BMW 700 Cabriolet

Au Volant d’une BMW 700 Cabriolet, elle pourrait vous plaire

Avec plusieurs BMistes dans la bande, on a essayé des BMW sur le site. Du V12 de la 850 au petit 4 pattes de la 315 quelques unes ce sont retrouvées dans nos colonnes. Pour faire original comment faire ? Répondre oui quand on me propose une BMW 700.

Cette auto sera proposée à la vente au salon Avignon Motor Festival par Leclère. Une voiture assez atypique qui a eu comme première propriétaire Catherine Dorléac qui prendra son nom Catherine Deneuve un peu après.

Plus qu’une Isetta, moins qu’une neue klasse, la BMW 700

A la fin des années 50, ça ne va pas chez BMW. La gamme est vieillissante.

La récente 507 est un échec commercial et industriel qui fait planer un spectre de faillite sur le constructeur munichois. Pas joyeux en tout cas.

En bas de la gamme la toute petite voiture maison, l’Isetta 600 ne se vend plus.

La solution va être trouvée par Wolfgang Denzel, l’importateur de BMW en Autriche. Sur un châssis Isetta il fait réaliser une carrosserie de Berline plus classique par l’italien Michelotti. Comme l’idée plaît on lui greffe le moteur d’une moto R51/3. C’est donc un 697 cm³ qui commence à 30 chevaux.

Présentée en 1959, elle est disponible en berline et coupé. La version Cabriolet qui nous intéresse a été confiée à Baur. Elle va connaître une belle carrière jusqu’en 1965 en se vendant à 180.000 exemplaires tous modèles confondus. Des versions RS s’illustreront même avec Hans Stück ou Jacky Ickx au volant. Là les moteurs seront portés à 70ch quand ils plafonnent à 40 ch sur les dernières versions normales.

Ce n’est pas elle qui sauvera BMW, la 1500 s’en chargera, mais en tout cas c’est elle qui sera la perfusion permettant au constructeur bavarois de continuer à espérer.

Notre BMW 700 Cabriolet du jour

Une belle ligne

Michelotti n’est pas connu pour son exubérance. Mais pour ce qui de réaliser des lignes à la fois classiques et élégantes, fines et galbées, l’italien savait y faire.

On décèle tout de suite une auto compacte, même de loin. Il faut dire que c’est un cabriolet “continental” pas un roadster anglais. Du coup on se retrouve avec une ceinture de caisse relativement haute et un pare brise plutôt droit.

La face avant de la BMW 700 est particulièrement classique. Ce qui fait une partie de son originalité, c’est l’absence de calandre. Le moteur est de l’autre côté. Les proportions sont bonnes et on a du mal à croire que c’est un châssis d’Isetta qui se cache là dessous. Les porte à faux en font une voiture plus “normale”.

L’arrière est plus original et nous ramène plus dans les années 50. Les ailes se prolongent avec un phare travaillé et vertical qui rejoint le haut d’un aileron. Une ligne harmonieuse sans faire de vagues. Une BMW.

Un intérieur soigné

Une fois la capote tombée, on est à l’abri, on peut regarder ce tableau de bord. Droit, avec trois cadrans fixés dans une tôle peinte couleur carrosserie et juste agrémentée d’un discret habillage. Les boutons sont placés… un peu partout. Deux de chaque côté du tableau de bord, un vers le milieu… et deux en dessous ?!

Niveau commande on retrouve le starter à côté du frein à main et la clé de contact à côté de la commande de boîte qui est au plancher.
La sellerie ne souffre d’aucun reproche, c’est certainement une nouvelle sellerie qui a été installée lors de la restauration de notre BMW 700 il y a quinze ans.

Il est où le moulin ?

En ouvrant le grand capot arrière on se demande deux choses. Pourquoi le capot est si grand par rapport à l’accès au moteur ? Et ensuite, où il est ce moteur ?

Il faut chercher sous la boîte à air et divers cache pour apercevoir ce moteur de moto. Il est installé à plat, très bas… comme dans une moto sauf que là il ne risque pas de frotter !

Au volant de la BMW 700

La voiture a beau être petite, ce n’est pas si compliqué de s’installer à bord. Par contre dès qu’on ferme la porte… oula ! J’avais connu l’impression d’être très à l’étroit dans l’étriquée Fiat 850 Moretti, mais là… c’est pire ! Déjà le fait que ce soit possible est une surprise. Mais pourquoi ça ?
Déjà, c’est impossible de se centrer sur le siège vu la place qu’on a pour le bras gauche. Donc on se décale encore un peu. Le pire, c’est que ce n’est même pas encore assez pour les pieds ! Il arrive de temps en temps d’avoir une auto qui décale son pédalier à cause du passage de roue. Là les pédales sont presque situées devant l’axe des roues ? Du coup on est vraiment décalé sur la droite.
Attention la position n’est pas particulièrement inconfortable mais elle est pour le moins originale.

Démarrage, le moteur part au quart de tour, dans un bruit qu’on ne peut pas qualifier de discret. Un bruit à la fois rauque et métallique, qui rappelle la moto, c’est sûr. Marche arrière, et je passe la première. Enfin en théorie. Elle est où cette première ? Là ? Non. Ici ? Non plus. C’est une boîte inversée ? Toujours pas. Bon en cherchant, je finis par trouver la recette. On débraye, on essaye, on redébraye et ça rentre. Et bein !

Surprise. Le moteur n’a presque pas besoin de trop se lancer pour répondre à l’embrayage. Enfin j’aurai peut-être dû car la petite odeur m’y invite. Au deuxième démarrage ce sera identique. Curieuse sensation que de démarrer à l’embrayage plus qu’à l’accélérateur.

La seconde ne se trouve qu’un peu plus facilement, la troisième pas vraiment. Et nous voilà partis à serpenter dans la ville. Premier virage, premier freinage. Oulà, mais ça mord ! Et pas qu’un peu, je suis à deux doigts de bloquer les roues. Maintenant faut retrouver la seconde… c’est malin.

Bref l’auto repart… mais à son rythme. Non ce moteur n’est pas un foudre de guerre. La BMW 700 n’accélère pas vite, ne relance pas comme un gros cube… Bon bah on va essayer de passer plus vite. Sans bloquer les roues et en rentrant vraiment la seconde. Donc j’y arrive au deuxième essai. Et bien la BMW 700 vire à plat, facilement et va exactement où je veux.

Je n’ai pas encore parlé de la direction. Elle est précise et n’est ni lourde ni légère puisqu’installée dans une auto légère mais sans assistance.

La pluie se renforce. Je n’ai pas vraiment envie d’aller pousser l’aventure plus loin. Peut-être que cette auto pourrait se révéler méconnaissable sur route… mais ce moteur ne m’invite vraiment pas y aller. Je prend le chemin du retour en ouvrant les fenêtres, la buée commence à bien masquer le pare-brise et pas une inscription ne permet de trouver le désembuage. Trop pour moi.

Conclusion

J’avais annoncé la couleur. Elle pourrait vous plaire. D’abord parce que ce châssis est bien foutu, dynamique et on se dit que les versions sportives RS et leurs 70 chevaux doivent être rigolotes. Ensuite parce qu’il existe des versions sportives qui pallient à l’anémie de ce moteur. Enfin parce que conduire une BMW 700 Cabriolet sur la corniche monégasque doit avoir plus de gueule que sous la pluie de Nanterre…

Conduire une BMW 700 Cabriolet

Pour conduire une BMW 700, le cabriolet n’est pas le choix le plus aisé. Le plus original, pas de soucis, puisque ce ne sont que 2592 autos qui ont été produites !

Forcément on en trouve pas énormément sur le marché et le prix s’en ressent. Celle que nous avons essayé est estimée entre 34 et 40.000 €. C’est le prix de base d’un bon cabriolet, les plus beaux peuvent se vendre autour des 45.000 € (vu à Stuttgart la semaine passée). Mais celle-ci a en plus une première propriétaire prestigieuse.

Pour le guide d’achat, il faudra déjà en trouver une ! Ensuite surveiller évidemment la rouille, la tôle n’est pas toujours très épaisse et sera vite attaquée. Le moteur demandera un peu de soins mais reste robuste. Bref une auto qu’on recherche et qu’on achète pas par hasard.

Un grand Merci à Leclère pour nous avoir mis l’auto entre les mains et à Jack de Jack Fait un Blog Auto pour le coup de main sur cette aventure.

Les plusLes moins
Cabriolet originalMoteur de moto…
Châssis bien aidé par légèreté… bruyant …
Ligne équilibrée… qui mériterait quelques ch de plus
Image
Entretien
Plaisir de Conduite
Ergonomie
Facilité de conduite
Note Totale
Fiche Technique de la BMW 700 Cabriolet
Mécanique Performances
Architecture 2 Cylindres à platVmax 137 km/h
Cylindrée 697 cm³ 0 à 100 km/h 20,1 s
Soupapes 4400m da NC
Puissance Max 40 ch à 5700 tr/min 1000m da 35,4 s
Couple Max 51 Nm à 4000 trs/min Poids / Puissance 18,6 kg/ch
Boîte de vitesse 4 rapports manuelle
Transmission Propulsion
Châssis Conso Mixte 6,6 L/100 km
Position Moteur Porte à faux arrièreConso Sportive 9 L /100 km
Freinage Tambours AV et AR Cote d’origine ± 17.000 € (constats)
Dimensions Lxlxh 3540 x 1480 x 1250 cm Cote 2019 35.000 €
Poids 750 kg
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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

3 commentaires sur “Au Volant d’une BMW 700 Cabriolet, elle pourrait vous plaire”

  1. Dans les années 70, quand je roulais en NSU 1000C ma voisine roulait avec une BMW 700 que je trouvais très laide. Cinquante ans plus tard, avec le recul……

  2. Les pièces dessus sont introuvables et quand tu les trouves c’est cher onéreux prenez en soin d’une voiture rare au yeux de tout le monde .

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