Ouest Motor’s Festival 2018 à Lorient, ou l’Alliance parfaite entre l’Art et la Compétition Automobile

L’Ouest Motor’s Festival 2018 marquait le retour de l’événement après une année de pause. C’était donc en Bretagne ces 17 et 18 novembre 2018 au parc des exposition de Lorient. Organisé par l’ARSP (Auto Rétro Sport Prestige) avec le soutien de l’ACO (Automobile Club de l‘Ouest), ce salon promettait une édition centrée sur l’Art et l’Automobile mais non sans un goût prononcé pour la compétition. 

L’Art et l’Automobile

Le premier hall de l’Ouest Motor’s Festival 2018 nous plongeait au cœur de la thématique du salon dans une atmosphère feutrée, semblable à une galerie d’art où se mêlent peintures, sculptures et voitures. Une rarissime Alfa Romeo 8C trônait au centre de l’exposition. Cette 8C évoque à la fois le raffinement mais aussi la sportivité. Sa déclinaison sportive mettra fin à la suprématie des Bentley aux 24h du Mans avec une série quatre victoires consécutives entre 1931 et 1934.

Sur le côté, une Mini aux couleurs vives attirait le regard. Pour les 40 ans de Rover en 1997, Paul Smith dessina une nouvelle robe pour l’iconique petite anglaise. A sa gauche, se dressait une Ferrari à l’échelle ½. Cette auto initialement utilisée au Critérium des jeunes pilotes du Mans fut redécorée par l’artiste Pop Art Keith Haring en 1984.

Le musée des 24h du Mans (que Bertrand vous avait fait visiter ici) mettait aussi à contribution un bronze de Jacky Ickx, surnommé “Monsieur Le Mans”, qui rejoignait une sculpture mécanique de Hugues Le Baron.

Mais LA star de l’Ouest Motor’s Festival, c’était elle, la Mazda 787B. Celle qui gagna les 24h du Mans en 1991, signant la première victoire nippone à l’épreuve mancelle. Son lien avec l’Art ? Même si ce n’est pas une Art Car à proprement parlé, sa peinture si emblématique marquera les esprits autant que son moteur rotatif quadrirotor, une véritable oeuvre de technicité ! De plus, sa présence faisait écho à la victoire de Toyota en juin dernier. A côté posait la Porsche 911 GT3 RSR victorieuse dans la catégorie GT Am en 2013.

En arrière-plan, les huiles originales de Yahn Janou (que vous avait fait découvrir Benjamin ici) ornaient les murs. Rencontre avec ce designer automobile devenu artiste-peintre dans les années 90.

Quels sont vos inspirations ?

J’aime l’Automobile et l’Histoire. Mon but est de raconter une partie de l’Histoire de l’Automobile en me faisant plaisir. Je peints des voitures de toutes les époques, même les plus anciennes, comme la Jamais Contente de 1899. Je m’inspire de la peinture « classique » comme les toiles de Degas, Toulouse-Lautrec et des peintres Futuristes, un mouvement italien des années 1910-20.

Quelle est votre démarche artistique ?

Pour peindre une voiture, il faut que je la vois en conditions. Je réfléchis, je fais des aller-retours entre la voiture et mes croquis. Parfois je peints car je veux utiliser du rouge, faire une voiture en particulier ou un type de scène. Ce qui est important en tant qu’artiste, c’est de ne jamais entrer dans le sujet de la même manière pour toujours renouveler sa créativité.

Après “Instantanés” qui illustre vos œuvres jusqu’en 2006, vous sortez cette année un nouvel ouvrage.

C’est un livre sur l’histoire des 24h du Mans, de la première édition à 2017. J’ai dessiné une aquarelle pour chaque victoire, des portraits des pilotes ayant remporté l’épreuve au moins trois fois ainsi que des scènes de paysages.

Pourquoi choisir Le Mans ?

Le Mans c’est une histoire d’amour depuis longtemps. J’ai fait l’affiche en 2000. Petit à petit en travaillant, j’avais de quoi raconter une histoire rapide mais je voulais en même temps faire quelque chose qui serve de référence. Par ailleurs Fabrice Bourrigaud, directeur culture et héritage de l’ACO et du Musée des 24h du Mans, est l’un des écrivains de ce livre.

Pole position

Passé la première salle, l’Ouest Motor’s Festival 2018 s’ouvrait sur un parterre de Formule 1 des années 70 à 80. On retrouvait des pistardes aux couleurs emblématiques, comme la Lotus 78 John Player Special, surnommée à l’époque la JPS MkIII. Elle illustra une fois de plus l’ingéniosité de la marque de Colin Chapman, en devenant la première voiture à effet de sol. La “wing car” disposait d’un diffuseur et de jupes latérales créant une déportance et augmentant ainsi l’adhérence de la voiture. Avec sa descendante, la Lotus 79, et grâce au pilote Mario Andretti, elle permit au constructeur de remporter le titre en 1978.

Seconde monoplace marquante de la décennie et qui était présente à l’Ouest Motor’s Festival, la March 2-4-0 de 1977. Un prototype animé par le redoutable V8 3L Ford-Cosworth. Ce dernier transmet sa puissance de 485 ch aux 4 roues arrières et sans différentiel ! Un ovni déjà rencontré par Bertrand l’année dernière à Rétromobile. Sur le plateau, se côtoyaient d’autres F1 de légende comme une McLaren, la Ferrari 312 T5 pilotée par Gilles Villeneuve en 1980 ou encore la Tyrrell 006 de François Cevert et Jackie Ickx en 1973.

Les GT britanniques

L’Ouest Motor’s Festival 2018 offrait à la vue des visiteurs les plus belles création Aston Martin de l’ère David Brown. Ces GT préfigurent encore parfaitement le summum du savoir-faire et du raffinement automobile. Au milieu de ces joyaux d’aluminium fait- main, se trouvait une DB6 de 1965. Cette ex-voiture d’usine fut le second châssis assemblé à Newport Pagnell et appartint au frère de Jacky Stewart. Sa remplaçante, la DBS, marquera une rupture avec le style de la maison en affichant des lignes plus musclées et à la connotation plus américaine.

A la rencontre des clubs de l’Ouest

L’Ouest Motor’s Festival 2018 mettait autant en avant ses expositions thématiques que les clubs locaux qui s’efforçaient de nous présenter quelques perles. L’ARSA (Auto Rétro Sport d’Armorique) disposait d’une rutilante évocation de Racer 500 prêt à découdre sur piste. Cette monoplace, originellement créée par René Bonnet et Charles Deutsch, était propulsée par bicylindre de 850 cm³ Panhard était accompagnée par une magnifique Panhard CD. Cette dernière détient aujourd’hui encore le CX de plus faible au monde pour une voiture de série.

Le voisinage de l’ARSA était tout aussi sportif avec les Formules de France et l’ELINA, une voiture créée par Jean-Pierre Beltoise ainsi qu’une Renault AGS JH14 de 1976, ex Jean Ragnotti.

A plus tout autre échelle, le Vintage Racing Ouest Motorsport (ou la vroum team pour les intimes) propose depuis maintenant un an un regroupement de passionnés et coureurs en anciennes pour participer aux courses historiques. Ce rassemblement permet de mutualiser les moyens, apprendre de chacun et partager de bons moments entre passionnés. En à peine un an, ce nouveau concept a séduit plus d’une soixantaine de pilotes de tous niveaux (amateur, régional et international) entre la Bretagne et la Vendée.

Des autos mais pas que…

L’Ouest Motor’s Festival 2018 c’était enfin une bourse d’échanges, un espace de vente d’anciennes, des artisans, un défilé de pin-ups, des concerts, des conférences ou encore des dédicaces de Jean-Paul Ollivier.

Malheureusement, en raison des manifestations et blocages par les gilets jaunes, l’Ouest Motor’s Festival 2018 ne rencontra pas le succès mérité. Le salon a pourtant su concilier quantité et qualité pour faire rêver les visiteurs présents. Souhaitons leur une foule de passionnés et des expositions aussi réussies pour leurs prochaines éditions.

En attendant, retrouvez les belles italiennes de l’Ouest Motor’s Festival de Lorient 2016 en cliquant ici.

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Vincent
Rédacteur à News d'Anciennes
Etudiant et passionné d'automobiles , il commence en 2011 en écrivant "Auto d'Antan", une revue amateur sur les voitures anciennes.
Trois ans plus tard il se lance sur la blogosphère puis rejoint l'équipe de News d'Anciennes en 2016 .
Il partage la route avec sa Motobécane N40T et de son Vélosolex 3800.

3 commentaires sur “Ouest Motor’s Festival 2018 à Lorient, ou l’Alliance parfaite entre l’Art et la Compétition Automobile”

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