Balade d’Automne dans l’Aube, deuxième partie

J’ai bien cru ne pas pouvoir donner de suite à ma première balade automnale (lire : Balade d’Automne dans l’Aube, première partie), tant la météo de ces dernières semaines s’est avérée pourrie. Finalement, c’est un samedi matin par un ciel mi-figue, mi-raisin que j’ai pu aller prendre l’air. Et surtout profiter des tout derniers instants de l’automne. Cette fois ci au volant de mon fidèle e30 qui commençait à devenir jaloux de sa petite sœur.

Première partie : Rendez-vous aux aurores avec les vignes

Même si je ne suis pas adepte de la grasse matinée, je dois admettre que de temps en temps, cela fait du bien. Faut dire que le train de vie imposé par notre société occidentale est par moment difficile à soutenir. Et qu’un peu de repos peut s’avérer salvateur. Bref ce matin-là, c’est à 6h00 que le réveil a retentit. Cette fois ci pas question de tergiverser, tout juste le temps d’engloutir un café bien serré, et en voiture ! Pourquoi tant de hâte ? Tout simplement parce que j’ai rendez-vous avec un compère de peine. Enfin, vous me direz il y a pire souffrances que d’aller se balader en rase campagne, entre vieilles BMW.

7H15 tapantes, le 735 (que vous reconnaissez peut-être, lire : Essai d’une BMW 735i, la berline en avance sur son temps) arrive sur le lieu de rendez-vous. Dans cette allée bordée de platanes à l’architecture défraîchie, l’ambiance est très polar. Le temps de se saluer, de faire le tour des autos, nous voici en route pour la campagne. Cette fois ci direction le sud du département. Nous aurions pu emprunter la départementale 671 direction Bar sur Seine mais vue que l’on a un peu de temps devant nous, la route utilisée sera une parallèle plus tranquille. Cette section a aussi le mérite de nous faire passer dans de nombreux villages assez typiques du coin. D’ailleurs pendant que j’écris ces mots notre cortège franchi Bar sur Seine et le jour pointe le bout de son nez.

C’est l’occasion de marquer une courte pose du coté de Neuville sur Seine. Plus précisément sur le point de vue de notre Dame des Vignes. Même si on ne s’en est pas rendu compte à cause de la nuit, la variété du paysage nous saute à la figure, depuis ce petit promontoire de la cote des bars. Fini la plaine de Seine, place aux vallons et au vignoble de champagne. Pour les amateurs de vieilles pierre, on retrouve une statue de la vierge au sommet de cette colline. Erigée en 1864 cette sculpture haute de 23m avait pour vocation de protéger les vignes. Mais ce matin c’est surtout pour la vue imprenable sur la plaine de seine que nous nous y sommes rendus.

Deuxième partie : Au cœur du circuit touristique du champagne

Après cette courte halte, reprenons la route. Cette fois direction Gyé sur Seine, un petit village typique du sud du département, tout en vieilles pierres et regorgeant de nombreuses maisons de champagne. Il est presque 9h, la route est dégagée et le soleil pointe le bout de son nez. On peut désormais envoyer un peu plus sur la petite départementale qui mène à Essoyes. Malgré son déficit de puissance le 320 arrive à tenir tête au M30B35 de la série 7. Enfin ce n’est valable que dans les petits enchaînements du Barcequanais. Car une fois que le tracé cesse enfin de tourner le 735 se charge de remettre les pendules à l’heure. Rien à faire j’ai beau faire cracher ses tripes au 2.0, la grande limousine prend le large.

Et c’est de bon train que notre cortège s’engouffre dans les ruelles étroites d’Essoyes. Si ce nom vous évoque quelque chose, c’est normal. Car un certain August Renoir y séjournait l’été entre 1888 et 1919. Un musée lui est d’ailleurs consacré, et son atelier est visitable. Mais bon, à cet instant on s’en moque. Tout ce que l’on recherche c’est une terrasse au bord de l’Ource histoire de prendre un café, tout en profitant de l’ambiance offerte par cette commune rurale. Malheureusement basse saison oblige, nous sommes contraints de nous contenter d’une petite table dans l’angle d’une boulangerie en guise de repère de brigands. Un croissant, un café, autour d’une bonne discussion automobile, et nous voilà requinqués prêt à remettre le couvert.

D’ailleurs nous voici en route pour le village de Verpillères sur Ource. Là encore il s’agit d’une bourgade typique du sud de l’aube, la route qui permet de s’y rendre est elle aussi forte sympathique. Offrant de beaux panoramas sur la vallée de l’Ource, le tracé est aussi assez amusant. En tout cas au volant du 320, cela dit Michel dans sa 735 ne semble pas en reste, surtout quand on connait les qualités dynamiques de son auto. Par moment je dois même avouer peiner à le suivre, il faut dire qu’il adopte une conduite typiquement 80’, et que mes 129ch sont vraiment justes. Mais je ne boude pas mon plaisir à faire filer les vignes et les lignes blanches sous le râle enchanteur du 2.0L.

Troisième partie : En route vers le plateau de Blu pour une déconvenue

A ce rythme-là, il ne nous faut pas bien longtemps pour avaler les quelques kilomètres qui nous séparent de Fontette. D’ailleurs c’est à mon tour de reprendre la tête du cortège en direction de Noé les Mallets. Et je compte bien en découdre avec cette grosse berline, surtout que, le tracé désormais sinueux est à mon avantage. Enfin pas trop vite car il ne faudrait pas louper le plateau de Blu, qui constitue le point d’orgue de cette virée matinale. D’ailleurs en parlant du loup… Le voilà qui pointe le bout de sa queue. Et il faut bien avouer que la vue est canon. Face à nous, l’horizon s’étend à perte de vue, entre collines, vignobles et forêts. Avec les lacs d’orient ce panorama constitue l’une des pépites majeures du département.

Cela dit la météo commence à tourner. Le ciel se couvre et l’ambiance devient menaçante, remarque, ce n’est pas ça qui va nous empêcher d’admirer nos montures. D’ailleurs même si on retrouve beaucoup de similitudes dans leurs dessins, cet arrêt nous permet de constater à quel point elles sont opposées. D’un côté ce petit coupé, de l’autre la limousine, la Serie 7 me semble aussi beaucoup plus trapue et musclée que la frêle série 3. Qui pour moi offre une ligne plus pure et un poil plus équilibrée. Dans les deux cas, elles n’ont pas pris une ride, et distillent toujours autant de plaisir qu’à leur sortie d’usine. Enfin quand elles décident de démarrer.

Et oui à force de laisser mes feux allumés j’ai fini par vider la batterie de ma belle. Enfin ce n’est pas grave, les câbles sont dans le coffre. C’est aussi ce genre de déconvenues qui font le « charme » des vieilles caisses ! Certains auraient paniqué, nous c’est en mode rigolade du genre : « quel couillon ! » que l’on branche les pinces. A force de mettre les mains dedans on finit par ne plus trop baliser au moindre refus de démarrage, et au cas où, les outils ne sont jamais bien loin. Un coup de clé et le 2.0L reprend vie. Sur cette petite déconvenue notre cortège reprend la route direction Troyes. Et dieu seul sait que la route est amusante.

Quatrieme partie : Crochet lacustre pour le retour

Jusqu’à Vendoeuvre sur Barse les courbes s’enchaînent. Étonnamment vue la topographie, le tracé est assez technique. Faut dire que les voies ne sont pas bien larges et que la chaussée est plutôt cahoteuse. Cette fois le 735 ne parvient pas à tenir le train imposé par sa petite sœur, mais ce n’est pas pour autant que mon compère de promenade n’a pas le sourire. Au final on est juste en train de jouer comme deux gamins, et cela se ressent particulièrement à l’approche de ces deux lacets sortis de nulle part à hauteur d’Eguilly sous-bois. Je crois qu’à ce moment-là nous devions avoir 8 ans d’âge mental. D’ailleurs, trop occupés à faire du bruit, on ne se rend pas compte des kilomètres qui filent. Tant est si bien qui ni une ni deux nous voici arrivés à Vendoeuvre sur Barse.

Une fois la bourgade derrière nous, direction le lac de la forêt d’orient. Cette fois, les vignes et vallons ont définitivement disparus pour faire place à une chouette route forestière. Plus plate, plus rectiligne, mais pas forcément moins sympa. Surtout lorsque l’on découvre le lac asséché à hauteur de Geraudot. Aujourd’hui, il y a encore moins d’eau que lors de la balade précédente. Mais j’aime beaucoup ce paysage un peu « what the fuck ? », et je voulais le faire découvrir à Michel. Alors c’est l’occasion de faire une dernière petite pause avant de repartir pour Troyes. Et vue la surprise qu’il a eu à la vue de cette vaste étendue de vase, cela aurait été dommage de ne pas faire le crochet.

Cela dit, toute les bonnes choses ont une fin, et notre duo bavarois se dirige désormais vers Troyes. Histoire de faire durer le plaisir, nous empruntons un dernier chemin de traverse qui nous conduit du côté du village de Dosches connu pour son moulin à vent. Et qui nous fait aussi longer le fameux balcon des lacs. Une portion un peu courte mais qui a l’intérêt d’offrir une belle vue sur la plaine de la forêt d’orient. Au loin, on aperçoit déjà les tours de la cathédrale St Pierre-Saint Paul, cette fois nous ne sommes vraiment sur la fin de cette balade. Peu à peu le trafic se densifie et nous voici désormais en plein centre-ville à l’heure du repas. Il est temps pour nous de clore cette échappée à deux.

Conclusion

Pour nous ce fut encore une matinée sympathique à découvrir notre département. Et on ne peut pas dire que la balade fut décevante. Au contraire arpenter des petites routes de campagnes au cœur de paysages aussi chouettes que variés est un réel plaisir. D’autant plus qu’aujourd’hui il était partagé. Et mine de rien, le fait de pouvoir, s’amuser, s’arrêter, discuter de nos impressions, regarder nos autos c’est toujours un chouette moment.

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Mark
Rédacteur-Photographe à News d'Anciennes
Passionné de photo et de sa BMW E30, Mark a rejoint News d'Anciennes courant 2016.
Essais, road-trip, reportages, tout l'intéresse du moment qu'il peut sortir son appareil photo.

3 commentaires sur “Balade d’Automne dans l’Aube, deuxième partie”

  1. Vraiment très sympathique votre promenade dans l Aube et cela me donne l envie de faire la même !
    On ne regarde pas assez le paysage.
    Merci pour votre commentaire.
    Emmanuelle

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