Mercedes 280 SE

Essai de la Mercedes 280 SE W126 : La Cathédrale

Cet été nous avions eu l’occasion d’essayer une BMW Série 7 (lire : Essai d’une BMW 735i, la berline en avance sur son temps). L’idée m’avait emballée car on voit assez peu d’essai sur les grandes limousines. Ce qui est bien dommage, car ce sont des autos remarquables bien que peu prisées. Alors quand on m’a proposé d’aller essayer une Mercedes 280 SE de type W126, j’ai immédiatement accepté. Impossible pour moi de résister à l’envie de tester LA limousine allemande par excellence.

Histoire de la W126

Comme pour chaque essai, je vais débuter par un petit rappel historique. Je vais essayer de ne pas le faire trop long car cela peut être vite pénible. La classe S W126 fut la seconde génération de cette série après la W116. Celle-ci fut le fruit de 6 années de développement avant d’être présentée en 1979. Six années pendant lesquelles l’équipe dirigée par Bruno Sacco travailla d’arrache-pied pour répondre aux problématiques causées par le choc pétrolier de 1973. Mais pas que. En bon porte drapeau, la classe S se devait d’innover, et d’inclure tout le savoir-faire, et toutes les innovations techniques et sécuritaires que pouvait proposer un constructeur de niveau de Mercedes. Le top c’était elle, alors pas le droit à l’erreur.

Il en résulta une voiture, plus aérodynamique, plus légère, plus performante, et bien plus maniable que l’antédiluvienne W116. Coté consommation l’équipe réalisa le tour de force de l’abaisser de 10% tout en permettant à cette grosse limousine d’aller taper la barre de 250km/h sur autobahn. Une vraie prouesse pour l’époque ! D’autant plus que Mercedes eut la bonne idée de conserver des mécaniques nobles pour son porte drapeau. Sous le capot on retrouvait uniquement des 6 cylindres en lignes essence ou diesel, et des V8, allant de 122ch pour la 300SD, à 300ch pour le V8 5.0L. Ces mécaniques étaient accouplées au choix à des boites mécaniques 5 rapports, ou automatiques 3 et 4 rapports.

Cela dit les vraies innovations ne se trouvaient pas sous le capot. Et il n’y en a pas mal ! ABS, contrôle de traction, prétensionneurs de ceintures, airbags, suspensions « pilotées », climatisation automatique, régulateur de vitesse actif en pente, sièges à mémoire etc etc… Bref, un large panel de nouveautés qui faisait entrée cette W126 dans une époque où les constructeurs commençaient à se soucier de la survie de leurs clients. A toutes ces brillantes idées il fallait rajouter une qualité de fabrication, et une fiabilité à toutes épreuves pour obtenir un véritable best-seller. Au final, ces nombreuses années de développement furent largement récompensées. Avec 892.000 unités vendues en 12 ans de carrière la Mercedes W126 reste la classe S la plus largement diffusée. Un succès mérité !

Notre Mercedes 280 SE du jour

Extérieur : Le statut avant tout

Sonderklasse, c’est ce qui signifie le S, cela veut aussi dire classe spéciale. Rien qu’avec son nom, la classe S pose les jalons de ce qu’elle doit être. A classe spéciale, voiture spéciale. Et on le retrouve bien ce sentiment de classe à part à l’extérieur de notre berline. Pour son époque, la W126 est une voiture énorme. Faut dire qu’en 1979, la bétaillère de l’ouvrier lambda dépassait à peine les 4m de long, alors je vous laisse imaginer l’effet que pouvait produire cette berline d’une longueur de 5m pour 1m82 de large. Comme le dit l’expression argotique, rien que par ses dimensions la classe S posait les « co***les sur la table ». Mais cela ne s’arrête pas là.

Pour conforter sa position de voiture élitiste la classe S regorge de chromes. Tours de fenêtres, boudins de portières, parechocs, il y en a à tous les niveaux. Pour compléter la panoplie, l’avant dispose d’une calandre très statutaire surmontée de l’étoile de Stuttgart. Cela dit années 80 oblige, les plastiques commencent à faire leur apparition notamment au niveau des pare-chocs et bas de caisses. Coté lignes, bon on ne va pas se le cacher. C’est carré, massif comme le buffet de mamie, et ultra classique ! On retrouve une coupe tricorps, avec un long capot qui se veut le reflet direct des attributs masculins, un habitacle, et une vaste malle arrière qui réveille mon âme de bandit.

Cela dit notre 280 SE est plutôt jolie, surtout dans cette teinte bronze. Même si l’ensemble est massif, le coup de crayon est assez fin, et carrément élégant. La classe S n’est ni dans l’agressivité d’une BMW, ni dans le too much d’une Rolls. Bref, une classe à part dont la plastique me surprend agréablement. Passons à l’intérieur.

Intérieur : Le salon des rois

En ouvrant la porte, on a accès à une véritable nef. Plus vaste que la basilique saint Pierre, l’habitacle de notre Mercedes 280 SE est aussi d’une grande qualité. A bord, tout est garni, bien calfeutré, et les plastiques ainsi que les moquettes utilisés s’avèrent d’excellentes factures. La preuve, en 34 ans rien n’a bougé. Remarque il fallait s’y attendre étant donné le standing de l’auto. Cela dit l’ensemble est un peu austère, j’ai l’impression de remonter à l’époque mérovingienne, tant l’ambiance m’apparaît vide et simple. Et ce n’est pas le fait d’avoir mis autant de bois que pour la confection d’un confessionnal qui égaille l’atmosphère. Remarque, c’est une allemande, alors cela ne devrait surprendre personne. Et comme c’est une allemande, on y est très bien installé et l’ergonomie est presque parfaite.

Passons à l’équipement. Malgré un dénuement prononcé notre Mercedes 280 SE est plutôt bien équipée. A son bord on retrouve de nombreux plaquages en bois, une sellerie en velours beige, et un volant gainé cuir tout à fait vilain. C’est franchement kitch mais je ne sais pas pourquoi, j’adore. Attention, cela ne s’arrête pas là. Chaque passager dispose d’un accoudoir, de son cendrier chromé, ainsi que d’un allume cigare personnel. En témoignage d’une époque où fumer 3 paquets de cigarettes au quotidien était la norme. On peut aussi compter sur un chauffage/climatisation automatique à deux positions : cyclone ou asthme. Ou encore le régulateur de vitesses, la direction assistée, les quatre vitres électriques, et fait rarissime pour l’époque, l’ABS. Et ce sans compter sur les innombrables options disponibles.

En somme cette classe S offre un habitacle totalement désuet, typique des années 80. Et pourtant il regorge de petites attentions, et de fonctionnalités à faire pâlir des modèles bien plus récents. Sans compter sur son excellente qualité de fabrication, et le confort qu’il propose à ses occupants. Dernier point avant de filer sous le capot, le coffre. Avec 505L, autant dire qu’il est possible d’y entasser de nombreux macchabées.

Mécanique : Souplesse avant tout

Qui dit long capot, dit gros moteur. Oui et non. Oui car la mécanique qui officie sur notre auto est un 6 en ligne d’une cylindrée honorable de 2.8 litres. Non car finalement 2.8 litres ce n’est pas énorme sur ce segment. Revenons à notre moulin. Son nom de code M110, son année de naissance, 1972. Comme évoqué plus haut, il s’agit d’un 6 cylindres en ligne à double arbres à came en tête et 12 soupapes. Celui-ci développe un couple de 240nm à 4500trs/min pour une puissance de 185ch à 5800trs/min, et est associé à une boite automatique 3 rapports. Voilà une fiche technique qui fleure bon la souplesse et l’onctuosité mécanique.

Coté performances, comptez 9.5s pour atteindre les 100km/h et environs 210km/h en pointe, pour une consommation tournant autour de 13L/100km. Je sais, en sortie de péage un C4 Cactus actuel lui mettrait une bonne pile tout en consommant 2 voir 3 fois moins. Mais en son temps cette Mercedes 280 SE offrait des performances de petites GTI, et une consommation assez contenue au vues du poids et de la cylindrée. Et puis un 6 cylindre c’est surtout une grande souplesse à l’usage, une mécanique naturellement équilibrée, et la garantie d’un certain silence de fonctionnement. Tout ce dont on a besoin à bord d’une limousine.

Au volant de la Mercedes 280 SE : Plaisir décalé

Prise en main : mollassonne à souhait

Attaquons les choses sérieuses ! Qu’est-ce que vaut cette classe S sur la route ? Et bien ce qui est certain, c’est que l’on est rudement bien installé aux places avants. Et que le travail des ingénieurs sur l’ergonomie est remarquable. Quart de tour, levier sur D, c’est parti. Dès les premiers kilomètres cette Mercedes 280 SE se montre facile et rassurante. La direction est légère, plutôt précise, mais franchement molle. L’amortissement est royalement tendre, mais ne donne pas l’impression d’être en proie à des vagues scélérates au premier virage venu. Pour une fois les freins sont corrects. Le dosage se fait naturellement, et la puissance est suffisante pour ne pas se faire de frayeurs. Bref en classe S ce ne seront pas les murs qui vous arrêteront… Quoique.

Cela dit malgré ce comportement routier très serein, il est évident que notre classe S n’est pas une sportive, ni une auto performante. Le moteur, malgré ses 185ch peine par moments à déplacer cette cathédrale sur roues. Pourtant il n’est pas mauvais, assez coupleux, et relativement hargneux dans les tours, il offre aussi une sonorité discrète mais plaisante lorsqu’on le chatouille. Non en fait la faute incombe surtout à cette boite automatique 3 rapports, complètement dépassée. Celle-ci est aussi réactive qu’une administration et (donc) particulièrement stupide. A cela il faut ajouter des trains roulants divulguant autant d’information que le régime de l’URSS. Au final, on obtient une auto facile mais pataude, et pas forcément exaltante sur le plan dynamique.

Au gré des kilomètres : réfléchir différemment

A ce moment de l’essai vous devez penser que l’on s’embête au volant de cette Mercedes 280 SE. Et bien la réponse est finalement non. Je dois même avouer qu’à l’instant où j’allume le poste de radio diffusant du Vivaldi et autres grands compositeurs, cette classe S prend tout son sens. Mieux que ça ! Elle me file le sourire ! Et oui ! La clé du plaisir se trouve dans ce morceau des quatre saisons diffusé par le bon système hi-fi. Quelle erreur d’avoir cherché l’extase dans les performances. Faut dire qu’à l’heure actuelle, nos esprits étriqués sont bien formatés. Ce que cette classe S n’offre pas dans le dynamisme elle l’offre dans la volupté et un coté baroque franchement assumé.

Tandis que je longe les troquets typiques de la N7, la Mercedes 280 SE me transporte à l’époque où elle incarnait l’élite. En caressant mon égo par sa douceur, et le flattant avec son étoile fièrement dressée sur le long capot. A bord on se croirait dans un salon de gentlemen, entre silence, bois et velours, et ce malgré le tachymètre négligemment posé à bon train. Les discussions fusent au rythme des violons du siècle des lumières. Il ne manque plus qu’un cigare, et un verre de cognac pour parfaire le cliché. A cet instant le groupe moto-propulseur joue parfaitement son rôle en se faisant discret. Tandis que les trains roulants se chargent de nous couper du monde extérieur. Une vraie machine à cruiser qui finit par me faire endosser le rôle de chauffeur privé. Et le pire c’est que ça me plait !

Aux places arrières : Confort royal

Cela dit, une classe S ne s’apprécie pas qu’au volant. Si jouer le chauffeur est amusant, prendre le rôle du riche entrepreneur des 70’ ou du mafieux moldave l’est tout autant. Affalé sur les places arrières je peux profiter de toutes les petites attentions que m’offre cette Mercedes 280 SE. Bon il ne faut pas s’attendre aux sièges massant ni aux écrans TV. Ici j’ai juste le droit à une liseuse personnelle ou encore un allume cigare chromé. Il ne me reste plus qu’à me relaxer sur l’excellente banquette en velours, et lire un journal économique tout en fumant un Partagas. Mon chauffeur du moment s’occupe quant à lui de me mener à destination rapidement mais sans me brusquer. Il ne faudrait pas qu’il finisse dans le coffre sur un coup de sang.

Revenons à notre auto ! La banquette arrière, en plus de proposer des jeux de rôles amusants, s’avère bougrement confortable. L’habitacle est à la fois lumineux et cocoon, l’insonorisation est vraiment excellente pour son époque. Tout comme l’amortissement, et la position offerte par ce véritable canapé. En fait je suis mieux installé sur celui-ci qu’a la place du mort. Cette place me conforte aussi dans l’intérêt que Mercedes a eu de proposer une mécanique franchement veloutée. Cela dit lorsque mon chauffeur décide de mettre la godasse, je constate vite que ce 2.8L n’est pas si mou. En tant que conducteur je n’avais pas vraiment ressenti de sensations, mais en passager j’entends un peu mieux le râle mécanique, et constate un peu plus de vigueur ! Juste ce qu’il faut pour rappeler ce qui officie sous le capot.

Mais j’avais prévenu mon chauffeur de ne pas me brusquer, alors, à l’approche de cette voie ferrée désaffectée j’ordonne à mon garde du corps de lui régler son compte. Comme ça il pourra profiter de l’espace offert par le coffre !

Conclusion

Que dire de cette Mercedes 280 SE ? Et bien contre toute attente je l’ai franchement adoré. Non pas à cause de son comportement, ou de son confort vraiment excellent. Mais tout simplement parce qu’à son bord elle m’a transporté, dépaysé, et m’a offert un moment de franche rigolade avec l’équipe. Pour l’apprécier à sa juste valeur il nous a fallu changer de perspectives, jouer sur les clichés, et nous prendre au second degré. Et je dois bien admettre que ce côté jouet pour grands enfants vaut tout l’or du monde. Bref, même si cette Mercedes 280 SE n’est pas performante et consomme plus d’énergie qu’une métropole je vous la recommande vivement pour son agrément et ce que vous vivrez à bord.

Acheter une Mercedes 280 SE W126

Comme la plupart des grandes berlines de luxe, la classe S W126 n’est pas très chère, surtout si vous ne recherchez pas les motorisations haut de gamme. Comptez de 1500€ à 5000€ suivant l’état et le kilométrage de la belle. Les raisons de cette cote assez faible sont les suivantes : d’une part il y a eu beaucoup de W126 produite, et il en reste encore pas mal. D’autre part, l’amateur non averti préfère se contenter de rechercher les autos qui font les couvertures des grands magazines en pensant que les limousines sont trop chères à assumer pour ce qu’elles offrent. En revanche, si vous êtes malin, que vous désirez une auto luxueuse et décalée, profitez donc du brouhaha qui règne autour des « sportives » ou autres « young » pour vous acheter une grosse classe S à 4000€.

Cela dit, à l’achat il faut bien faire les choses, car se lancer dans la restauration d’une Mercedes 280 SE serait un investissement largement à perte. Mais pas de panique ce sont des autos excellemment bien construites et qui malgré leur complexité se montrent très fiables. Finalement à l’acquisition il n’y aura rien de plus à vérifier que les points habituels. A savoir la corrosion aux points classiques : intérieurs d’ailes bas de caisse, bacs de coffre, lunettes etc. Coté mécanique, il faut s’assurer que tout est en état et à bien été suivi (factures, carnet) afin d’éviter les mauvaise surprises (une boite auto coûte plus de 1000€). Bref, pas de fuite, pas de bruits ni de fumées suspectes, et les fluides doivent être propres.

Il faudra aussi fuir les autos dont le système de clim est à recharger car le gaz d’époque est interdit, et adapter le système au nouveaux gaz vous coûtera un rein. Dans l’absolu, fuyez aussi les modèles sur lesquels les parties électriques ne sont pas fonctionnelles, ou encore ceux sur lesquels les trains roulants vous semblent rincés. En effet le système de suspensions est complexe, coûteux à changer et peut s’avérer fatigué par le poids des ans… et de la mécanique. A l’essai le comportement de la W126 ne doit pas vous donner de sueurs froides, l’auto ne doit pas louvoyer, ni trembler, ou être instable. Lors de l’essai, n’hésitez pas à rouler de bon train, car ces défauts sont souvent difficiles à percevoir à faible allure.

Coté entretien, les pièces se trouvent assez facilement à des tarifs pas forcement aberrants, sauf si vous n’avez pas d’autres choix que Mercedes. Les opérations courante sont largement faisables par un profane, ou à des tarifs corrects. Comme pour toute ancienne, il suffit de s’y mettre. Finalement la classe S W126 peut être une excellente voiture plaisir, à condition de bien la choisir. Le plus difficile, comme pour toute berline allemande, reste d’en trouver une qui ne sera pas aussi grillée qu’une chipolata oubliée sur le barbecue.

Image
Entretien
Plaisir de Conduite
Ergonomie
Facilité de conduite

 

Les  Plus Les Moins
Luxe Accessible Peu Dynamique
Agrément / Confort Boîte Auto Stupide
Fiabilité 6 Cylindres à la peine
Comportement Royal

 

 Note Totale
Fiche Technique de la Mercedes 280 SE W126
Mécanique Performances
Architecture 6 Cylindres en ligne Vmax 208 km/h
Cylindrée 2746 cm³ 0 à 100 km/h 9,5 s
Soupapes 12 400m da 16,8 s
Puissance Max 185 ch à 5800 tr/min 1000m da 31 s
Couple Max 240 Nm à 4500 trs/min Poids / Puissance 8,43 kg/ch
Boîte de vitesse 3 rapports automatique
Transmission Propulsion
Châssis Conso Mixte 11 L/100 km
Position Moteur Longitudinale avant Conso “”Sportive”” 18,9 L/100 km
Freinage Disques ventilés AV et pleins AR
Dimensions Lxlxh 500 x 182 x 143 cm Cote 1967 93 800 Francs
Poids 1560 kg à vide Cote 2018 3500 €
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1 commentaire sur “Essai de la Mercedes 280 SE W126 : La Cathédrale”

  1. Beau modèle ! Si vous lisez l’anglais, petit guide d’achat sur cette série à paraître en février chez Veloce Publishing (disponible en ligne) que j’ai eu l’occasion de traduire de l’allemand.

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