Hughes-Kircher Special

La Hughes-Kircher Special, l’étonnante trouvaille de Bonhams

Après vous avoir parlé de la Porsche Type 64 qui sera chez RM Sotheby’s, de l’Alfa Romeo Superflow de Gooding & Co, on vous parle maintenant d’une autre auto qui animera la Monterey Car Week. Certes, la Hughes-Kircher Special n’a pas l’aura des deux autres mais elle n’en est pas moins intéressante.

Quand un ancien GI veut courir

Charles Hughes revient d’Europe avec une sérieuse envie de faire de la compétition automobile. Pour cela il se met à la recherche d’une auto adaptée et il jette son dévolu sur la Jaguar XK120 de Kurt Kircher. L’homme est le propriétaire d’une affaire appelée Denver Import Motors, spécialisé dans les autos sportives.

Les deux hommes vont devenir de très bons amis et très vite ils ont un but commun : construire leur propre auto pour la course auto.

Kurt Kircher n’est pas qu’un vendeur d’auto. Il a un bagage technique hérité du temps où il bossait pour GM sur la mise au point de la transmission Powerglide. C’est le point de départ d’une belle aventure.

La Hughes-Kircher Special apparaît

C’est durant l’année 1953 que la voiture est construite. Le châssis tubulaire est particulièrement léger, et troué par endroit pour encore plus l’alléger. Pour le reste de la technique on ne lésine pas sur les solutions avancées : roues indépendantes à l’avant, provenant d’une XK120, Pont de Dion et freins inboard à l’arrière. La direction provient d’une MG et le différentiel est un Halibrand.
Pour le moteur on pioche aussi du côté de la XK120. Il est gavé par six carburateurs SU et permet alors de sortir 250 chevaux au lieu des 160 SAE de base !

La carrosserie est l’oeuvre de Charles Lyon. Extrêmement racée et épurée, elle est construite en aluminium. Elle est constituée de deux pièces, celle du dessus pouvant s’enlever pour accéder à la mécanique.

Les débuts en course

Quand la Hughes-Kircher Special apparaît en course début 1954 à Fort Sumner, elle gagne. Rebelote à Los Alamos Hill ! L’année se poursuit et les podiums et autres bons résultats augurent du meilleur pour la belle auto.

Mais en 1955 la concurrence est plus rude. Les constructeurs et préparateurs ont fourbi leurs armes et les résultats ne suivent déjà plus. Alors les pères de la Hughes-Kircher Special ont une idée : lui offrir un moteur plus performant !

La Hughes-Kircher Special reçoit son moteur Mercedes

Où l’ont-ils récupéré ? C’est la grande question. Mais à la fin de l’année 1955 on enlève le moteur XK pour le remplacer par un moteur de 300 SL. Un 6 cylindres en ligne à injection, qui sort 215 ch de base. Sauf que ce moteur là a été préparé en vue des Mille Miglia ! Résultat : 240 ch.
La voiture y gagne un insigne Mercedes sur le capot et un autre sur le volant.

L’idée de base est bonne… mais cette fois c’est le châssis qui ne suit pas. Les freins en particulier n’arrivent plus à freiner l’auto ! On la retrouvera cependant en 1957, gagnante d’une course à La Junta, pilotée par Kircher.

La suite de la carrière

Après son retrait des circuits, c’est Charles Lyon qui se porte acquéreur de la Hughes-Kircher Special. Le moteur est trop pointu, il le remplace alors par un 300 SL “normal”.
Carlton Coolridge, grand collectionneur de Bugatti et Blackhawk Museum suivront. Enfin Court Whitlock achète l’auto. Il la remet sur les circuits, en historique et voyage avec à travers le monde. Il la fait également restaurer esthétiquement.

Là dessus arrive un certain Jack Gallivan. Propriétaire d’une 300SL non matching-number il cherche le moteur d’origine de son auto. C’est sous le capot de la Hughes-Kircher Special qu’il le retrouve. Il contacte Whitlock qui lui répond que le moteur ne sera vendu… qu’avec le reste de l’auto !

Au final Gallivan achète l’auto. Il remet le moteur dans sa 300SL et utilise celui qui lui reste pour faire rouler cette auto !
Depuis elle a participé au prestigieux rallye Colorado Grand et a été exposée au Concours d’Elegance d’Amelia Island.

Il s’en sépare désormais. Le prix n’est pas si énorme comparé à l’histoire de l’auto : entre 300 et 400.000 $. A suivre chez Bonhams.

Photos : Bonhams

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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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