Essai d’une Trabant 601 Universal, l’originalité d’un symbole culte

Essai d'une Trabant 601 Universal, l'originalité d'un symbole culte
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Essai d'une Trabant 601 Universal, l'originalité d'un symbole culte
Benjaminhttp://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Des fois, en partant sur un essai je me dis que je vais prendre une sacrée dose de sport et de sensations au volant. Et puis certaines fois je sais que les sensations vont être d’un autre genre. Mais l’originalité et l’envie de découvrir une auto vraiment à part, c’est quand même très motivant. Alors hop, j’attrape l’appareil photo et je vais à la rencontre de la Trabant 601 Universal.

Les Trabant en bref

En 1954, l’entreprise Sachsenring se penche sur la sortie de deux auto. La P70 est le premier modèle Trabant a être commercialisé en 1955. Deux versions de cette P70 seront proposés. En 56, une version break de la berline sort puis arrive un coupé 2+2 en 57. Quant à la P50, elle sortira en 1958. Moderne avec une carrosserie en Duroplast, elle est dotée d’un bicylindre 2 temps de 499 cm³ et de 18 ch.

En 1962, c’est une version plus puissante de la P50 qui fait son entrée sur le marché : la P60 avec 594 cm³ et 23 ch.

En 1963 arrive la toute nouvelle Trabant 601. L’idée était principalement de moderniser la voiture. L’évolution a été principalement esthétique puisqu’elle a gardé le moteur de la P60.

En 1965, c’est la version break qui sort : la Trabant 601 Universal. Elle continuera d’évoluer avec plusieurs versions comme la Kubelwagen, Tramp, la 601 H (Hycomat) et la “S de luxe”.

En 1984, une évolution est apportée sur la version “Universal”. Les usines ont l’autorisation de Volkswagen d’utiliser le 4 cylindres de leur Polo avec un 1041 cm³ et 41 ch. Quelques exemplaires de la pré-série sont commercialisés en 90 sous le nom de Trabant 1.1 mais la production se termine en 91, après 38.122 exemplaires.

Notre Trabant 601 Universal du jour

Notre auto de 1977 nous attend patiemment. Si certaines productions automobiles à bas coût rognaient sur le budget du styliste, vraisemblablement ce n’était pas le cas de Sachsenring. Non, je ne vais pas vous dire que c’est une des plus belles autos de tous les temps, mais la carrosserie en Duroplast de la Trabant 601 Universal est plutôt bien dessinée.

Avant de parler de ces formes, pour le coup il est intéressant de parler de ce Duroplast. Vous aurez compris qu’on parle d’un plastique. Pour le coup, si des valises ont été réalisées avec le même matériau, ce sont bien les Trabant qui l’ont fait connaître. Le principe est le même qu’une carrosserie “fibre” : un matériau est emprisonné dans de la résine. Là ce n’est pas de la fibre de verre mais de la fibre de coton, en fait des déchets qu’on réutilisait pour l’occasion. Le tout est pris dans une résine phénolique (pour en savoir plus, on parle des plastiques dans l’automobile par ici).

Un matériau intelligent sur le plan environnemental puisqu’il réduit les déchets ? Oui, sur le papier c’est pas mal. En réalité il est devenu un casse-tête puisqu’il n’est pas recyclable. Autre petit souci, il est cassant, mais contrairement à du plastique renforcé à la fibre de verre, on ne peut pas mettre une couche de mat et de la résine pour le réparer !

Bon, parlons maintenant des formes de notre Trabant 601 Universal. Si on est pas spécialiste on pourrait se dire qu’avec sa petite taille, sa forme de break et sa couleur bi-ton on a une petite anglaise sous les yeux. Mais non, c’est bien une auto imaginée en RDA… même si on notera quelques influences occidentales, on y reviendra.

On s’aperçoit vite que c’est une petite auto. D’accord c’est un break mais ses formes ramassées, la petite largeur et une hauteur conséquente rappellent vite que ce n’est pas un break qu’on verrait d’un peu loin. Non, elle est vraiment petite.

L’avant est simple avec deux phares ronds, dans des enjoliveurs couleur caisse. D’ailleurs la couleur est également appliquée sur les pare-chocs, ça évitera du chromage. On pourrait croire que la calandre est chromée : perdu ! C’est juste de l’alu brossé. Au moins le résultat est là et cela égaye la présentation. En fait, tous les éléments métalliques de la carrosserie sont en alu, à la fois pour limiter le poids, améliorer la durabilité et puis apporter une petite touche sympa.

La portière paraît grande mais c’est juste le reste qui est petit ! Un élément imposant tout de même : la vitre de custode, bel élément qui aère bien la ligne globale. Le blanc du toit a d’ailleurs le même effet.

À l’arrière on retrouve donc un vrai hayon avec une vitre bombée. Il est encadré par des feux “ailerons”, très à la mode dans les années 50 et 60… qui ont perduré sur les Trabant jusqu’en 1991 tout de même ! Les feux qui vont au bout font penser à une Peugeot 404. Le pare-choc est couleur carrosserie lui aussi… et on a fait le tour. Pour le coup on a pas beaucoup d’ornements à détailler sur la Trabant 601 Universal.

À l’intérieur de la Trabant 601 Universal

On ouvre la porte pour découvrir l’intérieur de notre familiale. Oui c’est le bon mot, la version Universal étant la plus grande de la gamme, c’était l’auto rêvée pour emmener la famille à la plage, sur la Baltique du côté de Rostock. Ah, n’oubliez pas de vous y prendre à l’avance tout de même : si vous vouliez une auto neuve il pouvait y avoir jusque 15 ans de délai. Non, non, pas 15 mois, 15 ans ! Et encore, pour cela il fallait montrer votre amour du parti, être impliqué dans la communauté… bref des critères adaptés aux pays où “il fait froid et où on porte des chaussures à fermeture éclair” comme dirait Hubert.

Et au bout de 15 ans vous pouviez donc découvrir ce bel intérieur. Pour le coup on ne va pas faire le procès des plastiques durs, ils le sont tellement qu’on va se reprendre les critiques en pleine poire. La planche de bord se résume à un unique compteur dans l’axe du volant. Sur sa colonne on retrouve le levier de vitesse. À gauche quelques commandes, le reste est en dessous, entouré par une superbe moquette marron.

La sellerie est étonnamment “luxueuse”. Les membres du parti devaient être particulièrement fiers de ce simili bicolore, parfaitement assorti à leur costume ! La banquette est parée de la même façon et offre suffisamment de place pour emmener des adultes en balade.

Côté équipements on retrouve des ceintures, d’origine à l’avant mais pas à l’arrière. Et c’est tout.

Sous le capot d’une Trabant

On ouvre le capot… mais il est où lui ? Le moteur 594 cm³ est encore mieux caché qu’un bicylindre Citroën. Lui aussi est un bi-cylindre, mais son architecture le rapproche plus d’une Fiat 500 : les deux cylindres sont en ligne. Grosse particularité : c’est un moteur deux temps ! Alors n’oubliez pas de mettre un peu d’huile dans le réservoir.

D’ailleurs le réservoir est lui aussi sous le capot avant. Cela réduit la longueur des durites et peut vous filer des sueurs froides si votre moteur est chaud au moment d’arriver à la pompe. Le détail qui tue c’est la petite barrette plastique qui est calée sous le capot. Elle vous servira tout simplement de jauge à essence. Pas de cadran au tableau de bord ! Alors pensez à regarder souvent si vous ne connaissez pas encore votre Trabant 601 Universal par cœur.

On note aussi les deux bobines. Comme une anglaise au Tour Auto. Sauf qu’ici ce n’est pas parce que ce sont des Lucas et qu’il faut vite repartir en cas de soucis, non, il y a une bobine par cylindre. Oui môssieu !

Allez, on referme le tout, c’est l’heure de le mettre en route ce bicylindre.

Au volant d’une Trabant 601 Universal : conduite (réellement) décalée

L’installation se fait sans aucun problème à l’avant. Mais dès que j’y suis… je tombe sur quelque chose d’inattendu. En prenant les photos je n’avais pas fait attention que la position de conduite était à ce point décalée. C’est courant sur les petites autos qui cherchent à faire passer les commandes à côté des arches de roues. Mais à ce point c’est rare. En fait l’accélérateur est carrément au centre de l’auto ! Le volant est également décalé sur la droite. Bref, il faut être tordu pour conduire une Trabant 601 Universal, ça c’est dit !

Avec un petit coup d’accélérateur le moteur démarre. Alors que je m’apprête à passer la première, Frédéric m’arrête. J’ai oublié un truc ! Oui, avant tout il faut ouvrir l’arrivée d’essence, qui se fait par gravité. Je tourne donc le robinet situé sous le tableau de bord et c’est parti.

Première, la Trabant 601 Universal se lance sur la départementale sans broncher. La seconde rentre vite. Le moteur est bien plus vigoureux que ce à quoi je m’attendais. 26 ch ce n’est rien, mais il ne faut pas oublier le caractère toujours volontaire des deux-temps. Un bon point pour notre allemande de l’est. La troisième rentre et nous voilà en train de filer à vive allure. Vraiment ? Ah bah non, on vient juste de passer les 50. Alors d’où vient l’impression de vitesse ? Des quelques vibrations, d’accord, mais aussi du bruit. 594 cm³ mais il sait nous dire qu’il est bien présent ce moulin !

Voilà qu’arrive un rond-point. Le réflexe c’est de remettre un rapport inférieur. Là encore Frédéric m’arrête : pas la peine le frein moteur est inexistant. Va pour les freins alors. Bon sang je n’aurais pas du faire mon footing ce matin. Parce que pour appuyer sur la pédale il faut une sacré force. On peut avoir peur du dosage quand on se rend compte du peu de course de la pédale mais non. La Trabant 601 Universal freine si peu que vous aurez du mal à brusquer les passagers. Va falloir s’y faire parce que ça surprend pas mal.

Viennent ensuite une autre plaie des routes du XXIe siècle : les dos d’âne. L’occasion de teste l’amortissement de la Trabant. Ah bah on est pas déçus. En RDA ils devaient être des champions du macadam ou alors ils avaient des soucis avec les lois d’amortissement mécanique. Les roues avant font appel à un ressort transversal (oui pour les deux roues) : bah on le sent bien. L’arrière ? Même système, même punition. Pour la santé de nos lombaires comme celle de l’auto, on va faire attention.

Heureusement il existe encore des routes bien droites et planes dans notre pays. C’est là qu’on va tester les performances de la Trabant. S’il y a 10 ans on m’avait dit que j’écrirais ça un jour… J’appuie sur la pédale de droite qui descend quand même plus vite que celle du milieu. Le moteur est volontaire en seconde et en troisième et nous approche des 70 km/h.

Maintenant je passe la quatrième, celle qui doit permettre d’emmener la Trabant 601 Universal à sa vitesse de pointe de 110 km/h. Déjà je n’ai pas le droit de l’atteindre sur cette route et puis je n’ai que deux kilomètres devant moi. Du coup je vais m’approcher des 90 mais pas plus. Cette 4e tire vraiment long. Trop pour le moteur. Frédéric a déjà atteint ce cap maximal, mais sur Autobahn !

Pour ma part, à 90 km/h c’est déjà suffisant. Déjà il faut savoir que cette vitesse écourtera toute discussion ennuyeuse. On a l’impression que le moteur est dans l’habitacle tellement il est présent. Et puis il ne faut pas oublier que notre allemande de l’est a eu du mal à atteindre cette vitesse et qu’elle aura encore plus de mal à revenir à 50 ! Alors le freinage s’anticipe beaucoup et on y arrive. Mais il faut rester concentré.

La direction ne souffre d’aucun reproche et on aborde le rond-point sereinement. Pour le coup le démarrage à l’arrache avant que quiconque ne nous passe devant n’est pas un problème. Revoilà une série de ralentisseurs. J’anticipe là aussi et casse vraiment la vitesse. Du coup ça passe bien mais je note à cette occasion que la boîte peut être embêtante quand il faut vraiment jouer avec. Non pas à cause de son étagement mais le levier est court et ne dépasse pas tant que ça de la jante du volant.

Allez, encore un peu de village et c’est finalement là où la Trabant 601 Universal se sent le mieux. Son moteur et sa légèreté y sont à l’aise, tant qu’on anticipe les différents arrêts. La fin de l’essai a sonné. Je gare la Trabant et n’oublie pas de couper l’arrivée d’essence.

Conclusion :

Non, en RDA on ne faisait pas comme tout le monde. Bon il faut bien dire que ce n’était pas par choix. Mais le résultat est là : la Trabant 601 Universal est vraiment une auto à part. Une ligne qui va bien, un intérieur étonnant, un moteur volontaire mais qui manque de coffre, un châssis cassant mais précis. Le tout donne une auto qu’on achète pas par hasard.

Par contre, niveau originalité, que ce soit dans sa conduite ou dans son image, vous trouverez difficilement mieux ! On est même un point où ne parle plus d’originalité mais d’exotisme. Mais pas celui des iles !

Les plusLes moins
Vraiment originaleAmortissement violent
Un moteur nerveux…… mais pas musclé
ÉconomiqueLe freinage !
CritèreNote
Budget Achat20/20
Entretien10/20
Fiabilité13/20
Qualité de fabrication8/20
Confort8/20
Polyvalence12/20
Image15/20
Plaisir de conduite12/20
Facilité de conduite14/20
Ergonomie12/20
Total12,4/20

Parenthèse passion : Frédéric et les Trabant

Pour le coup il serait dommage de ne pas vous parle de l’histoire de Frédéric et des Trabant. Car s’il en est venu à organiser un rassemblement dédié à cette auto dans son village, c’est un peu par hasard qu’il s’est entiché du modèle. En fait ce n’est pas lui qui a eu la première de la maison, mais sa femme.

Elle cherche alors une une auto de tous les jours et qui soit vraiment originale. Le couple se tourne alors vers une des dernières autos produites, celles avec le moteur VW. Et le virus était attrapé (et celui-là n’est vraiment pas grave).

Conduire une Trabant 601 Universal

Une auto très rare est-elle très chère ? Et bien non en fait ! Les Trabant peuvent se négocier au dessus des 5000 € mais on parle là des premières versions, les plus rares.

Pour ce qui est des 601, les Coach sont recherchés, les Berlines aussi. En même temps ce sont ces versions qui sont les “garantes” de la ligne Trabant. La Trabant 601 Universal est bien moins chère, les plus beaux modèles, comme celui de cet essai, pourront dépasser les 4000 € et vous en trouverez des modèles roulants dès 2000 €. Par contre il faudra chercher.

Ensuite il ne faut pas oublier une chose : la Trabant a été exportée en Belgique mais jamais en France. Pour le coup vous n’aurez pas le choix : Carte Grise Collection obligatoire !

Côté coût au kilomètre, ne vous fiez pas forcément à la petite cylindrée, la consommation peut vite grimper si vous adoptez un rythme trop actuel, pas adapté à ses qualités. Concernant la corrosion, aucun risque du côté de la carrosserie mais le reste sera tout de même à surveiller. Les pièces ? Trouverez tout ce que vous voulez… mais en Allemagne !

Un grand merci à Frédéric pour ce tour en RDA yvelinoise. Vous êtes fans du modèle ? Alors RDV sur ce groupe Facebook !

Fiche Technique de la Trabant 601 Universal
MécaniquePerformances
Architecture2 cylindres en ligneVmax110 km/h
Cylindrée594 cm³0 à 100 km/h
Soupapes4400m da
Puissance Max26 ch à 4200 tr/min1000m da
Couple Max54 Nm à 3000 trs/minPoids / Puissance25 kg/ch
Boîte de vitesse4 rapports manuelle

TransmissionTraction
ChâssisConso Mixte
Position MoteurTransversale avantConso Sportive
FreinageTambours AV et AR
Dimensions Lxlxh356 x 151 x 144 cmCote 20213500 €
Poids650 kg à vide

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2 Commentaires

  1. Propriétaire depuis 20 ans d’une P601S année 1972, j’ai parcouru depuis plus de 40000 km avec cette auto. Jamais restaurée, il a fallu tout de même refaire les freins, l’échappement, l’allumage, changer les charbons de la dynamo et la batterie (6volts) au gré des kilomètres.
    Etonne sur son passage les petits et les grands…

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