Les Ferrari étaient à l’honneur à Corbas

Pour la troisième année, l’Amicale Cabriolets Anciens et Modernes (ACAM) s’est invitée sur le tarmac de l’aérodrome de Corbas (69) pour réunir des Ferrari, mais pas que. Dans ce cadre inhabituel, d’autres véhicules sont venus renforcer le plateau dont quelques pépites dont je vous reparlerai.

Une vingtaine de Ferrari

L’appel de l’ACAM a été entendu, et c’est près d’une vingtaine de Ferrari des années 80 à nos jours qui ont répondu présent au rendez-vous. Si les plus récentes débordent de puissance et d’électronique, ce seront les quelques modèles du siècle dernier qui retiendront notre attention. Le rêve… Petit aparté dans cet article, mais quand je parle de Ferrari, j’ai du mal à rester objectif ! Le rêve, disais-je, commence à l’aube des années 80 avec la voiture statutaire de la firme de Modène et seul V12 représenté.

Ferrari 400i Automatique

Héritière de la 365 GT4 2+2 (l’essai est ici), cette version de la 400 équipée d’une injection Bosch K-Jetronic est équipée d’un V12 de 4,8 litres. Le modèle exposé, dans une superbe livrée blanche peu commune pour la marque mais qui en affine encore la ligne, transmet au sol ses 315 chevaux via une boîte automatique. Et son histoire est intéressante. A sa sortie d’usine, ce sont les routes Suisses qu’elle a d’abord empruntées. Sa transmission et sa philosophie l’ont ensuite conduit aux USA où, pour y entrer, elle a été mise aux normes anti-pollution qui sévissaient là-bas. Puis, modifications inverses, remise en été d’origine par son propriétaire qui l’a ramenée en France. Malgré cela, ce ne sont que 40.000 km qui ont été avalés.

Ferrari Mondial

Pas de Ferrari Mondial 8, héritière directe de la 308 GT4 signée Bertone, mais qui ne connut pas le succès et dont la rencontre devient rarissime les 700 exemplaires ayant été écoulés de justesse ! Pourtant, la Mondial est une voiture exceptionnelle avec 3 ingrédients de base : l’intelligence du concept 2+2 à moteur central arrière, le design de Pininfarina plus fluide que le Bertone, et la vision du Commendatore, qui a cru au potentiel de cette architecture. Et les 2 Mondial présentes symbolisent bien cette vision et le retour en grâce du modèle.

La première, c’est, et le jeu de mot est facile, celle qui a permis de « découvrir » les talents de la belle : une Mondial Cabriolet, en Français sur la carrosserie. Capote en place, le design est travaillé pour que rien ne différencie ce modèle de la berlinette. Décapotée, 4 personnes peuvent prendre place aisément (enfin, presque pour les passagers arrière) à bord. Le Ferrariste pouvait partir en famille cheveux au vent. Ce sont les USA qui ont été les plus friands de cette version dont le nombre d’exemplaires vendus atteint presque celui de la Mondial 8. Question moteur, le V8 quatrovalvole de 3,0 litres de cylindrée développe 240 chevaux, puissance juste acceptable sur la berlinette (pour les Ferraristes s’entend !) mais qui s’accommodait mieux du tempérament du cabriolet, l’excédent de poids n’étant que d’une cinquantaine de kilos.

Vient ensuite celle par qui la grâce de la Mondial est arrivée : la Mondial 3.2. Avec 270 chevaux à la clef, un design affiné pour jouer l’effet de gamme avec la 328, elle était enfin « digne » d’une Ferrari !

Ferrari 328 GTS

Une Ferrari 328 équipée du même moteur 3.2 litres et 4 soupapes par cylindre que la Mondial, était justement de la fête. ACAM oblige, cette version targa, la 328 GTS, S pour Spyder, nous a dévoilé les charmes de son intérieur : cette mythique grille de sélecteur de vitesse en double H et le pommeau de levier de vitesse sphérique, le volant Momo frappé du Cavalino Rampante en son cœur… Détail qui tue, un petit logo vient orner les Vitaloni.

Ferrari Testarossa

C’est à chaque rencontre la même chose… La Testarossa prend aux tripes dès le premier regard avec ces grilles latérales monstrueuses, ses presque 2 mètres de large pour à peine plus de 1 mètre de haut, et plus globalement le coup de crayon de Pininfarina racé, agressif à souhait et pourtant d’une élégance brute. Cette supercar rend un hommage direct à la Ferrari de course de la fin des années 50 : la 250 Testa Rossa (en deux mots) et est l’héritière directe de la 512BB dont elle reprend la base architecturale du châssis et la base du 12 cylindre en V à 180° (à plat donc, et non Boxer comme expliqué ici) porté à 390 chevaux. Les performances de cette voiture étaient tout simplement ahurissantes pour un modèle de série en 1984 !

Ferrari 348 TS

Continuons cette remontée des années 80-90, avec une 348 TS qui, elle, a mis à nu son V8 de 3,4 litres de cylindrée sous mon objectif, jouant avec l’ombre et la lumière filtrant de la persienne du capot. Là encore, la grille et le levier de vitesse, surmonté d’une boule d’aluminium rappelant l’histoire de la marque, dans un écrin de cuir beige, soulignent les lignes de l’habitacle. Ce modèle marque une rupture de style avec la 328, en reprenant les codes de la Testarossa sur les flancs et les feux arrières : plus de feux ronds, place à des feux plus classiques rectangulaires, carénés derrière une grille.

Ferrari F355 Spider

C’est la dernière Ferrari sans assistance à ce niveau de gamme… et la première auto de la marque qu’on ait essayé sur ce site (à voir par ici). Une espèce de chant du cygne avec un retour aux standards de la marque : feux ronds à l’arrière et une ligne épurée et efficace. L’innovation, on la retrouve dans son nom. Exit le code cylindrée/nombre de cylindres, la 355 reprend bien la cylindrée de son V8 à 90° de 3496 cm³, mais fait suivre ces deux premiers digits par le nombre de soupapes : c’est la première Ferrari à se doter de 5 soupapes par cylindre. Avec une puissance de 380 chevaux, soit 109 chevaux au litre pour un moteur atmo, elle était annoncée comme pouvant flirter avec les 300 km/h et atteindre les 100 km/h en moins de 5 secondes… en 1995 ! La F355 Spider croisée à Corbas n’était pas dotée de la boîte robotisée F1, disponible pour la première fois dans la gamme du constructeur sur ce modèle.

Et les autres…

A côté des belles de Modena, d’autres voitures s’exposaient. Et comme à chaque fois lors de ce type de rassemblement, de jolies surprises nous attendaient : une anglaise, une italienne et une russe !

Jaguar XJ-S

Une Jaguar XJ-S Cabriolet Celebration pour être précis. Cette série spéciale, plus spécifiquement développée par Jaguar pour le marché US à l’occasion du 60e anniversaire de la marque au vu du succès du modèle outre-atlantique, est aussi la dernière série de XJ-S produite. Le modèle rencontré est la « 39e dernière », de 1996. Une pièce intéressante à défaut d’être vraiment rare avec 4032 cabriolets produits, que son propriétaire actuel a ramené d’Amérique du Nord, et a profondément remis en état. Sous le capot, un 6 cylindre en ligne, un classique chez Jaguar, de 4 litres de cylindrée : le moteur AJ6, à 2 ACT et 24 soupapes, dont la puissance culmine à presque 250 chevaux. La XJ-S Celebration est aussi la version la plus luxueuse produite : ronce de noyer « sapwood », cuir marqué du « leaping-cat », jantes « Aerosport »… La firme de Coventry a vraiment fait un beau pied de nez à l’histoire avec cette série dont la fin de carrière a provoqué l’engouement des acheteurs en totale opposition au début de commercialisation, en 1975, où la ligne de la XJ-S paraissait bien fade !

Lancia Flavia

Côté italienne, c’est un cabriolet Flavia de 1963, « dans son jus », qui m’a fait craquer. Déjà, c’est un des rares cabriolets à disposer de 4 vraies places. Dessiné par Michelotti, construit chez Vignale, sa ligne est équilibrée et dépouillée : belle en tout simplicité. Son nom, aussi, est un appel à la Dolce Vita : Lancia Flavia Convertibile Vignale. Une belle carte de visite pour cette traction avant. Le moteur, 4 cylindres à plat, du modèle croisé à l’AMCA a été refait et tourne comme une horloge. L’habitacle est patiné à souhait, mettant en évidence que la voiture a été entretenue, mais n’a pas subi de lifting complet malgré ses 50 ans bien tassés. Bref, une voiture que l’on ne croise pas à tous les rassemblements !

Gaz Volga

A son arrivée, elle a attiré tous les regards. Quelle est cette voiture ? Alors, on s’approche, on s’interroge et la plaque d’immatriculation commence à nous aiguiller : un modèle russe. On s’approche encore… Un renne bondissant orne le bout du capot : une Gaz. Modèle Volga. 100% dans son jus, la voiture est venue, d’après son propriétaire, directement de Russie et par la route ! Celui-ci nous confie également que cette Volga est sortie des chaines de Nijni Novgorod en 1958. Familliale populaire haut de gamme, son petit 4 cylindres développe 65 chevaux qui sont mis à mal par les 1,3 tonnes de l’auto. L’origine soviétique est trahie sur la plaque moteur par 4 lettres, CCCP en cyrillique, c’est-à-dire URSS. Une pépite puisqu’il ne doit y avoir en France que 2 ou 3 modèles identiques ! On en avait vu pendant le Monte Carlo Historique et on vous raconte toute sont histoire ici.

Pour conclure

Un beau dimanche donc, passé en compagnie de belles auto mises en valeur par un temps magnifique, bien qu’un peu froid. Une première manifestation en région Rhône-Alpes fort agréable, et de belles rencontres automobiles.

Fabien
Un lion et un cheval cabré m'ont fait aimer les voitures de mon enfance... Un livre, «La maîtresse d'acier» de Pierre Coutras, et des légendes, Fangio-Moss-Hawthorn, m'ont conduit à me passionner pour des bolides plus ancien.
A mon tour de partager avec vous.

2 commentaires sur “Les Ferrari étaient à l’honneur à Corbas”

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