Citroën CX

Citroën CX, lourd héritage parfaitement porté

1974-1985


La Citroën CX arrive et se fait remarquer

Le 28 Août 1974 la Citroën CX est présentée au grand public en deux versions : la CX 2000 et la CX 2200. Les deux autos embarquent donc des 4 cylindres empruntés aux DS. La première reprend le 1985 cm³ de la DS 20 avec 102ch et la seconde le 2175 cm³ de la DSuper5 et ses 112 ch. Petite ombre au tableau, ces deux autos sont dotées de carburateurs quand les concurrentes sont de plus en plus équipées de l’injection.

La voiture est performante. Avec environ 1300 kg sur la balance, elles filent quand même au dessus des 170 km/h. Les prix viennent placer les nouvelles venues au milieu de la gamme des DS qui n’est pas encore retirée du catalogue.

L’accueil de la presse est bon, soulignant la ligne bien étudiée, le confort, et donc les performances qui font oublier la mécanique conçue à la base dans les années 30. Dans les faits, seule la CX 2000 ne tombe des chaînes d’Aulnay, la 2200 devra attendre Janvier 1975 pour faire son apparition.

Le succès est vite représenté par les chiffres de vente. Sur sa première année complète la Citroën CX dépasse les 100.000 ventes. Du jamais vu pour le haut de gamme des chevrons. Qui plus est, elle est élue Voiture Européenne de l’Année, un autre prix récompensant sa sécurité et un dernier mettant en avant son style. Carton plein en fait !

On profite de l’été pour compléter la gamme avec deux finitions Super et Pallas. À l’automne la Citroën CX se dote d’un moteur diesel avec la 2200 D. Le moteur est bien dérivé de celui de la 2200 et sort 66ch. Une cavalerie “juste” mais c’est dans la moyenne de l’époque. Surtout, Citroën tient là sa première voiture diesel au moment où la demande commence à croître.

En Janvier 1976 les Citroën CX Break arrivent au catalogue. Avec leur empattement allongé de 25 cm, la charge peut être conséquente. La suspension avec le correcteur d’assiette se montre particulièrement intéressante quand la voiture est chargée. C’est à la fois l’un des breaks les plus spacieux et les plus rapides du marché !

En Février 1976 arrive ensuite la CX 2400 Prestige. Elle repose sur l’empattement long du break, permettant de gagner de la place pour les passagers de l’arrière. Elle résulte d’une demande de l’Élysée qui a besoin de “caser” Giscard d’Estaing dans une grande auto. Le moteur est alors celui de la DS23, toujours à carburateurs, sort 115 ch, permet à l’auto de dépasser les 180 km/h. On note aussi que la CX Prestige reçoit la direction Diravi que seule la SM avait jusque là embarquée.

En cours d’année, les versions 2200 Essence et 2400 Prestige peuvent recevoir une boîte semi-automatique C-Matic.

Le millésime 1977 voit le moteur 2347 cm³ de la Prestige remplacer le 2200. En Mai de cette année là il se dote (enfin) de l’injection. C’est l’arrivée de la Citroën CX 2400 GTI dont la cavalerie atteint 128ch et la vitesse de pointe dépasse les 190 km/h. Les sièges avant intègrent des appuis-tête, des antibrouillards garnissent l’avant et des jantes en alliage sont proposées en option.

En septembre avec l’arrivée du millésime 1978 le moteur de la GTI s’invite sous le capot de la Prestige. Toujours pour proposer plus d’espace elle se dote également d’un pavillon surélevé. En Janvier 1978 la version diesel troque son 2200 contre un 2500 cm³ de 75 ch, associé à une boîte à 5 vitesses, faisant d’elle la berline mazoutée la plus rapide du monde avec 156 km/h !

En cours d’année on décide de revoir le système de chauffage. La planche de bord est alors changée et se reconnaît avec son cendrier en forme de boule, ou de casque d’astronaute. 1978 sera la meilleure année commerciale de la Citroën CX avec 150.000 autos écoulées !

Le millésime 1979 voit PSA s’intéresser aux versions d’entrée de gamme. À l’été les CX 2000 Confort et Super laissent leur place aux Reflex et Athena. C’est surtout sous le capot que ça se passe avec l’arrivée du nouveau moteur en alliage produit par la française de mécanique à Douvrin. Cette co-entreprise entre Peugeot et Renault a déjà accouché du vénérable PRV et du moteur X des 104 et R14. Là c’est un 2 litres dont il s’agit, celui qu’on retrouve alors sur les R20 TS et 505 STI. Avec 106 ch il n’améliore pas grandement la vitesse de pointe mais la consommation y gagne. Une Athena est ainsi capable de faire Paris-Marseille avec un seul plein.

Citroën CX, lourd héritage parfaitement porté
Une Citroën CX Reflex

On ne néglige pas pour autant le haut de gamme. La CX Limousine arrive avec le moteur de la 2500 D, la carrosserie de la 2400 Prestige et une finition semblable à l’Athena.

Le millésime 1980 voit moins de nouveautés. La GTI reçoit un becquet et des panneaux de custode en plastique noir mat. Sur toutes les autos le cendrier boule laisse sa place a un tiroir plus classique.

Le seul changement l’année suivante sera une amélioration de l’antii-corrosion réalisé par cataphorèse et le remplacement de la C-Matic par une vraie boîte auto fournie par ZF.

Avec la nouvelle normalisation des millésimes c’est en Juillet 1981 qu’apparaît le millésime 1982 avec un léger changement esthétique. Certaines versions peuvent recevoir les Michelin TRX ce qui implique des ailes avant plus larges qui sont généralisées. En plus les plastique de custode noir mat le sont aussi et les monogrammes arrière sont désormais en relief.

En Juillet 1982 c’est le premier restylage de la Citroën CX. Comme souvent c’est la face avant qui est la plus impactée. La calandre est désormais affleurante, les crosses de pare-choc sont élargies et le fixation des optiques est modifiée. À l’intérieur les cadrans reçoivent des chiffres orange sur fond noir. Plusieurs équipements sont généralisés à toute la gamme : la direction Diravi, la condamnation centralisée et les vitres électriques à l’avant. Enfin les appellations changent pour les modèles d’entrée de gamme. On parle désormais de CX 20, CX 20 TRE et CX 25 D.

En 1983 la CX commence à s’essouffler. D’abord parce que la clientèle demande un hayon pour remplacer le coffre peu pratique. Mais aussi au niveau de la motorisation. Les 6 cylindres PRV équipent les Renault 30 (bientôt remplacée par la R25) et les 505 et 604. Mais le dimensionnement du compartiment moteur, pensé pour les compacts moteurs à piston rotatif ne permet pas de greffer le PRV auquel Citroën aurait droit en tant que marque de PSA. Même la Tagora l’a reçu !

On va quand même répondre avec de nouveaux moteurs. La version diesel 2.5 litres Diesel reçoit un Turbo pour atteindre 95 ch. Côté essence on remplace le 2.3 litres par le 2500 cm³ à Injection et ses 138 ch sur les CX 25 GTI, CX 25 Pallas IE et CX 25 Prestige. Ces autos peuvent alors “taper” les 200 km/h, toujours dans un confort princier.

En Juillet pour le millésime 1984 ce sont les breaks qui montent en gamme avec le 25 TRD qui reçoit le Turbo et le 25 TRI qui adopte le moteur de la GTI. En Mars 1984 sort la CX Entreprise, un break dont les portes arrières sont soudées. En parallèle on sort la première série limitée, la Leader avec une carrosserie en deux tons de gris et un intérieur aux tissus écossais.

En Octobre arrive la Citroën CX 25 GTI Turbo. Le moteur ainsi gavé sort 168 ch, une cavalerie qui lui permet de monter à 220 km/h (au prix d’une consommation énorme). En Mars ce sera d’ailleurs la première voiture française à pouvoir recevoir l’ABS en option.

Mais la R25 est arrivée et la CX a déjà 10 ans. Il faut la repenser et Citroën s’y prépare activement pour le millésime 1985. Ce sera la Série 2.

Retour à
La Genèse

Citroën CX, lourd héritage parfaitement porté

La Citroën CX Série 2
1985-1991

Citroën CX, lourd héritage parfaitement porté

Cliquez sur les images pour naviguer.


Benjamin on Email
Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

4 commentaires sur “Citroën CX, lourd héritage parfaitement porté”

  1. L’art d’accomoder les restes finalement. C’est le coup de crayon d’Opron qui fera le succès de la CX dont les Allemands en particulier se montreront friand après avoir adulé la DS. La rouille endémique, qui frappera malgré tout presque toute la production des années 70 ne lui donnera pas bonne réputation. La direction trop directe la rendra dangereuse, des éternuements ou autres petits gestes se transformeront en catastrophe mais les R20/30 ne la détrôneront pas vraiment, c’est l’arrivée de la R25, autre haut de gamme frenchy apprécié à l’export qui l’achèvera. Elle aura beau lui piquer ses moteurs 2.0 puis 2.2 rien n’y fera. La XM qui lui succédera aura des ventes catastrophoques sans-doute dûe à un coup de crayon malheureux de Bertone – ce n’était plus Gandini mais pas mieux.

  2. Votre article est génial, un grand merci pour ce retour dans mon enfance.
    N’y a-t-il pas eu une série très limitée appelée Concorde ?

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.