La SERA Panhard, furtive mais sublime création

La SERA Panhard, furtive mais sublime création
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Si on dit “petite sportive” et “moteur Panhard” vous pensez au D.B et vous avez bien raison. Mais elle ne furent pas les seules et on vous parle aujourd’hui d’une auto plus rare et méconnue, la SERA qu’on a croisé l’an dernier au Rassemblement International Panhard et Levassor.

L’association de Jacques Durand et d’ARBEL

Avant la création de la voiture, revenons un peu sur ses créateurs. ARBEL tout d’abord est un industriel qui s’est fait connaître en 1953. Il présente alors un concept appelé Symetric. Une auto voulue “sans queue ni tête” qui n’a pas passé le stade du proto mais qui a fait parler d’elle.

De l’autre côté on a Jacques Durand. Comme beaucoup d’artisans français de l’époque il crée des autos à vocation sportives avec des coques en matériaux composites. Et comme les autres, il fait appel à des mécaniques Panhard et Renault pour motoriser sont Atla qui sort en 1959.

L’association des deux naît également en 1959, c’est la Société d’Études et de Réalisations Automobiles, la SERA.

Naissance de la SERA Panhard

La nouvelle société prend ses quartiers dans un atelier du 17e arrondissement et on s’attaque à la création de l’auto.

La recette est la même que les autres : un châssis en échelle, une coque polyester et des éléments mécaniques de grande série.

Pour ce qui est du dessin, si l’idée de la Symetric est d’abord évoquée, on finit par s’orienter vers un coupé et un cabriolet plus classique. Les lignes s’inspirent de créations anglaises (et les références à la Type E ne sont qu’anachroniques puisque seuls quelques prototypes existent) avec un dessin tout en rondeur et particulièrement trapu. On pioche quelques éléments à droite et à gauche comme un pare-brise de Simca Océane, une lunette arrière de DS pour le hard-top et des feux arrière de PL17.

Niveau mécanique, on pioche aussi chez Panhard et la liste des courses est copieuse. D’abord le moteur évidemment. C’est le bicylindre de la PL17 mais dans sa version Tigre. Avec 850 cm³ il sort 42ch, une belle cavalerie pour l’époque. Les trains roulants sortent aussi de la PL17 mais adaptés à la forme de l’auto et son usage plus sportif.

On a soigné l’intérieur avec un coffre digne de ce nom et des instruments en nombre devant le conducteur.

La SERA Panhard pèse 550 kg et peut accrocher les 160 km/h !

Cinq autos sont prêtes en peu de temps, les choses sérieuses peuvent commencer.

Première déconvenue au salon 1959

L’objectif de ces 5 autos est bien sûr de participer au salon de Paris 1959. Sauf qu’aucun stand SERA n’est présent. Blocage des concurrents ou manque de trésorerie, personne ne le sait mais les autos sont tout de même présentes… devant les portes.

Affichées à 14.000 francs, c’est une somme. Mais la voiture reçoit un bel accueil. Les premières commandes arrivent.

La courte histoire de la SERA Panhard

En plus des 5 premières, 8 autres autos sont lancées en fabrication. Mais du côté d’ARBEL on se prend à rêver. On décide donc de délocaliser la production. Direction Bordeaux où vit Jacques Durand. Les locaux sont les anciennes usines Motobloc, abandonnées depuis plus de 20 ans.

L’euphorie du lancement passe vite. Au bout de la première année girondine ce sont 15 autos qui ont été fabriquées. Le business plan était basé sur une production d’une voiture par jour ! On en est beaucoup trop loin et les finances ne suivent pas. Et puis contrairement à D.B par exemple, aucun programme de compétition n’attire les projecteurs sur la SERA.

On tente alors de rebondir en Espagne. Un investisseur est prêt à fabriquer les autos là bas. Problème, le moteur Panhard ne peut suivre à cause des règles douanières. C’est un DKW deux temps qui est installé. Et même si on essaye de relancer encore avec un moteur Fiat, finalement le projet est abandonné fin 1961.

L’héritage de la SERA Panhard

Avec 20 autos construites et aucun programme de compétition, la SERA Panhard est restée une auto discrète. Si vous en croisez une, regardez la bien vous n’en verrez pas d’autres avant un moment.

Par contre on citera quand même deux autres héritages. Jacques Durand va rebondir chez SOVAM pour continuer sa carrière. À la fin de la production de cette dernière il créera sa propre marque que vous connaissez peut-être mieux. Ses initiales donneront son nom : Jidé !

Source et illustrations complémentaires : l’Automobile Ancienne

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1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour reportage sympathique mais incomplet ou inexact
    Après une courte association avec Mr Courson Jacques Durand rebondira chez Arista avec Raymond Gaillard Concessionnaire Panhard du Garage Molière. Ils créeront le modèle ARISTA SPORT produit entre 1963 et 1965 dont seulement 4 exemplaires à moteur Panhard seront immatriculés.

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