Les Voitures Anciennes de nos Lecteurs : la Simca Aronde Grand Large d'Anthony et Aurélie

Les Voitures Anciennes de nos Lecteurs : la Simca Aronde Grand Large d’Anthony et Aurélie

Deuxième Simca qu’on vous propose dans ces autos anciennes de nos lecteurs. Cette fois on vous propose même de suivre la restauration esthétique de cette Aronde Grand Large de 1956.


Si l’idée vous plaît et que vous voulez proposer votre auto, on vous explique tout par ici.

Mon auto en quelques mots

Mon hirondelle est un coupé sans montant (aussi appelé un coupé coach), elle est née en 1956.

Son année de fabrication est simple à distinguer car c’est la seule année où la ligne Océane à le capot siglé SIMCA (les autres années sont siglées ARONDE)

La grand large est d’origine une voiture dont la carrosserie est peinte en deux tons, à l’image de son klaxon qui est à deux sons, en effet son avertisseur sonore joue deux notes. Ma Simca est noir diamant et son toit blanc lacté (nuancier Simca).

Ses deux portes sont très larges, elles mesurent un mètre. Sa glace de lunette arrière est dite panoramique, car elle permet une grande visibilité, elle est bombée et en un seul tenant. Une prouesse pour l’époque.

À l’arrière, comme à l’avant l’assise est confortable et de marque Pullman. L’accès à la banquette est facilité par le basculement des sièges avant. Elle compte trois cendriers dont deux à l’arrière, chromés et dans les accoudoirs latéraux. Toujours à l’arrière, on observe une autre de ses particularités, ses glaces escamotables. A l’avant sa singularité en 1956 est, en partie, signée par ses boites à gants en alu travaillé.

Au cœur de sa mécanique, un moteur 1300, « Flash » 4 cylindres développant 48ch et 7cv fiscaux.

Pourquoi elle ?

Le hasard, la chance ou le destin ?

Je ne sais comment qualifier ma rencontre avec cette grande et vieille dame. J’avais la volonté d’acheter une voiture ancienne des années 50. Je l’imaginais en état de marche avec un certain cachet. L’envie d’une populaire française avec 4 places m’attirait.

Après des heures de recherches passives sur une application de petites annonces gratuites bien connue, je suis tombé nez à nez avec l’annonce d’une voiture non loin de la maison qui remplissait bon nombre de mes critères. Un peu défraîchie, en attente d’un lifting mais en état de marche cette jolie Simca m’a attiré.

Un essai routier plus tard (vitesse au volant), et quelques agréables échanges avec le vendeur, mon choix était fait et le souhait de continuer à l’entretenir m’impatiente. De plus, le vendeur de cette petite populaire était un passionné de Simca et qui plus est, ce vendeur à la retraite était un concessionnaire de cette même marque.

Ce que j’ai fait dessus ?

N’ayant pas grand-chose à rectifier côté mécanique, je me suis concentré sur l’aspect esthétique.

Les pièces sont rares mais c’est sans difficulté que j’ai pu remplacer le cabochon de clignotant avant, qui avait jauni avec le temps. Puis j’ai remplacé le rétroviseur pour en mettre un de marque SIPA se mariant d’avantage avec l’époque du véhicule, que celui initialement installé pour la vente.

L’ajout d’un jeu de flasque imitation flancs blancs a suivi, l’achat de pneus étant trop onéreux. Pour offrir à cette vieille dame des roues encore plus belles, je lui ai installé des enjoliveurs en alu poli en meilleur état.

Puis est venu le remplacement de l’échappement complet, l’ancien était percé. J’ai profité de ce remplacement pour lui ajouter une queue de carpe en alu poli. Je citerais aussi le remplacement du moteur d’essuie-glace, du régulateur de tension et la remise en état du combinateur (comodo), ainsi que l’échange à l’identique du carburateur à auto starter automatique, car il était défectueux.

Bon nombre des pièces citées ont été chinées lors de bourses d’échanges et d’auto-brocantes. Parmi ces pièces débusquées, la paire de Robri manquante (ailes avant), et la mascotte de capot. Ces éléments sont assez rares.

Si je devais choisir la pièce qui a nécessité le plus de temps et d’anecdote, sans hésiter je choisirais de parler du bol de colonne de direction en Bakélite. Celui sur le véhicule devait être d’origine et, de ce fait, cuit par le soleil. Après des semaines de recherches je trouve un particulier via internet, vendeur de plusieurs pièces détachées, en me faisant par téléphone l’inventaire (dans son grenier à peine éclairé) des pièces disponibles, il commence à me décrire le bol de direction. Sauf qu’au moment où il détaille cette pièce rare, il marche dessus…
Retour au point de départ. Et finalement c’est en achetant l’entièreté d’une colonne de direction que j’ai pu obtenir ce césar, ce bol en bakélite tant recherché. Pour mettre cette pièce si rare en évidence j’ai aussi procédé à l’achat d’un volant Quilléry en meilleur état, pour changer celui d’origine, fissuré.

Pour que ma vielle dame puisse voir correctement, j’ai aussi remplacé un feu, déniché lui aussi au bout de plusieurs brocantes. La parabole était oxydée, et cette partie du feu n’est pas remplaçable, la seule solution est le remplacement complet du phare.

Des travaux plus conséquents

Dans la continuité de cette amélioration j’ai mis à nue mon ancienne en procédant au démontage de tous les accessoires et pièces de la voiture pour une remise en état complète de la carrosserie extérieure. L’embellissement de ma Simca ne pouvait s’envisager sans une peinture complète en deux tons (comme à son origine). Le carrossier de mon village a donc rigoureusement exécuté avant la mise en peinture les préparations nécessaires (soudures, ponçage, peinture d’apprêt, etc… ). Le compartiment moteur était quant à lui en très bon état d’origine.

Pendant ce temps, je me suis attelé au polissage des poignées de porte , des Robri et des baguettes en aluminium. Puis j’ai fait faire le retraitement de tous les chromes.

Et c’est bien sûr, avec un grand soin, et beaucoup de patience (et d’impatience) que j’ai habillé de nouveau cette luisante carrosserie, de tous ces accessoires flamboyants (chromes, baguettes, Robri, feux, …). Ma Simca à fait peau neuve.

L’intérieur, une autre histoire

Si pour la peinture j’ai choisi de faire appel au savoir-faire et au talent de mon carrossier j’ai décidé de rénover l’intérieur de cette jolie dame par mes propres soins. Un pari un peu fou dans lequel j’ai invité mon épouse. Elle a découvert la couture durant cette restauration. En effet pendant un an, au rythme des week-ends et de notre temps libre, nous avons main dans la main remis à neuf l’habitacle.

Les bakélites des montants de fenêtres étaient cassés, les tissus quant à eux étaient dépareillés, et usés. Tous ces points de fatigues nous ont motivés dans le choix du changement des couleurs. Après plusieurs recherches pour trouver les matières (tissu et simili cuir) se rapprochant le plus de celles de l’époque, nous nous sommes arrêtés pour le choix des tons bordeaux et crème.

Nous avons démontés soigneusement les fauteuils, la banquette, les garnitures, les éléments en bakélite entourant les fenêtres, le tableau de bord, puis l’aventure était lancée. Pour les fauteuils avant et les habillages de porte, ma femme s’est appuyée sur les gabarits décousus un à un. Pour la banquette il a fallu jongler avec ce dont on disposait. Quant aux parties PVC, elles ont toutes été conservées, elles ont été cependant décapées et repeintes couleur crème. Nous n’avons pas eu à toucher au ciel de toit, celui-ci est resté d’origine, il était en bon état.

Quelques plis trahiront surement notre manque d’expérience, mais ce chapitre de la restauration nous aura rendus encore plus fiers d’être les propriétaires de cette jolie petite populaire.

Quelques moment mémorables à son volant

Le premier des moments inoubliables avec cette Hirondelle aura été le premier trajet à son volant, un après-midi d’août 2016. Son arrivée à la maison s’est déroulée sans panne, 40 kms de pur plaisir, dont quelques-uns sur voie rapide.

Ma femme et moi-même avons aussi notre petit péché mignon, partir en pic-nic au bord de la Loire, non loin de la maison. Nous adorons prendre la route, même si nous nous engageons que pour quelques kilomètres, chargés de notre malle à pic-nic et d’une couverture.

Les nombreuses balades que nous pouvons faire avec notre belle ancienne nous rendent heureux, nous adorons partager avec d’autres passionnés des escapades à plusieurs véhicules, notamment la CAPVA (club de Vendée), une sortie très bien organisée réunissant environ 150 autos en tous genres. Nous nous plaisons aussi à nous promener en famille ou entre amis. C’est avec plaisir et bonheur que nous initions à nos proches motivés, la conduite avec vitesses au volant.

Peut-être que ce qui m’étonne le plus dans tous ces bons moments c’est de voir que ma femme prend autant de plaisir que moi, à dénicher et fouiner pendant des heures, des pièces et/ou manuels dans les bourses d’échanges. Cette passion, et l’entretien de notre Simca nous aura pour autant amené à rechercher plusieurs fois, des pièces fugueuses (enjoliveurs) à la lumière de nos téléphones dans les fossés du Pays de Retz.

Et maintenant ?

Nos projets pour les mois et les années à venir ne sont pas encore planifiés, pour sûr nous ne cesserons pas de lui faire parcourir plusieurs centaines de kilomètres.

À l’occasion nous souhaiterions aussi, nous faire immortaliser en tenue de marié(e)s devant une de nos belles anciennes, et pourquoi pas notre belle Hirondelle. Nous nous sommes mariés avant que cette passion me dévore, et la tentation de poser devant ce charmant coupé Grand Large nous effleure.

Benjamin on Email
Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

4 commentaires sur “Les Voitures Anciennes de nos Lecteurs : la Simca Aronde Grand Large d’Anthony et Aurélie”

  1. Excellent article d’un amateur éclairé comme on dit. La Grand Large c’est un peu de mon enfance (suis vieux 🙂 ). Un ami de mes parents en possédait une et je la trouvait étroite voire un peu étriquée et me demandais d’où venait cette appellation jusqu’à prendre un peu d’âge et comprendre le rapport avec “Oceane”.
    Pigozzi avait les yeux tournés vers l’Amérique et cette voiture reflète la tendance “hard-top” naissante de l’époque. Beaucoup d’Américaines furent disponibles avec et sans montants, en version dite “hard-top” alors que le toit ne se déposait pas contrairement à ce que l’expression laissait supposer.
    J’ai toujours aimé la configuration coach 2 portes, sans montant central, dont l’origine date sans-doute de la fameuse SS Airline de 1934 – SS la marque fondatrice de Jaguar.
    Et quand vint l’adolescence c’était vraiment courant j’admirais les coupés Mercedes W111/112, Opel Commodore, Jaguar XJC surtout – elles couraient sur circuit mais bien d’autres encore.
    Et quand vint la cinquantaine je me suis offert l’XJC de mon adolescence – avec tous les soucis de joints que le “pillarless” entraine. Il est vrai que le déflecteur avant permet de guider la vitre. Mais la rencontre au milieu n’est pas évidente, cf beaucoup de coupés Mercedes 111/112 mais ceux-ci avaient de surcroit la complication de vitres galbées alors que la Grand Large est en vitres plates.
    Comme pour les berlines le dessin est dû à Revelli di Beaumont.
    Dommage que Chrysler ait assassiné une marque qui donnait du rêve à des tarifs raisonnables.
    Heureusement il reste des passionnés, et que des voitures comme celle-ci n’aient pas été défigurées par les “tuners” low-riders etc …

  2. Nostalgie à la lecture de ce reportage… Celle de l’ Aronde Elysée de mon grand-père, une berline 4 portes de 1956, blanche avec un toit noir. Avec un souvenir précis : celui de la manivelle de secours des essuie-glaces, que l’on vissait dans l’une des deux boîtes à gants et que je m’ amusais à faire tourner !

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