Sur les pistes de l’Histoire : on a couru à Nîmes !

Sur les pistes de l'Histoire : on a couru à Nîmes !
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Sur les pistes de l'Histoire : on a couru à Nîmes !
Benjaminhttp://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Dans le sud de la France, il est des villes qui ont un passé automobile beaucoup plus marqué que Nîmes. Pourtant de grandes courses automobiles s’y sont bien déroulé. Elles sont rares, on vous les raconte.

L’Automobile Club du Gard à la manœuvre

Alors que les courses automobiles ont déserté les routes ouvertes et que les premiers autodromes naissent un peu partout, l’évolution des autos de course amène plus d’agilité. Quelques courses naissent en ville, et c’est exactement ce qui va se passer à Nîmes.

C’est dans la préfecture du Gard que l’Automobile Club Local trace le circuit pour son premier Grand Prix. Peu d’originalité dans le tracé puisqu’on empruntera un axe large qui permet une certaine sécurité : l’Avenue Jean Jaurès.

Rectiligne, elle est coupée par plusieurs chicanes. Les pilotes font demi-tour au Nord devant les Bains romains et au sud c’est juste avant le chemin de fer que les pilotes remontent. Le circuit mesure près de 3 km.

Comme beaucoup d’événements de l’époque, le Grand Prix de Nîmes 1932 n’est qu’une des courses du week-end du 16 Mai.

On trouve en effet trois courses motos. En 175, Bergallo impose sa Terrot, en 250 c’est Sourdot qui gagne sur une Monet-Goyon et en 350 c’est Oilter qui impose une Motosacoche. Plus la cylindrée augment, plus on fait de tours.

C’est ce qui se passe aussi avec les automobiles réunies sur les Trophées de Provence. Les 1.1 litres ont deux courses de 43,5 qui voient les victoires de Chambost (Salmson) et de Scaron (Amilcar C6). Les 1.5 litres font 47 km et c’est une femme, Anne-Cécile Rose-Itier qui mène sa Bugatti Type 37 A à la victoire. En 2 litres, au bout des 101,5 km, c’est le polonais Czaykowski qui impose une autre Bugatti, une 35 B.

Vient ensuite l’épreuve reine : le Grand Prix Automobile de Nîmes 1932 et ses 203 km ! On compte deux non-partants, 6 abandons et 9 classés. Benoît Falchetto impose sa Bugatti Type 35 B devant René Dreyfus sur Maserati 6CM et Czaykowski qui complète son week-end avec un deuxième podium, sur une Bugatti Type 51 cette fois.

Les Bugatti sont d’ailleurs à la fête puisque seule Étancellin et Dreyfus ont pris le départ sur des autos qui ne viennent pas de Molsheim. On trouvait ainsi deux 51, une 35, trois 35C et quatre 35B !

En 1933 le Grand Prix Automobile de Nîmes se déroule plus tard dans l’année, le 4 Juin. Malheureusement le Grand Prix des Frontières, en Belgique, et le Bol d’Or ont lieu le même week-end !

Le circuit a été modifié, les concurrents n’allant plus au bout de l’Avenue Jean Jaurès. Néanmoins ce circuit fait toujours 2,6 km.

Contrairement à 1932, il n’y a qu’une seule course “support”, les Trophées de Provence. Jacob impose sa Bugatti 35B au terme des 40 Tours et remporte la classe 2 litres. Chambost termine 3e et gagne les 1100, Vagniez gagne les 1500 avec sa Maserati 26.

Le Grand Prix voit l’engagement de 13 autos, une Bugatti Type 35, 6 Type 51 et 6 Alfa Romeo 8C 2300 ! Cependant 5 ne prennent pas le départ. La première ligne est française avec Étancelin (Alfa), Lehoux (Bugatti) et Moll (Alfa). La dernière ligne est 100% Alfa avec notamment Tazio Nuvolari, Raymond Sommer et Jean-Pierre Wimille ! Du beau monde au départ !

Au terme des 209,36 km de course, c’est pourtant Nuvolari qui l’emporte devant Étancelin et Moll ! Les trois abandons l’ont été dès les premiers tours.

Le Grand Prix de Nîmes va ensuite connaître une énorme pause. L’organisation coûte cher et il faut attendre avant de revoir une grande course sur place. En fait ce n’est qu’en 1947 que les autos reviennent.

On a abandonné le centre-ville pour se rendre à l’Est, autour de l’Aérodrome de Nîmes-Courbessac avec un tronçon de la Nationale 87. On aurait voulu courir plus tôt mais l’aérodrome ayant servi de poudrière pendant la guerre, il faut d’abord le déminer ! Avec des tribunes et une grande colline, ce sont près de 50.000 personnes qui sont attendus ! Le circuit est bien équipée avec une voie de sécurité et 17 postes de commissaires sur les 5,2 km du tracé.

Les motos font leur retour, quatre catégories sacrent Berlié (Benelli 175 cm³), Anderson (Moto Guzzi en 250 et 500 cm³) et Georges Monneret (Velocette 350 cm³).

Ensuite on passe aux autos. C’est la Coupe Robert Benoist ave une épreuve de 25 tours sur des autos comprises entre 1100 et 2000 cl³. Wimille l’emporte sur une Simca-Gordini T15 devant les Cisitalia de Sommer et Saugé, de Manzon ou de Harry Schell. On note aussi les participation d’Amédée Gordini, de Charles de Cortanze (toujours sur sa 302 Darl’mat), de Trintignant ou encore de René Bonnet.

Le plateau du Grand Prix de Nîmes 1947 fier allure. On retrouve notamment Falchetto, 15 ans après sa première victoire, toujours sur une Bugatti Type 35, Chiron et Rosier sur des Talbot Lago, Levegh, Pozzi et Giraud-Cabantous sur des Delahaye 135, Étancelin, Sommer, le Prince Bira, Viloresi, Raph et Parnell sur des Maserati 4CL tandis que Trintignant et Louveau sont engagés sur des Delage.

La course est animée et les abandons sont nombreux 14 sur les 26 voitures au départ ! C’est Viloresi qui l’emporte au terme des 70 tours couverts en 3h39 ! Il devance Chiron et Parnell !

Le Grand Prix de Nîmes va encore connaître une grosse pause. On ne le retrouve qu’en 1954 et pour le coup on a aucune info sur le tracé. On sait juste qu’il fait 2.83 km et que le 11 Avril 1954, Jacques Jonneret impose sa Jaguar Type C devant Veuillet sur une Porsche 1500 et Bazol sur une D.B. 750.

Après cette date, il faudra attendre 1970 et la construction du circuit de Lédenon pour revoir des courses automobiles dans la région !

Les Circuits de Nîmes de nos jours

De nos jours, l’avenue Jean Jaurès est parfaitement accessible. Par contre, on y roule exactement dans le sens inverse de celui emprunté par les Grands Prix de 1932 et 1933 qui tournaient à droite !

La piste de l’Aérodrome est plus difficile. Seules de petites portions seront accessibles aux nostalgiques, une grosse partie ayant été détruite par le passage de l’Autoroute A9, une autre par un rond-point tandis que certaines voies se rapprochent plus de chemins désormais.

Visuels initiaux et recherches : Oscar Plada
Photos complémentaires : Wikimédia

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2 Commentaires

  1. Bonjour, Ma voiture (la BMW 315/1 dont l’essai se trouve dans vos pages) a participé au grand prix de Nime 1947. auriez vous d’autres photos, ou des listes d’engagés, ou toute autre infos?
    Le pilote était François Antonelli.

    merci

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