Citroën CX

Citroën CX, lourd héritage parfaitement porté

Chez Citroën on se veut à la pointe de l’innovation et on cherche à remplacer ses modèles emblématiques en frappant encore plus fort. La Traction avait mis la barre haut, la DS qui lui a succédé a fait encore mieux. Et quand cette dernière s’est retrouvée à bout de souffle c’est la Citroën CX qui a repris le flambeau, avec brio.


Une conception sans droit à l’erreur et un revirement de dernière minute

À la fin des années 60 on doit révolutionner la gamme chez Citroën. Certes l’objectif est d’abord de doter la marque d’une vraie gamme en comblant le trou béant qu’elle laisse : au dessus de la deuche se sont ajoutées les Dyane et Ami mais aucune n’est assez proche du vaisseau amiral qu’est la DS. Naîtra alors la Citroën GS mais le haut de gamme va être le prochain projet d’ampleur.

Parce que quand on y regarde bien, la DS est quand même née en 1955 ! Et son moteur est même dérivé de celui de la Traction ! Certes on l’a restylée en 1967 et ses ventes sont toujours bonnes, mais c’est plus dû à son image et à ses particularités technologiques qu’à son effet nouveauté.

Alors on lance le projet L. L’objectif n’est pas seulement de remplacer la DS mais de proposer une auto qui marque comme elle, histoire de sortir les Chevrons des problèmes financiers qui commencent à apparaître pendant le développement de l’auto. Et quoi de mieux que de le faire avec des technologies de pointe ?

Un design marquant

Pour ce qui est de la ligne on veut frapper fort. La DS avait un physique inimitable, la future voiture devra avoir une signature visuelle toute aussi forte. Robert Opron va alors signer une ligne parfaitement réussie, dans le ton des récentes SM et GS. Très étudié aérodynamiquement avec notamment un avant très pointu, des lignes fluides, une lunette arrière concave et un “kamm back“. Le coefficient de traînée est bas, et il donnera son nom à l’auto, c’est le fameux Cx.

On voit sur le concept L qu’on peut voir au Conservatoire que les lignes générales sont arrêtées dès 1971. On est encore très inspiré de la SM, l’intérieur de ce prototype est carrément le même. Les lignes évolueront par la suite vers ce que l’on connaît.

À l’intérieur de l’auto on vise l’ergonomie et l’espace. Bien que la future auto soit plus courte que la DS elle offrira plus de place. Bien équipée la Citroën CX aura le levier de vitesse au plancher, juste devant l’autoradio. La console centrale sera particulièrement épurée. L’instrumentation sera encadrée par deux montants qui regrouperont les différentes commandes de phares, d’essuie glace ou de clignotants, actionnable depuis le volant. Du coup ce dernier gardera une seule branche et la colonne ne comportera pas de commodos !

Un mélange de techniques éprouvées et révolutionnaires

La suspension sera évidemment de la partie. Citroën en a doté la GS, il serait dommage que le vaisseau amiral de la gamme ne compte pas sur son confort et ses avantages sur la tenue de route. Par contre l’hydraulique n’actionnera pas la boîte qui reviendra à un classique système d’embrayage à la pédale.

Côté mécanique, on l’a dit, le moteur de la DS est vu comme dépassé. Et puis Citroën est alors associé (ou empêtré comme vous voulez) dans la Comotor. Cette société cofondée avec NSU doit fournir des moteurs à piston rotatifs aux voitures de la gamme. C’est un Trirotor qui est envisagé avec 1493 cm³ on espère en sortir 160ch. En dessous, on pense bien sûr au Birotor avec le 995 cm³ de 110ch. La concurrence aura beau multiplier les cylindres, la future Citroën CX sera bien placée.

L’autre avantage c’est la place. Particulièrement compacts, ces moteurs permettront de garder un compartiment moteur de petite taille. Le grand bénéficiaire sera donc l’intérieur de l’auto.

1973 : changement de cap !

Alors que l’auto est presque prête, on change de cap chez Citroën. La motorisation ne pourra pas être confiée aux moteurs à pistons rotatifs. En effet la Citroën M35 a essuyé les plâtres, mais pas encore assez.

On a quand même poursuivi l’expérience avec une auto moins expérimentale, la GS Birotor. Mais si l’agrément de conduite est bien là avec une puissance plus que suffisante, les problème sont les mêmes que ceux rencontrés par NSU avec la Ro80. La fiabilité n’est pas encore totalement là et côté consommation c’est la catastrophe.

Pour parachever le tableau, et achever définitivement la Comotor, le Choc Pétrolier de 1973 est passé par là. Le prix de l’essence a flambé en prenant 30% d’un seul coup.

Alors chez Citroën on se résout à abandonner l’idée du rotor. Mais pour mettre quoi ? Les candidats ne sont pas nombreux puisque la GS a un 4 cylindres à plat beaucoup trop juste et qu’on est à quelques mois de la présentation de l’auto. Trop court pour développer un nouveau moteur. Et le V6 de la SM n’est pas spécialement sobre… et se heurte à un compartiment moteur un peu étroit. En plus, Peugeot vient de prendre les rênes de Citroën et la vente de Maserati ne tardera pas. C’est donc le moteur de la DS qui va se loger sous le capot !

Il sera accolé à une nouvelle boîte de vitesse, mais surtout on abandonne son implantation précédente. Moteur et boîte seront installé transversalement, se logeant ainsi parfaitement dans le compartiment moteur. Pour ne pas handicaper la hauteur du capot, ils sont inclinés vers l’avant.

La Citroën CX est prête, sa carrière peut commencer.

La Citroën CX Série 1
1974-1985

Citroën CX, lourd héritage parfaitement porté

La Citroën CX Série 2
1985-1991

Citroën CX, lourd héritage parfaitement porté

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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

4 commentaires sur “Citroën CX, lourd héritage parfaitement porté”

  1. L’art d’accomoder les restes finalement. C’est le coup de crayon d’Opron qui fera le succès de la CX dont les Allemands en particulier se montreront friand après avoir adulé la DS. La rouille endémique, qui frappera malgré tout presque toute la production des années 70 ne lui donnera pas bonne réputation. La direction trop directe la rendra dangereuse, des éternuements ou autres petits gestes se transformeront en catastrophe mais les R20/30 ne la détrôneront pas vraiment, c’est l’arrivée de la R25, autre haut de gamme frenchy apprécié à l’export qui l’achèvera. Elle aura beau lui piquer ses moteurs 2.0 puis 2.2 rien n’y fera. La XM qui lui succédera aura des ventes catastrophoques sans-doute dûe à un coup de crayon malheureux de Bertone – ce n’était plus Gandini mais pas mieux.

  2. Votre article est génial, un grand merci pour ce retour dans mon enfance.
    N’y a-t-il pas eu une série très limitée appelée Concorde ?

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