La Corrado VR6, une nouvelle trentenaire aux deux visages

Pour notre premier essai de l’année, c’est une voiture qui fête ses 30 ans cette année que j’ai choisi. Le Volkswagen Corrado fait officiellement son entrée dans le monde de la collection. Et ce n’est pas n’importe quel auto que j’ai conduit, mais un Corrado VR6, le top du genre.

Petite histoire du VW Corrado

C’est donc en 1988 que débarque le Corrado. Il prend la suite du Sirroco comme coupé de la gamme Volkswagen. La base mécanique est celle d’une Golf de seconde génération. Seul le train arrière est différent, il provient de la Passat troisième génération.
Assemblé par Karmann, suivant ainsi une longue tradition chez VW, voir notre article sur Karmann-Ghia Type 34, il reprend un style hatchback moderne et plutôt fin au niveau aéro, le Cx est de 0,32. L’équipement est riche et comprend ABS, vitre électriques, direction assistée, ordinateur de bord ainsi qu’un aileron qui se déploie à 120 km/h !

Au lancement, un seul moteur est disponible. Le Corrado G60 embarque un 1.8 litres gavé par un compresseur qui sort 160 chevaux. En 1989 arrive une version d’entrée de gamme, la version G60 étant particulièrement chère. C’est le 16S dont le moteur n’a plus de compresseur et qui sort encore 136 ch.
Le G60 va disparaître en 1991 tandis que le 16S reçoit un moteur 1984 cm³ catalysé de 136 ch toujours.

En 1992 sort le Corrado VR6. Il reçoit un moteur 6 cylindres avec un V très fermé. Avec une cylindrée de 2861 cm³, la puissance bondit à 190 chevaux. Le style est légèrement revu avec une nouvelle calandre et de nouveaux antibrouillards.
Dernière évolution en 1993 avec l’arrivée du Corrado 115 pour autant de chevaux sortis d’un 2 litres à 8 soupapes.

Le Corrado tirera sa révérence en 1995 après 97.521 exemplaires produits.



Notre Corrado VR6 du jour

L’extérieur

Un Corrado VR6 Rouge ? C’est une voiture qui a été repeinte, oui, mais dans sa teinte d’origine, code LC3M ! La voiture vient de Belgique et son premier propriétaire, en 1992, avait opté pour cette teinte relativement peu courante. Les Corrado sont souvent de couleur sombre, celle-ci doit détoner au milieu de ses cousines lors des rassos !

Mis à part les jantes, qui n’ont rien de VW, ce Corrado n’a pas subi d’autre modification extérieur. Il expose fièrement sa plastique des années 80. Des formes de coupé hatchback, tout en gardant un avant qui rappelle bien que la voiture est une VW et même… une Golf. La ligne rappelle presque une Audi Quattro à empattement court. On reste dans la sobriété, qui a dit l’ennui ? Non la ligne reste élégante mais manque un peu de caractère.

Gardons quand même à l’esprit que les concurrentes de la Corrado VR6 se sont appelées Alfa Romeo GTV 916, au style plus flamboyant mais plus clivant, ou Mazda RX7, plus ronde mais également assez tristoune.

Dernier point, l’auto est compacte. Pas très longue, pas très large, on se demande comment on loge une 2+2 dans si peu de volume. La hauteur elle-même est faible. L’intérieur ne promet pas le grand espace !

A l’intérieur

Intégristes du full stock, passez votre chemin. Cette Corrado VR6 là a été refaite. Et ça passe aussi par l’intérieur. Outre la sellerie qui a gagné des couleurs, tous les plastiques et le ciel de toit sont recouverts d’une imitation carbone. On aime ou on aime pas. J’avoue être amoureux du full stock, mais je comprend tout à fait qu’on personnalise sa voiture selon ses envies.

Au niveau de la position de conduite, rien à dire. On la règle facilement, on est vite à l’aise et le siège maintient plutôt bien. J’avoue avoir fréquemment du mal à bien m’installer dans des autos, dans celle-ci, aucun soucis de ce côté ! Le levier de vitesse tombe sous la main Les compteurs sont bien lisibles et bien disposés. Les équipements sont ceux d’une auto du début des années 90 : autoradio, vitres électriques et ventilation comme seul luxe ! On est ici en présence des premiers tableaux de bord… c’est difficile de s’y retrouver entre les séries.

Par contre je ferais l’impasse sur la banquette arrière. La place n’est pas grande et même si un adulte peut s’y loger, je doute qu’il y passe un bon voyage. Comme sur beaucoup de 2+2, c’est plus pour dépanner que pour vraiment embarquer les amis !

Sous le capot

Sous le capot, il n’y a guère de place. Pourtant le moteur n’occupe pas tout le compartiment, il est rejeté sur la gauche du compartiment. On voit par contre tout l’intérêt de cette architecture VR6. Le moteur est particulièrement compact, à la fois court et pas très large. Mais ce sont les accessoires qui prennent de la place, en même temps le capot ne culmine pas très haut.



Au volant du Corrado VR6, à l’aise

C’est l’heure d’arrêter de la regarder et de la faire rouler. Pour cela, quelques petites routes Seine et Marnaises qui bénéficient de la douceur de cette fin décembre et du soleil ! On aurait pu tomber plus mal.
La position de conduite est donc facile à trouver, même sans dérégler le dossier très incliné par le propriétaire de l’auto. Pas besoin de toucher au volant, simplement de se rapprocher. Le moteur s’ébroue sans forcer c’est parti pour un petit bout de ville.

La Corrado VR6 s’y comporte comme n’importe quelle compacte ou citadine des années 90. La boite n’est pas très longue et on passe facilement la 4 quand on arrive à rouler à 50. La commande de boîte n’est pas la plus rigoureuse qui soit. Le guidage n’est pas sur des rails, mais le levier va là où on lui demande et se verrouille sans trop de surprises. La direction n’est pas lourde, bref, on serait dans une Golf diesel que le comportement citadin ne serait pas différent.

Les petites routes s’ouvrent

Et on peut lâcher les chevaux. Le moteur a du couple, la relance depuis la 4 est facile… et en fait on est vite à 90 km/h. On se cale en 5e, tout se passe bien. L’auto n’a pas ses amortos d’origine, mais en tout cas son comportement est très bon. Pas de surprise, ça vire quand on lui demande, et sur nos départementales franciliennes, forcément en état moyen, on évite même le pompage maide in VW ! On se balade sereinement, sans avoir peur de doubler. Le moteur plein ne nous lâchera pas si on a besoin de lui. Pour le moment, il a un comportement de moteur “normal”. Pas un caractère mécanique très joueur en roulage classique. Un moteur essence avec quelques chevaux et parfait pour voyager.

Mais il y a quand même des chevaux sous ce capot. Alors va falloir voir ce que ce moteur a dans le ventre. Sortie de village, la route est mauvaise, mais je tape dedans quand même. Le VR6 est chaud et le Corrado décolle. Mais plutôt que de passer la 5, je reste en 4. Et bein ! Mais il est là le moteur. Ce VR6 me rappelle le V6 PRV de la Peugeot 604 ! C’est au dessus des 3000 tours qu’on commence à s’amuser.

Le bruit arrive, les chevaux aussi. La départementale ne fait pas peur à ce coupé VW et les virages s’enchaînent. La conduite est assez facile, pour autant avec une route dans cet état, je vais rester à tirer sur la 4. C’est tellement plus sympa. Je croirais presque que j’ai changé d’auto ! J’évite juste de trop regarder le compteur, l’aiguille n’est pas vraiment là où on voudrait qu’elle soit (et on est encore limité à 90, heureusement).

Conclusion

Et bien la Corrado VR6 est une bonne voiture. J’ai essayé des autos qui ont plus de caractère, plus amusantes à conduire, plus puissantes, mais au final avec ce niveau de performance, c’est certainement la plus facile à conduire !

Une auto qui se conduit très facilement partout et qui saura s’énerver et se montrer performante si besoin. Une auto qui reste aussi sérieuse que sa ligne (et son blason) ne le laissent penser, bref, pas la plus fun de toutes, mais une auto qu’on doit considérer si on veut un daily qui envoie un peu de bois.

Avoir son Corrado VR6

Le Corrado VR6 est une voiture plutôt recherchée. Elle a fait rêver beaucoup de jeunes permis au début des années 90. Avec moins de 100.000 véhicules produits, on se situe à la limite de l’auto de grande diffusion.

La cote moyenne de l’auto grimpe, globalement on elle se situe aux alentours des 4500 € pour les versions 115ch et 16V. Les versions G60 s’échangent plutôt aux alentours des 6000 €. Quand aux modèles Corrado VR6, ils constituent le top des Corrado et on les trouvera plutôt aux alentours des 7500 €. Attention cependant, la cote monte sans cesse, environ 8% sur les 18 derniers mois.

Les pièces ne sont pas forcément chères, mais certaines, tels les monogrammes VR6 sont plus devenus rares. A l’usage, l’auto garde une conception moderne qui saura lui ouvrir les portes de la plupart des garages. La consommation ne sera pas un problème, en dessous des 10 litres à rythme “normal”, 13 litres en appuyant bien. Et les moteurs refaits à neuf et réglés correctement descendent même aux alentours des 9 litres !

Image
Entretien
Plaisir de Conduite
Ergonomie
Facilité de conduite
Les Plus Les Moins
 Très facile à prendre en main  Style intérieur et extérieur trop sobres
 Entretien adapté aux petits budgets  Une image de voiture tunée
 Performances  Une cote qui est amenée à s’envoler
Note Totale



Fiche Technique du Volkswagen Corrado VR6

Mécanique Performances
Architecture  6 cylindres en V à 15° Vmax  232 km/h
Cylindrée  2861 cm³ 0 à 100 km/h  6.9 s
Soupapes  12 (2 par cylindres) 400m da  15.1 s
Puissance Max  190 à 5800 tr/min 1000m da  27.5 s
Couple Max  25 mkg Poids / Puissance  6.36 kg/ch
Boîte de vitesse  5 rapports manuels    
Transmission  Traction
Châssis Conso Mixte  10 L/100km
Position Moteur  Avant Conso Sportive  13 L/100km
Freinage  Disques AV & AR    
Dimensions Lxlxh  405 x 168 x 132 cm Prix d’origine 1992  182.500 Fr
Poids  1.210 kg à sec Cote 2018  7.500 €

 

 

Benjamin on Email
Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

1 commentaire sur “La Corrado VR6, une nouvelle trentenaire aux deux visages”

  1. Wahoo quel retour en arrière à la découverte de votre blog. Que de souvenir aussi, puisque j’ai été l’heureux possesseur d’un corrado V6. C’était effectivement une bonne, voire très bonne auto et seule l’appel du fruit défendu qu’était l’Alfa Romeo GTV6 a reussi a me faire changer!

Laisser un commentaire