Le Babyboomer’s Adventure 2018, l’esprit raid et la solidarité avant tout

Vous l’avez compris à la lecture des articles précédents, le Babyboomer’s Adventure 2018 n’est pas une compétition. Pas de course, classement sans objet. L’esprit du Babyboomer’s Adventure 2018 est ailleurs. Alors plutôt que d’égrener le sable sur les étapes qui passent, je vais tenter de vous expliquer cette ambiance particulière qui règne, tant pendant la spéciale, qu’après.

Les autres articles concernant le Babyboomer’s Adventure 2018 sont à retrouver ici.

Un road-book, mais pas une bible !

Chaque matin, au briefing, Yann, le « patron » du Babyboomer’s Adventure 2018 et concurrent des Dakar du début des années 80 à bord d’une 504, nous décrypte les pièges et les points auxquels prêter attention durant la journée. Un membre de chaque équipage est requis pour participer à cette messe quotidienne.

Le briefing met donc l’accent sur les difficultés de la journée. Si la route, incontournable pour les liaisons, est globalement bien maîtrisée sur le road-book, malgré la vitesse de réalisation des travaux d’infrastructures routières au Maroc, la piste est un milieu changeant : les repères peuvent être balayés d’un coup de vent ou par une pluie, souvent violente dans ces contrées.

Nous sommes donc tous fixés sur les zones où chacun, selon son véhicule, sera susceptible d’aider ou être aidé.

Aider ou être aidé

Sur le Babyboomer’s Adventure 2018, il y a 3 catégories de véhicules. Il y a d’un côté les 2 roues motrices, et de l’autre les 4 roues motrices, qui peuvent elles-mêmes être divisées en deux nouveaux groupes : les participants, avec des 4×4 entrant dans les critères de sélection, et les « charognards » dont les 4×4 modernes sont là pour faire repartir, ou rapatrier au point de ralliement quotidien, les véhicules qui malgré tous les efforts auront été laissés à leurs sort par les autres participants, le plus souvent par manque d’expérience ou de temps.


L’aide dans le sable

Le sable est l’ennemi majeur des 2 roues motrices : lorsque pour les premiers, la piste reste suffisamment stable, les suivants se retrouvent à affronter un terrain déjà « labouré », même si, pour certains, les solutions pour passer sans assistance semblent évidentes.

La plupart du temps, la technique reine de désensablage est le remorquage. Une sangle suffisamment longue, deux manilles, et l’union temporaire d’une berline et d’un 4×4. Celui-ci doit avoir suffisamment de motricité pour avancer, et tracter la voiture remorquée.

Les sols rocailleux

L’autre traitre, parfois briseur de cardans, c’est le rocher. Dans les passages « trialisants », le risque pour la berline est de se retrouver bloquée sur une pointe dépassant l’affleurement global. Et dans cet exercice, l’entraide viendra de l’huile de coude du copilote et des autres participants qui pousseront par l’avant ou l’arrière le malheureux. La construction de passages de fortunes, pour remettre la piste à un nivellement « passable » est aussi une technique avantageuse sur piste rocailleuse.

Crevaison en plein désert

Le rocher peut aussi être traitre dans des zones roulantes mais piégeuses. Et nous en avons fait les frais sur notre véhicule : pour passer en tout-terrain, et notamment sur sols meubles, la pression des pneus doit être diminuée par rapport à une pression routière, pour augmenter la portance de chaque roue et limiter l’enlisement, mais aussi, pour faire du pneu un élément intégrant de la suspension.

Nous avions donc diminué la pression à 1,6 bars. Dans la ligne droite, une ravine mal anticipée, cachée, une compression du pneu sous le choc engendré, et une pierre anguleuse, bien ancrée au sol et traitre à souhait, qui vient se frotter à notre pneu… La recette est simple, et le résultat instantané : le pneu a éclaté et nous avons dut changer la roue au milieu de nulle part. Et très vite, plusieurs véhicules se sont arrêtés pour nous porter assistance. Un comportement loin, très loin, du comportement sans solidarité des automobilistes sur nos routes françaises !


Les conseils éclairés

Outre cette aide de chaque seconde, une aide précieuse accompagne les participants du Babyboomer’s Adventure 2018 : la présence de Claude et Bernard Marreau, vainqueurs du Paris-Dakar 1982 à bord d’une Renault 20 de leur conception. Pour aller vite, mais surtout aller sûrement, ces experts de la piste et de la course ont 2 règles essentielles : la douceur, et la nécessité de voir au-delà de la piste, ou plutôt, à côté de la « trace », presque plus piégeuse. Des conseils que chacun apprécie, soit directement sur la piste, soit le soir, lorsque les véhicules sont inspectés et réparés.

Fabien
Un lion et un cheval cabré m'ont fait aimer les voitures de mon enfance... Un livre, «La maîtresse d'acier» de Pierre Coutras, et des légendes, Fangio-Moss-Hawthorn, m'ont conduit à me passionner pour des bolides plus ancien.
A mon tour de partager avec vous.

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