Au volant d’une Mini pour un maxi plaisir

Quand mon cher et tendre me propose de partir en amoureux, en Touraine, on vous racontera tout bientôt, je me dis qu’il y a anguille sous roche… il me propose de le faire en voiture ancienne. Je ne sais pas pour vous gente féminine qui nous lis, mais passer des vacances en amoureux en roulant en ancienne je n’y ai vu que des inconvénients : le bruit, l’incommodité et encore le bruit. Quand il me dit alors devant ma tête déconfite : “tu choisis la voiture”, mon sang n’a fait qu’un tour, ce sera une Mini !

Bref tous les préparatifs fait, nous voilà pour le grand départ ! Je vous avoue je ne l’ai pas conduite tout de suite… la peur de lui faire du mal était trop présente. Cette beauté me faisait les yeux doux mais la voiture la plus ancienne que j’ai conduit était une Peugeot 205 avec le tableau de bord détaché qui faisait plus de bruit que ma radio. J’ai demandé à être éloigné de la civilisation pour ne faire de mal à personne.

La Mini, une Grande Histoire

Mais commençons par son histoire. Tout part de la crise du canal de Suez. Ce n’est pas encore un choc pétrolier, mais BMC veut alors une petite voiture pour sa gamme. L’étude est confiée à Lam et Laurence Pomeroy et Alec Issigonis de concevoir la nouvelle auto. C’est l’étude de ce dernier, accompagné de Chris Kingham et Jack Daniels, aucun rapport, qui l’emporte. La petite voiture met tout à l’avant et se distingue par sa petite taille alliée à une habilité honorable. Les toutes petites roues de 10″ sont fixées aux 4 coins, mais surtout, elle fait le choix d’implanter la mécanique à l’avant, contrairement à nombre de concurrentes. Le moteur originel est le 948 cm³ de la Morris Minor.

La voiture est mise sur le marché en 1959 et apparaissent ensuite des versions break et “woodie”. En 1961 apparaît une version tricorps vendue par deux autres marques de BMC, ce sont les Wolesley Hronet et Riley Elf. La Mini voit aussi apparaître une version sportive, revue par Cooper, dont la puissance est de 55 ch. C’est alors que va s’ouvrir une ère de victoires en rallye, tout particulièrement au Rallye Monte Carlo que la puce va gagner en 1964, 1965 et 1967. En 1966, c’est une histoire rocambolesque qui la prive d’une victoire déjà acquise.

En 1969, Mini devient une marque. L’immense conglomérat issu de la fusion de BMC, Standard-Triumph et Rover. On va essayer de remplacer la Mini, avec la Clubman, redessinée, puis avec une nouvelle auto, la Metro. Mais rien ne remplacera la Mini, pas même l’arrêt d’Austin, la reprise par Rover, elle-même rachetée par BMW. Ce n’est qu’en 2000 que les dernières Mino sortiront de l’usine d’Oxford laissant place aux “Mini II”, entièrement étudiées par BMW, et placées bien plus haut en gamme. Sur les 41 ans de carrière, 5.3 million de Mini auront été produites !


Notre Mini 1000

C’est donc une auto qui nous a été prêtée par l’ami Davy. C’est une Mini 1000 de 1992, une auto qui a été revue pour faire plus coquette, et ça marche !

Extérieur : pas d’origine mais craquante

Je ne le cache à personne c’est la voiture de mes rêves donc même si elle est pas d’origine elle est parfaite. Carrosserie impeccable, chrome brillant à souhait et allure espiègle. Ces courbes sont parfaites. Les propriétaires d’avant lui ont redonné des chromes et une peinture bicolore qui lui va à ravir. Quel que soit l’endroit où on la stationne, elle est petite. Basse, pas longue et pas large, la Mini porte très bien son nom.

L’intérieur : pas si Mini

Qui dit Mini dit ergonomie réduite. Je ne sais pas comment Benjamin a fait pour s’y installer. Quand on s’y installe on est calé pour la journée. Le siège se règle assez facilement. Le tableau de bord est épuré. Simple mais toujours élégante. Quelques détails ne sont pas d’origine, volant, poignées de porte… mais qu’importe l’esprit est toujours présent.

Sous le capot : faut pas avoir de grosses mains

On ouvre le capot… et il y en a partout ! Particularité de l’auto, le radiateur ne fait pas front à la route mais est dirigé vers l’arche de roue gauche. Si l’extérieur a été soigné, ici c’est différent, c’est dans son jus… tant que ça marche en même temps, pas besoin d’y toucher !

Au volant de la Mini 1000

Installation

Me voilà assise dans la voiture de mes rêves. De mon mètre cinquante, je suis comme un poisson dans l’eau trouvant mes marques assez rapidement. Ni trop basse ni trop haute. Parfaite. La larme écrasée je mets en route le moteur et je comprends maintenant pourquoi le bruit ne vous dérange pas cher conducteur, il ne s’entend pas derrière le volant très à plat. J’enclenche ma 1ère vitesse, avec le long levier qui sort du plancher et me voilà partie.

En ville, elle est parfaite

Première étape sortir du parking. Ça va. Pas de souci. Pas de manœuvre juste à s’habituer au fait qu’il n’y ait pas de direction assistée. Même pas peur de toucher les autres voitures, je suis méga-large ! Attention juste au dos d’âne, on est bas, on ressent tout et très très bien… Les suspensions de la Mini sont plus que rudimentaires, c’est vrai. Le changement de vitesse est facile et rapide, je ne cale pas ! Ce qui me connaissent savent que cela peut être compliqué parfois ! Les rapports sont plutôt courts, la voiture accélère bien, et je dois vite changer de vitesse. Par contre elle ne rechigne pas à rouler en 4e en ville. Étonnant pour un petit moteur comme le sien.

Sur route : bluffante

Ça y est, on est sorti de la ville, je peux appuyer sur le champignon. J’ai conduit tout le long avec beaucoup de peur, toujours cette peur de lui faire mal, mais elle est agréable et suit chacun de mes mouvements. Elle est docile et ne demande qu’à vous faire plaisir. Je ressentais tout. Les vibrations du volant, les irrégularités de la route et le moteur sur le siège. C’est une sensation que je ne connaissais pas et je dois avouer que ce fût très agréable.

Niveau dynamisme, rien à redire. Je me doute qu’avec un moteur plus puissant elle a tout d’une sportive. Elle passe vite dans les virages et la direction directe fait que je la met vraiment là où je veux. Quand il faut freiner, elle freine et même franchement s’il le faut. Elle n’a rien à voir avec la Renault Caravelle qu’on avait eu en Anjou, lire Au volant d’une Renault Caravelle, pas besoin d’un gros moteur pour apprécier un cabriolet, qui ralentissait… comme une ancienne en fait. La Mini n’a pas beaucoup de poids à stopper, ça aide !

Je note aussi que le moteur a besoin de prendre des tours pour bien accélérer, pas beaucoup de couple dans ce petit moteur. Et puis dès qu’on arrive sur une voie rapide, notre Mini se fait entendre, son moteur est plus présent et je sens qu’elle n’est pas faite pour les rocades.


Conclusion :

Je peux rayer ça de ma liste de souhaits ! J’ai adoré ! Cette voiture est un rêve de petite fille mais j’en suis aujourd’hui tombée amoureuse. Je ne m’attendais pas à ce que cela soit aussi facile à conduire, que je puisse adorer le bruit d’un moteur ainsi que les sensations que cela procure. Je n’admirais que l’esthétique je pense que je m’attarderai plus aujourd’hui au moteur. Parce que oui, j’ai enfin compris cette passion qui anime chacun de vous au volant d’une ancienne.

Conduire une Mini 1000

La Mini est assez facile à trouver… mais il en faut pour tous les goûts. Une Mini de l’époque Morris vaudra entre 4000 et 8000 €, les rares versions break montent à plus de 20.000 €. Quand aux Cooper de cette époque, elles sont réservées à des passionnés un peu plus aisés, elles montent jusque 15.000 voir 25.000 € pour les S ! Evidemment les modèles en état concours peuvent aller chercher encore plus haut en prix, en fait il n’y a presque pas de limite. Étonnamment les Rover, plus récentes donc puisqu’elles datent des années 90, commencent plutôt aux alentours des 6.000 € et les versions Cooper se négocient entre 12 et 15.000 €.

Ça c’est pour l’achat. Pour ce qui est de l’entretien, c’est une anglaise. Et comme souvent, toutes les pièces se trouvent. La diffusion de l’auto permet de ne pas trop angoisser sur la dispo des pièces, et leur prix reste contenu.

Quelques points à surveiller, la rouille bien évidemment, toutes les autos n’ont pas forcément dormi à l’abri, les citadines en particulier. Et même si une anglaise a tendance à nous montrer qu’elle a encore de l’huile en réserve, pensez à vérifier que la consommation n’est pas trop importante. Le refroidissement est également à surveiller, l’implantation originale du radiateur n’a pas que des avantages et une Mini pourra chauffer. Enfin, on rappellera que niveau éléctricité, l’équipement Lucas n’est pas toujours digne de confiance* et l’allumage est exposé ce qui peut occasionner quelques problèmes en cas de douche… typiquement anglaise.

Enfin, la Mini est passé de la simple voiture à l’objet de mode. On trouvera des autos en parfait état d’origine, assez rustique, ou des autos revues, comme la notre, pour bien coller aux beaux quartiers des grandes villes.

Merci à Davy pour le prêt de son auto… pour quatre jours !

  • L’occasion de citer Jean Eric Raoul, redac chef de sport auto avec cette blague : Pourquoi les anglais boivent la bière tiède ? Parce que Lucas fait aussi des frigos !
Image
Entretien
Plaisir de Conduite
Ergonomie
Facilité de conduite

 

Les Plus Les Moins
Facile à prendre en main Pas faite pour les grands voyages
Toute petite, elle va partout Peut être bruyante
On ressent tout ! Suspension sèches
Note totale

Fiche Technique de la Mini 1000

Moteur

Architecture 4 Cylindres en Ligne
Cylindrée 998 cm³
Alimentation Carburateur SU
Puissance Max. 42 ch à 5250 tr/min
Couple Max. 7.0 MKg
Boite de vitesse 4 vitesses
Transmission Traction

Châssis

Position moteur Transversal avant
Freinage Disques à l’avant
Tambours à l’arrière
Dimensions Longueur : 3.05 m

Largeur : 1.44 m

Hauteur : 1.35 m

Poids 620 kg

Performances

Vitesse Max. 132 km/h
0 à 100 km/h 19.5 secondes
400 m 21.7 secondes
1000 m 40.7 secondes
Consommation 6 litres / 100 km sur route
8 litres / 100 km en ville
Cote Entre 3.000 et 3.500 €
berniemini

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