Essai d’un Karmann-Ghia Type 34 : Air Crusing

Quand on a un meeting de Cox, Combi et autres VW air-cooled à côté de la maison, on en profite. Déjà pour faire un reportage, que vous pouvez voir ici, mais aussi pour essayer des autos. Et comme les Cox on peut en trouver simplement, on a cherché à faire original. Dans ce genre, le Karmann-Ghia Type 34 est le candidat idéal.

L’histoire du Volkswagen Karmann-Ghia Type 34 :

La carrière des Volkswagen Karmann-Ghia commence en 1956 avec l’apparition d’un joli coupé, dessiné par la maison italienne, produit par le carrosserie allemand sur une base mécanique de Coccinelle. La voiture est épaulée dès 1957 par un cabriolet.
Cette auto pas très sportive est mue par le 4 cylindres refroidi par air de la Coccinelle, toujours à l’arrière. Un 1200 et un 1300 se montent sous le capot.

En 1961, Volkswagen lance la production d’un nouveau moteur. C’est un 1500 cm³ de 45 ch, alimenté par un carburateur. Un nouveau coupé est lancé en parallèle, c’est le Karmann-Ghia Type 34. Il troque ses dessous de Cox pour ceux de la Type 3, plus longue, plus large. La carrosserie est également revue à cette occasion avec un design différent. La voiture est disponible en boîte manuelle et en automatique.
En 1962 apparaît la version 1500 S dont le taux de compression est amélioré, qui reçoit un second carburateur (gavé au Super obligatoirement) et qui sort désormais 54 ch. La voiture file à 150 km/h en pointe.
En 1965 le 1500 est abandonné et laisse sa place à un 1600. La 1600 L repasse au carburant normal, garde ses deux carburateurs et baisse ton taux de compression sans changer la puissance.
Dernière évolution, en 1968 apparaît la LE, toujours avec le 1600, elle remplace les carburateurs par une injection Bosch sans changer la puissance.

Vendue cher, deux fois le prix d’une Coccinelle, le Karmann-Ghia Type 34 ne rencontre pas son public. Il est arrêté en 1970 et ne sera remplacé que par la VW-Porsche 914, alors même que le Type 14 continuera jusqu’en 1974. Ce dernier s’est produit à près de 500.000 exemplaires entre l’Allemagne et le Brésil, le Type 34 à seulement 42.505 exemplaires !

Notre Type 34 du jour :

Un coupé élégant

Pour créer le Karmann-Ghia Type 34, VW voulait garder la philosophie du Type 14  tout en rendant l’auto plus agressive. Ghia bénéficie d’une base de travail plus grande et crée un beau coupé aux lignes étirées. La forme tout en rondeur voit des lignes plus anguleuses apparaître, notamment avec ce pli de carrosserie, partant de la face avant, surplombant les phares, s’arrêtant à la portière avant de repartir un peu plus loin pour finir en ligne de fuite à l’arrière.
Les proportions sont équilibrées, l’auto est plus large que haute. Avec 4.28 m de long, l’auto est large de 1.62 et haute de seulement 1.33 m.

Ce pli souligne le profil et marque la ceinture de caisse, basse. En plus elle accentue l’impression de finesse du toit. Un peu comme une Lancia Fulvia, les montants sont fins et offrent une belle surface vitrée. A l’avant, les deux phares supplémentaires donnent un rendu plus sportif et agressif. A l’arrière, les deux optiques font penser à ceux d’une BMW 1602.

Une base technique plus haut de gamme

Côté technique on est donc sur une propulsion avec quatre roues indépendantes, et sur notre modèle de 68 des freins à disque s’occupent de l’auto. On l’a dit, la Karmann-Ghia Type 34 est basée sur une auto plus grande. Mais plus lourde aussi. La voiture pèse quand même 940 kg avec la boîte automatique.
Car c’est une des particularité de cette auto. Elle a reçu une boîte automatique à trois rapports. Elle est accolée au 4 cylindres 1600 cm³, refroidi par air, forcément, extrapolé du 1500. A l’origine il développe 60 chevaux. Le moteur est placé à l’arrière, sous un coffre dont ne ressort que le bouchon de remplissage d’huile. Plus pratique pour éviter de tout bouger pour faire le niveau.

Le Karmann-Ghia Type 34 reste pratique

Dans l’habitacle on a de la place. C’est bien un 2+2, l’arrière pouvant être utilisé mais principalement par des enfants ou éventuellement pour de petits trajets. En plus, si on fait 1.75 ou plus, on aura la tête dans le ciel de toit !
Le conducteur et son passager bénéficient de plus de place. L’habitacle est large et les fauteuils aussi. On y est bien assis et on fait face à un beau tableau de bord. Trois grands compteurs donnent, de gauche à droite, l’heure, la vitesse et le régime moteur. En dessous, Emilie et son conjoint ont rajouté deux manos pour la pression et la température d’huile.

Niveau pratique on dispose de trois coffre. Celui situé à l’avant est le plus grand, à l’arrière, au dessus du moteur il est plus petit et surtout pas très haut, enfin derrière la banquette arrière on logera une veste et le manuel d’utilisation, guère plus…



Au volant du Karmann-Ghia Type 34

Installation et décollage en douceur

Facile à prendre en main ce Type 34. Le siège est plutôt confortable (“”légèrement”” réchauffé par le soleil ambiant) et on s’y installe bien. Niveau position de conduite, vu qu’on est en présence d’une automatique il ne faut réussir à enfoncer que deux pédales. Le siège est mis à distance et on attrape le cerceau. Celui-ci est un peu de travers, pas très grave les branches ne gênent pas pour autant.

Le moteur démarre sans qu’on ait besoin de forcer, à peine un coup d’accélérateur. Relativement silencieux il se fait à peine entendre après qu’on ai mis la boîte sur 1 et relâché la pédale de gauche. Emilie me prévient “elle est rabaissée de deux crans, du coup quand on tourne ça peut frotter un peu”. Premier virage à angle droit. Ah oui ! Il faut vraiment tourner beaucoup pour avoir ce petit soucis. En ville, la boîte est agréable, pas d’à coups et passe rapidement les rapports pour se retrouver en troisième.

On hausse le ton, mais pas trop

Le Karmann-Ghia Type 34 est un coupé plus typé balade que sport. On passe le panneau libérateur de fin d’agglo et on appuie sur l’accélérateur à la recherche du kick-down de la boîte… Raté. La voiture accélère quand même et se retrouve vite à 90 km/h. Ce n’est pas l’auto rêvée pour un drag-race mais elle fait le taff. La puissance est peut-être un peu plus grande que sortie d’usine, grâce à une compression améliorée et un équilibrage qui favorise les tours.
Elle roule bien. Le revêtement n’est pas un billard mais l’auto ne le fait pas sentir. Elle va droit, ne saute pas. A ce rythme, fenêtre ouverte, boîte auto verrouillée, elle est parfaite. Le son du moteur est présent sans être gênant. Certes, l’échappement n’est pas d’origine et grogne plus fort. Mais en accélération on ne s’en plaindra pas.

De départementale, je prend à gauche sur une belle communale. Le départ se fait en montée. Coup brusque sur la pédale de droite, le kick-down aide la voiture à nous propulser dans la montée. Les virage qui suivent sont avalés rapidement. L’auto est à l’aise et la direction se montre précise. Pas de survirage, un peu de sous-virage si on veut passer vite, mais rien qui fasse peur. La route n’est pas très bonne mais l’amortissement est toujours bien calibré. Quand ça se dégrade vraiment, l’auto commence à sautiller. Quand un piéton surgit de nulle part un grand coup sur la pédale de gauche suffit à ralentir l’auto suffisamment.

Conclusion : pas sportive mais bien pour la balade

Un 1600 refroidi à air et à plat à l’arrière, dans une Porsche 356 ça swingue, on en parle ici. Ici dans le Karmann-Ghia Type 34 on ne se traîne pas mais l’auto n’est pas vive. Le coupé est fait pour être suffisamment élégant pour inviter à la balade.
Et une fois qu’on est dedans on appréciera le confort royal de l’auto et on se prendra au jeu. La balade éventuellement rapide, dans le confort, ça c’est son truc.

Conduire un Volkswagen Karmann-Ghia Type 34

L’auto est relativement peu courante, trouver l’exemplaire qui correspond à vos critères sera peut-être la partie la plus difficile. Malgré tout, la Type 14, plus courante et plus recherchée est plus chère… Une aubaine !

Un Karmann-Ghia Type 34 en bon état se trouvera aux alentours des 12.000 €. Pour une auto roulante mais qu’il faudrait rafraîchir, vous tomberez plus du côté des 8.000 €. Enfin, une auto à restaurer se négociera autour des 5 à 6.000 €. De quoi vous laisser un budget de restauration confortable.
Au niveau du prix des pièces mécaniques, on reste sur de la grande diffusion, il ne sera pas trop compliqué de trouver les pièces, pour un prix et une qualité correcte.
Pour la carrosserie, c’est le problème, l’auto est beaucoup plus confidentielle qu’une Cox. Alors forcément ces pièces seront difficiles à trouver et surtout, elles seront chères.

Image
Entretien
Facilité de conduite
Facilité de prise en main
Plaisir de conduite
Les Plus Les Moins
Peu Courante Peu courante
Confortable Coupé pas sportif
Pratique N’est pas un low-light…
Note Totale

 



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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes

Passionné d’automobile ancienne, il a créé News d’Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.

Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu’elles sont un peu plus rapides !


6 commentaires sur “Essai d’un Karmann-Ghia Type 34 : Air Crusing”

  1. bonjour, appeler un Karmann-Ghia, Volkswagen est une ineptie tant que l’on voit que la gamme VW est d’une banalité navrante à part la CC 1ère génération qui avait un certain style et qui a vite évolué par un modèle insipide.
    Alors que ce Karmann a une ligne élégante, légère, presque italienne de l’époque. De biens beaux exemplaire qui ont su traverser les années. Je suis étonné de la côte assez basse alors que des voitures moins rares sont à des prix exagérés.
    cdt

  2. Bonjour, pourtant je vous rassure il y a bien le logo VW sur le capot ! Dire que la première génération de coccinelles avait un certain style alors que les génération suivantes étaient très similaires j’ai dû mal à comprendre. Quand aux autres modèles qui on rencontrés (eux aussi) un très grand succès et qui font le bonheur de millions de personnes depuis plusieurs générations, je trouve le therme insipide totalement déplacé. Et la Golf GTI ?

    1. Je parle des Vw et non de la coccinelle en particulier, et c’est du style et non de la mécanique Tri, la golf toute carrée n’est pas un modèle de beauté, je pense que les clients de VW les préfèrent pour les qualités techniques plus que par leur ligne. Je me répète sauf la passation Cd 1ère génération qui était très belle mais la 2e version est fade.

  3. La Golf était en effet toute carrée, comme toutes les voitures de l’époque. 😉 C’est le style de ces années qui me fait aimer, entre autre, la Golf.

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