Pour ou contre : le principe du “matching numbers”

Matching Numbers est un terme barbare (anglais quoi) qu’on voit fleurir partout. Heureusement certains font de la résistance et parlent de numéros concordants. On commence ce nouveau genre d’article avec ce terme et ce que cela entraîne pour les autos. Les bons et les mauvais côtés.

Matching Numbers : définition

Donc matching numbers désigne universellement (quand on est anglophone du moins) les autos aux numéros concordants. La base du principe est donc d’avoir le numéro de moteur (et de la boîte) concordant avec le numéro de châssis de l’auto. En fait que le moteur est bien celui qui était dans l’auto quand elle est sortie neuve de l’usine.

Mais certains poussent le bouchon encore plus loin en ajoutant quelques challenges. Pour certains le matching numbers c’est quand l’auto est dans sa configuration d’origine. Pas d’ajout d’équipements, sellerie et carrosserie de la même couleur qu’à la sortie de l’usine, jantes conformes, bref un parcours du combattant pour qui n’a pas les infos précises !


Pour le Matching Numbers

Une authenticité indéniable

Rien de tel qu’une auto dans sa configuration initiale pour se dire que OUI on roule dans une Citroën Traction de 1949. Du coup les connaisseurs les plus pointus arrivent à l’identifier comme telle dès le départ.

Et puis on ressent au volant les sensations réelles qu’a pu ressentir le premier propriétaire de l’auto. On est raccord, et on peut même se glisser dans des reconstitutions historiques très strictes.

La valeur de l’auto

Normalement, une auto Matching Numbers est un argument de vente imparable. Cela ne garantit pas forcément une histoire limpide et saine mais cela rassure. A moins que l’auto ne soit un modèle extrêmement cher, il y a peu de chance qu’elle ait été détruite ou gravement accidenté durant son existence. Et pour ça pas besoin d’une expertise pour le deviner.

Les concours d’élégance

Ce n’est pas une obligation pour s’inscrire à un concours d’élégance, mais le fait d’y présenter une auto magnifique, qui plus est dans sa configuration de sortie d’usine, augmentera les chances de gagner ! Si en plus vous avez tous les documents prouvant cela, vous faites un pas certain vers la victoire… de classe au moins !

Contre le Matching Numbers

Un historique clair est obligatoire

Savoir si son auto est dans sa configuration de sortie d’usine n’est pas chose aisée. Même si la plupart des constructeurs encore existants ont gardé précieusement leurs archives, d’autres ont disparu…

Alors comment savoir si son auto est parfaitement matching numbers ? Avoir un dossier de photos remontant au premier propriétaire est obligatoire dans le cas d’archives insuffisantes.
Et puis sans référence précise, comment garantir que le bleu nuit de telle ou telle marque est le bon, et n’est pas un à peu près datant d’une précédente restauration. Ou que le pied de poule était exactement de telle ou telle taille…
Dans tous les cas il sera difficile de tout retracer sans ce précieux sésame.

Le prix des restaurations

Restaurer une auto en visant le matching numbers peut ressembler à un parcours du combattant. Si vous possédez déjà le moteur et le châssis d’origine, vous avez une belle étape. Mais pour le reste, c’est compliqué. Il suffit qu’il vous manque un rétro chromé indénichable et pas de modèle pour en faire refabriquer un, ça va vous coûter cher !

Si votre châssis est vraiment mort, si votre bloc moteur est fendu, et bien il faudra faire réparer pour préserver le matching numbers.

Imaginez que pour avoir ce label certaines autos très chères sont restaurées… en achetant deux autos ! Parfois, quand on parle d’autos de course, c’est tout simplement infaisable. Au mieux on remplacera l’élément manquant par un autre identique.


S’empêcher de belles améliorations ?

C’est aussi une des concessions à faire lorsque l’on veut garder une auto dans sa configuration d’origine. Ne pensez pas mettre des disques, alors que le modèle a pu en avoir, à la place des tambours. Ce n’est pas comme ça qu’elle est sortie de l’usine.
Oubliez les kits d’allumage électronique, musclez vous pour ne pas installer une direction assistée, ouvrez les fenêtres pour ne pas installer de clim et profitez du moteur si votre autoradio est en rade et qu’il coûte 800 € sur les bourses…

Donc…

On ne peut pas vraiment statuer là dessus. Puisqu’en fait tout dépend de l’auto. Sur une 4L, à moins qu’elle ait appartenu à un président, on voit mal pourquoi on devrait faire autant de concessions. Par contre pour une Talbot T15 ou une Ferrari 250 GT, là on comprend beaucoup mieux vos raisons !

Et vous chers lecteurs, vous en pensez quoi ?

 

Benjamin on Email
Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

10 commentaires sur “Pour ou contre : le principe du “matching numbers””

  1. Bonjour,

    Je vous suis en ce qui concerne la valeur de l’auto, et le plaisir de rouler authentique. L’argument des concours d’élégance n’a pour moi aucun poids. Je préfère un nouveau réservoir d’essence et des carbus SU neufs à une nouvelle moquette.
    D’ailleurs, je suis un vieux râleur, qui refuse de participer à un concours d’élégance, où votre voiture est jugée par des élégants messieurs qui ne prennent pas la peine de se pencher pour vérifier l’état des longerons, mais qui s’esclaffent devant un cuir Connolly et qui jugent en fonction de l’épaisseur de la moquette. Je plaisante, un peu, bien sûr.

    En ce qui concerne l’historique, celui de mes trois voitures est clair comme de l’eau de roche.
    Le prix de la restauration ? Je souris… Soit vous la confiez à un professionnel, et là la facture risque de faire grincer des dents, soit vous l’entreprenez vous-même, avec parfois l’aide d’un pro. Mais il faut s’y connaître, disposer de la documentation, de l’outillage, de la place, d’une compagne compréhensive etc, ce qui n’est pas le cas de tout le monde.

    Et j’en viens à l’essentiel, que vous escamotez dans votre article.

    Que faites-vous du côté légal de la modification ? Que je sache, en France ou en Belgique, toute modification importante doit être homologuée par le constructeur ou l’importateur, qui généralement s’en fiche, pour peu qu’il existe encore. Le gendarme ne va pas vérifier la conformité du véhicule ; le contrôle technique français n’en a ni les moyens, ni la compétence. (en Belgique, c’est différent, les CT disposent des PVA depuis 1968).
    Les seuls intéressés à vous chercher des poux sur la tête pour ne pas vous couvrir sont les assureurs. Quid en cas d’accident ? Si votre voiture n’est pas conforme, la compagnie d’assurance va vous tomber dessus, enverra un expert qui constatera la non-conformité, et qui va refuser de vous couvrir.

    Ceci mérite réflexion, non ?

      1. bonjour Ben, si tu change la direction pour un modèle avec assistance , il faut faire marquer sur la carte grise mention modifier , obtenir auprès de utac, ce n’est difficile a faire, après si plus de modif sur la voiture là très compliqué

      2. Vous avez une réaction très courante en France, dans la mesure où les Ct ne vérifient pas la conformité du véhicule et dans la mesure où le système d’immatriculation est resté archaïque (manuel jusqu’il y a peu, avec des préfectures conciliantes !!!!) permettant toutes les dérives et les erreurs, et à l’Europe de vendre en France des poubelles magouillées invendables en d’autres lieux.

        Vous citez l’exemple de la direction assistée ? Je vous réponds résistance et contraintes des rotules de direction.
        Vous parlez de freinage modernisé ? Je vous demande si tous les calculs de déplacements de masses, de répartition du freinage ont été refaits, si la structure a été adaptée, si les tests ont été effectués.

        Réponse négative dans les deux cas…

        Quand je lis « fumisterie », « illusion », je souris. Ces termes ouvrent la porte à tous les excès.

        Il y a 3 ans, un galopin a brûlé un feu rouge avec le 4×4 de papa et a embouti ma belle P1800.
        Que vous soyez 100% en droit ou non, un tel accident vous amène des emmerdements à n’en plus finir, et vous avez intérêt à suivre les professionnels « à la raie des fesses » sous peine d’entubage garanti.
        Prix de la réparation: 12.000 €.
        Avec 3 expertises:
        la premièrepour déterminer si la voiture est réparable ou non; il fallait déposer les tôles irremplaçables pour évaluer plus en profondeur les dégâts.
        La deuxième, faite par un autre expert, concernait la conformité de la voiture. Mais j’avais le moteur d’origine, la boîte d’origine et les autres accessoires conformes à l’origine. et heureusement pour moi.
        La troisième pour déterminer le montant total des réparations.

        Cela fait réfléchir, non?

    1. vivre sans illusions c’est le secret.

      la différence entre un matching numbers .et nelson mandela et un membre du gouvernement. nelson mandela a été en prison avant d’êlu . comme le n° gravé avant ou après… j’ai souvenir d’un vieux de la vieille ANDRé de son prenom , qui a refait mon r8 gordini en 1976. j’avais fait un tonnelé (soit un demi tonal) la caisse étant detruite ,il m’a dit dixit” oh drôle!, je vais changer tout.. et pour le n°à froid soit en jargon moderne de maintenant le matching numbers) dis je benoîtement ?? ( maintenant on dit matching numbers) aucun problème je retape tout sinon je change le morceau entier (soit découpage façon rectangle et ressoudage en lieu et place .. il m’a raconté sa jeunesse au sortir de la guerre et sa passion pour les “chignoles” et surtout l’époque bénie pour lui et les maquilleurs de voitures .. la meilleure “la traction avant” et après reste que pour lui une voiture sur 10 est vraiment matching numbers (rire) et j’en passe et des meilleures.. j’ai mémoire dans les années 1980 d’un garagiste officiant en aquitaine dans la voiture de sport ( neuf et occasion) et à force de constater que tous ses clients se faisaient dérober leurs voitures après révisions ‘les fins limiers de la police trouvèrent chez lui une machine a faire les clefs et plaques et un soudeur génial officiant sur les numéros de châssis (ou matching numbers) par charité chrétienne je tais son nom surtout que ce fût un pilote de rallye émérite.. (la pièce de rechange ne lui coûtant guère chère) que dire de nos voyageurs à caravane qui à l’époque d’une carte gris non informatisée , avait 5 ou 6 fois la même voiture dans un département différends tirant la même caravane.. toutes ces voitures étant vendue ensuite à des volatiles..comme cendrillon de nombreuses citrouilles sont devenues carrosses c est merveilleux.. alors je jubile quand je vois les experts en” tout” vanter pour des dizaines de milliers d’euros une voiture matching numbers..j’ai mémoire en 1982 du scandale nationale ou les célèbres frères Z de paris officiant dans tout ce qui rapporte on inventé la fausse carte grise en dupliquant via un gros réseau et vendant des centaines de voitures haut de gammes. j’ai revu récemment le film retraçant leurs vie .et leurs passions pour le matching numbers.. eux ils le furent vraiment.. reste que nombre de ces voitures passent à l’encan de nos jours ( mais chut).. je tais aussi les avant guerre façon camion devenus cabriolets ou certaines courses ayant surtout fait courir son propriétaire qui courrait pour allez chercher soit une dépanneuse ou de l’essence.d’ailleurs pour infos lorsque l’on retrouve une paire de basket dans le coffre de son ancienne on peut tirer une conclusion sachant que parfois une une telle conclusions peut amener de profond moment d’angoisse sur l’origine de sa voiture et son utilisation.
      je me dis pourtant que la vie est belle, et nous les grognards de la voiture devrions publier plus souvent .. manière de transmettre comme dirait pierrre dac …

      ps: une dernière pour la route. en ces temps bénis nos politiques inventifs et toujours en quête d’argent inventent la super vignette a 10 000 frs soit 1500 euros de maintenant. l’astuce nationale étant pour éviter ce racket on prenait la carte grise (format rectangle et faite manuellement a l’époque par les employés de la préfecture ( disparue aussi) la dite carte grise indiquant les chevaux. il suffisait de rayer en feutre noir en mettant vendu sur les dit chevaux et en remplissant le nouveau formulaire on indiquait toujours moins de 15cv.. employé tape ce quelle lit et voilou comment nombre de 15 a 35 chevaux sont devenues 14 ou moins .les mauvaise disent que nos amis d’une île , on eu plus de chevaux que de cochons noirs ???. et ma fois cela donne du travail au nouveaux experts en tout, qui cherche ,cherche , cherche…c’était avant 1980.. maintenant ces vieux garagistes vraiment experts en tout sont tous paradis au paradis des soudeurs/ forgeurs/ et autres employés de bureau… . …
      mais quand je lis matching numbers , plaques châssis,numéros concordant etc etc ,une larme m”étreint et je pense à eux bien fort.. ils doivent rire tout la haut..

      bref tout cela pour dire que du moment que l’on aime sa voiture aussi matching quelle soit… on en profite tout simplement..le reste c’est de la littérature…ouffff ça fait du bien ..

      bonnes fêtes a tous

  2. C’est rare d’acheter en 1ère main un véhicule de collection.
    Le 4ème propriétaire sera ennuyé s’il achète un alternateur échange standard d’origine alors qu’il à été remplacé par un non conforme… Idem pour tout autre pièce.

    Je confirme ce qui a été dit plus haut pour l’assurance.

    Quant à peindre une DS 21 en rose…

  3. Une concordance dans les numéros de châssis et de moteur pourquoi pas ? Une couleur et des équipements entièrement conformes avec ceux d’origine constituent certainement un plus en matière de collection (d’histoire*) voire d’investissements (de spéculation*).

    Mais si l’on évoque les véhicules anciens que nous pouvons posséder et utiliser (presque au quotidien) la chose se complique bien évidemment. La passion mêlée à la nostalgie ne doit pas nous faire oublier que nous partageons la route avec des véhicules modernes très différents et surtout très nombreux. D’où l’absolue nécessité d’adopter un minimum d’éléments de sécurité quitte à perdre un peu de son âme.

    * J’ai hérité de magnifiques masques africains anciens que si mon grand-père n’avait pas repeints, vaudraient une petite fortune. Sans leur patine d’origine, ils ne sont devenus que de beaux objets de décoration. C’est ainsi pour tout objet ancien !

  4. Le matching number est une fumisterie.

    Sauf si vous avez acheté votre voiture neuve à l’époque, que vous l’avez laissée dans un coffre à la banque et qu’elle n’a pas connu la poussière et la lumière du jour, sans parler d’une modification du taux d’humidité, on ne peut guère garantir quoi que ce soit quant-à son authenticité.
    Les propriétaires parfaitement soigneux, avec les factures et les explications des travaux sur la vie de la voiture depuis l’origine, sont très rares.

    Chez certains constructeurs, lorsqu’un moteur était pris en garantie pour casse ou autre chose, le moteur de remplacement n’avait pas de numéro de série. N’était-il pas conforme pour autant ? Ne remplissait-il pas les mêmes fonctions que celui présent dans la voiture à la sortie de l’usine ? La voiture était-elle moins efficace qu’une autre identique avec son moteur de série ?
    Une fois que les freins ont été changés (usure oblige), que les vidanges ont été faites ou un phare cassé remplacé, la voiture reste-t-elle matching ?…

    Aujourd’hui, certains collectionneurs sont devenus tellement exigeants sur l’authenticité de la voiture que cela devient ridicule. Combien de Ferrari, aujourd’hui en parfait état, ont été largement accidentées et réparées plusieurs fois au cours de leurs vies. Nos prédécesseurs se foutaient complètement de l’authenticité. La voiture était faite pour rouler, c’est tout. Et je ne parle pas de la compétition… c’était pire, changement de moteur, de caisse, etc…

    Je pense, et cela n’engage que moi, bien sûr, que si la voiture correspond dans ses caractéristiques, sa puissance, son apparence et ses défauts de conceptions et de conduite au modèle sorti des chaines de fabrication, alors c’est « matching area » !

    L’automobile est faite pour être utilisée, patinée, entretenue, réparée, etc… Autrement achetez une (ou plusieurs) action(s), lingot(s), etc… et mettez les au coffre.

    Bonne route !

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