Les Talbot-Lago T14 LS et America, une beauté comme clap de fin

À chaque fois qu’on en voit une, et il faut l’avouer, ce n’est pas souvent, on ne peut qu’admirer la Talbot-Lago T14. La dernière des Talbot “canal historique” et une belle histoire pour une voiture qui a connu trois vies. On vous les raconte.


De la difficulté de redémarre après-guerre

La seconde guerre mondiale a fait mal à l’industrie automobile française. Et pour les marques haut de gamme, le plan pons l’achève à petit feu. Mais tout le monde essaie de repartir, souvent avec les mêmes modèles qu’avant le conflit.

Talbot-Lago lance un nouveau modèle, la T26. La ligne est belle et la mécanique noble. Quelques clients la font habiller chez de grands carrossiers et une auto remporte les 24h du Mans 1950. En parallèle on lance également des modèles pour compléter la gamme par le bas avec les T15 et T14 Baby. Mais les finances sont au plus bas.

Aussi en 1953 Anthony Lago décide d’abandonner une partie de sa gamme, dont la T26 Record, pour se recentrer sur la T26 GSL. Elle revêt une nouvelle ligne signée Carlo Delaisse, moderne et reprenant un style Ponton très en vogue. Performante elle est trop cher, 50% de plus qu’une Xk120 ! Elle se vend du coup très mal et Talbot-Lago n’en écoule que 15 exemplaires en deux années. Il faut réagir.

L’arrivée de la Talbot-Lago T14

En 1955 on abandonne la T26 pour laisser la place à un nouveau modèle, ce sera la Talbot-Lago T14 LS pour Lago Sport. La ligne est sensiblement la même, mais adaptée sur une auto bien plus petite. Stricte deux places et basée sur un empattement qui tombe à 2.5 mètres, la nouvelle voiture est plus légère d’environ 600 kg. Ce qui permet de n’utiliser “que” 4 cylindres. Par contre ce moteur reste noble, 2.5 litres de cylindrée, deux carburateurs double corps Weber et 120 ch ! Il est accolé à une boîte Pont à Mousson qui fera les beaux jours des Facel Vega.

La recette semble bonne, les performances aussi. On annonce 180 km/h… soit la même vitesse que la Jaguar.

Elle fait sensation lors de sa présentation au Salon de Paris 1955. Commercialisée à partir de là, elle ne se vend pas plus que sa devancière. Là encore le prix reste le problème, 2.150.000 francs, c’est une somme. En un an ce sont 45 autos qui trouvent preneur. C’est bien, mais c’est insuffisant. Il faut donc réagir.

Les Talbot-Lago T14 America

Pour améliorer les performances, et corriger le manque de noblesse apparent du 4 cylindres, la T14 va recevoir un nouveau moteur à partir de 1956 sur la nouvelle version America. Si la cylindrée reste à 2.5 litres, c’est un V8 qui se loge sous le capot. Il ne vient pas des USA mais d’Allemagne, c’est celui qui équipe les berlines BMW 502 et autres roadsters 507. Avec 138 ch on tape désormais les 200 km/h.

Le nom ne laisse pas de doute, on veux conquérir les Etats-Unis avec cette auto et l’optimisme est de mise. Par contre les prix s’envolent en atteignant 2.900.000 francs !

En huit mois Talbot Lago ne vend que 12 de ses Talbot-Lago T14 America. La messe est dite. Anthony Lago cherche à nouer des partenariat, mais le mariage avec Maserati n’aboutit pas et il n’a d’autre choix que de vendre la marque.

C’est Simca qui va racheter Talbot en 1958. La T14 l’intéresse moins que l’usine de Suresnes et les terrains voisins qui vont permettre de produire plus d’Aronde.

Les dernières Simca-Lago T14, avec un V8 français !

Cependant quelques caisses de Talbot-Lago T14 restent dans l’usine. On va alors opérer un mariage étonnant entre ces superbes caisses et le V8 des Vedette ! Ce V8 “français” (c’est d’abord un moteur Ford), même bien préparé ne sort que 95 ch et la voiture n’atteint plus que 165 km/h. Les caisses restantes sont cependant motorisées et c’est une dernière série de 5 Simca-Talbot T14 qui va sortir des usines.

L’héritage des Talbot-Lago T14

45 LS, 12 America et 5 Simca. C’est peu. Alors, comme on vous le disait d’entrée, on admire ces autos et on en profite. En France quelques exemplaires existent, ils illustrent en partie cet article.

La rareté, et le fait que les Talbot suivante lancées en 1979 n’ont plus la même noblesse, en font des autos recherchées. On parle d’une cote autour des 400 à 500.000 €… mais elles ne se vendent pas forcément.

La Simca est une rareté parmi les raretés et on a eu de la chance d’en croiser une, pendant sa restauration.

Photos : News d’Anciennes, RM Sotheby’s et Bonhams


Benjamin on Email
Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.