Quand l’Amérique rencontre la France : la Ford Vedette

Cela n’aura échappé à personne : Donald Trump et sa belle mèche étaient en visite en France pour le 14 Juillet. Si on peut parier que l’automobile ne sera pas au cœur des débats, on peut se rappeler que la France et les USA ont entretenu une histoire commune dans ce domaine. Et la Ford Vedette en est un bel exemple.

L’histoire de la Ford Vedette débute… en Alsace !

Les Matford pour ancêtre

En 1934, Ford est déjà installée en France, à Asnières sur Seine et produit des véhicules en CKD. Les pièces arrivent en grande majorité des USA ou d’Angleterre et à la sortie de l’usine on a des automobiles.

Cette année là, Ford SAF s’allie à Mathis, constructeur Alsacien pour fonder Matford. La nouvelle société va garder sa gamme mais fabriquer de nouvelles autos, pas très modernes dans leur conception mais mues par un V8. En France, avant-guerre c’est unique… mais ça ne suffit pas à vendre les autos. Après le début de la guerre la société est logiquement dissoute.


Ford SAF à la baguette

Après-guerre l’automobile française reprend vie. Les constructeurs se spécialisent, pas vraiment par choix. La Ford V8-F472 est relancée en production, mais ce n’est qu’une Matford et elle n’est pas à la hauteur de la Traction avant.

Finalement c’est des USA qu’arrive la Ford Vedette. Elle a été étudiée pour Mercury mais elle est “trop petite” avec 4.5 m de long. L’auto est pourtant assez massive de dessin, impression renforcée par le fait que c’est une bi-corps. Elle a une ligne très américaine et sa principale particularité réside dans l’adoption de portes antagonistes.
Même la motorisation est “américaine”. C’est de nouveau un V8, de 2158 cm³ mais à la puissance faible de 60ch SAE ! La Ford Vedette est lourde et ce gros moteur ne l’amène qu’à de faibles performances.
Au niveau du châssis l’auto se distingue malgré tout comme la première voiture à trains avant “McPherson” avec des roues indépendantes et des ressorts hélicoïdaux.

Elle est présentée en 1948, sera produite dans l’usine récente de Poissy et se pose comme une concurrente de la Citroën Traction.

Les évolutions de la Ford Vedette

En 1950, la Ford Vedette se dote d’une gamme. Un coach et un cabriolet apparaissent.

L’année suivante ce sont les pare-chocs qui s’inversent, faisant passer le bourrelet en bas.

En 1952, plusieurs gros changements. Tout d’abord, l’arrivée de la Ford Comète, un élégant coupé, basé sur la Vedette et produit chez Facel Metallon sur un dessin de Pininfarina. Elle gonfle le moteur à 74ch. A l’autre bout de la gamme apparaît l’Abeille, une voiture utilitaire, dépouillée avec un pavillon qui s’ouvre en deux parties.
L’autre changement c’est la possibilité de monter une boîte Cotal. Logique sur des autos haut de gamme comme celles-ci.

En 1953, le pare brise évolue vers quelque chose de plus moderne. La Ford Vedette abandonne les deux vitres plates pour une grosse vitre bombée.

En 1954 le très haut de gamme apparaît, sur les Ford Vedette et Comète, avec l’installation d’un nouveau moteur. La berline devient “Vendôme”, et le coupé “Comète Monte Carlo”. Le V8 d’origine Mercury cube ici 3.9 litres et sort 105 ch ! Une sacré différence !

Ce sera la dernière évolution des Ford Vedette. Elles seront en effet remplacée par les Simca Vedette qui reprennent le V8, entre autre. Pour en savoir plus sur la Simca Vedette, le dernier V8 français, c’est ici.

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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes

Passionné d’automobile ancienne, il a créé News d’Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.

Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu’elles sont un peu plus rapides !


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