Mon Best-Of d’Epoqu’Auto 2018 : qualité et diversité

Figurant parmi mes salons préférés de France, Epoqu’Auto est un rendez-vous immanquable pour ma part depuis 2011. Il est attractif grâce à ses plateaux principaux de qualité, sans oublier les amateurs de pièces et de véhicules populaires. Le programme de l’édition 2018 donnait envie, et le résultat fut loin d’être décevant (lire : Epoqu’Auto 2018, retour sur le salon le plus complet de France). Je vous emmène à la rencontre de mes éléments favoris.

Mécaniques Panhard et compétition, les D.B à l’honneur

En plus du plateau central dédié à l’emblématique marque Panhard, Epoqu’Auto avait également prévu de rendre hommage aux autos de compétition équipés de mécaniques de la marque. Pour cela, un espace fut disposé à l’entrée du salon et réunissait pas moins de six autos prestigieuses. Toutes ont trois points communs : elles sont équipées d’un bicylindre à plat refroidi par air, sont vêtues de bleu et comptent au moins une participation aux 24 Heures du Mans.

Passons les en revue, de gauche à droite pour des questions de clarté. La première est une D.B. HBR de 1954 (châssis n°798), qui inaugurait la monoplace centrale chez les D.B. Sport. Elle termina dixième aux 24 Heures du Mans 1954 avec le duo Bayol/Bonnet et remporta l’indice de performance, avant de finir douzième deux ans plus tard aux mains de Héchard & Masson.
La deuxième voiture présente est aussi une barquette D.B. (châssis n°800) mais avec une carrosserie modifiée par Georges Trouis. Elle se classa vingtième à l’issue des 24 Heures 1955, pilotée par ledit Georges Trouis et Louis Héry.
Quant à la troisième D.B., elle porte le numéro 801 et fut engagée dans l’épreuve mancelle en 1955 avec une seizième place à la clé grâce à Cornet et Mougin.

Disposée en quatrième position au sein de la rangée, la D.B. HBR n°1088 est particulière : elle fut en effet surnommée “la Camionnette” en raison de sa carrosserie fermée à face arrière tronquée. Elle abandonna malheureusement aux 24 Heures du Mans 1959, avec Jaeger et Bartholoni comme pilotes.
L’avant-dernière voiture de compétition est elle aussi spéciale puisqu’elle fut baptisée “Le Monstre”. Cette HBR4 (châssis n°1110) était à l’origine un coach qui fut modifié avec un carénage des roues arrière, un toit abaissé de 12 cm et, entre autres, des passages de roues avant repensés. En 1961, elle se hissa à la vingtième position avec Jaeger et Guilhaudin.
Enfin, la dernière de la série est une Panhard CD (châssis n°105) qui abandonna en 1962 avec Guy Verrier et Bernard Boyer.

Hommage à GRAC

Puisque j’affectionne particulièrement les voitures de course, je ne pouvais qu’aimer l’hommage à GRAC réalisé par le magazine/forum Autodiva. Marque installée dans la vallée du Rhône, GRAC fut fondée en 1964 et se fit rapidement une place dans le cœur des passionnés. Pendant dix ans, les créations du constructeur venaient remplir les grilles des divers championnats de France ou même d’Europe. Autodiva a réussi à rassembler un panel représentatif du savoir-faire de l’équipe rhodanienne, tout en témoignant de la créativité qui animait le sport automobile français en général dans les années 1960 à 1980.
Le plateau était notamment composé d’une MT14 en version monoplace et équipée d’un moteur Renault 1.600 cm3, et de l’une des trois MT16 dont le principal fait d’armes fut son engagement au Trophée d’Europe des protos deux litres en 1972 avec Lionel Noghès et Alain Finkel. Cette dernière disposait d’un bloc Cosworth FVC de 270 ch environ et d’un châssis tubulaire.

Autre modèle présent (et certainement mon préféré), la MT20. Elle fut réalisée grâce à l’alliance entre GRAC et Gotti en huit exemplaires et fut destinée à la Coupe Simca Shell en 1974. Elle était mue par un quatre cylindres JRD deux litres de 200 ch et pouvait compter sur une coque en aluminium. Une MT20 fut même engagée aux 24 Heures du Mans la même année avec Max Mamers et Xavier Lapeyre mais dut abandonner.
A ses côtés se trouvait une Cesca 740 de 1974, produite à trois exemplaires par Claude Swietlik sur une base de GRAC MT14S modifiée. Comme la précédente, elle participa à la Coupe Simca Shell 1974.

Terminons ce tour d’horizon du stand avec l’une des douze GRAC MT14S assemblées, mais aussi une MT10 destinée à la Formule France propulsée par un moteur de Renault Gordini 1.300 cm³ et une MT6 de 1970 dotée de la même mécanique.

Raretés et insolites

L’un de mes passe-temps lors d’événements est de partir en quête de véhicules décalés, parfois en arpentant la moindre allée. Et cette chasse fut bien récompensée pendant Epoqu’Auto au vu des prises ramenées à la maison ! Comme le salon fait preuve d’éclectisme, elles risquent d’être postées selon aucun ordre établi.

Ne vous étonnez donc pas si un rare camion Berliet TR 350 Centaure de 1978 précède un Combi aux couleurs Bosch ou encore une Citroën DS Cabriolet noire. N’oublions pas les voitures américaines avec une Dodge Charger de 1971 suivie d’une Challenger de 1970, toutes deux peintes dans des coloris flashy. Côté italienne, mon attention a été attirée par une Alfa Romeo SZ.

Renault avait aussi joué le jeu en déplaçant plusieurs voitures étonnantes comme l’Étoile Filante, équipée d’une turbine, qui atteignit à Bonneville en 1956 la vitesse de 306.9 km/h sur un kilomètre et 308.85 km/h sur cinq kilomètres !
Restons chez les françaises avec une GS Basalte sur un stand magnifique, aux couleurs de cette série limitée lancée en 1978. L’exposition Panhard n’était pas non plus avare en trophées à rapporter avec la seule Scarlette cabriolet survivante d’une série de trois, une Dyna X de 1952 produite par Veritas et carrossée par Baur, l’étonnant concept Dynavia de 1948 dont la carrosserie profilée permettait d’obtenir un Cx de 0.279 ou encore un convertible réalisé par les établissements Pichon-Parat sur base de Dyna Z.

Le club Alfa Romeo de France exposait une Giulietta SZ de 1961 ainsi qu’une SVZ modifiée à la demande de son premier propriétaire, Sergio Cannara, afin d’accueillir sa grande taille. Zagato se chargea donc de réaliser un double bossage de toit à ce châssis numéro 04458.
Le parking extérieur accueillait aussi des merveilles comme une Mercedes-Benz 300 verte, une Peugeot 205 Turbo 16 nonchalamment garée et une Sunbeam Rapier peu commune chez nous.

Coups de cœur

Difficile d’établir un classement des véhicules exposés au salon Epoqu’Auto mais je termine tout de même cet article par deux coups de cœur. Le premier va à une Renault Monaquatre Cabriolet (type YN4) de 1935 dont le bleu de la carrosserie est à tomber tandis que le second s’adresse à une rarissime Nash-Healey Le Mans de 1952, au profil gracieux.

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Thomas
Rédacteur à News d'Anciennes
Passionné d'anciennes en général mais vouant surtout un culte aux Facel Vega (au grand dam de son entourage...), il a rejoint News d'Anciennes en 2015 suite à une discussion impromptue lors de Rétromobile avec Benjamin.
Pour le moment non propriétaire d'une auto intéressante, il espère bientôt passer le cap !

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