A Coppet, on a croisé une Lamborghini 350 GT extraordinaire

C’est au concours d’Elegance Suisse à Coppet, au bord du Lac Léman, qu’on a croisé l’auto dont on vous parle aujourd’hui. Une Lamborghini 350 GT tout simplement exceptionnelle, et qui mérite plus que les quelques mots de l’article original, que vous pouvez lire ici.

L’histoire des Lamborghini 350 GT et 400 GT

« Lamborghini, vous êtes peut-être capable de conduire un tracteur, mais vous ne saurez jamais conduire une Ferrari convenablement. »

C’est cette phrase qui est derrière la marque Lamborghini et donc derrière la naissance de la 350 GT. Ferruccio Lamborghini a fait fortune. Il fabrique des tracteurs, et dépense son argent dans des voitures de sport. Son garage compte notamment une Mercedes-Benz 300SL, une Jaguar Type E, et des Ferrari qui ont des problèmes d’embrayage. C’est en faisant une remarque sur ces problèmes à Enzo Ferrari que Ferruccio Lamborghini se voit répondre cette phrase assassine. Piqué au vif, il décide de se lancer dans la fabrication de voitures de sport.

Il embauche Giotto Bizzarrini qui n’a pas encore créé sa propre marque mais déjà le moteur de la Ferrari 250 GTO et Gian Paolo Dallara, alors ingénieur châssis chez Maserati et dont on connaît également l’avenir.

La naissance de la Lamborghini 350 GT

Ces hommes vont donner naissance à la Lamborghini 350 GT qui est présentée en Mars 1964 au salon de Genève. Si le premier dessin est celui de Franco Scaglione, c’est la carrosserie Touring qui a repris le dessin et qui réalise la robe de l’auto, avec sa technique Superleggera, employant l’aluminium.

Le châssis est tubulaire mais c’est sur le V12 qu’on mise beaucoup. Il fait donc 3.5L, il est alimenté par 6 carburateurs Weber, comporte quatre arbres à cames en tête et il sort 270 ch à 7000 tr/min. C’est déjà un moteur de très haute performance, et il a été « assagi » par rapport au prototype !

Au total 124 exemplaires seront produits entre 1964 et 1967. 120 Coupés, 2 Spyder appelés 350 GTS et 25 GTZ revus par Zagato.

La Lamborghini 400 GT

En 1965, la voiture évolue. On augmente la cylindrée et l’auto devient 400 GT. Au passage, la Carrozzeria Touring, très mal en point, va vouloir faire des économies. Exit l’aluminium (sauf pour trois autos) et bonjour à l’acier. 20 autos de ce type seront produites avant que la 400 GT 2+2 ne prenne la relève.

La Lamborghini 350 GT du Concours d’Elegance Suisse

C’est Ermano Keller qui présentait son auto au Concours d’Elegance Suisse. Bonne idée qu’il a eu, l’auto remporte la classe des carrosseries italiennes ! Mais quand on pose des question à son sympathique propriétaire, on arrive vite à savoir pourquoi !

Une ligne parfaite, et un badge étrange

La voiture est de toute beauté, dans ce bleu pâle qui lui va à ravir. La ligne fourmille de détails. Les phares sont larges mais une seule optique est logée à l’intérieur. C’est le détail qui permet facilement de reconnaître la 350 de la 400 2+2. La peinture est superbe, les chromes brillent.
Les écussons Superleggera ornent bien sûr les flancs du large capot. A l’arrière, deux bouchons, un pour chaque réservoir. Même s’ils sont reliés, il y en a bien deux !


Tout à l’avant on trouve un drôle d’écusson. Le taureau, qui est toujours l’emblème Lamborghini est bien présent. Par contre, il est sur fond rouge et blanc.

Ermano Keller nous éclaire :

C’est encore le badge des tracteurs qui figure sur cette auto. C’est une des premières Lamborghini 350 GT, en fait c’est même la 6e voiture.

Quand on y réfléchit, ce n’est pas seulement la 6e Lamborghini 350 GT, mais c’est aussi la 6e Lamborghini de série à avoir été produite ! Wahou ! Un morceau d’histoire.

Un intérieur plus qu’atypique

La simple lecture du panneau devant la voiture aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. C’est marqué « Lamborghini 350 GT Coupé 2+1 ». Autant les deux places, on connaît, les 2+2 aussi, la 1+2 c’est la McLaren F1, mais 2+1 ?

Il y a eu 6 autos construites avec ce 2+1. Une seule place à l’arrière. C’est parfaitement inutilisable, et du coup Lamborghini a stoppé cette configuration… au bout de 6 autos. C’est la seule survivante des 6.

Donc notre auto est en plus… unique. Très bien. On remarque une superbe sellerie, bleue, qui se marie parfaitement avec la carrosserie.

La sellerie est d’origine. Jamais refaite.

Et bien elle aurait pû avoir 5 ans qu’on aurait dit pareil. Hors l’auto en a 53 ! Cet intérieur est superbe, bien équipé, avec suffisamment de cadrans pour montrer son statut, des basculeurs pour commander les différents équipements et un bel autoradio fixé devant le siège du vrai passager. Superbe.

Un moteur lui aussi comme neuf

Elle a 75.000 km d’origine, le moteur n’a jamais été refait.

Et il est superbe. De chaque côté du V12, les deux rampes de 3 carburateurs Weber double corps attirent l’œil.

Effectivement c’est dur à régler. Pour que les 6 marchent parfaitement ensemble il faut avoir une bonne oreille.

On remarque également une tête d’allumage au bout de chaque culasse et une bobine pour chaque. C’est confirmé par le propriétaire, l’auto est bien pensée et en cas d’avarie, ce système à carburateurs et allumage séparé permet théoriquement de rouler sur un seul banc de cylindre !

Conclusion

Des fois, il faut vraiment s’arrêter aux détails. Ce n’est pas seulement une Lamborghini 350 GT que l’on a sous les yeux mais une des toutes premières Lamborghini de l’histoire de la marque. Une auto unique et un morceau d’histoire automobile, tout simplement !

Et pour un « combien ça coûte », ça ne se pose pas comme question voyons !

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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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