La Belle Histoire des Utilitaires Renault, Partie 2, au volant

Après la superbe expo statique, que je vous ai fait découvrir, hier dans cet article, on va parler des essais et la flotte proposé par Renault Classic. Là aussi, c’est juste énorme. Quand on me demanda quelles voitures je voulais essayer, sans hésiter mon choix se porta sur l’Estafette Gendarmerie ! Déjà car j’adore cette auto, et surtout je put réaliser là, un vieux rêve, voir même un fantasme de petit garçon, mais je ne vous en dit pas plus car cet essai fera l’objet d’un article très prochainement.


Débuts laborieux en Colorale

Mon autre choix se porta sur une Colorale en version pick-up de 1952. La Colorale, on vous en a déjà parlé, dans cet article.

Les essais se faisant en binôme, j’eus la grande chance d’avoir le rédacteur en chef du magazine Charge Utile, Monsieur Jean-François Colombet comme pilote. Véritable encyclopédie vivante, c’est d’ailleurs lui qui nous fit la conférence sur l’historique des VU de Renault. Cet essai de la Colorale, fut un peu rocambolesque, le véhicule, comme tout ceux de la flotte, est dans un superbe état de restauration, proche de la sortie d’usine.

Mais à cause de la rudesse de la boite de vitesse, nous eûmes quelques petites difficultés. Beaucoup moins pour Jean-François qui a plus l’habitude des véhicules anciens que moi. Pour ma part je ne tentais pas la circulation, mais sur le parking, je pus faire quelques tours de roues. On est vraiment dans une ancienne assez rudimentaire. L’intérieur est plutôt spartiate et sans aucune fioriture. Bien qu’assez confortable la banquette à ressorts ne possède pas de ceinture, on est assis très en hauteur avec pour point de vue l’immense capot. Le volant est assez grand, mais la direction plutôt légère au regard de la grosseur de la voiture.

Les vitesses sont au volant, je démarre en seconde, la première étant réservé au démarrage en cote ou en charge. Je me bat avec le levier pour chercher les autres rapports, vraiment pas facile pour un novice… quant au freinage il ne brille pas par son mordant, mais avec un peu d’habitude on en s’en sort aisément. Malgré mes difficultés, c’était un bon moment, j’ai pu essayer une auto pas si commune, avec sa bouille d’américaine mais qui péchait par son moteur trop anémique, un petit 4 cylindres de 58cv .

A titre de comparaison, j’ai effectué un essai du nouveau Alaskan, c’est juste un énorme bond en avant avec un confort de conduite digne d’une voiture de luxe, voir presque aseptisé tellement le gros 4X4 possède une électronique omniprésente, mais voilà on est au 21ème siècle…

On enchaîne avec une légende

Les autres VU de Renault Classic étaient, eux aussi des légendes comme le fameux “1000kg” qui fut décliné en centaines de versions différentes. Lui aussi pas facile de le conduire, il fallait connaitre et pratiquer le double débrayage et largement anticiper les freinages, pas facile dans le flot de la circulation moderne. Ce mille kilos porte l’enseigne des bonbons Barnier, véritable confiseur Normand, qui existe encore. J’en profite pour signaler que toutes les décorations sont peintes à la mains à même la carrosserie, comme a l’époque.

Outre l’Estafette Gendarmerie ou retrouvait aussi une version minibus qui offrait jusqu’à huit places assises, une sorte de grand père de nos monospace moderne. Un autre best-seller du losange, presque la reine des utilitaires, le cheval de trait des livreurs, coursiers et autres artisans. Je veux parler de la Renault 4 F4, la fabuleuse fourgonnette fabriquée à plus de 8 millions d’exemplaires pendant ses trente ans de bons et loyaux services ! Deux très beaux exemplaires nous étaient présentés, une “Darty” et son célèbre contrat de confiance, datant de 1986. La seconde est à la couleur de “Renault Service” , service de dépannage routier qui opérait aux bords des routes dans les années 60 et 50 avec sa couleur orange reconnaissable entre mille. L’auto datait de 1969 avec sa belle calandre en acier. Ces deux versions sont équipés de la fameuse trappe, appelé “girafon” qui permettait l’ouverture du toit, afin augmenter la capacité d’emport.


Et on termine avec une très (très) ancienne

Pour compléter l’histoire des VU, Renault Classic nous faisait le plaisir d’avoir amené un autocar Renault type PR datant de 1927, et lui aussi dans un état de restauration proche du concours. Ce grand gaillard de près de 6 mètre de long pour un poids de 2,5 tonnes, mu par un moteur de 4 cylindres, pouvait emporter 10 personnes et leurs bagages à la vitesse de 65kmh…toute théorique. En réalité et aux vues de l’état des routes de cette époque, on frôle plus les 50 sur le plat. Comme beaucoup d’avant guerre la conduite est à droite et en plein vent car point de fenêtre sur les cotés. Bien sur absence total de chauffage ou tout autre signe de richesse ou confort.

Toute la journée cet autocar nous offrait des petites promenades, malgré le confort des banquettes, nous fumes quand même passablement secoué, sans parler des fortes odeur d’essence, mais quel plaisir de se retrouver quelques instants dans la peau d’un voyageur des années vingt ! Ce véhicule est digne d’une machine a remonter le temps !

On en redemande !

Cette journée avec Renault Classic fut mémorable, déjà par la découverte des véhicules et ensuite la possibilité de les conduire. Je trouve que c’est une très bonne idée de nous proposer en un même lieu des véhicules anciens et moderne, ce qui permet un comparatif à chaud et en direct. Une autre bonne surprise fut l’état des voitures, tous sont superbement restauré dans un état proche du neuf. Ça nous donne encore plus envie d’aller visiter le site de Flin-sur-Seine ! Une très bonne journée ludique et historique. Merci aux équipes de Renault Classic pour leur disponibilité et leur gentillesse, et surtout pour le travail effectué pour la conservation du patrimoine historique de la voiture Française.

Merci tout spécialement, à Dominique et Estelle pour leur invitation et leur gentillesse !

La galerie complète de cette journée est ici.


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bertrand
photographe/reporter

rédacteur et photographe à news d’anciennes.

Passionné d’histoire et de véhicules anciens, il rejoint la rédaction de news d’anciennes en 2015. Armé de son fidèle Nikon, il écume les rasso et salons pour vous les faire découvrir.


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