Sur les pistes de l’Histoire : Reims, Gueux mais pas que

Sur les pistes de l'Histoire : Reims, Gueux mais pas que
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Sur les pistes de l'Histoire : Reims, Gueux mais pas que
Benjaminhttp://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Après vous avoir emmené en Bourgogne pour parler des circuits autour de Dijon, direction une autre ville française qui a vu défiler les F1, les bêtes d’endurance, les R8 Gordini… et qui propose aussi de doux breuvages ! Direction Reims et le circuit de Gueux… mais pas tout de suite.

Le Premier Grand Prix de la Marne

Nous voilà en 1925. Le 2 Août 1925 va se courir le premier Grand Prix de la Marne. L’initiative est à mettre au crédit de trois acteurs : le Motocycle-Club de la Marne, l’Automobile-Club des Ardennes et l’Éclaireur de l’Est.

On parle alors d’une course de régularité à moyennes très élevées ! Vingt catégories sont prévues, trois pour les vélomoteurs, trois pour les motocyclettes, trois pour les side-cars, quatre pour les motos, une pout les voiturettes et quatre pour les voitures. Sympathique programme qui va rassembler surtout des motos tandis que certaines catégories n’attirent qu’un ou deux engagés.

Le circuit, ce n’est donc pas encore celui de Gueux. L’histoire de la course automobile dans la Marne démarre en fait à 15 kilomètres à l’est de Reims sur le circuit de Beine-Nauroy. La route reliant Chalons à Reims accueillera la ligne de chronométrage. Les concurrents prendront ensuite plein ouest, puis bifurqueront vers le nord et Beine. Traversant le village ils fileront vers l’est et la localité de Nauroy avant de retourner au sud vers la ligne de départ.

Différentes zones sont prévues pour les spectateurs avec des tribunes, des zones dans les virages ou dans une enceinte réservée.

Évidemment c’est du côté des 4 roues qu’on fera le plus de kilomètres avec 220 bornes au programme et des moyennes supérieures à 60 km/h. La victoire va revenir à Pierre Clause sur une Bignan.

Cette première est un succès et en appelle d’autres !

Direction Gueux

Pour le deuxième Grand Prix de la Marne on quitte l’est remois pour l’ouest. Des terrains sont achetés par la Société Civile Immobilière du Circuit de Reims-Gueux.

Le nouveau circuit est beaucoup plus petit, 7.8 km, situé entre le village de Gueux et Reims. La ligne de départ, les stands, les tribunes se placent sur la D27, on rentre dans le village pour rattraper la D26 avant de prendre la Nationale 31 en direction de Reims et retrouver la D27.

La première course sur ce nouveau circuit, courue le 25 Juillet 1926, voit la victoire de François Lescot sur une Bugatti Type 35. Il enlève la victoire au bout de 40 tours en un peu mois de 3h. Son meilleur tour est réalisé avec une moyenne de 118.52 km/h. C’est une autre Bugatti, une Type 37, qui gagne en moins de 1500 cm³ tandis que Lemaitre l’emporte en moins de 1100 sur une EHP.

La même année ont lieu les premières 12h de Reims qui voient la victoire de Roger Gauthier sur une Bignan. Il a couvert 1056 km !

Le Grand Prix Automobile de la Marne se court tous les ans au début du mois de Juillet. Les Bugatti y sont gagnante à chaque fois sacrant Étancelin (1927 et 1929), Chiron (1928), Dreyfus (1930) et Lehoux (1931).

Le circuit est peu à peu réaménagé. Des arbres en bordure de piste sont coupés et des maisons gênantes sont détruites pour créer des dégagements. Les vitesses augmentent progressivement sur un circuit jugé très rapide.

1932 : la consécration

En 1932 on ne court pas de Grand Prix Automobile de la Marne sur le circuit de Reims-Gueux. Pourtant les bolides sont présents début juillet, mais c’est pour le Grand Prix de l’Automobile Club de France… le Grand Prix de France en fait !

Toutes les stars sont là, Sommer, Benoist, Étancelin, Wimille, Varzi, Divo, Nuvolari, Caracciola. Ce sont les italiens Nuvolari, Borzacchini et l’allemand Caracciola qui signent le triplé sur leurs Alfa Romeo. Le record du tour a bien changé : 156,54 km/h !

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Grand Prix de l’ACF 1932

Aux Grand Prix de la Marne 1933, 1934 et 1935 ce sont les Alfa Romeo d’Étancelin, Chiron et Dreyfus qui s’imposent. En 1935 il y a même une seconde course, dédiée aux autos de Sport et de Tourisme qui voit la victoire d’Albert Perrot sur Delahaye.

À partir de 1936 ce sont des autos de sport qui courent le Grand Prix de la Marne sur le circuit de Reims-Gueux. Les constructeurs italiens et allemands, dominant en Grand Prix ne peuvent ainsi pas s’imposer. Wimille s’impose sur Bugatti Type 57G Tank puis sur une Type 59.

Pour autant on va voir les flèches d’argent dans la Marne. En 1938 et 1939 c’est ainsi le Grand Prix de l’ACF qu’on court. La première année voit Von Brauchitsch s’imposer sur une Mercedes W154, l’année suivante c’est Muller sur son Auto Union Type D qui l’emporte.

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Grand Prix de l’ACF 1938

Après la seconde guerre mondiale les autos ne tardent pas à revenir sur le circuit champenois. Dès le 6 Juillet 1947 se déroule le Grand Prix de Reims avec la victoire de Christian Krautz sur une Maserati 4 CLT.

L’année suivante c’est le Grand Prix de l’ACF qui revient avec une nouvelle victoire de Wimille, cette fois sur Alfa Romeo. En 1949 l’épreuve est rebaptisée Grand Prix de France et voit Louis Chiron gagner sur Talbot.

Le 2 Juillet 1950 ce sont les Formule 1 qui prennent le départ du Grand Prix de l’ACF, Fangio l’emporte sur Alfa Romeo 159. Il récidive l’année suivante, partageant la victoire avec son équipier Fagioli qui lui a laissé sa voiture.

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Grand Prix de France 1950

En 1952 le Grand Prix de France déménage à Rouen. Pour autant à la fin juin on court le 2e Grand Prix de Reims sur un circuit remanié. Pour des raisons de sécurité le village de Gueux est désormais évité avec la création d’une bretelle ramenant la longueur du circuit à 7,1 km. Ce sont les F2 qui sont présentes et Jean Behra l’emporte sur une Gordini.

En 1953 la partie ouest du circuit de Gueux a été modifiée et on rattrape la nationale beaucoup plus à l’ouest. La longueur est désormais de 8,3 km.

Les Formule 1 font leur retour mais ne sont pas les premières à s’élancer sur le nouveau circuit. On a en effet relancé les 12h de Reims qui se courent le samedi 4 Juillet et voient la victoire de Moss et Whitehead sur Jaguar Type C.
Le lendemain c’est un autre britannique, Mike Hawthorn, qui s’impose sur Ferrari en Formule 1.

En 1954 le circuit est de nouveau revu avec la modification des deux virages Muizon et Thillois sur la RN31.

Les 12 Heures de Reims sont une nouvelle fois remportées par une Jaguar Type C, celle de Wharton et, encore une fois, de Whitehead.
En F1 c’est Fangio qui impose se Mercedes, Kling assure même le doublé.

En 1955, pas d’épreuve. La tragédie du Mans est toujours dans les têtes et les courses suspendues en France.

L’année suivante c’est le retour des deux épreuves. Hamilton et Bueb imposent leur Type D aux 12 heures et Collins gagne sur Ferrari en F1.

Si c’est à Rouen que le Grand Prix de France amène les F1, les belges Frére et Gendebien de l’Écurie Francorchamps imposent leur Ferrari 250. Ils remettent ça l’année suivante et Ferrari l’emporte également en F1 avec Hawthorn. Le vainqueur du jour se retrouve dans les rétros de Fangio qui est en pré-retraite mais restera derrière, déclarant “On ne prend pas un tour à Fangio”. Le champion argentin a pris ce jour-là son dernier départ en F1.

En 1959, pas de 12h de Reims mais un doublé de Ferrari avec Brooks devant Hill. L’année suivante voit la victoire de Brabham sur Cooper.

Le Grand Prix de 1961 est toujours dans les annales. Giancarlo Baghetti est engagé sur une Ferrari par la Fédération Italienne, c’est la 4e Ferrari au départ avec Hill, Von Trips et Ginther. Les Ferrari dominent mais ont des soucis tour à tour. C’est le jeune italien qui va s’imposer d’un cheveux devant la Porsche de Gurney. Il remporte en fait son premier grand prix pour son premier départ !

En 1962 c’est à Rouen que se court le Grand Prix mais revient à Gueux en 1963 et voit Jim Clark gagner sur sa Lotus.

En 1964 à défaut de F1, revoilà les 12 heures de Reims, épreuve du championnat du monde des voitures de sport. Graham Hill et Jo Bonnier l’emportent sur Ferrari 250 LM. Pendant la course, Beltoise se blesse gravement et échappe de peu à l’amputation. Son coude gauche restera bloqué.

En 1965, Pedro Rodriguez et Jean Guichet imposent leur Ferrari 365 P2 aux 12h.

L’année 1966 ne voit pas de course d’endurance. Par contre les F1 sont bien présentes et Jack Brabham l’emporte sur une auto qui porte son nom. Ce sera cependant le dernier Grand Prix de France couru à Reims. Charade a débarqué, le Paul-Ricard et Dijon sortiront de terre dans les années suivantes.

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Les dernières 12h de Reims ont lieu en 1967. Ce sont les deux amis Schlesser et Ligier qui s’imposent sur Ford GT40, la course ne comptant plus pour le championnat du monde.

Pendant encore deux ans on retrouve des meetings avec de belles courses. Les F2 sont bien présentes et voient les victoires de Stewart (Matra-Ford) et Cevert (Tecno-Ford), Lagier et Cudini s’imposent en Coupe Gordini, les F3 et les Formule France sont également de la partie.

Par la suite les courses sont plus rares. En 1972 c’est la dernière compétition officielle, une course du Championnat de France Moto. Le circuit est en difficulté et ferme ses portes.

Un bel héritage

Depuis 1972 on pourrait croire que le circuit a été totalement abandonné. Et bien… non, pas du tout. Grâce aux Amis du Circuit de Gueux, les installations sont même progressivement restaurées et entretenues.

Ainsi côté extérieur on retrouve toujours, le long de la D27, les tribunes du circuit ainsi que le passage souterrain, passant sous la piste.

Côté intérieur on retrouve le pavillon Lambert ou Pavillon de chronométrage, aux couleurs BP, au niveau de la ligne de départ. Suivent ensuite les stands, en bord de route, spot photo très prisé… de tous (on y cèdera un jour). Suivent ensuite la tour de panneautage et derrière les stands on retrouve le bloc habitât qui sert toujours à l’accueil des bénévoles.

Pour ce qui est de la piste, elle est en grande majorité accessible. On peut toujours passer dans le village de Gueux, mais on devra passer un rond point qui est à l’entrée de la bretelle installée en 1952. On peut ensuite rejoindre la RN31 par la D26 qui suit toujours le tracé utilisé jusqu’en 1953. En fait, on peut aussi continuer vers l’ancien virage de Muizon mais entre le virage 4 (bretelle nord) et celui-ci, la piste n’existe plus ! Enfin l’épingle du Virage de Thillois est désormais un rond-point supplémentaire.

Le circuit est donc majoritairement accessible, mais on vous conseille de vous y rendre lors des événements proposés par les Amis du Circuit de Gueux. Le 2e Reims-Gueux Légende a été reporté à 2022, vous trouverez toutes les infos sont sur leur site.

Les circuits Rémois de nos jours

Histoire que vous puissiez vous y rendre “en pèlerinage”, voici la carte des lieux :

Visuels initiaux et recherches : Oscar Plada
Photos complémentaires : Les Amis de Reims-Gueux, Pinterest, Epic Formula1

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