Au Mans Classic 2018 avec l’Equipe Los Amigos. Episode 2 : les débuts du René Bonnet Djet

Après notre premier épisode hier, qui contait les aventures du D.B HBR5 de l’Equipe Los Amgigos (lire : Au Mans Classic 2018, à l’intérieur de l’Équipe Los Amigos. Épisode 1 : les aventures de la D.B), on s’intéresse aujourd’hui à la seconde auto de l’équipe. Ce coach Djet René Bonnet arborant le N°9 découvre les paddocks de Le Mans Classic 2018. Son premier grand bain dans le monde de la course historique.

Salon Automédon 2018

Le choix d’une auto qui contribua à l’épopée professionnelle du grand père d’Antoine, Gérard Laureau, alors en fin de carrière.

C’est un achat en vente aux enchères qui permit l’acquisition de cette pépite. Une longue restauration fut nécessaire afin de répondre avant tout, à toutes les exigences d’homologations, sans compter les séances de roulages réalisées pour s’assurer de sa fiabilité et de son endurance. C’est le modèle 1964, un René Bonnet Djet qui, pour l’histoire, deviendra plus tard, Matra Djet René Bonnet. Seulement 500 kms et déjà prête pour le fête mondiale des courses historiques.


N°9 pour ce poids plume du plateau 3. Pour rappel, la mécanique provient de chez Renault avec le 1108 cm³ revu par le sorcier Gordini. Sa ligne est reconnaissable à son arrière tronquée, avec sa très caractéristique vitre arrière bulle, donnant accès au petit moteur en position centrale. Cette ligne est imaginée à la belle époque des petits constructeurs, qui expérimentent ce matériau, la fibre de verre. La fibre présente l’intérêt d’obtenir des formes très originales, ainsi qu’une coque ultra légère. C’est un coach rare, puisque construit à très peu d’exemplaires. C’est une voiture de course, construite par René Bonnet, après sa séparation avec son ex-associé, Deutsch.

Toute ma jeunesse cette époque sixties !

Au milieu des monstres !

Dans le paddock, le Djet est entouré de beaux petits joyaux. La concurrence sait se montrer agressive, avec ces fréquents démarrages intimidants, qui montent dans les tours. Les V8 Ford se font entendre ! D’autres autos plus petites sont également présentes, on note par exemple la CD Peugeot voisine (lire : La CD SP66, quand Charles Deutsch revient au Mans… avec Peugeot !)

L’ambiance est vive. La tension, également ressentie au niveau de l’Equipe Los Amigos, d’autant que le baptême du feu est proche. L’assistance est attentionnée, beaucoup de minutie dans les gestes de Michel, notamment, une perle rare lui aussi, ancien de Chez Matra Sport. Beaucoup de maîtrise et de peaufinage, afin de rien omettre. Saluons par la même, ses équipiers Charles et Éliot.

Les pilotes : Antoine Laureau / Antoine Moreau, ceux-là même qui ont couru le Tour Auto 2017 sur la D.B. Nous sommes dans le plateau 4 avec des véhicules de 1962 à 1966. Voilà une série composée d’un large éventail, notamment au niveau des puissances de moteurs, qui propulsent certains de ces bolides à des vitesses spectaculaires. On est dans la cour des très grands, c’est ici le domaine des Ford GT40 et des Shelby AC Cobra, les références du plateau 4. Voilà de quoi scléroser notre puce. Amigos, amigos, laissez moi faire mes preuves, j’ai mon histoire à défendre, respect, svp.

Place à la compétition

Le programme est le même pour chaque plateau, deux séances d’essais, jour et nuit, puis trois courses chronométrées, dont un départ type Le Mans. Menu astronomique, pour une première expérience.

Que nous réserve ce baptême du feu ?

Lors du premier essai, alerte dès le départ, un couac survient, et l’équipage doit stationner le long du circuit, jusqu’à la fin de la série chronométrée… La Réné Bonnet aura juste eu le temps de s’installer sur le camion de dépannage pour son retour aux paddocks. La cause est minime puisqu’il suffira à l’assistance de remplacer ce maudit câble d’accélérateur. Minime… mais très pénalisante !

La suite se déroule sans soucis. Dans la première course du Samedi, les autos partent en tout début de soirée. Les pilotes se relaient dans la bonne ambiance, l’assistance est au top. Notre équipage boucle les 7 tours en 50 minutes et 46 secondes, devançant pas mal d’autos reléguées à un tour. Pour les résultats du plateau 4, on vous invite à lire cet article.

Deuxième course en nocturne. Le jour ne se lèvera que sur le prochain plateau. 57e avec 5 tours couverts notre équipage est à deux tours. Mais la voiture ne montre aucun signe de faiblesse.

Voilà quelques clichés intéressants relatant ces périodes de course intenses, voire émouvants où la petite nouvelle donne du plaisir à ses pilotes. Nous sommes en compétition jour et nuit, tous ces moments se ressentent en images.

Encore une petite pointe de stress

Nous voilà sur la grille de départ de la dernière course, dimanche. Autre pôle attractif, l’avant course, un très grand moment.

Un départ « Type Le Mans », c’est le tour pour Antoine Moreau, moment nostalgique et inoubliable. Pour le plateau 4 il faut attendre le dimanche pour ce départ. C’est d’ailleurs le seul de la journée, et le dernier du week-end ! Au moment où nous abordons cette ultime course, la chaleur est toujours aussi intense sur Le Mans, et nous sommes dimanche en fin de matinée. La triplette d’assistance a tout vérifié sur l’auto. La dernière ligne droite, dit-on, où les ressentis de fatigue et les appréhensions se manifestent, seul le p’tit coach paraît au top de sa fraîcheur….

La course a démarré, la Djet enchaine les tours dans des temps réguliers, puis soudain, l’annonce est officielle… tête à queue de la N°9, dans le secteur de la Dunlop. Erreur d’appréciation du pilote, coup du sort, ce sera une belle occasion pour le speaker de nous évoquer l’histoire familiale à laquelle l’auto est rattachée, Rassurez-vous, même pas le temps d’en raconter autant, que le Djet est déjà de retour en piste. Pas de casse, les bacs à graviers furent évités, l’équipage est bien décidé d’en finir de ce dernier Le Mans Classic et la première récompense le Drapeau à damiers est bien d’actualité. Malgré ce temps perdu ce sont à nouveau 7 tours qui sont bouclés.

Baptême du feu réussi donc, avec à la clé une 50ème place au scratch sur 81 équipages classés. Grand bravo.


 

C’est bon esprit, comme indiqué sur l’auto

Week-end parfait, beau challenge pour ce team de copains et de passionnés. Les voitures rentrent sans bobos, fiabilité, endurance, la fête va être superbe au sein du team. Une belle consécration qui fera oublier tous les moments difficiles de la préparation. Là haut, Grand Père Laureau peut être fier de ce dernier Le Mans Classic.

Hasta luego, Los Amigos, et merci pour tout.

Marc
Rédacteur et Photographe à News d'Anciennes
Jeune retraité, Marc avait du temps pour prendre des photos et aller à la rencontre des passionnés de l'ouest de la France, tant que sa Renault 8 est en restauration.
Il a rejoint News d'Anciennes au tout début 2016.

3 commentaires sur “Au Mans Classic 2018 avec l’Equipe Los Amigos. Episode 2 : les débuts du René Bonnet Djet”

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