Auto Union 1000 SP

L’Auto Union 1000 SP, une “Donnervogel” pour très originale

Si vous n’êtes familier de la langue de Goethe, Donnervogel c’est la traduction de thunderbird. Car on ne peut pas le nier, l’Auto Union 1000 SP ressemble bien au cabriolet de chez Ford. Mais l’allemande est bien plus qu’une copieuse puisque de sa technique à son histoire elle est singulière dans le monde de l’automobile.


DKW et Auto Union dans les années 50

Avant de parler des années 50, mini retour en 1932. Daimler écrase alors la production automobile allemande. Quatre constructeurs décident alors de se regrouper pour former Auto Union. Il s’agit de DKW, producteur d’autos et de motos et instigateur du projet, de Horch une marque de luxe, d’Audi et de Wanderer. Quatre marques, pour quatre anneaux.

La seconde guerre mondiale fait perdre deux usines à la marque qui se refonde en 1949 à Ingolstadt, toujours fief d’Audi de nos jours. Les modèles construits sont alors uniquement commercialisés sous la marque DKW. Ce sont des petites autos, de grande qualité, mues par des 3 cylindres deux temps nés dans les années 20 et qui évoluent régulièrement. Leur qualité est réelle et DKW nomme une de ses autos 3=6 en voulant imposer le fait que l’agrément est égal à un 6 cylindres de même cylindrée.

Néanmoins, malgré la grande qualité des autos, les ventes sont en berne et en 1957 Daimler-Benz rachète la marque. La 3=6, aussi connue comme la F91 devient la 900 est alors le seul modèle de la marque qui cherche à se rajeunir. La marque Auto Union est remise au goût du jour et la 1000S apparaît, mais on cherche d’autres options.

1957 : apparition de l’Auto Union 1000 SP

Pour rajeunir une marque, la recette est toujours la même : la sportive ! En septembre 1957 on présente donc l’Auto Union 1000 SP au salon de Francfort. Le but est d’aller marcher sur les plates-bandes de la Volkswagen Karmann-Ghia Type 14 avec un style sympa, des performances correctes et un prix moins élevé que la 190 SL de chez Mercedes.

Pour le style, on va donc s’inspirer de la Ford Thunderbird, le cabriolet “sexy” de l’époque et surtout, très en vue dans une Europe piquousée à la culture (et aux dollars) venus d’outre-atlantique. La calandre reprend clairement le même dessin que la Ford même si la face avant rappellera à certains une Sunbeam Alpine ou même une Simca ! Les ailes arrière se prolongent vers le haut par de fins ailerons. Le pavillon est bien intégré mais sur cette version coupé, c’est plus un style hard-top qu’un toit qui se prolongerait sur l’arrière.

Côté technique, on reprend les bases déjà présentes. Le châssis est celui de la 1000S, le moteur aussi. Pour être précis c’est donc le 3 cylindres deux temps de 980 cm³. Son taux de compression assez haut permet une puissance de 55 ch et à l’époque c’est tout à fait honorable ! La boîte 4 est actionnée au volant (à l’américaine encore une fois) et la nouvelle auto file à 145 km/h !

Niveau prix, avec 10750 Deutsch Marks, on est au dessus de la VW, mais en dessous de la Mercedes. Contrat rempli ! Les premières autos sortent des chaînes en Avril 1958.

Les évolutions de l’Auto Union 1000 SP

Au début de l’année 1958, avant même le début de la production, le carrossier Baur a proposé une version cabriolet de l’Auto Union 1000 SP. Mais il ne retient pas tout de suite l’attention des décideurs.

La voiture évolue assez peu durant sa carrière. En 1960 les freins sont revus pour être plus performants et la première vitesse reçoit une synchro.

Fin 1961, c’est le grand changement. L’Auto Union 1000 SP cabriolet arrive officiellement dans la gamme ! Plus de 3 ans après, c’est bien Baur qui en aura la charge et se chargera de l’assemblage final des autos. On en profite pour arrondir le sommet des ailerons arrière sur toute la gamme.

Début 1963 on se penche sur la technique. Le train avant reçoit des freins à disques tandis qu’un système de mélange automatique de l’huile et de l’essence nécessaire au 2 temps est au programme. La puissance passe à 62ch, et c’est toujours très bien même si la concurrence s’est rebiffée.

Ce sera la dernière évolution des Auto Union 1000 SP. Volkswagen absorbe la marque en 1964. Les autos restent en production jusqu’en Avril 1965. Ce seront les dernières Auto Union produites, la marque disparaissant au profit d’Audi après cette date !
Au total ce sont près de 5000 coupés et 1640 cabriolets qui auront été produits. Une carrière discrète pour une auto qui fut quand même pénalisée par son prix.

L’Auto Union 1000 SP de nos jours

Peu produite, c’est une auto assez rare de nos jours. Elle est cependant visible sur certains rassemblements, mais il ne faut pas la rater ! Xavier en a vu une à la Bourse de Saint-Gaudens tandis que Fabien en a détaillé une au Classic Car Festival.

Par contre, ce qui est rare est cher ! Une Auto Union 1000 SP vous coûtera environ 18.000 € en version coupé et près de 25.000 en version cabriolet !

Sources : Gazoline et Auto-Forever


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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

1 commentaire sur “L’Auto Union 1000 SP, une “Donnervogel” pour très originale”

  1. Nothing quite like a two stroke three cylinder either at full song or coming ‘off the boil’ into free wheel – I had an F102 in SoCal which had been specially imported and now has been returned to Holland about 15 years ago., Retrogreg

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