Goodwood Revival 2019, les résultats des courses

On vous a déjà fait revivre Goodwood Revival 2019 en détail dans cet article. Et il est vrai que l’ambiance était telle qu’on avait surtout parlé de ça. Maintenant on va quand même parler de ce qui s’est passé en piste !

Les courses autos de Goodwood Revival 2019

Le Kinrara Trophy

Étonnamment c’est la course phare de Goodwood Revival… et tout se déroule le vendredi ! Le matin, c’est le premier roulage et le soir la première course et les dernières autos en piste. Ensuite certaines autos désertent même les paddocks.

En tout cas, c’est un plateau hallucinant quand on regarde ce qui se trouve en piste : Ferrari 250 GTO (une seule cette année), 250 Passo Corto, Jaguar Type E Roadster (avec capote en place) et Coupé, Aston Martin DB4 GT, Austin Healey 3000, AC Cobra et une Corvette.
En plus des autos, on peut se délecter des pilotes présents. C’est une course Pro-Am avec un amateur (souvent le propriétaire de l’auto) qui court avec un pro. Et niveau pros on trouve du lourd : Kristensen, Lotterer, Smith ou Franchitti.

Les qualifs sont dominées par la 250 GTO de Pearson et Smith qui colle 1.754 seconde à la Type E de Milner et Greensall. Elle devance elle-même d’une demi seconde la DB4 GT de Turner et Hadfield. Derrière ce sont les Type E et Cobra qui occupent les premières places.
On note cependant le déclassement de la n°1 de Macari et Kristensen à cause d’une anomalie technique.

La course a lieu à partir de 17h30. Le soleil devient rasant et offre une lumière magnifique. La GTO s’envole et derrière c’est la bagarre. Très vite les 250 GT SWB se montrent aux avant-postes, mais la DB4 GT de Turner et Hadfield tient bon en seconde position. Lotterer et Cottingham (beau duo !) remontent mais doivent faire plus d’un tour dans l’herbe suite à une crevaison à l’arrière gauche. Une interruption de course suite à la sortie d’une Jaguar entraînera un safety car avant que tout le monde ne soit libéré pour les dernières boucles.
La plus belle remontée est au crédit de la n°1 qui se classe finalement 4e, derrière la GTO, la DB4GT et la Passo Corto de Franklin et Lips.

Avec toutes ces autos, on pourrait croire à une parade rapide. Mais non, imaginez que la 250 GTO a bouclé le meilleur tour en course à 155 km/h de moyenne !

Freddy March Memorial Trophy

Encore un beau plateau avec des gloires de l’endurance des années 52 à 55 qui ont disputé les 9h de Goodwood. Au programme : Jaguar Type C et Type D, Ferrari 500 TRC, Maserati 250 et 300S, Austin Healey 100 et des plus exotiques Frazer Nash, Cooper, Aston Martin DB3 Coupé (vraiment étrange) et autres HWM.

Les Jaguar Type D des Pearson sont en forme. Gary prend la pôle, John la troisième place avec Lukas Halusa sur sa Maserati 300S entre les deux. Ces deux là sont à respectivement 0.816 et 0.869 seconde de la pôle !

Halusa va connaître des soucis pendant la course et laisser le doublé aux Jaguar. Cependant John Pearson a seulement 4 dixièmes d’avance sur Richard Wilson et sa Maserati 250S sur la ligne ! James Cottingham, bien remonté sur sa Ferrari 500 TRC jaune prend la 4e place.

Goodwood Trophy

Un plateau de monoplaces, mais pas de première jeunesse ! Pensez, ce sont des autos de Grand Prix et des Voiturettes des années 30 à 51. Les dernières ont donc été les premières… F1. ERA (en nombre), Alta, Alvis, Bentley pour les anglaises s’opposaient aux italiennes Maserati 6CM et 8CM, Alfa Romeo P3 et pour arbitrer le tout, deux Talbot-Lago T26C.

Les voitures font un bruit d’une autre ère, c’est vrai. Et elles impressionnent, surtout leurs pilotes dont la protection est plus que rudimentaire. Les qualifs sont dominées par Gareth Burnett qui colle 1.2 seconde à ses poursuivants. La première ligne est complétée par Mark Gillies et Nicholas Topliss, tous deux sur ERA A-Type, et devant trois autres ERA !

En course, Burnett ne sera pas inquiété et passe la ligne avec près de 40 secondes d’avance sur Topliss et Morris sur une… ERA, mais une B-Type !

Brooklands Trophy

Le plateau avec les autos les plus anciennes de ce Goodwood Revival 2019 puisque la plus ancienne était de 1923 et la plus récente de 1930. Et 100% du plateau était composé de Bentley.

En qualification, la loi du matériel parle. Les deux Bentley Speed Model de Graham et Collings s’offrent les premières places se tenant dans la même demi-seconde. Ensuite on trouvait logiquement les 4 1/2 Litres, même si la Blower d’Overington se faisait devancer par l’atmo de Llewellyn.

En course, les Speed Model ne vont pas tenir sur la durée (20 min de course pourtant) et seul Ben Collings arrive à accrocher un podium, sur la troisième marche. C’est Overington qui gagne devant Llewellyn.

Fordwater Trophy

Dédié aux autos de route et aux GT des années 60 à 66, le plateau est varié puisqu’on y trouve Mini Marcos, Ferrari 275 GTB, Triumph TR4 ou des Porsche 911 et Alfa Romeo TZ !

Les qualifs sont disputées. Si la TR4 de Files part en tête, il devance 4 autres pilotes dans la même seconde que lui : Gans sur Simca Abarth 2000 Corsa, Barrie sur une Elan, Swift sur une Marcos et Colasacco sur une TZ1.

En course, la TZ1 ne va pas boucler son premier tour. Et la Triumph va vite se faire déborder. On assiste ensuite à un mano à mano entre la Marcos et la Lotus Elan. La petite bleue doublant la Lotus dans le premier virage avant de se faire repasser plus tard… à chaque tour ou presque ! Une demi-seconde les séparent à l’arrivée, à l’avantage de la Lotus. Files prend la 4e place devant la MG B de Stanley qui a attaqué à la limite et l’artiste Tim Layzell sur sa TVR Grantura.

Richmond & Gordon Trophies

Première course de F1 : celles à moteur avant de 1952 à 1960. Des autos mythiques qui renvoient à l’époque des Fangio, Moss, Hawthorn, Farina et Ascari. Si les Lotus et Cooper Climax sont venues en force Ferrari Dino, Maserati 250F, Connaught ou encore Lancia D50 sont également en piste !

Wilson va s’emparer de la pôle sur sa Lotus 18 et Pearson sur Cooper T53 est à plus d’une seconde devant, Padmore est encore une seconde et demi plus loin !

En course Wilson va tenir bon et coller 4 secondes à Pearson en 25 minutes de course. Derrière on retrouve la T51 de Dark mais aussi trois autres Cooper-Climax, les T45/51, T51 et T45 de Jolley, Eliçabe et Daniel avant de retrouver une italienne, une Maserati 250 F aux mains de Marino Franchitti (frère de Dario).

Glover Trophy

Du coup, période suivante pour les F1. Ce sont celles de la période 1961-1963 avec des autos à moteur 1.5 litres. Lotus, Ferrari, Cooper, BRM, Brabham, Scirocco, une belle diversité est présente.

Les qualifs sont une nouvelle fois serrées. Middlehurst prend la pôle sur sa Lotus-Climax 25 avec un tour à 162 km/h de moyenne et devance d’une pleine demi-seconde Colasacco et sa Ferrari 1512 lui-même un dixième devant De Silva sur une Lotus-BRM 25.

En course, seul Middlehurst tiendra la cadence et remporte la course. Il devance de dix secondes Diffey sur une Lotus-Ford 20/22 et Mitchell sur une Lola-Cosworth T60.

Sussex Trophy

Autre beau plateau. Il regroupe les autos du Championnat du Monde des Voitures de Sport de la période 1955 – 1960. Du coup il recoupe les autos du Freddy March Trophy, mais attention, on ne court pas les deux ! Sur la piste on retrouvait des Lotus 15, Lister Jaguar et Chevrolet, Jaguar Type D, Cooper Jaguar, Maserati Birdcage et une Ferrari Dino.

Roger Wills sur sa Lotus 15 Climax se montre intraitable en qualifications avec une avance de plus d’une seconde sur la Ferrari de Hancock qui pourtant attaquait au maximum. Derrière on retrouve Minshaw et sa Lister Jaguar Knobbly et deux autres Lister. Les Type D sont un peu plus loin…

En course le même Roger Wills aura plus de mal puisqu’il ne devance la Ferrari que de 0.275s sur la ligne, lui-même n’a qu’un dixième tout pile d’avance sur Minshaw et même David Hart sur une autre Lister Costin est dans la même seconde que le vainqueur !

Whitsun Trophy

Le Whitsun Trophy c’est la course des gros cubes de Goodwood Revival 2019. Les autos sont des autos de sport, sans limitation, d’avant 1966. La majeure partie du plateau est donc composée de voitures de la CanAm dont beaucoup de Lola T60 Spyder auxquelles on oppose des McLaren, Ford GT40, Lotus 19, Bizzarrini-Chevrolet, etc…

Karun Chandhock, premier pilote indien en F1 s’adjuge la pôle sur une McLaren M1A Chevrolet avec moins de deux dixièmes d’avance sur Whitaker et sa T70 Spyder. La première ligne est complétée par la Crosslé-Oldsmobile de Jackson.

Ces trois là vont prendre les trois premières places dans l’ordre au terme de 28 minutes de course. À noter que le meilleur tour en course est au delà des 170 km/h !

St Marys Trophy

Un plateau qu’on ne peut voir qu’en Angleterre. Amis de l’origine, passez votre chemin. Les “Saloon Cars” du St Mary’s Trophy sont des autos de série mais préparées pour cette course spécialement. Niveau plateau on y retrouve de grosses américaines et des populaires anglaises… En fait c’est comme si on faisait, en France, un plateau de Simca Aronde, R8S, Renault Rambler et autres Peugeot 403 à compresseur Constantin !
C’est une course Pro-Am et tous les plus grands pilotes cités précédemment sont de la partie.

La qualification de la course 1 ressemble à une grille du Mans : Wendlinger devant Pirro, Minassian et Dumas, respectivement sur Studebaker Silver Hawk, Alfa Giulietta Ti, Austin A40 et Ford Thunderbird !
En course, Wendlinger et Dumas bataillent pendant deux tours avant que la boîte ne lâche le français. Deriière ça bagarre, ça passe hors piste, ça frotte, ça tape… Wendlinger croît avoir gagné mais sa voiture fait partie des 7 autos déclarées non-conformes ! La victoire revient à Pirro qui devance Minassian et Fässler.

La qualif de la course 2 est menée par les pilotes “amateurs”. Watts sur la Studebaker prend une nouvelle pôle, Meaden suit sur la Giulietta, Jordan sur l’Austin et Sheperd sur la Thunderbird. Les 4 mêmes autos que pour la course 1.
La course 2 est longue, Jordan gagne sur l’Austin devant Rainford sur Volvo PV544 et Law sur Jaguar Mk1. Beaucoup d’abandons sont à noter.

Du coup Minassian et Jordan l’emportent à l’issue des deux courses devant Cleland et Rainford sur la Volvo et Fässler et Manderson sur Austin A40.

RAC TT Celebration

Comme son nom l’indique, ce plateau regroupe des autos fermées qui ont couru le RAC TT à Goodwood entre 1960 et 1964. Les voitures sont des Cobra, des TVR, Tojeiro, Cooper, Porsche 904, Bizzarini et autres Jaguar Type E Lighweitght. Côté pilote, c’est une course Pro-Am avec notamment Romain Dumas, Loterrer, Minassian, Treluyer, Pirro, Brabham, Brundle, Jani, Wendlinger, Bell ou Fässler aux commandes !

Lotterer et Wilson partiront en tête sur une Cobra, qualifiée 4 dixièmes de secondes devant la Tojeiro-Ford de Hart et Minassian qui devance elle-même la Cobra de Dumas et Shepherd.

La course est longue, une heure, et ça se ressent car toutes les autos ne sont pas au bout. Minassian et Hart se retirant un peu après la mi-course, les Cobra s’offrent le doublé dans l’ordre de départ. Wakeman et Treluyer sont sur Jaguar-Lister prennent la troisième place de ce magnifique plateau.

Earl of March Trophy

Une course d’autos bien étrange puisque ces F3 du tournant des années 50, mues par de petits moteurs 500 cm³ ressemblent étrangement à… de gros karts !

Peter de la Roche sur sa Cooper-Jap Mk5 remporte la pole avec deux secondes d’avance avant de confirmer en course avec 15 secondes d’avance ! Derrière on retrouve deux moteurs Norton, sur la Kieft de Russell et la Cooper de Wilson.

La courses moto de Goodwood Revival 2019

Une seule course moto à Goodwood Revival 2019. C’est le Barry Sheene Memorial Trophy, une course pro-am qui compte énormément de gloires anciennes et actuelles du Tourist Trophy. Et niveau machines, les Norton Manx sont en force, complétées par des MV Agusta, Matchless, BSA et BMW.

Parrish et Cooper prennent la pôle sur une Manx, devant une seconde, celle de Brogan et Bain. Troisième, une italienne, la MV Agusta 500/3 de Lee et Johnston.

La moto italienne va se montrer en forme en remportant la première course de 26 minutes avec 7 secondes d’avance sur la Manx de Hickman et Clews quand Molnar et English sont troisième.
Pour la seconde course, Lee et Johnston gagnent à nouveau et remportent le trophée. Cette fois il devancent Parrish et Cooper et Brogan et Bain mais cela ne leur suffit pas pour prétendre au podium final. Il est complété par Hickman et Clews et la paire Bardell Haydon sur Matchless G50.

Des courses de fou !

Vous l’aurez compris, Goodwood Revival 2019 était un bon cru. La météo n’a pas entraîné trop d’interruptions de course et les pilotes ont été fidèles à la réputation des lieux. Ils ont été rapides et ce sont donné à fond. Avec des machines comme celles-ci, c’est finalement rare !

On reviendra, évidemment car l’ambiance est énorme et ces courses également !