Triumph Spitfire

Essai d’une Triumph Spitfire 1500 : Devenir un gentleman, leçon 2

Que faut-il quand le soleil commence à pointer le bout de son nez ? Un cabriolet ! Et quoi de mieux pour se sentir heureux qu’une petite virée en Triumph Spitfire 1500 au milieu de la campagne ? Honnêtement, pas grand chose. Pour lire la leçon 1, c’est ici.

Histoire de la Triumph Spitfire

Ultime héritière de sa lignée, la Spitfire 1500 descend de quatre générations avant elle. Malgré tout, il faut remonter un peu plus loin dans le temps pour trouver son origine : en 1957 avec le projet “Bomb” (présenté officiellement en 1960). L’objectif de son concepteur, Harry Webster, était de pouvoir proposer au grand public une petite sportive bon marché une gamme en dessous de la famille des TR, à l’image de l’Austin-Healey Sprite ou la MG Midget. Harry Webster contacta Giovanni Michelotti (auteur de la Triumph Herald sur laquelle est basée le projet) pour réaliser un prototype. Après quelques déboires dus à une crise financière, le projet sera mis sous bâche et est déterré un an plus tard lors du rachat de Triumph par Leyland Motors qui étudia sa mise en production pour une validation par le conseil d’administration en juillet 1961.

Bien que le prototype soit beau, impossible de lancer une production en l’état. Plusieurs modifications devaient être opérée, à commencer par le châssis qui a été raccourcie. En effet, la Triumph Herald est une quatre places, et il n’était pas question de réaliser sportive abritant plus de deux personnes. Le moteur de l’Herald, un 948 cc a été jugé trop faible pour atteindre les performances ciblées. La Spifire s’est donc faite offrir le moteur de la seconde génération de Herald (la Herald 1200) : un 4 cylindres de 1147 cm³. Comme il faut pouvoir mieux arrêter ce qui roule plus vite, l’équipe projet décide de mettre des freins à disque à l’avant en série (ce qui était une option sur la Herald coupé). L’aspect freinage va différencier la Spitfire de ses concurrentes : L’Austin-Healey Sprite et la MG Midget qui sont toutes deux équipées de tambours aux quatre roues.

Ce qui a motivé Triumph, c’est d’offrir mieux que la concurrence tout en limitant les coûts. C’est notamment pour ça que l’ensemble des compteurs avaient été placés au centre du tableau de bord afin de n’en avoir qu’un à produire que la conduite soit à droite ou à gauche : malin ! La Triumph Spitfire Mk 1 sera finalement présentée au Salon de l’Automobile de Londres Earls Court le 17 octobre 1962 et aura son triomphe !

La Triumph Spitfire 1500

L’origine du dessin de la Spitfire est italien… Il est donc peu étonnant de voir chez Alfa Romeo un spider aux mêmes inspirations… Vous ne me croyez pas ? Regardez notre essai.

L’aspirante à devenir une lady

Comme dit précédemment, la Triumph Spitfire 1500 est la dernière de sa lignée, et pourtant ses courbes n’ont pas beaucoup évoluées depuis la première génération presque 20 ans plus tôt.

La Spitfire est un petit roadster anglais qui respecte les codes de sa catégorie : elle est fine, elle est basse, elle est racée et pourtant sans extravagances ! Avec un look moins agressif que ses grandes sœurs les TR, elle n’en reste pas moins élégante avec un esprit sportif.

Le modèle essayé est légèrement différent de l’origine mais ce n’est pas pour déplaire. Cette Spitfire a vu sa garde au sol rabaissée, s’est fait monter des jantes de Triumph Dolomite ce qui accentue son coté sportif. En contrepartie, bien que cela lui aille à ravir, elle dispose d’une “véronique” sur le coffre, ce qui laisse à penser que le volume du coffre ne permet pas de ranger grand chose, après tout elle est censée être sportive ! Et honnêtement, ce bleu lui va à merveille ! C’est une voiture faite pour rouler décapotée !

Par contre, elle mérite qu’on tape du poing sur la table : regardez les rétroviseurs… C’est indigne de mettre une horreur en plastique comme ça là dessus… Ceux-ci ne sont pas forcément d’origine mais les rétros métalliques et chromés existent.

Âme digne d’une grande

L’assortiment de son bleu extérieur et de son cuir beige écru à l’intérieur est très beau. La finition boisée du tableau de bord est du plus bel effet. Les manos et interrupteurs se côtoient sans soucis et l’ensemble des commandes sont accessibles aisément. Un petit emplacement situé derrière les sièges permet de déposer quelques effets personnels et/ou de loger une partie de la capote quand celle-ci n’encombre pas la vue du ciel. Malgré tout, pour profiter pleinement du confort qu’elle propose, je pense qu’il ne faut pas être trop grand, il n’y a pas de place à revendre à l’intérieur.

Son petit cœur

A l’image de la Jaguar Type E, il faut tirer sur les deux poignée de part et d’autre de la Spitfire pour ouvrir et faire basculer son capot vers l’avant. Une fois dessous, mon dieu que plus de place que dans l’habitacle, se dévoile son 4 cylindres gavé par deux carburateurs Weber DCOE 40 et accompagné de sa boîte mécanique 4 rapports avec overdrive (on y reviendra plus tard). Pour la laisser s’exprimer sans filtre, après tout ce n’est pas une lady donc elle peut se le permettre : un échappement en inox !

Promenons nous dans les champs

Elle nous charme

Allez on s’installe ! Quoique… Première chose à faire, on décapote il fait un temps sans goutte ! On se laisse glisser jusqu’au fond du siège jusqu’à avoir l’impression d’être assis sur un coussin posé sur le bitume. Un coup de clé et la voilà qui commence à chanter.

On descend les vitres électriques, on cache l’autoradio anachronique et on file se promener sur les routes de campagne. C’est ahurissant comme on se sent libre d’un seul coup, elle est incroyablement simple et douce à conduire. Dans ce genre de situation, on ne pense pas du tout à regarder les informations délivrées par le tableau de bord, on se laisse porter par la route et on fait bêtement confiance. Dans une optique de promenade à ciel ouvert, pas de risque de se faire rattraper par des uniformes, non. Tout s’accorde, le regard, le toucher, le son, la senteur du printemps…

Celui qui la capote n’a rien compris et serait presque indigne de la conduire ! Bon… des fois, il pleut donc il sera excusé.

Comme évoqué, la Triumph Spitfire dispose de l’option d’overdrive : c’est un système qui permet d’avoir des rapports bâtards. L’overdrive est un équipement ajouté entre la boîte et le pont qui contient des pignons, un embrayage et une pompe à huile, le tout commandé directement sur le levier de vitesse. La boite dispose de 4 rapports à l’origine, l’overdrive va permettre de multiplier par 0,8 environ le rapport de transmission, donc diminuer le régime moteur à une vitesse donnée. D’où le terme de rapports bâtards, sur nationale on peut disposer d’une 3ème bis et sur autoroute d’un simulacre de 5ème. Très efficace pour le confort : moins de bruit, moins de consommation et moins d’usure moteur. Une sorte de mode “éco” avant l’heure.

On n’oublie pas sa première fois

Une fois n’est pas coutume, pied droit vers le plancher ! Le quatre cylindre s’exprime au travers de l’inox, et ça réveille l’esprit d’enfant qui sommeille jamais loin en nous. Mais attention, nous ne sommes pas dans une voiture de compétition et sa se sent, à la limite de l’effrayant.

En conduite sportive, le châssis est d’une souplesse déconcertante, on sent la voiture bouger avec la route ce qui laisserait penser que le seul élément rigide est le volant et qu’il faut s’y accrocher comme à la prunelle de ses yeux. Le moteur quant à lui, il suit sans sourciller : émotions garanties sans devenir un bandit de grand chemin. Etant une propulsion et légère de surcroît, attention à ne pas se faire surprendre en sortie de virage appuyé en seconde, elle pourrait vouloir prendre le dessus.

Conclusion

Comme pour une première fois, elle est imparfaite ! Derrière ses airs, la Spitfire cache son coté joueur et sa maladresse ! Un peu plus de pratique et d’entrainement ne serait pas un luxe pour pouvoir exploiter cette petite en toute sérénité.

Avoir une Triumph Spitfire dans notre garage

Mais je dis oui ! Par contre, quitte à faire une entorse à l’origine, il faut remplacer ces rétroviseurs ignobles. Niveau coloris, je resterai sobre pour conserver un certain niveau d’élégance.

Le propriétaire m’a parlé de son hard-top qui lui donnait un look sympa selon lui, nous en avons brièvement discuté mais, sans vouloir lui faire de tort, cette Spitfire doit rouler décapotée ! Quitte à vouloir mettre du dur dessus : il faut acheter une Triumph GT6 !

Les plusLes moins
Une ligne racéeUne anglaise faussement cossue
Cabriolet de libertéLéger manque de sportivité
Confort serréChâssis hasardeux
Image
Entretien
Plaisir de Conduite
Ergonomie
Facilité de conduite
Note Totale
Fiche Technique de la Triumph Spitfire 1500
Mécanique Performances
Architecture4 Cylindres en ligneVmax159 km/h
Cylindrée1493 cm³0 à 100 km/h13,5 s
Soupapes8400m da18,9 s
Puissance Max72 ch à 5500 tr/min1000m da35,5 s
Couple Max111 Nm à 3000 trs/minPoids / Puissance12,7 kg/ch
Boîte de vitesse4 rapports manuelle + overdrive

TransmissionPropulsion
ChâssisConso Mixte8,4 L/100 km
Position MoteurLongitudinale avantConso Sportive11,2 L/100 km

FreinageDisques AV et Tambours ARCote 197530.200 frs
Dimensions Lxlxh378 x 149 x 116 cmCote 201915.000 €
Poids915 kg

Pierre
Rédacteur à News d'Anciennes
Chauffeur officiel pour les travellings, il lui arrive de passer derrière le volant.
Propriétaire, de 4L, d'Alfa GTV, malheureusement pas grand chose en état de rouler !
Benjamin on Email
Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

9 commentaires sur “Essai d’une Triumph Spitfire 1500 : Devenir un gentleman, leçon 2”

  1. Cette Triumph n’est pas le reflet de la voiture d’époque. Trop de modifications. Au vu de la voiture, j’ai carrément survolé le texte.
    L’idéal pour l’essai ? Une Spit MK4 en 1300 d’origine. trouvez-en une et refaites l’article 🙂

      1. C’est vrai. Le problème de la Triumph, c’est que son joli dessin est trompeur. Ce n’est absolument pas une voiture sportive ! C’est une voiture de promenade, qui permet de rouler dans la circulation actuelle.

        Si quelqu’un recherche une voiture vive et franche, nos amies milanaises sont là pour ça 🙂

    1. Les spitfires 1500 en bon etats ne sont pas si rares ! Dommage d avoir choisi un exemplaire autant bidouillé .cela devient une caricature de spitfire et de plus illegal(carburateurs, tailles des pneus)

    2. Ne pas oublier qu’a la base on essaye ce que l’on trouve ;). Je vois déjà la réponse: des spitfire il y en a plein, certes, sauf qu’on a pas forcement envie de se taper 500km pour un cab anglais de 80ch, surtout lorsque c’est de notre poche. Concernant les modifications apportées à un véhicule, qu’elles soient bien faites ou non, elles font partie de son histoire, on essaye pas du neuf, et l’auto sous cloche ne nous intéresse pas forcement. Quant aux injonctions, l’idéal: n’en faites pas. Personnellement j’ai pris beaucoup de plaisir au volant de cette petite anglaise (jusqu’à la panne sèche) malgré sa non conformité à l’origine.Ne serait-ce pas le plus important finalement? Un peu d’ouverture d’esprit ne fait pas de mal.

  2. La 1500, est une bonne machine.
    Le chassîs et le train avant sont dignes d’une voiture de course, mais le train arrière simpliste et léger lui donne cette drôle de sensation à la conduite.
    Pour les modifs moteur,il est plus intéressant d’avoir un allumage électronique que des weber.
    Bien régler les su consomme moins avec de meilleures performances.
    J’aime bien la conduite sans assistance.
    La route, le pilote, et presque rien entre les deux, juste une Spitfire…

  3. Je suis propriétaire d une mk2 de 1966 superbe,s est autre chose avec roues a rayons du chrome des rétros obus sur les ailes.enfin bref s est plus rétros et puis s est ma voiture.bonne journée.

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