La Howmet TX, première sur des bien des points

C’était une des autos phares des 500 Ferrari contre le cancer puis du Grand Prix de l’Age d’Or avant qu’on ne la retrouve au Mans Classic 2018. La Howmet TX fut une voiture qui marqua les esprits, par son mode de propulsion évidemment, mais pas uniquement.

La conception d’une auto novatrice

Née des idées de pilotes, et première auto à utiliser le “branding”

En 1963 et 1965 Rover et BRM viennent au Mans avec une étrange auto mue par une turbine à gaz. L’auto n’est pas ridicule et donne beaucoup d’idée dans le monde automobile. Par contre l’auto a été victime d’ennuis qui l’ont passablement retardé.

Ray Heppenstall est un pilote américain qui a la fibre technique. En 1967 alors même que la Turbine fait son entrée en Indycar, il travaille sur les problèmes des Rover-BRM. Il ne travaille pas tant sur la turbine que sur le châssis qu’il veut simplifier.

Il ne trouve pas forcément les appuis qu’il lui faut pour la turbine. Heppenstall a cependant l’idée d’en parler à Tom Fleming, pilote lui aussi, mais surtout vice-président de Howmet Corporation, une société qui fabrique des turbines pour l’industrie aérospatiale. La marque Howmet va aider le projet, via un sponsoring inédit : la voiture prendra le nom de la marque !

Heppenstall va utiliser des turbines à gaz TS325-1 qui viennent de chez Teledyne. Elles auraient dû se monter dans des hélicoptères légers mais le projet a avorté. La première turbine alimente la seconde. L’ensemble est performant : 77 kg pour 350 chevaux… à 57.000 tr/min ! En plus de cela le couple est important, 880 N.m. Cette turbine transmet donc sa puissance aux roues via des réducteurs… mais pas de boîte de vitesse ! C’est inutile vue le couple ! Un différentiel peut néanmoins être modifié pour adapter le rapport de pont au circuit.
Par contre on doit installer un moteur électrique sur l’auto, pas de boîte de vitesse veut aussi dire pas de marche arrière !

L’innovation de la Howmet va résider dans deux soupapes de décharge situées entre les turbines. Elles ont pour but de réduire le carburant arrivant dans les turbines, réduire ainsi la puissance et finalement limiter le temps de latence entre deux coups d’accélérateur. Un turbo-lag… mais en pire. Les soupape se ferment progressivement à mesure que l’accélérateur est pressé. C’est pour cela que l’auto aura trois pots d’échappement : un pour chaque turbine et un pour la soupape.

Aucune équivalence n’existe, l’auto courra donc dans la catégorie des moins de 3L !

Un châssis récupéré et adapté

Une fois que Heppenstall et Fleming ont trouvé leurs turbines, leur sponsor, il s’agit de doter la Howmet TX d’un châssis. Heppenstall veut un moteur central arrière et pense d’abord à une éprouvée Cooper Monaco. Mais il se ravise et vend le châssis.

Finalement sa chance va se retrouver dans l’explosion de l’engouement pour la série Can-Am. De nombreux constructeurs de châssis se sont intéressés à la série, en partant du constat simple qu’un big block américain dans un châssis léger et robuste peut emmener vers la victoire ! Ainsi sont nés les voitures de McKee Engineering dont le patron est Bob McKee.
C’est lui qu’Heppenstall va solliciter pour lui fournir des châssis.

La première Howmet TX, qui portera le n° de châssis GTP1 est un châssis de Can-Am adapté. Le second sera par contre spécifiquement construit pour devenir une Howmet TX et sera plus long de 57 mm. Les trains sont doublement triangulés, les freins sont à disques, bref du classique.

Pour la carrosserie McKee va dessiner une voiture au cockpit fermé, pour être éligible en Groupe 6. Le pare-brise est emprunté à la Porsche 906. La taille du logement du moteur est limitée mais les deux turbines vont se loger à merveille sous le capot haut concocté par l’américain.

Au final c’est une auto légère avec seulement 685 kg sur la balance !

Page Suivante : 1968 : la Howmet TX en course

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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

6 commentaires sur “La Howmet TX, première sur des bien des points”

  1. Comme d’hab, bel article . Juste pour plus de précision, quels sont les couleurs et N° de portière qui correspondent au N° de châssis
    Xavier Micheron, je connaissais sa première N°22 bleu
    la N°25 rouge est-elle sa seconde acquisition ?
    Merci à news d’anciennes
    Yves

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