Ecosse C284, C285 et C286 celles qui remirent une équipe mythique sous les projecteurs

Ecosse C284, C285 et C286 celles qui remirent une équipe mythique sous les projecteurs
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Si pour vous l’Ecurie Ecosse c’est une équipe emblématique des années 50 qui a parfaitement secondé l’équipe officielle Jaguar, notamment aux 24h du Mans, vous êtes dans le vrai, mais il vous manque une partie. Déjà parce que l’Ecurie Ecosse a aussi fait courir d’autres autos, on en parle ici, mais aussi parce que dans les années 80 elle a fait un retour en course, en Groupe C. Et elle a même connu le succès avec son Ecosse C285 dont on vous parle aujourd’hui.

Première relance : la C284

Hugh McCaig est à la relance de la mythique équipe au début des années 80. L’endurance commence à se redonner quelques couleurs avec le lancement des Groupe C. Et la nouvelle équipe veut en être.

L’homme de base de cette nouvelle aventure est Ray Mallock. Pilote, il sera aussi l’ingénieur de cette “nouvelle” équipe via sa structure RML. Sa première tâche va être de construire la voiture de l’équipe. En fait il va surtout modifier la LM3, une De Cadenet – Lola motorisée par un V8 Cosworth. Sa plus grosse modification porte sur la carrosserie, particulièrement fine et étudiée mais surtout, avec un toit. Elle fait ses débuts le 23 Avril 1984 lors des 1000 Km de Monza où Mallock, Wilds et Duffield accrochent un point en terminant 10e.

Mais la voiture sera surtout remarquée aux 24h du Mans. Évoluant en catégorie C2, les “petites” groupe C, l’Ecosse C284 est confiée à Wilds, Leslie et Duffield. Surtout elle se démarque en étant la plus rapide de sa catégorie avec plus de 320 km/h dans les Hunaudières… ce qui vaudra à la porte conducteur de s’envoler lors des premiers tests à pleine charge.
Qualifié 34e, l’équipage abandonnera au bout de 36 tours sur panne d’essence !

En Juillet elle est détruite à Brands Hatch. Il faut donc une nouvelle auto à l’Ecurie Ecosse.

L’Ecosse C285

Pour la nouvelle saison on va donc devoir construire une nouvelle voiture. Ray Mallock va une fois de plus être à la baguette avec RML. Certaines pièces de la C284 sont récupérées tandis que la nouvelle Ecosse C285 reste dans la même idée au niveau de sa définition et surtout de sa carrosserie qui fait merveille dans les Hunaudières. On reste fidèle au moteur Ford DFV, ce qui faut d’ailleurs le surnom de Henry à la voiture.

La première C285 est livrée en Février 1985. On attend cependant le mois de Avril pour la voir à l’oeuvre, aux 1000 Km de Monza où sa 10e place est synonyme de deuxième place en C2. Dès la course suivante, à Silverstone, Wilds et Mallock se classent 9e et remportent la classe C2.

Viennent ensuite les 24h du Mans. L’Ecosse C285 est engagée pour Mallock, Leslie et Wilds avec le n° 79. Qualifiée 25e (23e sur la grille) elle brille toujours par sa vitesse de pointe. Cependant le moteur DFV vibre énormément et va entraîner l’abandon de l’équipage après 45 tours.

Lors de la course suivante, les 1000 Km d’Hockenheim mi-Juillet le DFV a été remplacé par le DFL, avec 3,3 litres de cylindrée, déjà étrenné par d’autres équipes de Groupe C2. La 8e place de Mallock, Leslie et Wilds signifie une nouvelle victoire de classe.
À Spa la 14e de place est presque décevante puisque l’Ecosse C285 gagne de nouveau à Brands Hatch. Mais cette victoire ne compte pas au championnat et Spice (qui n’est pas encore constructeur, on en parle ici) qui n’a pas “raté” le début de saison remporte le titre en C2.

1986 : deux autos en piste dont la nouvelle (et victorieuse) Ecosse C286

Début 1986 RML produit un nouveau châssis. Presque identique à la C285 l’auto est baptisée Ecosse C286. Sa principale différence est en fait sous le capot. C’est un moteur anglais qu’on y retrouve, un V6 Rover à 90° le V64V qu’on retrouve alors… en rallyes sur la Metro 6R4 ! La nouvelle voiture sera du coup baptisée Reggie.

Lors de la première course à Silverstone, elle est plus rapide que la C285 qu’on a pas mis au placard. Wilds et Mallock vont cependant abandonner à son volant.

On retrouve les deux autos aux 24h du Mans. La C285 n°78 est confiée aux américains Delano, Petery et Hotchkis quand la C286 n°79 est pilotée par l’habituel trio Wilds, Leslie et Mallock. En qualifications le moteur Rover fait des merveilles puisque les américains sont 49e contre 41e pour la C286 !

La C285 va avoir une course “tranquille”, peut-être trop puisque sa 15e place ne lui vaut que la 4e place en C2. La C286 s’est beaucoup mieux comportée. Malgré le fait que le moteur n’ait pas vraiment été conçu pour “subir” la piste mancelle, la n°79 va mener le groupe C2 pendant neuf heures et aura même 8 tours d’avance. Mais elle va crever et le pneu en lambeaux va casser une durite de refroidissement. Problème, Mark Wilds va vider une bouteille d’eau dans le circuit ce qui entraînera quelques minutes plus tard la disqualification de l’auto !

Pour la fin de saison la C285 va être remisée. L’Ecosse C286 sera la seule en piste à Brands Hatch, au Nürburgring, à Spa puis Fuji (l’équipe n’est pas présente à Jerez). Résultat : quatre victoires de classe, Ray Mallock étant associé à Marc Duez pour les trois dernières. Cela permet à l’Ecurie Ecosse d’être sacrée championne en C2, deux petits points devant Spice !

1987 : dernière année… en rouge !

Pour l’année 1987 l’Ecurie Ecosse reçoit un nouveau sponsor : Swiftair qui donne une couleur rouge aux autos. La C285 est définitivement remisée et seule une C286 est au départ des trois premières courses de la saison. On note tout de même que le moteur Rover, qui a pourtant fait ses preuves en remportant le titre lors de la saison précédente, est troqué pour un plus classiques DFL.

Spice remporte les trois premières courses et à chaque fois l’Ecosse C286 est juste derrière.

À partir des 1000 Km de Silverstone, un nouveau châssis de C286 est produit. Également motorisé par un DFL il permet à Mallock et Leslie de se classer 6e et remporter la classe C2, la seconde auto confiée à Wilds et Dumfries est 8e et troisième C2.

Viennent ensuite les 24h du Mans 1987 où les deux Ecosse C286 sont engagés. Duez, Mallock et Leslie sur la n°102 sont qualifiés 33e et Wilds, Petery et Delano sont 35e sur la n°101.

Cette dernière n’ira pas au bout du fait de problèmes électriques. Par contre la 102 se classe 8e et prend la seconde place du C2.

L’Ecurie Ecosse l’emportera de nouveau à Brands Hatch, une traidition, mais se classera derrière les Spice (et une Tiga) sur les autres courses. Résultat : une nouvelle seconde place au classement du championnat du monde.

Par la suite l’Ecurie Ecosse va quitter le championnat du monde des voitures de sport. On verra ainsi des autos à ses couleurs en tourisme notamment. Mais les C2 ne sont pas mises à la retraite !

Les C285 et C286 en BRDC

En 1988 on retrouve en effet la C285 aux mains du John Maguire Racing. Seule une 6e place à Outlon Park est à noter. En fin de saison la C286 est engagée par le Bell & Colvill Ltd. et signe une troisième place d’emblée à Silverstone.

L’année suivante la C285 est engagée par l’Ecurie Ecosse – Y.E.S. tandis que la C286 est toujours présente. Les résultats sont bien meilleurs et les deux autos signent au total 9 podiums !

Enfin en 1990 c’est Laurence Jacobsen qui engage la C285. Les podiums sont moins nombreux, trois seulement et ce sont les dernières sorties de ces autos en compétition…

Dernières ? Non. La C285 a été restaurée et vendue il y a quelques années par Ascott Collection. On la retrouve du coup sur des meetings Peter Auto et au Mans Classic.

Merci à Luc Joly pour ses photos d’époque.

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