Roadbook d’Anciennes Episode 15 : L’ouest Américain première partie, La Vallée de la Mort

Alexandre Pierquet est l’auteur de plusieurs guides qui permettent aux collectionneurs de voitures anciennes de vivre de beaux voyages en voiture ancienne. On en parle d’ailleurs dans ces articles. Dans Roadbook d’Anciennes il nous fait découvrir des routes remarquables. Par leur tracé, avec les paysages traversés, ces routes sont à faire absolument, que ce soit en faisant un crochet dans notre voyage, ou son but tout simplement. Et évidemment, c’est en anciennes qu’il faudra les apprécier !

La « Vallée de la Mort », des paysages lunaires dans une région brulée par le soleil. Nous sommes dans un parc naturel qui forme un des sillons les plus profonds de l’hémisphère nord et qui s’enfonce à 86 mètres sous le niveau de la mer.

Les États-Unis, pays de routes et de paysages extraordinaires, comptent de nombreux itinéraires cultes qui remontent le temps. Ce pays est fait de routes et d’itinéraires qui ont marqué les différentes périodes de son histoire.

Le roadtrip fait partie de l’histoire des colons américains et la culture auto ou moto est très imprégnée par l’aventure de la route, allant jusqu’à créer un style cinématographique unique à Hollywood : le road movie*.

La « Vallée de la mort » en est un parfait exemple, pas moins de 16 films y ont été tournés (dont « Star Wars », « Hitcher » et « Valley of love » avec Gérard Depardieu et Isabelle Huppert). Le culte cinématographique américain allant même jusqu’à faire des films autours de l’automobile, scénarisés par des poursuites et des cascades en cascades.

Roadtrip dans la Vallée de la Mort

Au départ de Las Vegas, direction le désert du Mojave en Californie. Prendre la road 159 en direction de l’ouest vers le Red Rock Canyon. Une fois sorti de la ville des casinos l’ambiance devient subitement sauvage.

Entouré par le sable et les buissons brulés par le soleil, vous vous dirigez vers les montagnes que vous apercevez devant vous au bout de la route.

Le désert a la particularité de donner une image trompeuse d’un point de vue : plus vous vous en approchez et plus vous vous en éloignez, donnant l’impression au fil des kilomètres de faire du sur place malgré les paysages qui défilent. Gare à ces mirages.

Un premier panneau nous met dans l’ambiance : « Ne pas nourrir les chevaux sauvage : 500 $ d’amende». La route est rectiligne sans une once de virage puis les premières courbes s’annoncent à l’approche des montagnes.

Cinq chaines de montagnes bloquent la vallée de la mort, habitée par plus de 1000 espèces de plantes et une faune de 400 espèces. La vigilance est donc de mise lorsque vous vous arrêtez pour vous dégourdir les jambes. Attention aux renards, coyotes, pumas, aux serpents, scorpions et rats kangourous.

Au bout de la route 159, tournez à droite pour rejoindre la 160 en direction de Pahrump et Mountain Spring. La route est reposante au pied des collines de rocailles aux couleurs douces.

A Spring Mountain, le « Motor Resort and Country Club» vous attend avec son lac et ses pistes de circuit automobile (plus d’infos ici). En réservant vous pouvez vous offrir une session privée sur une Radical SR3.

Un peu plus loin l’excellent restaurant « Pahrump winery », propose une restauration à la hauteur de son titre de meilleur restaurant du Nevada, ainsi que des dégustations de vins des vignes de la région. Car, oui, il y a des exploitations viticoles dans le désert. Sur la route après deux casinos, faite une halte au Pahrump Valley Museum, pour comprendre l’histoire de la région.

Avant d’arriver à la Highway 95, dans Pahrump prendre à gauche dans la bella vista Av. Au bout vous quittez l’état du Nevada pour entrer en Californie.

Direction « Death valley Junction », prendre un portion de la 127 puis à gauche nous arrivons sur la 190 dans le plus grand parc naturel des Etats Unis.

L’entrée dans la Vallée de la Mort

Première étape le « Zabriskie point », un site ardent avec vue sur les Badlands, une étape incontournable pour ses lever ou ses coucher de soleil.

Un peu plus loin « Furnace Creek »  le centre touristique de la « Vallée de la Mort ». On y trouve notamment le Visitor Center ainsi que deux hôtels, deux restaurants, des terrains de camping, un supermarché, une station-service et même un terrain de golf ! C’est l’endroit idéal pour recharger ses provisions en eau, essence et nourriture, mais aussi pour s’informer sur le parc national et acheter des souvenirs. Un passage au Visitor Center est indispensable. Et puis vous rencontrerez des rangers, gardiens du parc naturel, qui vous renseigneront.

Mon conseil routier : prendre « l’Artist’s Drive ». Une route à sens unique de 14.5 km, un parcours charmant où les couleurs varient du rouge au vert et rappellent une palette de peinture.

Mais il y a aussi un village fantôme qui date de la ruée vers l’or, Badwater et son étendue salée, point le plus bas des États- Unis. A l’opposé, Dante’s view culmine à 1676 m, parfait pour embrasser toute la Vallée de la Mort en un coup d’œil.

Sortie du désert

Voilà déjà un jour et demi que nous sommes en route, la suite se fait par la 395, puis la 178 en direction de Canebrake, pour traverser la Sequoia National Forest.

Prendre à droite Kernville, la route serpente pour passer au bord d’Isabella lake (lac d’Isabella), subitement la végétation devient plus luxuriante, le sable est remplacé par l’herbe verte, la route grimpe en tournicotant.

C’est aussi ça les États-Unis, une grand variété de paysages. A partir de Johsondale c’est la forêt qui borde la route (M50), prendre à droite la M 90 en direction de Ponderosa et rejoindre la fameuse route 190 qui vous mène à Tipton fin de cette première étape.

Le mois prochain on vous emmène par la fameuse Highway 1 qui borde l’océan Atlantique.

Road trip pratique :

  • L’entrée dans le parc coûte 25 $ par voiture et pour 7 jours.
  • En entrant dans La Vallée de la Mort, la température est de 35°C (le matin), dans la journée le thermomètre grimpe en été jusqu’à 53°C, soit seulement 3°C de moins que le maximum jamais relevé sur terre. En plein soleil le sol monte à 90°C !
  • S’hydrater en continu est obligatoire. Prévoyez 4 L d’eau par personne et équipez-vous d’une glacière pour garder vos bouteilles au frais.
  • Faites le plein d’essence avant d’arriver dans le parc et surveillez votre jauge. Vous n’aurez pas de réseau et le signal GPS peut être absent, prenez une carte routière par précaution.
  • Ne roulez pas avec la climatisation à fond ! L’idéal est d’avoir le moins d’écart possible entre la température extérieure et celle de votre voiture, à la limite du supportable. Souvenez-vous qu’une clim hors service rendra par contre votre aventure impossible !
  • Ne roulez pas sur des routes non goudronnées.
  • Vous pouvez sortir de votre voiture lors des différents points de vue si vous êtes courageux ! Restez 10 à 15 minutes maximum, protégez votre tête, et ne vous aventurez pas loin de votre voiture et de la route, encore moins tout seul. 
  • On croise des visiteurs sur les points de vue les plus touristiques mais beaucoup moins qu’on ne peut le penser, surtout en été. On se sent seul et d’autant plus vulnérable en cas de malaise, d’insolation ou de déshydratation.
  • La Vallée de la Mort est équipée en toilettes dans les zones les plus fréquentées. A l’entrée du parc, un « Visitor Center » met à disposition des bouteilles d’eau fraîche à prix très raisonnable.
  • Mesdames, pas de sandales : le sable est brûlant et les scorpions sont venimeux.
  • Pour un road trip américain, l’hébergement de rigueur est  le Motel, les bords de routes en regorgent, pas besoin de réserver, cela vous laisse plus de flexibilité pour l’organisation du voyage.
Longueur

Une route à parcourir tranquillement en plusieurs jours

Qualité du revêtement

Les routes américaines sont en velours

Panorama

Le wild west dans toute sa splendeur, l’aventure en plus

Difficulté

Chaleur, animaux sauvages, choisissez bien la période de l’année et soyez prudent

Budget

L’essence, la location de la voiture, les hébergements si vous ne choisissez pas dans du haut de gamme, rien n’est hors de prix. Pour ce voyage à part le billet d’avion (et encore, cela dépend…) tout peut être à l’avenant, même le camping est possible.

Note totale

* Road movie : un genre cinématographique nord-américain dans lequel le fil conducteur du scénario est un périple sur les routes à travers de vastes espaces avec pour moyen de locomotion la moto, comme dans « Easy Rider », ou l’automobile, comme dans «  60 secondes chrono », « Bullit », « Point limit zéro », « Cars », « Gran Torino », « Fast & Furious », « Christine », « Tucker », « Speed », « Transporteur », « L’équipée du Canon ball»

Pour vous mettre dans l’ambiance : à voir absolument, « Burt Monroe » avec Antony Hopkins, certainement le meilleur film du genre.

Alexandre Pierquet
Alexandre est un passionné de véhicules anciens et des belles routes de notre chère France.
Il est auteur de plusieurs livres qui vous aideront à les découvrir : le Guide de Voyages en Voiture de Collection et les Belles Routes de France.

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