Essai d’une Volkswagen Coccinelle 1300, populaire, classique et facile

On a mis le temps… mais voilà enfin, j’essaye une Cox. Une autre suivra dans peu de temps, mais on commence par cette belle rouge une Coccinelle 1300. Une auto populaire, adulée par certains, que j’ai pu essayer… pendant 3 jours lors de mon road-trip en Alsace (à voir ici). 

Et la Volkswagen se mua en Coccinelle 1300

Est-ce qu’il faut revenir sur l’histoire de la Cox ? Alors en version courte. Cette auto est celle qui doit motorisée la population de l’Allemagne du IIIe Reich. Simple, elle doit être la voiture du peuple. Présentée avant guerre, il faut attendre 1948 pour que la production de la Coccinelle “civile” ne commence.

La Cox va sans cesse évoluer, surtout au niveau de sa mécanique. Le 4 cylindres refroidi par air n’est pas un foudre de guerre et la puissance va passer par l’augmentation de cylindrée. Le premier moteur de 1131 cm³ sort 25ch et il équipe toute les autos qu’on connaît actuellement comme les “Split Windows” avec leur lunette arrière en deux parties.
En 1953, cette glace arrière est ovale en une seule partie. En 1954 c’est en dessous que ça évolue : le moteur passe à 1192 cm³ et 30 chevaux.
En 1958, la Coccinelle adopte la lunette arrière rectangulaire qu’elle gardera jusqu’à la fin. Pour 1960 le moteur est revu et passe à 34 chevaux sans augmenter sa cylindrée.

Notre Coccinelle 1300 apparaît elle en 1965. Le moteur plus gros permet de sortir 40 chevaux. Dès l’année suivante un 1600 de 44 ch est aussi au catalogue. En 1968 la Cox reçoit des pare-chocs carrés, avec une bande en plastique noir au milieu.
Enfin la voiture évoluera encore au niveau du moteur avec l’adoption d’un 1600 de 50 chevaux en 1972. Ce sera la dernière évolution.

La Coccinelle dépasse le million d’exemplaires dès 1955, devient la voiture la plus produite de tous les temps en dépassant la Ford T en 1972 et va atteindre le chiffre de 21 millions d’exemplaires à la fin. Sa production s’arrête en 1978 en Europe mais continuera en fait jusqu’en 2003 !

Notre Coccinelle 1300 du jour

Une bouille reconnaissable

Pas forcément besoin d’être un expert en automobile ancienne pour reconnaître une Cox. Sa bouille ronde est assez typique, même si certains la prendront pour une 4CV.

Le design est resté fidèle au modèle d’avant guerre. Tout en rondeur, il ne sera jamais revu. Les dimensions sont correctes, mais cette ligne la fait paraître plus grosse qu’elle n’est en réalité. Les ailes séparées font qu’elle aura un look “ancien” tout au long de sa carrière. Les porte à faux sont réduits, le nez et le capot moteur sont plongeants. Bref, on ne va pas vous détailler par le menu une Coccinelle 1300.

On retrouve cependant sur notre auto de 1971 quelques détails, comme les pare-chocs à bande noire carrée qui apparaissent en 1968. Idem pour la lunette arrière, bien plus grande et qui occupe presque toute la largeur.

L’intérieur : basique mais complet

Dans notre Coccinelle 1300, on retrouve un tableau de bord très très simple. C’est aussi plutôt joli, le fait que le tout soit peint couleur carrosserie nous met bien dans l’ambiance. Un seul cadran rond est présent, derrière le volant. Facile à lire, il indique surtout la vitesse. Il est gradué jusqu’à 140 km/h… et je me demande pourquoi. J’y reviendrais. La jauge à essence, une indication de l’allumage des feux, la pression d’huile s’y affichent également… et c’est tout.

Il est encadré par une tôle ajourée. Elle cache notamment le haut parleur de l’autoradio. Celui-ci a un look bien vintage et fonctionne parfaitement. Il est entouré de quatre boutons actionnant les essuie-glace, les phares, et la ventilation. La boite à gant occupe elle la partie droite, et elle ferme.

Enfin, petit regard sur le levier de vitesse. Il est au plancher et relativement long. Les débattements s’annoncent grands, j’y reviendrais là aussi. Niveau pédales, l’accélérateur est au plancher et le frein et l’embrayage également. En résulte une cinématique inhabituelle.

Enfin les sièges sont basiques mais la couleur va bien avec la carrosserie. Par contre la banquette offre peu de place aux jambes, surtout avec quelqu’un de grand installé à l’avant.

Sous le capot : il est bien caché ce moteur !

Le moteur de notre Coccinelle 1300 est très bas. Du coup quand on ouvre le capot on se retrouve surtout en face… de tout le reste ! La batterie n’est pas logée ici mais sous la banquette arrière.

Les canalisations servant à apporter l’air frais au moteur sont bien visibles, le logement de la turbine aussi. En fait… faire de la mécanique nécessitera pas mal de démontage. Le flat-four a des avantages, mais pas à ce niveau là !

Au volant de notre Coccinelle 1300

Installation et route de nuit

Je récupère la Coccinelle 1300 en fin d’après-midi. L’installation est facile. Je commence par boucler la ceinture. C’est parti ! Le moteur s’ébroue facilement, sans tirer le starter… enfin ce n’est pas moi qui le fera. Depuis 1961 les cox reçoivent un starter automatique.

Le bruit est plutôt caractéristique, et peu présent dans l’habitacle. La voiture roule bien. J’embraye. La pédale a donc une cinématique un peu particulière, mais avec cet accélérateur au plancher qui permet de bien doser je pars sans trop de soucis. Arrive maintenant le bout de la rue… et le premier freinage. Là, la pédale de frein se montre particulièrement déroutante. Déjà par son articulation qui bascule elle aussi en avant. Mais surtout, sur 90% de la course… rien ne se passe. Et au bout, le freinage “léger” que je tente de faire ne sert pas à grand chose. En fait il faut vraiment plus taper dans la pédale pour ralentir efficacement.

Les premiers kilomètres sont faits sans aucun soucis. Très vite on se retrouve à rouler de nuit. L’éclairage extérieur est bien suffisant et je vois bien la route. Par contre à l’intérieur, l’éclairage du compteur me joue des tours. Du coup, heureusement que le GPS qui m’emmène au marché de noël de Strasbourg me donne la vitesse !

Le levier de vitesse est efficace, une fois que je l’ai bien assimilé. Il est long mais les débattements ne sont en fait pas énorme. Par contre c’est si rapproché que le couple 2e/3e m’amène parfois en 1ère et parfois en 4e. Mais je vais m’y faire !

Première journée et je me familiarise

Pour la matinée suivante, la Coccinelle 1300 ne va emprunter que des grands axes ou presque. C’est l’idéal pour voir comment notre auto s’intègre dans la circulation de 2018. Les clignotant évitent toute surprise au rond-point. Parce qu’au moment de démarrer, les 40 chevaux sont tous mis à rude épreuve. Même si le poids est contenu, l’accélération reste vraiment légère.

Me voilà sur une voie rapide. La Coccinelle 1300 y tient les 90 sans problème. Allez, je pousse un peu. Alors que le compteur affiche 120 je suis à un bon 105-110 ! Par contre la jauge à essence descend… vite ! Je m’arrête vite pour faire le plein… 18 litres ? C’est tout ? En fait la jauge n’a pas l’air bien réglée. Mais pour la suite je vais éviter de me faire peur et ravitailler malgré tout quand je serais proche de la réserve. Nous voilà chez Art of Racer et on laisse l’auto faire une pause.

Ensuite, direction la route des vins. La Coccinelle 1300 retrouve des routes départementales plus agréables… surtout pour moi ! La direction est à son aise, et en roulant elle se montre suffisamment légère. Le moteur n’est pas à la peine mais on escalade pas de col pour autant. Les bouchons autour des marchés de noël ne sont pas des soucis, l’embrayage et l’accélérateur font leur office.
Par contre ça meule là dedans ! On a beau toucher aux boutons de ventilation, rien n’y fait. Jusqu’à ce que… merci Google ! Une petite recherche nous permet de voir qu’entre les sièges, autour du frein à main se trouvent deux manettes. En les tirant, miracle, l’air chaud arrive à nos pieds… congelés ! L’air se réchauffe et la cox continue son périple.

Invitation à rouler

Quelles que soient les routes qu’on va emprunter, la Coccinelle 1300 va se montrer à la hauteur. Certes, quelques montées vont faire redescendre le tachymètre, mais elle grimpera partout ! Ma petite allemande m’épate.

Facile à conduire une fois qu’on a compris comment bien freiner, bien amortie, plutôt confortable, elle se balade très facilement. On roule sans trop de bruit, avec de la place pour les bagages, on y loge 6 caisses de blanc alsacien à l’avant et le reste sur la banquette, parfait.
C’est une auto qui invite à la balade, et même au voyage long. La conso reste cependant élevée. Un 1300 qui suce 10 litres au 100… on ne peut pas dire que ce soit économique !

Conclusion

Oui, je n’avais jamais essayé de Cox. Avoir une auto trois jours de suite et rouler dans toutes les situations permet de bien se familiariser avec sa conduite. La Coccinelle 1300 n’est pas une auto qu’on qualifiera de dynamique. Ce n’est pas forcément la plus facile à conduire non plus. Mais elle représente une auto homogène avec tout ce qu’il faut pour rouler. Je comprends mieux l’engouement qu’il y a autour de cette auto.

Par contre, si les versions plus anciennes sont prisées, je me dis qu’avec leurs petits moteurs elle doivent être bien moins faciles à vivre.

Rouler en Coccinelle 1300

La Cox n’est plus une auto économique ! Et oui, comme une deuche, elle est recherchée et les prix s’en ressentent !

Les versions les plus anciennes sont inabordables, tout simplement. Une “split” tape autour des 35.000 € ! Une ovale dépasse les 20.000 !
Les versions plus récentes, comme notre Coccinelle 1300 sont plutôt autour des 8000 / 10.000 € selon l’état. En fait les prix ont grimpé car beaucoup d’autos ont été restaurées et présentent donc très bien.

On notera que les versions méxicaines sont plus légères au niveau des tarifs.

Concernant l’usage, une Coccinelle 1300 est peu chère. Certes une conso de 10 litres est étonnante pour une auto qui n’est pas sportive. Mais pour le reste, le prix et la dispo des pièces de ces modèles “récents” ne laissent aucune surprise. On trouve de toutes les qualités, et donc à tous les prix. Enfin, la mécanique n’est pas si compliquée et la plupart des mécanos sauront vous remettre sur la route facilement.

Dernier point vous pouvez rouler avec cette Coccinelle 1300. Elle est disponible à la location sur le site de RC Classic, c’est en cliquant ici.

Image
Entretien
Plaisir de Conduite
Ergonomie
Facilité de conduite
Les PlusLes Moins
IntemporelleDynamisme restreint
Une bouille craquanteConso élevée
Facile à vivreCote envolée
Freinage trop déconcertant
Note Totale
Benjamin on Email
Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

5 commentaires sur “Essai d’une Volkswagen Coccinelle 1300, populaire, classique et facile”

  1. Voiture sympa comme la 2CV finalement.

    Toutefois , n’oublions pas de signaler que le train arrière est obsédé par vouloir passer devant le train avant dans beaucoup de circonstances…

  2. Bonjour Benjamin,
    Je lis régulièrement vos articles et les trouve intéressants dans la mesure où la voiture que vous traitez m’intéresse ou non.
    Celui sur la coccinelle m’a particulièrement intéressé, mais il contient certaines erreurs, des a priori tenaces, et il se fait que je possède depuis 2002 et 145.000 Km une de ces merveilleuses et exceptionnelles voitures.

    « J’y reviendrais. La jauge à essence, une indication de l’allumage des feux, la pression d’huile s’y affichent également… et c’est tout. ».
    Il s’agit évidemment du minimum syndical. Mais si vous aviez lu le manuel d’utilisation, vous auriez su que le voyant de gauche (G) est celui du témoin de charge et de refroidissement, et que celui de droite (OIL) indique l’alerte de pression d’huile trop basse. Si témoin de phare il y a (en Suède, entre autre), il figure en vert, à droite.

    « Là, la pédale de frein se montre particulièrement déroutante. Déjà par son articulation qui bascule elle aussi en avant. Mais surtout, sur 90% de la course… rien ne se passe. »
    Là, je me dois de vous tirer les oreilles, de même que celles de l’inconscient qui vous a prêté la voiture. La course libre de la pédale de freins est de 2 cm. Pas plus ! Alors, soit les garnitures et tambours sont usés jusqu’à la corde, soit un des deux circuits de freinage a une fuite. S’il vous plaît, ne prenez pas ce problème à la légère. Une coccinelle freine, et bien.

    « Enfin, petit regard sur le levier de vitesse. Il est au plancher et relativement long. Les débattements s’annoncent grands, «
    C’est qu’il y a lieu de remplacer la bague de la tringlerie du levier, dans la poutre. 3€ et 1 heure de travail.
    « Par contre à l’intérieur, l’éclairage du compteur me joue des tours. «
    Si vous aviez lu le manuel, vous auriez su que l’éclairage du tableau de bord se règle grâce à l’interrupteur des phares.
    « On y loge 6 caisses de blanc alsacien à l’avant et le reste sur la banquette, parfait. »
    Et oui, et je soupçonne les ingénieurs de chez VW d’avoir utilisé la caisse de Bordeaux pour déterminer les dimensions du coffre. On y insère soit deux caisses de 12 bouteilles de grand cru de Bordeaux, soit 5 cartons de vins de Bourgogne.

    « Un 1300 qui suce 10 litres au 100… on ne peut pas dire que ce soit économique ! »
    Cette surconsommation indique un manque d’entretien, principalement des systèmes de préchauffage de l’air (beaucoup placent des filtres à air de beauf’s, chromés) et du réchauffage du mélange carburé, typique d’un moteur boxer à carbu central. Ma cox à 232.000 Km, j’ai ouvert (et refermé…) deux fois le moteur, et je consomme entre 8 et 8.5 l/100 Km. Avec un carbu conforme (VW 525-2) dont je n’ose pas vous dire le prix d’achat.

    « Enfin, la mécanique n’est pas si compliquée et la plupart des mécanos sauront vous remettre sur la route facilement. »
    Effectivement, elle n’est pas compliquée, mais les mécanos modernes ne la connaissent pas. Rien que l’ordre d’allumage 1-4-3-2 les déroutent. Et on ne trouve pas facilement de la pièce de qualité. Savez-vous que je paye plus cher pour des pièces NOS de coccinelle que pour les pièces Volvo de ma P1800 ?
    Une coccinelle rigoureusement entretenue n’arrache pas les pavés au démarrage, mais permet de faire un tour de France (3.500 Km) sans soucis.
    Nous le faisons régulièrement.

    1. Alors, ma contre réponse sur quelques points.
      Me tirer les oreilles sur la course de la pédale de frein ? Je n’avais conduit de Coccinelle, comment savoir que c’est anormal ? La Cox que j’ai eu freinait, comme une ancienne : mal. La course était longue mais ça freinait. Je n’aime pas l’expression “bien pour l’époque”. Une ancienne freine mal, point.
      Sur les débattements, je dis qu’ils s’annoncent grands en voyant le levier. Plus loin dans le texte je précise bien que ce n’est pas le cas.
      Enfin pour la conso, les quelques avis pris à droite et à gauche de personnes ayant effectué comme moi des trajets avec de la voie rapide sont d’accord sur les 10 litres de moyenne.

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