Le rôle est simple : être le dernier oeil de la Direction de Course sur l’état de la spéciale : emplacement des spectateurs, obstacles éventuels… sans pour autant “taper des temps”, ce que certains ouvreurs oublient parfois.

Mais pas de ça ici, chacun connaît son rôle, personne n’est là pour vérifier que son auto est au point : on sécurise l’ES, c’est tout. Pour l’occasion, c’est aux côtés du sympathique Caterhamiste Xavier que je roulais, sortant pour l’occasion une superbe 240Z californienne dans son jus (je ne vous vanterais pas les qualités de l’auto, d’autres copains l’ont déjà fait et je vous l’avais moi-même présenté lors du Grand Prix de Limoges 2018)… bref, merci Xavier, c’était une superbe expérience !

Les VHRS : Masson – Chapotot pour l’or, de bout en bout

Sans mauvais jeu de mots, on pourrait dire que le duo à la Kadett aura été le plus régulier… imaginez, ils passent dans la seconde pratiquement à chaque point de contrôle ! Et pourtant, les ES n’étaient pas faciles, grasses le matin, plus sèches l’après-midi, techniques, sinueuses… plaisantes quoi !

Derrière, c’est le duo Godeau – Pichereau qui prendra la timbale d’argent et ne la lâchera plus jusqu’à l’arrivée. Au volant de leur inhabituelle (donc fantastique) Renault Fuego Turbo, ils ont ferraillé dur pour tenir le rythme, mais Masson – Chapotot auront été magistraux : c’est avec 29” d’écart au premier que l’équipage remporte la deuxième place. Ah, et on nous dit dans l’oreillette qu’ils n’ont pas tué Pamela Rose !

Enfin, la troisième place aura été plus disputée. A l’issue de la première boucle elle se trouve acquise au duo Restellini – Tarrade sur leur palace à roues : une magnifique Peugeot 504 V6 ! Pourtant, la deuxième boucle viendra contrarier leur plan : ils concèdent la 3ème place à l’Alfa GTV drivée par le duo Blond – Poupineau. La dernière boucle viendra cependant remettre l’équipage de la Sochalienne dans sa situation de troisième : ils terminent donc avec le bronze, à 1’26” du premier, et plus de 30” sur le 4ème (pour qui la dernière spéciale aura été décisive).

C’est donc sur un podium finalement assez représentatif de la diversité des autos qui peuplent un plateau VHRS que se conclue le 2ème Rallye de la Vienne VHRS : je vous laisse avec quelques images de la remise des prix.

Les VHC : Mainguet – Carabeau prennent l’autoroute vers la première place, le duo local Rageau – Sadoun en embuscade…

Du côté des VHC, la bataille s’annonçait là aussi assez rude : entre les têtes d’affiche, les outsiders à couteaux tirés et des spéciales sélectives, tout était réuni pour donner du spectacle aux spectateurs. On ne va pas se mentir : pour nous qui ouvrions la voie à ces avions de la route (désolé Igor pour cet entorse à l’YCAR), savoir que la missile sol-sol Mainguet – Carabeau partait seulement 5′ après nous n’était pas source de “zénitude” !

Et c’est d’ailleurs ce même Mainguet, copiloté par Carabeau, qui donnera le ton en se plaçant d’entrée de jeu sur la première marche du podium. Marche qui a du leur sembler finalement assez confortable puisqu’ils y posent leurs valises et ne la quitterons plus jusqu’à l’arrivée finale : l’A310 du duo vole de spéciales en spéciales, emportant le scratch à 3 reprises et se plaçant sur le podium sur toutes les ES. “Piiiiiiirates” comme qu’ils diraient…

Pour la 2ème place, là aussi la bataille aura été dure. Mais le duo Cadillon n’aura lui non plus rien lâché pour saisir dès la première boucle et ne jamais la lâcher, cette fameuse deuxième place. Habitués à la 306 Maxi, ils jouent ici la carte de la taille réduite et de l’agilité, sacrifiant à la puissance dans les relances. Malgré cela, ils pointent à l’arrivée avec seulement 13″2 de retard sur le premier.

Enfin, pour la 3ème place, il semblerait que l’état des routes (grasses le matin puis sèches dans l’après-midi) ait rendu la bataille plus importante encore. A l’issue de la 1ère boucle, c’est le duo du Limousin Calvet père et fils sur sa Ford Escort RS 2000 qui s’inscrit à la troisième place. Mais c’était sans compter sur le local, sur le duo Rageau – Sadoun et sa Porsche 911SC. Après 28 ans sans rouler, Msieur Rageau n’était pas là pour plaisanter : dès la 2ème boucle, il montre que le rallye, c’est bien comme le vélo… le duo saisit la 3ème place et ne la cédera plus à son poursuivant. A l’issue du rallye, Rageau et Sadoun pointent à seulement 1’03 du premier.

Avant de vous laisser avec le folio des VHC, une petite info. Disons plutôt, une petite anecdote : la moyenne à l’issue de tout le rallye. La moyenne tenue par le duo Mainguet – Carabeau dépasse les 86km/h à l’issue de l’ensemble du rallye. Mais là où cela devient intéressant, c’est que celle du vainqueur en modernes (le duo Hernandez – Barbot et sa Fabia R5) a été calculée à 101 km/h. Comme quoi, les anciennes, ça roule quand même pas si mal non ?

Mes coups de coeur

En VHC : une Manta qui annonce la couleur, Rally Sport Classic

La Manta en rallye, c’est pas si courant que cela. Mais celle-ci, elle affiche ses couleurs clairement : le Team RSC n’est pas inconnu à ceux qui suivent un peu les rallyes, surtout dans le sud de la France. Un de leurs équipages est même Champion d’Espagne Historique au volant d’une superbe Sierra Cosworth. Bref, c’est dire si le sigle RSC est annonciateur de belles choses… et de belles choses, le duo Le Cam – Sullam en aura montré : ils terminent en 5ème position. Une superbe auto, un joli rythme, voilà qui annonce une saison sympathique…

En VHRS : la MGB GT qui fleure le vent de jeunesse

Cette fois, ce n’est pas tant pour l’auto (quoique super sympa) que pour l’équipage que je les place en coup de cœur. Pourquoi, par ce qu’ils sont ce que nous tentons de promouvoir (pour rappel, notre édito sur les jeunes et les anciennes) : les jeunes ne sont pas nombreux sur les plateaux d’anciennes, c’est un fait mais pas une fatalité. Mais ici, on a en plus un équipage qui mêle une volonté de bien faire mais une vraie décontraction : on joue à bien faire les choses, mais sans se mettre de pression inutile… c’est ça l’esprit VHRS, et Annabelle et Cyril nous l’ont montré ce week-end ! En plus de ça, pour une première expérience, ils terminent à la 5ème place, belle réussite pour eux donc !

Le VHRS en général : la régularité en toute sécurité

Je vous avertis, de mes 3 coups de coeur, celui-ci est probablement le plus subjectif. Si vous me suivez dans ces lignes et ces papiers, vous connaissez mon appétence pour l’ensemble des disciplines qui peuplent le monde de l’auto ancienne. Jusqu’à l’an dernier, c’est essentiellement sur les routes ouvertes que je batifolais. Pourtant, il est indéniable que les rallyes de régularité sur routes ouvertes tendent à devenir dangereux : 50km/h de moyenne générale sur les routes empruntées par le quidam qui va chercher son pain, cela peut être du sport…

L’avantage en VHRS, c’est que ce risque disparaît : les routes sont fermées, nous ne sommes donc plus des dangers que pour nous même éventuellement (hors les cas des spectateurs bravards et hors zones). Et personnellement j’adore : on roule un peu plus vite sans perdre l’intérêt de la régul’, on roule en sécurité… bref, on se fait plaisir et ça j’adore ! Voici donc un petit best-of de l’auto que je navigue en VHRS aux côtés de Patrice !

Merci aux copains photographes qui ont accepté de nous fournir leurs clichés :

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Thibaut
Auteur et Photographe à News d'Anciennes
Etudiant, copilote, collectionneur, Directeur de Course FFSA, président de l'AutoMoto Classic de l'Ouest... et rédacteur/photographe pour News d'Anciennes (depuis 2017) lorsque les évènements s'y prêtent. C'est au volant d'une 2CV6-PO de 1976 et d'une Peugeot 205 XS de 1990 que j'arpente les routes de France, au tous-les-jours comme en rallye ! Viendriez-vous avec moi découvrir ce que la passion de l'auto ancienne a de plus diversifié ?

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