Spa Classic 2018, du beau monde sous le soleil des Ardennes.

Il pleuvait à Barcelone donc, très logiquement, il fait beau pour ce Spa Classic 2018 ! Incroyable mais vrai. Quatre jours d’affilé de très beau temps dans les Ardennes, se terminant quand même par un gros orage de grêle dimanche soir, qui va écourter d’un tiers la nouvelle Porsche 2L Cup.

Salon Automédon 2018

Que s’est-il donc passé pendant ces quatre jours ?

La belle au bois dormant

Le jeudi après midi, les équipes prennent possession de leurs espaces respectifs et déballent tous leurs trésors. Le flâneur découvre donc les nouveautés, si l’on peu dire en parlant de voitures dont les plus récentes on 25 ans.

Du côté des groupes C, nous étions heureux à Barcelone de voir deux XJR 12 et bien à Spa Classic 2018, nous avons en plus : une XJR 11 et 2 XJR 14. Cinq Jaguar groupe C sur une grille de départ, du jamais vu depuis les années 90 !
Poursuivant mes recherches, je tombe sur une 962 d’un blanc immaculé à l’exception des bas de caisse siglés Porsche en rouge et du nez orné du blason de la marque.
Avisant Claudio Roddaro près de la voiture, je me permet de l’aborder et lui demande pourquoi il n’a pas sa 917. Il m’explique alors qu’il est venu avec cette 962 qui vient d’être trouvée en Italie. Cette voiture, achetée neuve en 1991, n’a pratiquement JAMAIS roulé. Il vient donc “roder” cette belle au bois dormant qui sommeillait depuis 27 ans attendant la rencontre avec son prince charmant. En fait, cette auto ne nous est pas totalement inconnue puisqu’elle était à Avignon et que Thomas en parlait ici : Porsche et Hispano-Suiza d’exception à l’Avignon Motor Festival 2018.

Je ne suis pas au bout de mes surprises. Quelques box plus loin, je découvre une Capri 3100 RS bleue et blanche qui porte sur ses portières les glorieux noms de Rolf Stommelen et Jochen Mass. Un de ses mécaniciens me précise qu’il s’agit d’une des deux voitures d’usine encore existantes de l’époque (1973).

Continuant mon chemin vers les tentes abritant les concurrents du Greatest Trophy, je vois une Type E crème à bandes bleues, couleurs de l’Américain Briggs Cuningham dans les années 50 et 60. En déchiffrant l’immatriculation (5114 WK), je resitue l’auto comme étant l’une des trois E Type Lightweight engagées au Mans en 1963 par le pilote/manager. Il s’agit du châssis S850664 7ème des 12 lightweights construites à l’époque. Cette voiture proposée à la vente Bonhams de Quail Lodge en 2017 (lire : Beaux résultats dont un record pour la vente de Bonhams à Quail Lodge) et qui dormait dans un musée aux USA n’avait pas trouvé preneur. Il semble que les choses aient évolué depuis.

En remontant dans les box, mon œil est attiré par une silhouette “moderne”, rien de moins qu’une Bentley EXP Speed de 2003. Ce modèle, identique au modèle victorieux cette année là, à réalisé le meilleur temps des essais préliminaires. Il vient d’être acheté à l’usine.

Que de nouveautés pour ce Spa Classic 2018. Peter Auto excelle dans l’art de faire du neuf avec du vieux.

Des essais sans grandes surprises

En CER1, Carlos Monteverde/ Gary Pearson, Ferrari 512S, signent le meilleur temps de la cession devant Gérard Lopez/ Richard Meaden et leur Lola T70. Philipp Bruehwiler et sa Chevron B19 FVC complète le podium essais de ce Spa Classic 2018.


En CER2, Roger Wills et Martin O’Conneill dominent avec leur Chevron B26 devant Dominique Guénat sur Lola T286 DFV et Patrice Lafargue sur Lola T298.

En F2, belle surprise, 13 voitures participent aux essais de Spa Classic 2018. C’est Martin Stretton qui fait la pole devant Mathew Watts et Mark Piercy. Derrière les trois Britaniques, Charles Veillard sauve notre honneur national à la quatrième place.

Pour les Groupe C, à l’issue des deux séances, ce sont Ivan Vercoutere et Ralf Kellerners (Porsche 962C) qui réalisent le meilleur temps devant Christophe d’Asembourg (Jaguar XJR14) et Michel Lecourt/Raymond Narac (Porsche 962C). Dominique Guénat (Peugeot 905) ne participe pas à la seconde séance Une transmission à cassé entrainant des dommages irréparables sur place.

L’Heritage Touring Cup est dominée par Gérard Lopez et Richard Meaden sur Capri 3100RS. Maxime Guénat et Yvan Mahé sont crédités du deuxième temps, également sur Capri 3100RS, devant Christian Traber et sa BMW 3.0 CSL.

Les Sixties Endurance sont, comme d’habitude, largement dominées par les Cobra. Christophe Van Riet obtient le meilleur temps devant Pierre Alain et Erwin France suivis par Dominique Guénat et Ivan Mahé sur Cobra Daytona.

Pour le Greatest Trophy, Carlos Monteverde étrenne sa type E Lightweight de belle manière avec la pole devant son éternel rival Vincent Gaye et sa 275 GTB/C. Christian Bouriez et sa Bizzarini 5300 GT complètent le trio.

Enfin, le nouveau plateau 2018, celui de la 2.0L Cup. Comme prévu dans une formule monotype, les écarts sont très serrés et les quatre premiers se tiennent en moins de 1 seconde. La pole est pour Andrew Smith devant Michel Van Duiyvendijk et Mark Sumper.

Les courses de Spa Classic 2018… avec des surprises

Classic Endurance Racing 1

En CER1, trois Protos 2L aux trois premières places devant trois Lola T70, ce n’est pas habituel. Neuf voitures ayant participé aux essais ne prennent pas le départ à commencer par la 512 S de Carlos Monteverde et la Porsche 917-10 de Didier Cazeaux.
Le début de course est très animé par Christophe Van Riet et Emanuele Pirro jusqu’à l’abandon de celui ci. Mais sur 60 min de course, la régularité finit par payer bien que les écarts soient très faibles. Les sept premiers terminent dans la même minute.

Au général, Philippe Bruehwiller et sa Chevron B19 prennent la première place devant Sandy Watson et Martin O’Connell sur une Chevron B8. Maurizio Bianco complète le Podium sur Chevron B19. En GT2, la première place est pour Michel Lecourt et Raymond Narac sur leur fidèle Porsche (comme souvent), la seconde est pour Patrick Hautot et Christophe Van Riet (omniprésent ce Spa Classic 2018) sur une GT40 et la troisième revient à Urs Beck également sur Porsche RSR.

Classic Endurance Racing 2

En CER2, le classement respecte mieux la hiérarchie des cylindrées lors de ce Spa Classic 2018. Malheureusement, on note encore que cinq voitures manquent au départ, et non des moindres, à cause de problèmes mécaniques.

Après un départ en fanfare de Emanuele Piro (encore !), la course se clarifie après l’arrêt réglementaire et devient plus limpide. Marc Devis remonte sur Dominique Guénat, le passe et va terminer avec 1,5 sec d’avance à la fin de l’heure de course. La troisième place est occupée par Beat Eggmann sur sa Cheetah BDG.
En GT2, la première place revient à Jérémy Lancksweert et Christophe Van Riet (tiens, tiens) sur Ferrari BB LM devant Gille Céron et son incroyable Chevrolet Monza. Maxime Guénat complète le podium avec sa Porsche 935.
Xavier Micheron complète le podium P+de 2L avec sa belle Lola T600.
A noter également la présence d’une superbe Corvette Greenwood dans sa livrée de Sebring en 78 qui, malheureusement, ne finit pas.


Euro F2 Classic

Comme déjà souligné, un beau plateau pour cette série avec 12 partants. Les deux courses sont largement dominées par un très rapide Matthiew Watts qui les envoie très fort (je ne peux pas me retenir!). En seconde place, un excellent et très tenace Charles Veillard porte haut nos couleurs dans ce plateau largement Britannique. La troisième place échoit à Richard Meins dans la première course et à David Tomlin dans la seconde. La vaillance de ses mécaniciens et sa combativité permettent à Philippe Scemama d’arriver à une très honorable 4ème place dans la seconde course.
Martin Stretton, habituellement excellent n’a pu défendre ses chances à cause d’ennuis mécaniques.

Group C Racing

Deux courses de 45 mn étaient au programme. 28 superbes Groupe C au départ de la première course. 17 à l’arrivée. Ces chiffres mettent bien en valeur la difficulté à faire courir ces voitures pourtant très bichonnées par leurs équipes. Comme à l’époque, les très rapides Jaguar XJR14 sont très fragiles également (boite de vitesse). La belle au bois dormant ayant rapidement montré son manque de mise au point (normal) elle ne fait que 5 tours (siège mal fixé et comportement anormal du moteur à pleine charge). J’ignore, malheureusement, les raisons des autres abandons.

La première course est pour Steve Tandy et son excellente Spice SE90C. Ivan Vercoutere et Ralf Kelleners prennent la seconde place sur leur 962C et le toujours incisif Michael Lyons complète le tiercé gagnant.

La seconde est pour Michel Lecourt et Raymond Narac (4ème de la première) devant Ivan Vercoutere et Ralf Kelleners et Tony Sinclair et sa Spice SE90C. Pour cette manche, 21 voitures au départ et 18 à l’arrivée, le ratio est meilleur mais Steve Tandy et Michael Lyons ne terminent pas.

Heritage Touring Cup

Là encore, deux courses de 60mn sont au programme mais une se déroule en nuit complète et l’autre de jour. Un minimum d’honnêteté me pousse à vous avouer que je n’ai pas assisté à la course de nuit (22h55 – 23h55). Les petits vieux, ça fatigue vite ! Il n’en demeure pas moins que cette recréation de l’ambiance des 24 heures de Spa à l’époque où celles ci était réservées aux voitures de tourisme est certainement une bonne idée.

Je vais donc me contenter de commenter la feuille de résultats pour cette première course. 44 Inscrits, 6 non partants et 26 à l’arrivée. Les autos étant plus fiables que des Groupe C, je pense que quelques sorties de piste et quelques bousculades ont du se produire. Les concurrents de cette série ont, de jour, une conduite très virile et comme disait un des vainqueurs des 24 heures historiques “Toi, tu sais qu’il fait nuit mais la voiture ne le sais pas”.

Le podium est cependant composé d’habitués. La première place est pour Christian Traber, la seconde pour Dominik Roschmann, tous deux sur BMW 3.0L CSL alors que la troisième est pour Steve Dance et sa Capri 2600RS. Quelques grands absents à l’arrivée mais j’ignore les raisons de leurs abandons.

La seconde manche, de jour, amène quelques modifications à ce classement. Si Christian Traber demeure intouchable, la seconde place est prise par Zak Brown et Richard Dean sur leur Capri 3100RS historique blanche et bleue. Steve Dance complète le podium à bord de sa Capri 2600 RS.

Sixties Endurance Racing

Le plateau le plus fourni de ce Spa Classic 2018 avec 74 engagés (et seulement 10 abandons). Une seule course de 120mn au programme. Cette course est “réservée” aux Cobras. Elles ont toujours gagné cette catégorie. Il n’y en a pas moins de 12 au départ plus une Daytona.

Parmi toutes ces voitures, une se fait remarquer. C’est la numéro 14 de Carlos Monteverde. Cette voiture à couru au Mans en 1963 puis a eu une carrière bien fournie avec entre autre Jo Schlesser qui l’utilisa dans de nombreuses courses. Entièrement restaurée en 2003, elle attaque une nouvelle carrière et remporte le Tour auto 2013 avec son actuel propriétaire.

La course de ce week-end est très limpide. Elle est menée de bout en bout par Christophe Van Riet (toujours le même, il n’a pas de clone) qui ne laisse pas la moindre chance à ses concurrents. Carlos Monteverde et Gary Peason terminent deuxième et Phillip Oetli complète le podium.

Ce plateau nous permet d’avoir une grande variété de véhicules, les 12 Cobras et les 10 Jaguar semi-lightweight exclues. Cela va de la frêle Lotus XI à la puissante Corvette C2 en passant par les agiles Lotus Elan et les indémodables Porsche 356. Ce week end, une Abarth Simca 2000 GT était en “Guest Star”.

The Greatest Trophy

Dans The Greatest Trophy (anciennement Tropheo Nastro Rosso), deux hommes s’affrontent depuis des années. Vincent Gaye et Carlos Monteverde. Cette année ne faillit pas à la tradition et pour cette deuxième manche de la saison, Carlos Monteverde arrive à Spa Classic 2018 avec une nouvelle arme. Sa Jaguar Type E Lightweight.

Aux essais, il a réalisé le meilleur temps (0,9 sec d’avance) et poussé Gaye à la faute (très bien récupérée) ce qui est rare. Il gagne la première course du week end en menant de bout en bout mais sous le drapeau à damier, son avance n’est que de 0,9 sec sur Gaye. Christian Bouriez et sa Bizzarinni prennent la troisième place.

Au départ de la deuxième manche, Vincent Gaye prend le meilleur départ mais dans Kemmel, la Bizzarrini de Heiner Oettli sort violemment (entre 170 et 180km/h). Heureusement, le pilote s’en sort bien. Après une intervention du safety car, la course repart et la lutte pour la première place reprend. A quelques tours de la fin, Monteverde est en tête mais dans le dernier tour il passe au ralenti et laisse la victoire à Vincent Gaye pour 36 secondes.

C’est à nouveau Christian Bouriez qui conquiert la troisième place. Une superbe course qui nous a aussi permis de voir une rare Porsche Abarth, une Osca 2000S et une magnifique 250 GT Drogo.

2.0L Cup

Première course de la saison à Spa Classic 2018 pour cette nouvelle série. Prévue pour une durée de 90mn avec un arrêt au stand obligatoire, elle est interrompue par un violent orage de grêle après 64mn. 36 concurrents sont inscrits et 33 prennent le départ.

La victoire reviens à Andrew Smith associé à Oliver Bryant. Nigel Greensall sur un modèle ex Brumos partagé avec son propriétaire David Huxley s’adjuge la seconde place alors que Mark et James Bates complètent le podium. Six voitures ne terminent pas la course.

Les invités : le plateau Endurance Global Legend

Ce n’est pas leur première sortie, l’Endurance Global Legend était présent à Spa Classic 2018 sans faire partie des championnats Peter. Cette série est disparate puisqu’elle regroupe toutes les autos d’endurance entre la fin des Groupe C et 2018 ! Large, mais du coup plutôt bien rempli en légendes !

Conclusion

Un week-end extraordinaire sous le soleil de Spa. De très belles voitures, de très belles courses, que demander de plus?

Si, une chose. Nous avons pu accéder au circuit le jeudi après midi ce qui nous a permis de beaux échanges avec quelques pilotes et mécanos. Le jeudi, ils sont moins sous pression et ont un peu plus de temps à nous consacrer alors si cette opportunité pouvait être pérennisée sur les prochaines courses, ce serait vivement apprécié et nous permettrait de glaner plus d’informations au bénéfice de nos lecteurs.

Prochaine étape “à la maison”: Dijon Prenois pour le Grand Prix de l’Age d’Or les 8-9-10 juin avant bien sûr Le Mans Classic 2018 en Juillet.

 

Jacques
Rédacteur-Photographe à News d'Anciennes
Photographe, plus qu'amateur, et passionné de courses historiques, Jacques sillonne l'Europe pour voir les plus belles courses.

4 commentaires sur “Spa Classic 2018, du beau monde sous le soleil des Ardennes.”

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.