Dauer Sportwagen, le constructeur de fin de séries

Dauer Sportwagen, le constructeur de fin de séries
Dauer Sportwagen, le constructeur de fin de séries
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Si vous êtes incollables sur les 24h du Mans, alors vous avez déjà vu le nom Dauer associé à la Porsche 962. Mais ce constructeur un peu à part n’a pas officié que sur cette auto là. On vous raconte son histoire.

Dauer avant Dauer Sportwagen

Jochen Dauer le pilote

Jochen Dauer est né en 1952. En 1975 il débute en sport auto avec de petites apparitions en F3. Elles deviennent un peu plus nombreuses par la suite sans que les résultats ne soient époustouflants. Il fait ses débuts en DRM, l’ancêtre du DTM en 1977 et l’année suivante il finit 4e en F3 allemande avec 3 victoires et 4 podiums. Cela lui ouvre les portes de la F2 sans qu’il n’y brille particulièrement. Par la suite on le voit moins, oscillant entre l’Interserie, le DRM puis le DTM.

Le Dauer Racing

Fin 1986 Jochen Dauer s’achète l’équipe de course de John Fitzpatrick. L’année suivante il engagera deux autos. D’abord la Zackspeed C1/8 qu’il réserve à l’Interserie et une Porsche 962 qu’il engage en Supercup. Le patron est la plupart du temps au volant.

L’année suivante c’est la première victoire pour une auto du team, en Interserie avec la 962C. En fait Jochen Dauer va même gagner le championnat avec 5 victoires sur 11 courses. Franz Konrad qui est son équipier assure lui aussi quelques belles places.

En 1989 l’équipe saute dans le grand bain. Sponsorisée par Tic Tac on la retrouve en championnat du monde. Néanmoins la 962C ne termine qu’une course et l’Interserie n’offre aucune victoire bien que le team s’y classe second.

En 1990 c’est vers le Camel GT Championship que s’oriente l’équipe, aux USA. En Europe ses activités se font conjointement avec le Konrad Motorsport. Mais aucune des deux saisons ne se termine, faute de financement.

La dernière apparition, remarquée, du Dauer Racing se fera aux 24h de Daytona 1991. Deux Porsche 962C sont engagées pour des équipes “familiales”. La première est celle des Unser avec Al, Al Junior, Bobby et Robby (7 victoires à Indy à eux tous à ce moment là, deux de plus par la suite). La seconde est pour les Andretti avec John (qui ne courra pas), Michael, Jeff et bien sûr Mario. Néanmoins aucune ne voit l’arrivée…

C’est la dernière apparition de Dauer en sport automobile… en tant qu’équipe.

Première auto de route : la Dauer 962

À défaut d’avoir un programme sportif pour faire rouler ses autos, Jochen Dauer a une idée… qui n’est pas si mauvaise.

Les Porsche 962 sont un peu larguées par les dernières Groupe C venues. Alors il lance Dauer Sportwagen pour les convertir en autos de route !

C’est au salon de Francfort 1993 que la voiture est révélée au grand public.

Dauer Sportwagen, le constructeur de fin de séries
La Dauer 962 Le Mans au Salon de Francfort 1993

Il prend quelques libertés pour arriver à sa Dauer 962 Le Mans définitive. D’abord il remplace la carrosserie par une nouvelle, de même forme, mais faisant appel à du carbone et du kevlar. Ensuite il change le fond plat qui devient réellement plat.
Pour rendre l’auto utilisable, il installe une sellerie cuir sur les autos qui sont désormais équipées de deux sièges. Et pour partir en week-end, un minuscule coffre accueillera les bagages à l’avant.

Côté technique pure, le seul changement réalisé sur les trains roulants consiste à installer des suspensions hydrauliques qui permettent d’atteindre la hauteur minimale requise par l’homologation allemande. Niveau moteur, l’auto garde évidemment le 6 cylindres de 3L de la 935 et ses deux turbos KKK. Par contre la voiture n’a pas besoin de se plier aux règlements et on enlève les brides à l’admission. Résultat : 730 ch !

Niveau performances, c’est du très très lourd ! Avec 2.8s pour faire le 0 à 100 on est dans la cour des meilleures. En vitesse de pointe, une auto sera chronométrée à 404,6 km/h en 1998. Elle restera la voiture “de série” la plus rapide du monde jusqu’à ce que la Chiron ne la détrône !

Quelques clients sont intéressés… et cela donne des idées à d’autres !

La 962 de retour en piste

Au Mans les règles ont changé. Les Groupe C ne sont plus acceptées que sous la condition qu’elles perdent leur toit et que leur fond soit totalement plat. Mais on va surtout mettre en avant les GT, ces autos de sport de Série.

Par contre en rédigeant la réglementation de la catégorie GT1, on introduit une petite nuance. Si le nombre d’auto produite, de série, doit normalement être de 25 autos, afin de remplir le plateau on fait tomber le quota à une auto produite… tant que les autres sont prévues !

Porsche flaire le bon coup. La Dauer 962C Le Mans est désormais homologuée… et une auto est produite ! On va donc pouvoir l’engager en catégorie GT1 ! La nouvelle auto a bien un coffre et un fond plat. Elle rentre donc dans les clous.
Il va cependant revoir quelques petits points puisque les GT1 doivent n’avoir que des pneus de 14″ de large.

L’autre modification va dans le sens de la nouvelle auto avec un réservoir d’essence de 120 litres ! Vu que la 962 a été conçue à une époque où le Groupe C se battait contre la consommation d’essence, c’est une aubaine. L’auto passera moins de temps aux stands ! Et même si on remet des brides à l’admission la nouvelle auto sera de toute façon plus puissante que la 962 du début des années 90 !

Les 24h du Mans 1994

C’est sous la bannière “Le Mans Porsche Team” qu’on décide d’engager les autos. Aux tests en Mai la voiture de Stuck, Baldi et Boutsen se classe troisième.

Pour la course elles seront deux sur la piste. La n°35 aux couleurs Shell de Boutsen, Sullivan et Stuck se qualifie 5e quand la n°36 aux couleurs FAT de Hailwood, Dalmas et Baldi est 7e. Ce sont les premières de leur catégorie qui les oppose à des Dodge Viper, une Ferrari F40, une Bugatti EB110, des Venturi 600LM, une De Tomaso Pantera et une 911 Turbo.

Devant eux on retrouve les meilleures LMP1, la Courage C32 est en pôle, devant une Kremer K8, une 962 décapsulée et une WR LM93 (basée sur une 905 Spyder) et une Toyota 94CV, le gros épouvantail de cette édition.

En course, bien aidées par leur réservoir, les Dauer 962 se retrouvent en tête et c’est Toyota qui est à la poursuite. Après quelques soucis durant la nuit, elles abandonnent la tête à une Toyota. Elle-même va connaître des soucis, laissant les deux 962 en tête. Eddy Irvine sur la Toyota va se démener pour les rattraper et arrache finalement la deuxième place… entre les deux Dauer ! Dalmas, Hailwood et Baldi l’emportent. Une victoire de plus pour une Porsche… qui n’en a pas le nom.

La 962 suite et fin

L’ACO s’est un peu fait avoir dans cette histoire. Le minimum de production va vraiment entrer dans le règlement et la Dauer 962 ne pourra plus rouler en compétition.

Malgré cela les conversions continueront. Ce sont 13 Porsche 962 qui seront converties au fil des ans, les dernières en 1997. Peu d’autos ? C’est pas si mal quand on sait qu’au total ce sont 91 Porsche qui ont été produites, mais surtout que la Dauer coûtait 10 millions de Francs ! Plus que la McLaren F1 qui lui succédera au palmarès des 24h du Mans.

Mais l’histoire de Dauer avec les autos de route ne s’arrête pas là !

Photos additionnelles : les24heures.fr

Deuxième auto de route : la Dauer EB110 S

On ne va pas vous refaire l’histoire de la Bugatti EB110. Simple rappel : en 1996 la production de la supercar se fait en Italie. Artioli est aux commandes et il a un peu la folie des grandeurs. Il rachète Lotus et veut développer une berline pour seconder sa supercar : l’EB112. Mais il est à court d’argent et met la clé sous la porte. C’est Proton, le constructeur malais, qui rachète Lotus tandis que tout ce que contient l’usine de Campogalliano est mis aux enchères.

Et Jochen Dauer est bien là et rafle la mise. Si les EB112 partent du côté de Monaco chez les Pastor, c’est bien l’allemand qui récupère les EB110 en cours de montage, toutes les pièces détachées, les plans et l’outillage !

La production va mettre du temps puisque ce n’est qu’en 2001 que sort la première auto. En fait les deux premières autos, une EB110 GT et une Supersport, sont construites à partir de ce qui a été acheté. Par contre Dauer va faire comme avec la 962 pour les autres autos, les revoir à sa sauce.

Les Dauer EB110 S

Là il s’agit bien d’auto modifiées. Cela se remarque vite, avec une face avant différente, conçue pour coller aux desideratas de l’homologation américaine. La carrosserie, comme de nombreux autres éléments, fait appel à la fibre de carbone. Ça permet de baisser le poids de 200 kg environ. On en profite aussi pour gonfler le moteur en le passant à 645 ch voire à 705 ch en option !
L’intérieur en profite pour être revu et la finition y gagne.

La Dauer EB110 S est prête. Evidemment il ne va pas s’en construire beaucoup. Déjà parce que les pièces manquent, mais surtout parce qu’elle est très chère ! Elle sera finalement produite à cinq exemplaires entre 2002 et 2005. Une ultime version 2 roues motrices sera produite cette année là avant que Dauer n’arrête définitivement ses activités… après deux superbes fins de série !

Source : Wikipedia et Carjager, photo additionnelle : Arthomobiles et Paul Langlard

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