Essai d’une Oldsmobile Cutlass : une touche d’originalité

J’avais eu la chance de tester la Pontiac GTO lors de mon premier essai, c’est à revoir ici, je vous emmène cette fois-ci à bord d’une autre américaine qu’on ne croise pas tous les jours dans le secteur : la Oldsmobile Cutlass !

Commençons par le commencement

La marque

Lorsqu’on parle d’américaines, on pense souvent à Ford, Dodge, Chevrolet, Buick ou encore Pontiac mais beaucoup moins connaissent Oldsmobile. Et pourtant ! Enseigne de plus de 107 ans d’existence, la firme fait partie dès son commencement des premiers constructeurs automobile des États-Unis. Elle est ensuite rachetée en 1908 par General Motors après avoir vu ses ventes décoller.

Côté innovations, Oldsmobile se voit devenir maître de la transmission dès 1937 notamment grâce à la transmission automatique à 4 vitesses puis en 1940 grâce à l’Hydramatic, transmission totalement automatique et terriblement innovante pour l’époque.

Après plusieurs décennies très prometteuses et de nombreux modèles à succès, la réussite du constructeur se tourne vers le déclin dès 1960 jusqu’en 2004 où General Motors décide d’abandonner la marque après plus de 35,2 millions de véhicules produits.

Le modèle

Parmi les nombreux modèles sortis des chaines de production d’Oldsmobile, la Cutlass fut un des modèles stars de la marque. Elle est à son lancement en 1961 le plus petit des véhicules proposés par Oldsmobile malgré ses dimensions importantes.

Durant toute sa longévité, la Oldsmobile Cutlass est déclinée en plusieurs carrosseries dont des breaks, cabriolets, berlines et coupés. On peut dire qu’il y avait du choix !

Après six générations à succès, c’est en 1999 que la production se voit définitivement arrêtée.

Les présentations d’abord

Ne vous fiez pas au drapeau américain placé sur la plage arrière, notre Cutlass du jour nous vient tout droit du Canada où elle connut ses premiers tours de roues en 1969 aux mains de son heureux premier propriétaire (papiers d’époques à l’appui !).

Afin d’améliorer ses performances, cette charmante auto a subi quelques modifications lors de ses dernières années passées dans son pays d’origine. Changement de moteur d’un 350ci Stocker en 383ci préparé par White Performance et développant 450 ch, carburateur quadruple corps Demon, système air ride Ridetech, nouvelles jantes US MAGS chaussées en 245/45/18 à l’avant et 275/40/18 à l’arrière et freins plus exigeants. Je la trouve à tomber malgré mon côté souvent trop conservateur.

Damien, propriétaire actuel de la belle, recherchait une américaine peu commune. On peut dire que le choix est réussi !


Extérieur : du très lourd !

Premier coup d’oeil sur l’auto, on retrouve évidemment le gabarit si disproportionné typique des américaines. Avec ses 5,128 m de longueur, ses 1,935m de largeur et son poids de 1559kg, on peut dire qu’elle est assez imposante.

Elle arbore des lignes droites mais aussi de jolies courbes affutées mêlées à une certaines classe et une agressivité particulière notamment grâce à son capot plongeant. J’aime beaucoup son petit côté grosse brut qui ne demande qu’à rouler.

L’avant est équipé d’un pare-chocs chromé, surmonté par deux larges demi-calandres intégrant eux-même quatre feux horizontaux. L’arrière quant à lui est un peu plus simpliste. Trop peut-être ? Toujours avec ce pare-chocs chromé qui complète le reste de l’auto, on y retrouve deux feux verticaux que j’aurais peut-être vu plus large et moins haut. Sur le côté, les longues portes sont entourées d’ailes avant et arrières évasées qui démontrent encore une fois le côté bestial de cette Cutlass. Des vitres de custodes sont intégrées à l’arrière et donnent vraiment du style à ce coupé, surtout quand elles sont ouvertes !

Quant au toit, un revêtement vinyle est posé comme il se faisait beaucoup à l’époque. Une très belle finition noire qui termine parfaitement l’auto. Pour parfaire le tout, une multitude d’éléments sont ajoutés sur le corps de l’auto : logos “Oldsmobile” et “Cutlass”, chromes à gogo, feux latéraux arborant toujours le logo “Oldsmobile”, je suis vraiment fan de cette auto.

Autre petit détail atypique : saurez-vous retrouver l’endroit de la trappe à carburant ? Je vous donne la réponse en fin d’article !

Intérieur : fidèle au reste

Belle surprise également dans l’habitacle de cette belle Cutlass puisqu’elle est à l’image de sa carrosserie. Il est sans surprise immense et décoré des mêmes éléments que le reste de l’auto. À savoir logos, chromes, revêtement noir rappelant le vinyle du toit ainsi que des touches d’éléments imitation bois, … Après presque cinquante ans de vie, l’intérieur semble bien vieillir.

Les sièges en cuir semblent d’origine et s’intègrent parfaitement à l’auto, toujours classe avec son côté sportif.

Sur le tableau de bord, trois indicateurs sont apposés face au conducteur pour contrôler le véhicule : le premier à gauche avec entre autres la réserve d’essence et la pression d’huile. Le deuxième est le compteur, en miles, puis tout à droite un compte-tours pas d’origine. Juste à droite se trouve un autoradio Oldsmobile (et fonctionnel !).

En dessous, on trouve les différentes commandes pour actionner feux, essuies-glace, mais aussi commandes de chauffages. J’aime particulièrement la sensation de qualité des éléments comme le comodo de clignotant, on sent que c’est du costaud !

Motorisation

Et qu’est-ce qu’il se passe sous cet imposant capot ? Et bien comme dit plus haut on retrouve un nouveau moteur 383ci développant 450 chevaux avec toujours autant de chrome. Moins fans de ce côté-là mais il a le mérite d’être propre et bichonné !


À l’origine, la Oldsmobile Cutlass de 1969 était équipé de V8 développant 310 chevaux à 4800 trs/minute lui permettant d’atteindre les 0 à 60 mi/h (96 km/h) en un peu moins de 5,6 secondes et une vitesse de pointe maximale de 126 mi/h (203 km/H). Ces moteurs V8 étaient fabriqués par Oldsmobile, une valeur sûre de la solide réputation du constructeur.

L’essai tant attendu !

La journée fut longue pour moi ce jour-là mais c’est après le shooting que j’ai pu prendre le volant de cette Oldsmobile Cutlass !

Installation

J’ouvre enfin cette lourde porte pour m’installer à son bord avec toujours cette odeur si particulière qu’ont les vieilles américaines, ça met direct dans l’ambiance ! Le siège en cuir est plutôt confortable, je le règle grâce à la commande placée à ma gauche puis boucle ma ceinture deux points facilement accessible de chaque côté car l’auto est large.

Moteur déjà démarré, je place mon pied droit sur la pédale de frein puis le levier en position D grâce à un appui vers le bas. Je m’apprête alors à lancer la voiture mais remarque très vite que je suis très près du volant ! En effet, mes avant-bras étant presque à la verticale, il n’est pas très agréable de conduire dans cette position. Surtout si vous faites 1m70 comme moi ! Un bon mètre quatre-vingts-cinq pourrait être plus adapté à la conduite de cette auto.

C’est parti !

Je lâche alors la pédale de frein puis élance la voiture sur nos petites routes bien franchouillardes. Tout comme la Pontiac GTO, je retrouve un gabarit très large et un capot loin devant moi. Les vitres sont plutôt grandes, on a assez de visibilité malgré une assise assez basse. Les commandes sont bien placées et tout est à portée de main. Bon les rétroviseurs extérieurs sont presque placés au niveau de mes épaules mais ça ne serait pas la première ancienne à posséder des rétros totalement inutiles !

Côté tenue de route, c’est plutôt pas mal. Aucune prise de roulis, c’est agréable à condition de bien s’accrocher sur le volant puisque la direction (assistée heureusement !) est très sensible. En effet, la moindre petite imperfection de la route peut vous faire dévier rapidement si vos bras suivent le mouvement du châssis. Malgré des routes nationales de campagne par très stables sur les bas côtés, c’est plutôt pas mal et rassurant comme auto. Attention aussi à bien serrer à droite lorsqu’on croise d’autres automobilistes !

Après quelques kilomètres, premier village : j’avance à allure modérée, le moteur ronronne bien mais la voiture reste confortablement insonorisée. Premier dos d’âne, ça passe aussi bien mais attention tout de même aux suspensions modifiées ! Consigne ensuite de mon copilote et propriétaire Damien de tourner à droite, pas de problème je braque le volant et la surprise, le rayon de braquage n’est vraiment pas efficace ! Attention donc à ne pas prendre de virages trop serrés sous peine ne vous y reprendre à deux fois !

Sortie de village, on appuie sur le champignon et c’est reparti ! Elle part d’une traite et reste stable malgré le poids de la voiture que l’on ressent à chaque accélération. La bête se transforme en monstre lorsqu’on commence à avoir le pied lourd. Très coupleux, les accélérations sont phénoménales et violentes à la fois. L’auto prend très vite de la vitesse alors même qu’on ne s’y attend pas. La sonorité du V8 est quant à elle diabolique, l’agressivité de la Cutlass se ressent aussi dans son moteur qui ne fait que répondre à chaque accélération. Il est toutefois dommage que la direction floue et peu rassurante nous rappel à l’ordre pour levier le pied !

Au niveau freinage comme à l’accélération c’est le poids de la voiture qu’on ressent. Ces freins modifiés permettent de mieux contrôler le véhicule en cas de freinage difficile.

 

La Oldsmobile Cutlass au quotidien

Pour rouler en Oldsmobile Cutlass, il faudra tout d’abord sortir un peu d’argent puisque ce modèle n’est pas très commun. En faisant le tour des sites de ventes automobiles, on trouve des Cutlass à partir de 13.000€ et jusqu’à 50.000€ pour les plus beaux modèles. Comptez en moyenne 30.000€ pour vous offrir une Cutlass similaire à celle de Damien.

Côté pièces, il faudra vous armer de patiente pour trouver quelques éléments bien spécifiques au modèle. La voiture n’étant déjà pas très courante sur le marché, il faudra vous tourner vers son continent d’origine pour vous procurer les pièces nécessaires à la restauration de votre Cutlass.

Niveau entretien courant, pas de panique ! Comme la majorité des anciennes, la Cutlass reste relativement facile à entretenir mais gardez à l’esprit que l’aide d’un professionnel compétent vous sera bien utile pour aller plus loin.

Pour la consommation, aucune surprise (même si je trouve ça raisonnable pour ce genre de voiture). Il faudra prévoir un bon budget pompe à essence pour remplir les 76 litres du réservoir puisque cette Oldsmobile Cutlass vous fera consommer en moyenne 17 litres/100.

D’ailleurs elle se trouve où cette trappe à essence ?

N’ayant pas trouvé la réponse nous-même, on peut vous dire qu’il vous faudra vous baisser pour faire le plein puisqu’elle est cachée derrière la plaque d’immatriculation arrière !

Conclusion

J’ai apprécié cette Oldsmobile Cutlass aussi bien par ses détails que par son originalité. Une voiture très réussie qui change des Mustang et autres américaines que l’on croise souvent sur les rassemblements.

Un grand merci à Damien pour le prêt de son auto et pour sa sympathie.

Image
Entretien
Plaisir de Conduite
Ergonomie
Facilité de conduite

 

 Les Plus  Les Moins
 Peu commune  Le volant trop près du corps
 Les finitions  Pièces difficiles à trouver
 Machine à sensations  La direction sensible et peu rassurante
 Note Totale

 

Fiche Technique de la Oldsmobile Cutlass

Mécanique Performances
Architecture  8 cylindres Vmax  203 km/h
Cylindrée  5737 cm³ 0 à 100 km/h  5.6 s
Soupapes  16 400m da  —
Puissance Max  310 à 4800 tr/min 1000m da  —
Couple Max  — Poids / Puissance  —
Boîte de vitesse  3 rapports automatique    
Transmission  traction
Châssis Conso Mixte  —
Position Moteur  Avant Conso Sportive  —
Freinage      
Dimensions Lxlxh  512 x 193 x 134cm Prix d’origine  
Poids  1.559 kg à sec Cote 2017  —

 

 

Ludovic on Email
Ludovic
Rédacteur-photographe à News d'Anciennes
Ayant rejoint News d'Anciennes courant 2017, Ludovic et sa fidèle Coccinelle parcourent les rassemblements à la conquête de reportages photos.

6 commentaires sur “Essai d’une Oldsmobile Cutlass : une touche d’originalité”

  1. Je suis fière de ce reportage sur la voiture de mon fils, et de voir sur un autre angle ses superbes photos de vue de la olds de légende.

  2. Bonjour. J’ai été l’heureux second propriétaire d’une Oldsmobile Cutlass achetée neuve à Paris en Mars 1967. Coupé 8 cylindres, boîte auto à la ligne très sobre et avec une lunette arrière inversée. Je n’ai jamais vu la même ni en live, ni en photo. J’ai toujours sa carte grise en W et quelques photos. Si quelqu’un connait mieux ce modèle que moi, j’apprécierais de communiquer avec lui car je regrette cette belle américaine si discrète et si puissante pourtant. Merci d’avance.

  3. Je suis l’heureux propriétaire de cette auto (merci Ritchie Monniez), le reportage la met en valeur et je la vois sous d’autres angles. Merci l’équipe et à très vite j’espère. . .

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