Les Mercedes 130 H, 150 H et 170 H, quand l’étoile s’attaqua au petites voitures

Même si elles ne sont pas si petites (et pas si populaires) les Classe A et Classe B ne sont pas les premières tentatives de l’étoile de descendre en gamme. Entre 1931 et 1939, la Mercedes 130 H et ses descendantes s’y essayèrent aussi.

La genèse de la Mercedes 130 H

Au début des années 30, la marque à l’étoile produit de grosses autos, avec d’énormes moteurs et tournées résolument vers le secteur du luxe.


Premiers prototypes

Mais la marque à l’étoile vise aussi d’autres autos. C’est comme cela qu’elle confie l’étude d’un nouveau modèle à Hans Nibel. Il va développer une auto qui va partager beaucoup de similarités techniques avec la Volkswagen (pas encore Coccinelle). Le moteur est rejeté à l’arrière. L’intérêt est de se priver de tout arbre de transmission. C’est un petit 4 cylindres de 1220 cm³ qui développe 25 ch sur cette première mouture, la 120, connue en interne comme la W17. Elle naît en 1931 avec une carrosserie basique.

Suit en 1933 une W25D ou 175 avec une carrosserie qui ressemble elle aussi à la VW. Le moteur est un trois cylindres diesel mais il est trop bruyant et il vibre trop. Le projet est abandonné alors que l’on a déjà construit une douzaine de prototypes.

La Mercedes 130 H est dévoilée

Au salon de Berlin en Février 1934 une nouvelle auto est dévoilée, suivant les travaux précédents. Hans Nibel a développé un 1.3 L qui sort vaillamment 26ch. Installé en position arrière, il donne le H de Heck au nom de l’auto. La cylindrée fait le reste, voici la Mercedes 130 H, code W23. L’auto est plutôt avancée au niveau technologique avec quatre roues indépendantes, une boîte trois vitesses toutes synchronisées et un overdrive semi-auto.

L’auto est particulièrement agréable à conduire, en raison de ses suspensions. Par contre son comportement est déroutant. Le moteur en sac à dos n’est pas encore devenu l’apanage de la plus grande sportive de tous les temps.

A l’intérieur on compte 4 places accessibles par deux portes. Trois carrosseries sont proposées, la berline, la découvrable et le cabriolet. La ligne est à la mode Streamliner, qui arrive des USA. La mise en production est actée et on voit donc cette étrange auto apparaître sur les routes. Elle y file jusqu’à 92 km/h !

Malgré ses qualités, la Mercedes 130 H ne se vend pas. L’étoile arrête la production dès 1936 mais poursuit ses études.

La sportive, la Mercedes 150 H

En 1934 arrive la 150 H. C’est une dérivée de la Mercedes 130 H, et la 150 est un peu la sportive de la gamme. Elle n’existe qu’en carrosserie roadster, très sportive. En même temps les performances, vu que le moteur 1498 cm³ développe 55ch. Il adopte des arbres à came en tête, et est refroidi par eau ! Le radiateur n’est pas pour autant placé à l’avant, mais entre l’habitacle et l’ensemble moteur-boîte.

Vingt autos sortirent des chaîne et six ont été carrossées en roadster à posteriori. Une seule subsiste, restaurée en 2010, c’est la rouge des photos.


La Mercedes 170 H

Celle-ci apparaît en 1936. Elle reprend les idées de la Mercedes 130 H si ce n’est que son moteur est plus conventionnel. En fait c’est celui de la 170 V avec 1697 cm³ et 38 ch. Le moteur est toujours à l’arrière mais celui-ci est plus lourd. Il accentue le comportement étrange tout en réduisant la place dans l’habitacle !

La ligne est une évolution stylistique de la Mercedes 130 H. Elle se rapproche encore plus de la VW ! La 170 H rentre en production mais ne connaît pas un grand succès non plus. Elle s’arrête en 1939, avec le début de la guerre.

Pour l’anecdote, ces deux séries d’autos ne seront pas réquisitionnées par la Wehrmacht. En effet le montage du moteur à l’arrière ne permet pas de le convertir en gazogène !

Les Mercedes 130 H, 150 H et 170 H de nos jours

Ces autos sont extrêmement confidentielles. Pour autant les Mercedes 130 H, tout comme leur descendantes souffrent d’un déficit d’image important… surtout comparées aux autres Mercedes de cette époque.

Elle ne sont ni très recherchées, ni très chères. RM Sotheby’s a dans les dernières années deux autos aux alentours des 45.000 €. La 170 H peut monter un peu plus puisque l’auto partage son moteur avec un autre modèle. En fait cela augmentera la chance de dénicher (par miracle) des pièces en cas de pépin…

Pour la 150 H, un seul modèle existe encore. Sa valeur est donc complètement différente… et inestimable.


Photos : Mercedes-Benz, News d’Anciennes et RM Sotheby’s

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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes

Passionné d’automobile ancienne, il a créé News d’Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.

Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu’elles sont un peu plus rapides !


3 commentaires sur “Les Mercedes 130 H, 150 H et 170 H, quand l’étoile s’attaqua au petites voitures”

  1. Pour Votre info la mercedes 170 H à été dessinée par Ferdinand Porsche qui travaillait chez mercedes puis quand il a quitté il a gardé les plans et quand le regime nazi lui a demandé une voiture bon marché il l’a proposé cette voiture qui à été baptisée coccinelle sous le nom de Volkswagen . il y a d’ailleurs un exemplaire qui se trouve au musée Schlumpf à Mulhouse

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