Technique : les pièces qui règlent le jeu axial des vilebrequins

Ça fait un petit moment maintenant qu’on a pas parlé de technique. Du coup ce samedi on vous propose de nous intéresser, avec Embiellage Collector, à une question spéciale sur nos moteurs. On connaît la problématique des jeux de fonctionnements radiaux, mais il ne faut pas négliger le jeu axial et les pièces qui influent dessus.

Ce qui crée le besoin du jeu axial

Accolé au moteur à explosion classique des véhicules anciens comme des modernes, on trouve une transmission. Pour la faire fonctionner, c’est via le mécanisme d’embrayage que l’accouplement se fait.
Donc, pour faire fonctionner l’embrayage, le conducteur appuiera sur la pédale correspondante ce qui aura fera se décoller les deux parties de l’embrayage. Ainsi cela stoppera la transmission de puissance. Le moteur tournera indépendamment de la transmission et des roues motrices. Enfin, quand on recollera les deux parties, le patinage maîtrisé permettra une bonne progressivité de la connexion entre les deux parties. C’est du moins la théorie de la chose.

Pourquoi est-ce qu’on vous parle d’embrayage dans un article sur le jeu axial du vilebrequin ? Parce que le fait de décoller l’embrayage et de le recoller entraîne inévitablement des petits chocs. Ces petits chocs remontent dans l’axe de ce décollement de disques, c’est à dire dans l’axe du vilebrequin (même si cela passe parfois par une cascade de pignons). Le vilebrequin bouge donc par rapport au bloc avec une marge maîtrisée, c’est le jeu axial.
Seulement les chocs et efforts axiaux, même s’ils sont faibles, finissent par faire des dégâts si ils ne sont pas rattrapés et accompagnés !

Comment encaisser le jeu axial

Pour cela, les motoristes ont développé des solutions simples. Plutôt que de créer , par usure, un jeu petit à petit, autant en laisser un directement et le réguler avec des pièces adaptées.
On utilisera donc le même principe que celui des coussinets, c’est à dire un matériau anti-friction.

Pour faire simple, en diminuant les frictions entre les pièces en latéral (car n’oublions pas qu’en plus de bouger axialement, le vilebrequin est également en rotation) on évite les points chauds et les usures prématurées, que ce soit sur le vilebrequin ou sur ces pièces spécifiques.

L’idée de base est donc une pièce plane, recouverte de métal antifriction. Dans l’idéal elle sera circulaire, comme ça on accompagnera au mieux la rotation du vilebrequin. Son épaisseur est fixée dès la conception du moteur et permet de calibrer ce jeu axial dans le moteur.

Les technologies utilisées

Pour ce type de pièces, plusieurs géométries ont été utilisées :

  • Les bagues massives
  • Des coussinets à collerette
  • Des cales latérales rapportées

Pour ce qui est des bagues, elles sont souvent suffisamment épaisses pour que la surface d’appui qui nous intéresse soit simplement le flanc de la pièce. Cette solution a beaucoup été utilisée, particulièrement avant-guerre. C’est la conception qu’on retrouve sur des Peugeot 402, et, de façon modernisée, sur les Peugeot 203 puis Peugeot 403.

Ensuite les coussinets à collerette sont très fréquents. C’est une solution utilisée jusque tard par certains constructeurs, spécialement dans des moteurs très sollicités. Des moteurs de Groupe B comme celui de la Nissan 240 RS leur faisaient confiance. On notera plusieurs approches, allant du coussinet de Citroën Traction avec des coussinets massif, que ce soit en épaisseur radiale et axiale ou des coussinets de Simca Vedette beaucoup plus fins dans leur conception.

La solution qui concerne la majorité des autos des années 60 à nos jours, c’est la cale latérale. Cette pièce en forme de demi-lune s’insère entre le bloc et le vilebrequin et le bloc. Elle peut être positionnée à l’aide d’un ergot selon certaine configurations. Par contre, les cales latérales ne seront jamais fixées sur le vilebrequin.

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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes

Passionné d’automobile ancienne, il a créé News d’Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.

Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu’elles sont un peu plus rapides !


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