3500 Bornes en e30, troisième partie, de la Mediterrannée aux Dolomites

Après la route des grandes alpes et une petite déception à l’arrivée sur Menton, c’est dans la deuxième partie, je poursuis ma route en direction du paradis des automobilistes. C’est parti pour l’Italie et ses fabuleuses Dolomites ! Mais avant d’y parvenir nous ferons une petite halte du côté du lac de Garde, histoire de boucler les grands lacs Italiens au volant du 320.

De Menton au Lac de garde en un éclair

Troisième jour de notre aventure, il est 5h du matin et le réveil retentit. Sortir du lit est compliqué, la nuit a été courte et médiocre dans un hôtel bien trop cher. Vive le sud ! Je déambule comme un fantôme, cherchant à rassembler mes affaires, purée il faut se farcir 450km jusqu’au Lac de Garde ! Revigoré après une canette de boisson énergisante, je me retrouve plus enclin à rejoindre la voiture. 6h, le 6 en ligne entre en action. À cette heure-ci Menton est beaucoup plus agréable, les lumières du boulevard côtier défilent et je me dirige vers l’autoroute direction l’Italie.


Jusqu’à Gênes la voie rapide se contente de serpenter le long de la Riviera, enchaînant viaducs et tunnels. Calé à un petit 120 il ne me reste plus qu’à laisser filer tout en observant le lever de soleil sur la méditerranée. Bon je suis un peu vache avec le sud car le spectacle vaut quand même son pesant d’or. San Remo, Gênes, direction Milan. Le jour est bien installé et le trafic commence à se charger. Ah la conduite Italienne ! On se croirait dans les années 90, une époque où régnait encore un certain laxisme de la part de nos autorités. Je dois avouer que ce n’est pas déplaisant de ne pas devoir scruter son compteur en permanence. D’ailleurs il ne vaut mieux pas le regarder car si la vitesse théorique est de 130km/h, sur la voie de gauche la réalité se situe plutôt autour des 150-160km/h.

Malheureusement qui dit axe routier majeur dit beaucoup de camions, et je me vois contraint d’emprunter la voie de gauche à l’italienne. Clignotant, c’est parti pour s’insérer dans la foule. A ces allures le 320 se montre assez stable et silencieux, un look d’ancienne mais une auto résolument moderne. Calé dans le flot de la circulation, notre petite allemande révèle de vraies capacités d’autoroutières. A son bord vous pouvez enchaîner sans crainte les longues distances sans finir cassé de tous les côtés ou en état de crise d’épilepsie. Le pont 3.45 beaucoup trop long en montagne est parfaitement adapté à ces conditions. En revanche gare aux distances de sécurité, le long de la plaine du Pô la circulation n’est pas très fluide, ça déboule dans tous les sens, les Italiens n’hésitent pas à me passer sous le nez pour dépasser un camion ou à me pousser si je suis trop lent !

En bon Français, je dois avouer que j’ai râlé et insulté au départ. Mais au final en anticipant et en me détendant la nouille, rouler en Italie n’est pas si désagréable. En France on se bat pour coincer les malheureux automobilistes bloqués derrière les poids lourds du genre : “ah t’avais qu’à réfléchir avant gros nul ! “. Ici je me surprends à ralentir, laisser passer, en gros être courtois. Après quelques centaines de kilomètres je m’étonne de ne plus prêter attention aux squatteurs de la voie de gauche. Vous savez, ces gens qui nous mettent en rogne dans notre belle contrée. Finalement j’arrive rapidement au bord du lac de Garde. Et cerise sur le gâteau j’ai bien aimé faire ces 400km d’autoroute au milieu du trafic Italien.

Le lac de Garde et la classe à l’Italienne.

Ah le Lac de Garde. J’y avais été il y a une dizaine d’années, et pensais ne jamais y remettre les pieds. Mais après le lac Majeur et le lac de Côme, j’ai eu envie de boucler la boucle au volant de mon 320. 10 ans se sont écoulés mais purée lorsque l’on arrive ça envoie du lourd ! Bon ce n’est pas aussi trash que l’autoroute qui surplombe le majeur. Mais la vue des villages guindés au bord de ce lac gigantesque bordé de montagnes est assez incroyable ! Les premiers kilomètres longent une sorte de golf assez plat, on se croirait à St Tropez ! Au menu, Riva, villas luxueuses et végétation luxuriante.

Peu à peu le lac forme un large corridor bordé de montagnes, la route enchaîne les tunnels et les petits villages typiques. D’ailleurs j’ai comme l’impression d’avoir déjà vu cet endroit dans un James Bond. Ça y est, cela me revient, la course poursuite au début de «Quantum of Solace» a été tournée sur cette route. Vu que je ne me fais pas tirer dessus par des gars en Alfa 159, c’est le coude sur la portière à train de sénateur que je remonte en direction de Riva del Garda. D’ailleurs en parlant de la destination, la voilà qui pointe le bout de son nez. Et par la même occasion, la grisaille qui c’était installée depuis Gênes laisse place au soleil.

Quelle classe lorsque l’on arrive sur Riva del Garda. Une petite ville colorée, au bord du lac au pied des alpes. Ici tout n’est que détente, invitation à contempler, à flâner. Les restaurants, les bars et les plaisanciers pullulent. D’ailleurs je ne rechigne pas à prendre une petite bière assis en terrasse au bord de ce cadre tout droit sorti d’une toile de maître. Depuis Riva del garda le lac s’étend comme un long couloir à l’infini. Les falaises sont majestueuses, les rivas vont et viennent à toute allure comme les planchistes tractés par les puissants courants d’airs. Et puis on retrouve cette douceur de vivre à l’italienne, cette légèreté indescriptible qui nous pousse à prendre le temps, déambuler le long des multiples promenades, admirer le cadre. Et après les deux journées précédentes ce petit moment de repos est le bienvenu.


En fin d’après-midi je rejoins l’Hôtel du côté de Piève. Pour y accéder il faut grimper une route étroite à flanc de falaise et pas très bien indiqué. Peu à peu la vue se dégage et comment dire… La corniche m’en colle plein la vue ! Quelques kilomètres plus loin la route nous fait débarquer dans un petit village pittoresque avec vue sur les oliviers et le lac. Le temps de faire le plein, de baragouiner quelques mots avec le pompiste curieux de l’auto et nous posons nos valises pour la soirée.

19h le soleil se couche, je rejoins la « Terrazza del brivido » pour le dîner. Ce restaurant avec sa terrasse à l’aplomb d’une falaise de 300m offre une vue à couper le souffle sur le lac de Garde. C’est en dégustant une pizza, soleil couchant, dans un décor phénoménal que cette journée de repos au lac de Garde se termine.

Les dolomites le jardin d’Eden des automobilistes.

Ce matin-là c’est à 3h que le réveil a retenti. Étonnamment ça fait un bout de temps que je suis déjà réveillé. L’appel des Dolomites n’y est probablement pas pour rien, car c’est pour moi le second gros morceau de ce trip. Et je sais que l’on va en prendre plein la vue, enfin, à condition que la météo soit dégagée… Aller hop en voiture, il fait encore nuit lorsque je longe le Lac de Garde en direction de Trente mais le spectacle des lumières et la silhouette des monts vaut le détour. Le temps de prendre l’autoroute, de se caler sur la voie de gauche et nous voici au niveau de Bolzano en un éclair. Sur cette portion ce qui m’a surtout impressionné c’est le défilé interminable de poids lourds. L’axe Trente-Bolzano est une voie majeure pour franchir les alpes. Il m’est arrivé de dépasser des camions culs à culs pendant pratiquement 10min non-stop, c’est dire !

6h du matin le 320 pose ses roues dans une région que je rêvais de voir depuis un bon moment ! Malheureusement le ciel n’est pas fou et il bruine. Ce n’est pas grave, les sommets déchiquetés restent visibles et lorsque j’arrive sur Santa Maddalena l’enthousiasme me gagne. Le panorama est tout simplement à couper le souffle. On a tous déjà vu cette image de la petite église posée sur une prairie verdoyante avec en fond des crocs rocheux. Le voir en photo est une chose, le voir en vraie en est une autre. Et je me rends compte que finalement aucune image ne rend vraiment justice à ce cadre fabuleux. Après nous être extasié pendant plus d’une heure, il a fallu rejoindre l’étape suivante : le Sella Pass.

Les paysages incroyables du Sella Pass

Me voici plongé au cœur des Dolomites avec mon 320, il pleuvine, mais le soleil levant qui perce la couverture nuageuse offre une lumière incroyable. Côté routes, c’est le bonheur, l’enrobé est parfait, les tracés n’en parlons pas et le cadre est tout bonnement incroyable. Ici ce n’est pas comme dans les alpes Françaises où les vallées sont affreuses et les cols terrifiants. Non, dans les Dolomites tout est beau. Les villages semblent sortis de contes de fées, les montagnes escarpées fascinent, et toutes les infrastructures sont entretenues comme il se doit. D’ailleurs contrairement à la route des grandes Alpes, dans les Dolomites les kilomètres filent sans crainte et sans fatigue. Les virages se chargent de nous faire découvrir de multiples surprises toutes plus belles les unes que les autres. Quant aux villages ils incitent à s’arrêter pour les découvrir. Cela dit je reste un rouleur dans l’âme alors je me contente de les traverser sous le regard interpellé des autochtones. Ils ne doivent pas en voir beaucoup des e30 Français.

A l’approche du plan de Grabla la météo se dégage, c’est le moment de jouer un peu sur ces belles routes de montagne ! En fait non, le problème des Dolomites c’est la circulation. Qui dit site réputé, dit afflux de touristes. Ici ce sont surtout des Allemands ou des Autrichiens, et croyez-moi ils sont aussi carrés dans leur conduite que les lignes de leurs voitures. Ach ! Pas franchement amusant et impossible de doubler. Bon, le côté positif c’est que cela laisse le temps de profiter du paysage. Et honnêtement il n’y a pas de mots pour le décrire, je laisserais cette tache aux illustrations. Plan de Grable, Passo di Sella et nous voici déjà à la mi-journée. Depuis mon départ de Troyes nous avons parcouru plus de 2.000km et pour l’instant le 320 se montre impeccable. Le temps de prendre un rapide repas du côté du col de Karezza et nous repartons en direction de l’incontournable lac homonyme.

Après Santa Maddalena ce matin, le Lac de Karezza était la deuxième chose que je voulais absolument voir dans les Dolomites. Il est 13h30, les touristes mangent et il fait enfin beau. Alors c’est le moment d’y aller. Sur place, c’est la déception. Ce petit coin de paradis n’est en fait qu’une grosse usine, où les touristes se pressent pour admirer la même vue. Alors certes celle-ci envoie le pâté mais la foule et les multiples barrières ont eu vite fait de me faire déguerpir en direction d’Ortisei ! En voiture !


Le Col de la Nigra et la route s’ouvre !

C’est parti pour le col de la Nigra. Sur le papier avec 1688m d’altitude c’est un bébé, dans les faits c’est autre chose ! Les touristes doivent tous être entassés au lac de Karezza car sur la route pas un chat ! Et l’alternance de grandes courbes, de corniches fabuleuses et d’enchaînements techniques me donnent du baume au cœur ! Peut-être un peu trop car pour la première fois les freins du 320 commencent à me dire stop. Ça couine, les distances s’allongent et le volant commence à méchamment vibrer. Je suis forcé de réduire le train pour ne pas tout bousiller.

La vallée d’Ortisei permet au système de refroidir, et aussi de nous en coller plein la vue. En regardant les sommets  qui surplombent la ville, je comprends mieux pourquoi la province de Bolzano est le berceau des meilleurs alpinistes mondiaux. Trêve de contemplation, nous sommes déjà en fin d’après-midi et il faut rejoindre l’hôtel sur les hauteurs de Laion à quelques kilomètres de là. Une journée dans les dolomites, c’est trop court, il faudra que j’y retourne ! A l’heure du coucher de soleil, le ciel est parfaitement dégagé et nous offre un superbe spectacle. Les Dolomites ont cette capacité à virer à l’orange puis au violet au fil du coucher du soleil. Arrivé à l’hôtel, je coupe le contact une dernière fois pour la journée. Le 320 va pouvoir se reposer le temps d’une nuit. Demain il lui faudra ralier l’Allemagne et vue ce que la météo annonce cela ne va pas être une mince affaire.

Conclusion

Le lac de Garde je connaissais déjà et cette nouvelle visite confirme bien mon premier coup de cœur. Les Dolomites sont quant à elles incroyables. Je n’en ai vu qu’un tout petit bout aujourd’hui mais chaque kilomètre est un spectacle. Et en plus de ça lorsqu’elles sont dégagées, les routes sont tout bonnement parmi les plus sympas que j’ai pu parcourir jusque-là. Un véritable joyau niché au nord de l’Italie !


 

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Mark
Rédacteur-Photographe à News d'Anciennes
Passionné de photo et de sa BMW E30, Mark a rejoint News d'Anciennes courant 2016.
Essais, road-trip, reportages, tout l'intéresse du moment qu'il peut sortir son appareil photo.

7 commentaires sur “3500 Bornes en e30, troisième partie, de la Mediterrannée aux Dolomites”

      1. ah mais ouais ca me branche carrément un petit road trip dans les Alpes en ancienne ! surtout que tu fais des parties que je n ai pas fait quand j ai fait mon tour dans ces Alpes alors…

        1. ah ouais? Tu l’avais fais de ou à ou. remarque les alpes tu peux y passer une vie sans retourner deux fois au même endroit c’est bien ce qui est intéressant. Au pire on peut voir ça sur FB 😉

          1. Nous étions partis de Nice (avec ma femme nous avions mis les 2 motos sur le train au départ de Paris) pour rejoindre Guillestre puis l’Italie du nord avec le lac Majeur et le lac de Garde pour faire un saut en train à Venise, On a rejoins Cortina d’Empezzo en s’amusant dans les cols puis passage en Slovénie au lac de Bled. On a rejoint ensuite l’Autriche avec des haltes à Lienz, Kitsbuhel et Innsbruck. Ensuite la Suisse par St Moritz où nous avons eu droit à de la neige sur la route et de la fraîcheur en camping, puis Neuchatel, Besançon et retour en région parisienne où nous résidions à cette époque
            Nos plus belles vacances !

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