Spa Classic 2019

Spa Classic 2019 : Il n’y a pas que des sangliers dans les Ardennes

Une foule record, plus de 20000 spectateurs, est venue assister au superbe spectacle offert par quelques 340 concurrents répartis en 8 plateaux se disputant la victoire sur un des plus beaux circuits de monde. Spa Francorchamps, comme tous les grands circuits historiques, agit en effet comme un aimant, aussi bien auprès des spectateurs que des pilotes lors de Spa Classic 2019.

Alors que l’an dernier, une météo digne du Paul Ricard nous avait accompagné pendant quatre jours, cette année, elle était beaucoup plus “Ardennaise” avec un vendredi très humide, un samedi soir franchement mouillé et un dimanche menaçant mais sec.

Un remerciement particulier à mon ami Luc Joly pour le prêt de ses photos illustrant cet article.

Classic Endurance Racing 1

Les Protos

Pas moins de 59 voitures prennent part à la séance d’essais du samedi (un record). Ils se déroulent sur piste sèche et voient comme toujours une lutte acharnée entre les “Grosses” et les “Petites”. Au final, c’est la McLaren M8C DFV de Marc Devis et Martin O’Connell qui l’emporte largement (4″6) devant la Chevron B19 d’Alexander Furiani, la Lola T70 MK III de Christophe Van Riet, la Lola T212 de Gonçalo Gomez/James Claridge et la Chevron B19 de Maurizio Bianco. A noter que si les premiers font le trou, les 4 suivants ne sont séparés que de 6/10 de seconde.

La course de 1 heure est très disputée et rapidement, c’est David Hart, parti en 7ème position, qui prend la tête avec sa T70 MKIIIB. Il est suivi comme sont ombre par la T212 de Gomez/Claridge. Suit la T70 de Van Riet lui même chassé par Furiani et sa Chevron B19. Ces positions sont maintenues jusqu’au changement de pilotes à la mi course.
Les deux Lola repartent donc avec le même pilote alors qu’il y en a des tout neufs sur les autres voitures. Si David Hart réussi à préserver sa première place, il se voit menacé par la remontée fulgurante de Martin O’Connel qui était 7ème lors de sa prise de relais mais qui va remonter jusqu’à la seconde place dans le dernier tour au détriment de Furiani. Van Riet et Gomes/Claridge complètent le quinté dans cet ordre.

Ce plateau, en plus de l’unique Mc Laren M8C DFV, nous permet d’admirer des yeux et des oreilles la superbe Porsche 917 de Claudio Rodaro qui emmène sa belle auto à la 7ème place et nous prouve, s’il en était besoin, qu’il ne se contente pas de lui faire prendre l’air. Il en va de même pour la très belle 908/3 (châssis 001) de Peter Vogele qui termine à une très honorable 15ème place (sur quarante classés).

Les GT

Grosses explications entre GT40 arbitrées par les Porsche RSR et la De Tomaso Pantera.

Les essais sont dominés par l’équipage Lecourt/Narac qui cette saison ont troqué leur fidèle RSR 3.0L pour une GT40. Ils devancent respectivement Von Der Lieck/Kelleners et leur Pantera, Erik Maris sur GT40, Daniele Perfetti sur RSR 3.0L et James Farley sur GT40.

La course est limpide et ce sont Michel Lecourt et Raymod Narac qui l’emportent nettement sur Von Der Lieck/Kelleners, Erik Maris, Daniele Perfetti et Didier Denat.

Classic Endurance Racing 2

Les Protos

31 voitures sont au départ de la séance d’essais. Sans surprise, c’est Maxime Guénat qui obtient le meilleur temps avec sa Lola T286, 2/10 devant Yves Scemama, Toj SC304, lui même précédant Philippe… Scemama, Lola T600, Marc Devis et Martin O’Connell, Rondeau M378 et Xavier Micheron/Xavier Pompidou sur leur Lola T600.

La course promettait d’être spectaculaire et elle le fut.

Yves Scemama passe en tête dans le premier tour et il va réussir à la conserver jusqu’au quatrième sous la très forte pression de Maxime Guénat. Une fois devant, le jeune Maxime creuse petit à petit l’écart jusqu’au 12ème tour qui voit l’arrêt de Yves Scemama sur panne. Attention, un Scemama peut en cacher un autre et c’est son frère Philippe qui hérite de la seconde place jusqu’au 15ème tour quand c’est Maxime Guénat qui doit s’arrêter.

La course se termine donc dans l’ordre suivant: Philippe Scemama (Lola T600) Franck Morel (Toj SC 206), Jérémy Lancksweert/Cristophe Van Riet (Ferrari 512 BBLM), Afschin Fatemi (Porsche 934/5) et Guy Peters (Chevron B23).

Première victoire en CER2 pour l’étonnante et performante T600 qui devient une vraie menace pour les ténors de la catégorie.

Les GT

Ce sont Alexandre Rittweger et Sam Hancock et leur BMW M1 qui battent d’un peu plus de 1 seconde Jérémy Lancksweert/Cristophe Van Riet sur Ferrari 512 BBLM devaçant Urs Beck et sa Porsche 935 K3, Gilles Ceron et sa toujours spectaculaire Chevrolet Monza. Franco Meiners sur Lancia Beta Montecarlo Turbo complète le top five de ces essais.

En course, il n’y a pas eu de lutte directe dans cette catégorie mais on ne peut que constater les fantastiques remontées des deux premiers qui, partis assez loin (11 et 28) sur la grille terminent respectivement 3ème et 4ème au général, certes servis par 9 abandons.

Le quinté final s’établit donc comme suit: Jérémy Lancksweert/Cristophe Van Riet, Afschin Fatemi, Urs Beck, Franco Meiners et Christian Bouriez.

Endurance Racing Legends

31 voitures sont alignées, dans cette série très spectaculaire, à la première séance d’essais… humide. C’est Nikolous Ditting qui réalise le meilleur chrono de cette session devant Lecourt/Narac, Cottingham, Micheron/Pompidou et Max Girardo.

Pour la seconde séance, il fait sec et très logiquement, les protos reprennent le dessus.

Michel Lecourt et Raymond Narac prennent le meilleur avec plus de 3″2 d’avance sur James Cottingham lui même devançant Florent Moulin, Nikolous Ditting et Franck Morel.

La première course qui s’annonçait spectaculaire n’aura malheureusement pas lieu comme attendue. Pendant le tour de chauffe, Michel Lecourt se fait surprendre et sort de la piste. Il laisse donc à James Cottingham et à sa Dallara SP1 le champ libre pour une victoire facile. Il devance Nikolous Ditting et sa très efficace Aston Martin DBR9 au V12 si mélodieux, Franck Morel sur Viper GTS/R, Xavier Galant et son étrange Panoz Esperante GTR1 et enfin Dominik Roschmann sur l’autre DB9R, qui chante aussi bien que la première. A noter que seules 22 voitures sont classées.

On prend les mêmes et on recommence pour la seconde course du week end. James Cottingham nous donne un nouveau concert de Judd V10, ponctué d’énormes flammes à la décélération, et déroule tranquillement vers la victoire. Il devance à nouveau Nikolous Ditting. C’est Florent Moulin qui complète le podium avec sa belle Saleen S7-R. Le quinté se termine avec Dominik Roschmann et Max Girardo sur une autre belle “chanteuse”, la Ferrari 550GTS Prodrive.

Entre course et concert, cette nouvelle série nous enchante. Souhaitons qu’il n’y ait plus que des courses lors des prochains rendez vous.

Group C Racing

Série phare des meeting Peter Auto, ce ne sont pas moins de 18 voitures qui sont présentes pour la première séance d’essais. On retrouve les habitués aux premières places en regrettant l’absence de Dominique Guénat retenu pour cause d’accident… de vélo.

Les meilleurs sont Ivan Vercoutere et Ralph Kelleners devançant Lecourt et Narac, Pierre Alain et Erwin France, Erik Maris qui nous fait l’honneur de sa merveilleuse 905 EV18 et Tony Sinclair.

Pour la seconde séance, on retrouve les mêmes moins Lecourt/Narac qui ne roulent pas. Le classement s’établi donc comme suit : Vercoutere/Kelleners, les France, Maris, Sinclair et Wrigley.

La première course ne fait que trois cent mètres pour Erwin France qui gare sa Nissan R90 CK à la Source. La victoire revient à Mike Wrigley et sa Spice SE89C devant Tony Sinclair (Spice SE90C), Richard Meins sur Jaguar XJR8, Erik Maris et Vercoutere/Kelleners (Porsche 962C). Seules 11 voitures sont classées.

Pour la seconde course de ce plateau, on note l’absence d’Eric Maris sur la grille de départ. C’est à nouveau Mike Wrigley qui l’emporte devant Richard Meins, Tony Sinclair, Vercoutere/Kelleners et Thomas Dozin sur sa Spice SE88C.

Heritage Touring Cup

Ce ne sont pas moins de 51 voitures qui se présentent au début de la séance d’essai sur le sec. Les cinq premiers se tiennent en moins de 5 secondes ce qui promet de belles courses. Ce sont respectivement: Christian Traber, Michael Erlich, Maxime Guénat, Philip Walker/ Miles Griffiths, Peter Mursall/Daniel Mursall.

La première course se déroule de nuit. Elle est lancée par temps sec mais rapidement, la pluie s’en mêle et pas qu’un peu. Les huit premier roulent sur BMW. Les Ford, semble-t-il, n’aiment pas la trop forte humidité.

C’est Michael Erlich qui l’emporte devant Eric Mestdagh/Nicolas D’Ieteren, Christian Traber, Alexandre Rittweger et Sam Hancock. Franz Wunderlich et Peter Praller ferment la marche. 36 voitures sont classées alors que 6 manquaient au départ.

Pour des raisons de lisibilité, les photos présentées sont celles prisent de jour lors des essais libres qui illustrent cette cession. Voir plus bas pour les ambiances nocturnes et humides.

La seconde course va, elle, se dérouler sur le sec et les Ford vont nettement reprendre de leur superbe. La victoire revient cependant à Christian Traber avec sa BMW 3.0 CSL. Il devance de 16″ Maxime Guénat et sa Ford Capri 3100 RS. A 1’10” suivent Philip Walker/Miles Griffiths sur Capri 2600RS, Caroline Grifnée sur Ford Escort 1600 RS et Charles Firmenich/Henri Moser sur BMW 3.0 CSL.

Ci dessous, quelques autos remarquables de ce plateau ainsi que quelques ambiance pluvieuses et nocturnes pour vous faire goûter cette atmosphère si particulière de Spa.

Sixties’ Endurance

Plateau de loin le plus fourni du week-end avec 78 participants aux essais.

La domination habituelle des Cobra n’est perturbée que par la Jaguar E Type de Jon Minshaw qui signe le deuxième temps derrière les intouchables Thierry de Latre Du Bosqueau/Christophe Van Riet. Il devance Maxime Guénat/Christophe Mahé, Charles Firmenich/Henri Moser et Philipp Oetli.

En course, après les deux heures réglementaires, seulement deux minutes séparent les cinq premiers, c’est dire si la lutte a été chaude. En fait, seuls Thierry de Latre Du Bosqueau et Christophe Van Riet n’ont pas changé de position, ils ont mené de bout en bout. Ils devancent donc Charles Firmenich/Henri Moser, Jon Minshaw, Yvan Mahé/Yves Scemama et Afshin Fatemi décidément très en forme sur ce circuit.

Un autre monument historique roulait dans ce plateau, mais seulement aux essais. CUT 7 (N°214) de Richard Meins. Cette Type E FHC est en effet la première Type E privée engagée en course par Dick Protheroe pour la saison 1962 (Châssis 86004). Elle sera suivie de deux autres CUT7 dont la fameuse Low Drag Coupé dessinée par Malcolm Sayer.

On retrouve également dans cette série la Cobra N°120 qui fut sacrée championne de la saison dernière avec Christophe Van Riet à son volant. Pour terminer, mentionnons la présence de deux actrices du récent Tour Auto.

The Greatest Trophy

Grand retour de Vincent Gaye sur son circuit fétiche. Il est accompagné de 26 autres concurrents ce qui est une première pour ce plateau.

Aux essais, c’est la famille Halusa qui s’illustre devant Afshin Fatemi, Vincent Gaye, Romain Rocher et Peter Muelder.

La première course est remportée par Afshin Fatemi avec seulement 9 1/100èmes d’avance sur les Halusa! Vincent Gaye prend la troisième place et devance Peter Muelder et Romain Rocher.

Après les abandons de Vincent Gaye et de Lukas et Martin Halusa, la route est libre pour une seconde victoire de Afshin Fatemi. Il devance la Bizzarini 5300 GT de Christian Bouriez, la Porsche Carrera 6 de Romain Rocher, l’Alfa Roméeo TZ de Carlo Vogele et la Porsche RSK 718-60 de Peter Vogele.

Dans ce plateau, et particulièrement ici à Spa, il y a toujours de rares et belles autos. Cette année, une Cooper Jaguar T33TT (N°3), une superbe Alfa TZ 2 (N°8), une Maserati 300 S (N°15), une Tojero Climax (N°40), une des deux 904/8 jamais construites (N°27) et enfin une Porsche RS61 Spyder (N°32).

Un incident de course heureusement peu courant. La rupture, lors d’un freinage, de l’axe de fusée de cette Cobra 260. Dans son malheur, le pilote a eu de la chance. L’axe à cassé entre la roue et le disque ce qui fait qu’il a gardé ses frein et, en roulant sur le disque, a pu stopper sa voiture sans trop de dégâts.

Conclusion

Encore une fois, la magie de ce circuit opère sur tous les présents quelque soit le côté du grillage où l’on se trouve. L’alchimie Peter Auto fonctionne à merveille et on rentre à la maison les yeux pleins d’étoiles et les oreilles pleines de mélodies mécaniques. Encore merci à eux et… à la prochaine pour le Grand Prix de l’Age d’Or à Dijon.

Jacques
Rédacteur-Photographe à News d'Anciennes
Photographe, plus qu'amateur, et passionné de courses historiques, Jacques sillonne l'Europe pour voir les plus belles courses.

1 commentaire sur “Spa Classic 2019 : Il n’y a pas que des sangliers dans les Ardennes”

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