Quand le grand requin remonte à la surface, au volant d’une BMW 728i

Bmw E23, la première série 7 de la marque. Longtemps boudée, elle a tendance aujourd’hui à retrouver une clientèle passionnée qui se laisse de plus en plus séduire par cette bavaroise. Nous vous avons donc sélectionné une BMW 728i afin de s’intéresser à cette dernière de plus près.

Bmw E23, la première série 7

Nous sommes en 1977. BMW innove complètement sa gamme depuis 1972 sous le coup de crayon du styliste français Paul Bracq. La BMW Série 5 E12 en 1972, la Série 3 E21 en 1975, la Série 6 E24 en 1976, puis notre modèle du jour ferme la marche de cette nouvelle génération en 1977.

Le dessin des nouveaux modèles reprend alors une face avant qui lui donne rapidement le surnom de “nez de requin”. Provocante, rebelle, agressive et élégante à la fois. C’est ainsi que l’on voit la première BMW Série 7.

En remplacement de la grande berline BMW E3, la nouvelle série 7 reprend ses concepts techniques par le début. BMW met également en place quelques innovations. Les freins à disques arrières, le pare-brise en verre feuilleté ou encore la suspension avant type McPherson. La colonne de direction et sièges réglables en hauteur, la direction assistée à re-circulation de billes, l’essieu arrière à roue indépendantes et les rétroviseurs à réglages électriques.

Le six en ligne mythique, au cœur de la Bmw E23

Concrètement, huit motorisations sont proposées. Du 2,8 litres au 3,5 litres turbo compressé( donnant théoriquement 4,5 litres de cylindrée ). Tous sur la base du bloc M30. Élaboré encore au début des années 1960, obtenant depuis le statut de solide et très fiable moteur à en faire oublier son entretien aux propriétaires.

À noter tout de même qu’une série 7 E23 s’est vue dotée du légendaire M88/3 (de la M6) pour la 745i sur le marché d’Afrique du Sud. En effet, le fait d’installer le volant à droite ne permettait pas de placer le turbo…

L’électronique s’est également vu compléter le vaisseau amiral. On retrouve désormais le système ABS en option sur certains modèles et un module de “check-control”, autrement dit un ordinateur de bord consistant à s’assurer du bon fonctionnement des principaux systèmes du véhicule ainsi que des niveaux de différents liquides.

Des versions “haut de gamme ” sont venues compléter la finition des 735i et 745i. Executive et Highline, avec des options de l’espace pour les années 1980. Le tout enveloppé dans un intérieur aux matériaux de grande qualité. Du bois, de l’aluminium et du cuir recouvraient les panneaux de portes, tableaux de bord et sièges du cockpit de la série 7 E23. Ajoutons à cela un toit ouvrant rigide ou en verre que l’on pouvait retrouver dès la 735i Executive.

En 1982, la série 7 E23 phase 2 voit le jour avec notamment quelques changements esthétiques et techniques. Les trains roulants ont reçu des modifications améliorant ainsi ses qualités de routière en terme de tenue de route. La calandre et les haricots centraux ont pris du volume par rapport à la première phase. Les pare-choc ont également été redessinés en parallèle de la nouvelle jupe chromée.

Carrière honorable

En 1987, la Bmw E23 s’est vendu à 285.029 exemplaires avant de laisser place à la génération E32 qu’on a également essayé, c’est ici.

Notre BMW 728i du jour

Un palace roulant, reconnaissable de loin à ses quatre phares ronds, nous conduit à la traversée des routes plates de la région Centre. Cette BMW 728i impressionne par son gabarit imposant de de 4,86 mètres de longueur et 1,8 mètres de large.

Sa ligne raffinée pourrait vous intriguer pendant un long moment. Le suivi des courbes de la carrosserie composent sa structure harmonieuse. Simple et atypique. Ce dessin avait fait des BMW nées dans les années 1970 des légendes vivantes, comme c’est encore le cas de nos jours.

À l’intérieur de la BMW 728i

Plutôt facile d’accès pour les adultes comme pour les enfants, cette grande berline donne envie de voyager. Une fois installé à son bord, on retrouve une fois de plus le coup de crayon de Paul Bracq. Le fameux tableau de bord tourné vers le conducteur laisse à penser que cette presque limousine a été faite pour lui plutôt que pour l’ambassadeur qu’il emmène à l’arrière.

En parlant des places arrières, l’empattement de 2,8 mètres accorde un espace respectable pour les passagers. L’ergonomie est omniprésente et rien ne manque dans ce salon roulant.

Tout sous la main

L’ergonomie des commandes est très appréciée et permet de vite trouver ce que l’on recherche même si les boutons sont nombreux. Les marquages sont en allemand ce qui rajoute du charme et de l’authenticité à cette série 7.

La console avant tournée vers le conducteur qui lui rappelle qu’il est le seul à contrôler ce navire.

Sous le capot de notre BMW 728i

Tout d’abord, l’ouverture du capot s’effectue de manière symbolique des BMW de ces années, en le basculant vers l’avant du véhicule. Pour le refermer il s’agit également de se servir de cette petite poignée sous le tableau de bord. On assiste alors à un effet d’aspiration avant le verrouillage.

Sous le capot on y retrouve respectivement le M30B28, 2,8litres de cylindrée développant 184 chevaux. Accouplé à une boite manuelle cinq rapports.

La légende dit que ce vaste compartiment moteur devait accueillir des V8 et V12 durant sa carrière. Cela a manqué de peu, à cause du second choc pétrolier de 1979.

Un coffre exemplaire

Le compartiment sous le coffre vous libérera de trois à quatre valises avec un peu de marge pour les à-cotés. La roue de secours prend également place sur la partie droite du coffre. Le seul hic serait l’obligation de monter haut vos bagages sans abîmer la carrosserie…

Au volant de la BMW 728i

Le moment clé pour découvrir le caractère de ce “sharknose”. Dès les premiers mètres le pied gauche a tendance à se frotter au montant latéral à gauche de la pédale d’embrayage. En effet cette dernière est assez proche de la pédale de frein également. Question d’habitude certainement. Toujours à propos de la commande d’embrayage, mais cette fois ci au sujet de sa course. Elle est assez courte et donc peut surprendre de part sa nervosité, surtout si l’embrayage est neuf.

Une fois familiarisé avec ces petites nuances, nous nous sommes laissés transporter au volant de la 728i. À l’intérieur, un grand silence et une visibilité très satisfaisante donnant pleinement confiance au conducteur et à ses passagers.

Les suspensions et les trains roulants agissent de manière souple et précise, malgré le poids avoisinant les 1600 kg du véhicule. Bien évidement une série 7 n’a rien de sportif et pourtant ce n’est pas l’impression que vous donne le “Big Six” sous le capot.

Malgré un statut assez modeste, la 728i peut se montrer joueuse si vous en abusez ou ne faites pas attention sous la pluie. Comme toute propulsion, l’accélération est à doser avec modération pour ne pas se laisser surprendre par le train arrière dans les virages ou ronds points.

Le caractère du moteur est quant à lui rageur et à la fois “fainéant”. En effet, la technologie à douze soupapes, deux par cylindre, lui donne du couple à bas régime et ce jusqu’à 4000-4500 tours. Au-delà nous n’avons pas cherché à pousser plus. Mis à part un régal auditif, le dynamisme à proprement parler est à rechercher plutôt vers les modèles 735i et 745i.

L’étagement de la boite est idéal car il vous permet même de faire des reprises aisées en cinquième à 80 km/h.

BMW 728i, entre sport et confort ?

Effectivement, cette belle auto se vante d’un confort cinq étoiles et pourtant à l’époque la W126 de chez Mercedes-Benz (qu’on a essayé, c’est par ici) est en avance. Le point fort chez BMW et en l’occurrence cette E23, c’est que peut importe la série dans laquelle vous roulerez, il y’aura toujours cette âme sportive de chez “béhème”. Une histoire de précision dans le châssis et de répartition de poids idéale couplé à des blocs rageurs pour vous donner l’impression de voler.

La BMW 728i a tout de même le mérite de se montrer largement suffisante pour rouler tous les jours. Elle ne peinera pas pour les dépassement en cas de besoin ou des franchissement de cols consécutifs. C’est une très bonne routière, toujours prête à borner jusqu’au million et plus.

Conclusion : Une berline avec du caractère

Finalement, cette BMW 728i E23 sait faire un peu de tout dans l’ensemble sans pour autant exceller dans un domaine en particulier. On notera un style unique qu’on aime ou non, une qualité d’assemblage qu’on ne peut pas lui enlever ainsi que la qualité des matériaux faits pour durer. La BMW e23 vous offrira des sensations de conduite BMW qui ne laisseront pas indifférent, même avec le 2,8 litres.

Rouler en Bmw E23 ?

Si l’idée de vous offrir cette série 7 venait à l’esprit, privilégiez des modèles exempts de rouille.
Côté entretien, rien de plus simple. Tout est accessible pour une personne un minimum avertie et équipée. La consommation d’une 728i tourne autour de 9-10 litres en mixte en respectant les limitations. Côté tarifs, comptez dans les 5000-6000€ pour une 728i en très bon état. Facilement le double pour des modèles 735i et 745i en finition Executive ou Highline dans un état de présentation quasi-irréprochable.

Côté pièces, cela devient de moins en moins évident mais encore possible à condition d’y mettre le prix.

Image
Entretien
Plaisir de Conduite
Ergonomie
Facilité de conduite
Les plusLes moins
Accessible Prix des pièces spécifiques
FiabilitéEntretien 745i
Plaisir de conduite/ConfortDifficile à Trouver
Note Totale

Fiche Technique de la BMW 735i
Mécanique Performances
Architecture 6 Cylindres en ligne Vmax 201 km/h
Cylindrée 2788 cm³ 0 à 100 km/h ​9.5 s
Soupapes 12 400m da 16.1 s
Puissance Max 184 ch à 5800 tr/min 1000m da  30.2s
Couple Max 240 Nm à 4200 trs/min Poids / Puissance 8.8 kg/ch
Boîte de vitesse 5 rapports manuelle    
Transmission Propulsion
Châssis Conso Mixte 11 L/100 km
Position Moteur Longitudinale avant Conso Sportive 18 L/100 km
Freinage Disques ventilés à AVt et pleins AR Cote 1979 129.000 frs
Dimensions Lxlxh 486 x 180 x 143 cm Cote 2009 5000 €
Poids 1620 kg
Artiom Galouchko
Passionné de photographie et d'automobile ancien. Parcourant les routes en Bmw série 5 ou 7 pour vous partager tous ces reportages pleins de passion.

4 commentaires sur “Quand le grand requin remonte à la surface, au volant d’une BMW 728i”

  1. Tiens..c’est pas si courant…avec une moquette de coffre..””vivante”..jonchée de quelques scories..c’est rassurant
    ça nous change des youngtimers..tombées des chaines la veille au soir..moi la vie..la patine..z’aime..

    Merci.

  2. Merci pour les nombreux détails, j’ai eu non pas une série 7 mais une 325 E30 6 cylindres boîte automatique, j’en ai la nostalgie. Cordialement.

  3. Merci pour cet essai, j’en profite pour ajouter quelques précisions pour ceux que ça intéresse. Je suis proprio d’une 728i et quelques détails ont leur importance à mon sens, et non mentionnés dans votre article :

    Côté moteur c’est du sérieux : tous les périphériques sur cette 728i sont accessibles individuellement au démontage sans être obligé de tout démonter (démarreur, direction assistée , échappement, allumage, filtres ….) gros plus par rapport a l’
    Ll’epoque ou les blocs moteurs commençaient deja a se retrouver a l’étroit sous les capots ! Ça a son importance car l’entretien est a la portée de n’importe quel féru de mécanique et les outils nécessaires pas extraordinaires.

    Le moteur est d’ailleurs plutôt tranquille en dessous des 2500tr/min, à se demander où sont les 184 chevaux mais la partie intéressante commence a 4000 tr/min : ce 6 cyclindres est comme possédé, et file jusqu’a la zone rouge sans demander son reste, dans une sonorité qui passe d’un ronronnement rauque et grave à un vrombissement aigu et metallique ! Il est assez étonnant pour un gros bloc comme celui là de voir avec quel entrain il distille ses chevaux dans la deuxième partie du compteur.

    L’injection K-jetronic , fiabilisée par rapport à la L-jetronic, participe a l’impression de souplesse du moteur, l’entretien est également plus aisé que son homologue de première génération qui était une véritable usine à gaz

    Le reste châssis / suspension filtre admirablement les imperfections mais comme vous le disiez il s’agit d’un gros bateau : moteur presque sportif mais l’auto a tendance a prendre du roulis et surtout a faire de petites blagues sur les reprises musclées en sortie de rond point mouillée , prudence donc.

    Enfin quelques points pour ceux qui franchiraient le cap :
    Plutôt résistante a la rouille si couchée au sec c’est plutôt a l’intérieur qu’il faudra être attentif, les maladies sont les fêlures et craquelement du tableau de bord et l’entretien approximatif du bloc moteur effectivement réputé pour sa longévité

    La véritable plaie sont les autos bricolees/ customisées avec plus ou moins de gout et surtout de moyens, qui sont legion sur les sites d’annonce et qui dénaturent la ligne de cette voiture.

    La 728i est la plus diffusée, la 733/735i introuvable et les 745i sont les plus recherchées mais aussi les plus chère >15000 euros pour un bel exemplaire en mars 2019.

    A redécouvrir d’urgence vu les côtes encore raisonnables…

    Merci pour votre article et les quelques photos bien sympa, ça change des articles que l’on a l’habitude de lire

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