Histoire de Carrossiers, ép. 8 : Vanvooren et ses innovations

Histoire de Carrossiers, ép. 8 : Vanvooren et ses innovations

On continue notre série dédiée aux carrossiers, français dans un premier temps. On a parlé de Saoutchik, Franay ou Labourdette, vous les retrouvez tous par ici, et aujourd’hui on vous raconte l’histoire de la carrosserie Vanvooren.


Achille Vanvooren, des carrosseries hippomobiles aux autos

Né en 1857, Achille Vanvooren lance en 1888 son entreprise de carrosserie hippomobile à Courbevoie. Forcément cette date coïncide avec les premières automobiles. La réputation de la Carrosserie Vanvooren grandissant, de plus en plus de clients viennent y faire carrosser de belles autos. Au début des années 1910 des Mercedes, Panhard & Levassor ou encore des Hotchkiss passent par l’atelier.

Les commandes se multiplient et le business décolle. Mais Achille Vanvooren prend de l’age et à 64 ans en 1921, il cède son entreprise à Marius Daste qui en était déjà le directeur. Achille Vanvooren décédera en 1928, sans vraiment voir l’age d’or de l’entreprise qu’il a créé.

La Carrosserie Vanvooren sous l’ère Daste

Le nouveau propriétaire continue avec succès les travaux de carrosserie sur les plus belles autos du monde. Et l’innovation ne vient pas forcément de l’interne. Ainsi en 1923 Vanvooren obtient une licence de Weymann, autre carrossier parisien qui a mis au point un système permettant de réduire le poids des carrosseries. Le bois utilisé pour supporter les panneaux métalliques est réduit à une très fine structure, renforcée par du métal. Ces carrosseries seront montées sur les autos de grande marques qui passent par Courbevoie, Hispano-Suiza et Bugatti en tête.

En 1927 Vanvooren carrosse sa première Rolls, une Phantom commandée par un britannique.

Deux ans plus tard en 1929, Daste s’associe à Romée de Prandières. Les fonds injectés par ce dernier vont notamment permettre de développer une nouvelle approche de la carrosserie. Le but est similaire au système Weymann : réduire le poids. Cette fois on utilise le métal et des silent-blocs en caoutchouc développés par Repusseau et cie. L’autre avantage est de réduire la fatigue de la structure, due aux vibrations entraînées par le roulage des autos, mais aussi les bruits découlant des frottements entre les différents panneaux.
Dévoilé au Salon de Paris en 1930, ce système fait des émules et une quarantaine de carrossiers du monde entier l’adoptent !

À partir de 1930 Vanvooren travaille énormément avec son voisin de Bois-Colombe, Hispano-Suiza. La conséquence ne sera pas que visible sur les autos puisqu’en 1932 Marius Daste quitte son poste pour devenir directeur de la production de la marque à la Cigogne.
Romée de Prandières est alors aux commandes et renforce encore la relation avec un autre constructeur français, Bugatti. C’est ainsi qu’une vingtaine de Type 57 passeront entre les mains des carrossiers de Vanvooren.

Les autres fabricants ne sont pas en reste. On retrouve des carrosseries Vanvooren sur des Delage, Delahaye et même quelques Citroën. Mais les anglais de Rolls Royce et Bentley sont d’importants clients puisque presque toutes les autos vendues en France sont carrossées à Courbevoie. Cette collaboration débouchera également sur la commande par l’anglais Park Ward d’une évolution du système utilisé par le français.
Des Mercedes 540K et Alfa Romeo 8C 2300 passent également dans les ateliers. Pour se lancer sur le marché français, c’est à Vanvooren que s’adressera Alvis pour sa voiture du salon 1935.

La fin de la Carrosserie Vanvooren

Durement touchée par des bombardements en 1943, la carrosserie Vanvooren peine à redémarrer après-guerre. Aucune diversification n’est au programme et l’activité tourne au ralenti. Les anglais carrossent de plus en plus leurs propres autos et les constructeurs français ferment boutique les uns après les autres. La réparation des voitures d’avant-guerre et quelques commandes esseulées ne suffisent plus à continuer l’activité qui s’arrête en 1950.

Quelques carrosseries sorties de Courbevoie

On commence avec une des plus anciennes autos carrossée par Vanvooren et qui soit arrivée jusque nous. C’est une Panhard et Levassor Type X14 25 HP Torpédo de 1911 et elle a été proposée à la vente par Bonhams au Grand Palais en 2013 :

Autre Panhard, une X14 20 CV torpédo de 1912 qui fut elle proposée par Artcurial à Rétromobile en 2018. C’est en fait toute une collection d’autos carrossées par Vanvooren qui fut proposée :

Ensuite on arrive directement dans la période Daste. Cette Voisin C11 de 1928 est la seule auto de la marque à être passée chez Vanvooren et on l’a également vue à Rétromobile en 2018 :

Maintenant on arrive en 1931. Les liens avec Hispano-Suiza sont forts et on retrouve donc une HS26 qui fut exposée à Chantilly Arts et Elegance en 2016 :

Une Bugatti de 1932 maintenant, une sortie de grange réalisée par Artcurial et proposée à la vente à Rétromobile en 2019 :

Toujours chez Hispano, le top de la gamme, une J12 de 1933 vue à l’Avignon Motor Festival 2018 :

Cette Bugatti Type 57 de 1934 était proposée à la vente par Artcurial à Rétromobile cette année :

De la même année, une autre J12, proposée elle aussi par Artcurial, c’était à Rétromobile en 2014 :

En 1935 Vanvooren la carrosserie de cette Alvis Speed Twenty, elle aussi passée par la case Artcurial en 2018 :

Même année pour ce cabriolet Bugatti Type 57, et toujours Artcurial à Rétromobile, cette fois en 2013 :

On commence l’année 1936 avec cette Bentley 4¼-Litre Sports Saloon proposée par Bonhams à Beaulieu en 2016 :

Et on retrouve ensuite une autre Hispano-Suiza J12 vue à Avignon en 2018, un superbe cabriolet :

En 1937, création beaucoup moins classique de Vanvooren sur une Bugatti Type 57S aux air d’Atalante cabriolet. Elle était à Chantilly en 2016 :

Un style que l’on retrouve également sur cette autre 57S de 1937, vendue par RM Sotheby’s à Amelia Island en 2017 :

Même année pour cette Allemande, une Horch 853 qui faisait partie de la collection proposée par Artcurial en 2018 :

En 1938, on commence avec une Bentley, toujours de la même collection :

Et on y reste avec cette Bugatti Type 57 Cabriolet, plus conventionnelle que les précédentes. C’était la voiture du salon de Paris de cette année là :

Enfin LA toute dernière auto produite par Vanvooren. On est en 1950 et ils carrossent cette Delahaye 135. Un autre exemplaire existe de 1949. Un beau clap de fin :

Photos : News d’Anciennes, Bonhams, RM Sotheby’s, Artcurial


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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

1 commentaire sur “Histoire de Carrossiers, ép. 8 : Vanvooren et ses innovations”

  1. Le cabr 57S blanc porte le n°57513. Le roadster jaune et noir est le 57513 et un 3ème par VanVooren est bleu 57482 (j’aurais bien mis sa photo mais on ne peut apparemment pas joindre de photo avec les commentaires !)

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