Essais d’un Combi VW : Une autre façon de voir la route

L’emblème incontesté du Flower Power c’est le Combi VW split ! Une fois n’est pas coutume, on change de style ! On retire les performances, le luxe, et autres fioritures mais on ajoute une énorme dose de liberté et de sourire avec des moucherons sur les incisives…

Histoire du Combi VW

Autant la Coccinelle a des origines aux antipodes de son sex-appeal actuel, que le Combi lui a vu le jour après la chute des nazis. Et dès le départ, le concept était simple : une petite camionnette avec un moteur arrière. Ce dernier point est un peu perturbant quand on sait que l’élément recherché dans un utilitaire, c’est la place et la praticité du chargement.

De manière plus factuelle, en 1947, l’importateur néerlandais Ben Pon découvre un véhicule assez particulier alors qu’il est en visite dans une usine Volkswagen. Ce véhicule est tout simplement l’ancêtre du transpalette motorisé, il a été construit par les ouvriers de l’usine et leur servait pour le déplacement de charge lourdes (VW Plattenwagen). Ce véhicule lui inspira donc un nouveau type de voiture : volant à l’avant, moteur arrière et une structure en forme de caisse. C’est en novembre 1949 que le premier prototype verra le jour validé par le PDG de l’époque Heinrich Nordoff et il sera présenté en 1950 au salon de Genève avec les essieux et le moteur de Cox 1131 développant 24 cv.

LeCombi VW actuellement appelé Transporter, sera fabriqué en plusieurs versions différentes : du minibus au porte plateau en passant par le camping car. Aujourd’hui nous en sommes à la 6ème génération depuis 2015.

Le dodu “pimpé”

Lors d’une petite ballade au rassemblement Cox Avenue à Aix en Othe en mai dernier, j’ai eu l’envie de conduire un “camion” histoire de changer un peu. Benjamin avait conduit la Karmann Ghia Type 34, c’était mon tour de m’amuser ! C’est donc en déambulant que j’ai rencontré Félix, l’heureux propriétaire de ce splendide Combi split. Avis aux puristes : Ce Combi VW est légèrement évolué.

Le pépère

Le combi a fait l’objet d’une restauration absolument complète et s’est vu doté de quelques améliorations majoritairement axées sur le confort de conduite, pour nos routes actuelles, sans dénaturer le look du véhicule. En effet, pour améliorer sa tenue de route, le Combi VW a été rabaissé, chaussé avec des pneus plus larges, et doté de freins plus efficaces.

Quoiqu’il en soit, le look mondialement connu de ce van de hippies n’a pas changé. Extérieurement, il est sobre et a la dégaine d’une voiture playmobil. Afin de couper et d’affiner ce parallélépipède, une longue ligne traverse le coté de la caisse et vient se terminer en pointe à l’avant du combi. La pointe créée par cette ligne est ornée d’un immense logo VW, dans le doute au cas où on ne le reconnaîtrait pas au premier coup d’œil.

En général, cette ligne sert également de délimitation pour les modèles bicolores. Notre modèle est aussi largement vitré, ce qui le rend un plus civile et moins utilitaire. On ajoute à ça les deux pare-brises qui se relèvent pour apprécier les moustiques en roulant et on a le parfait mix du monospace, du camping-car et du cabriolet (il est fermé mais franchement, avec le pare-brise relevé, c’est le même effet ! Pensez à mettre des lunettes!)


Le Salon modulable

On se trouve dans une voiture à vivre, donc on va commencer par l’arrière. Cet espace est variable et aménagé selon les gouts de chacun, on peut vraiment tout faire ! De simples banquettes pour les passagers, au lit deux places avec placards et plaques chauffantes : pas de limite, c’est une camionnette à remplir à son image et à l’utilisation que l’on en a.

A l’avant, on reste dans le même esprit, rien de superflu : une banquette, un volant, les comodos et le compteur et c’est tout. C’est le coté utilitaire et pratique qui ressort. Le modèle essayé ayant été intégralement restauré, l’intérieur est magnifique, la sellerie est très confortable le tout bien plus “luxueux” que le Kangoo d’un artisan du bâtiment (sans vouloir être péjoratif).

La trappe cachée

Et oui… comme sur une Porsche ou une Cox, le moteur est à l’arrière… Donc pour le chargement de choses lourdes et volumineuse, on repassera.

Comme évoqué plus haut, le Combi VW que je vous présente a été “mis à jour” pour le confort et la souplesse de conduite sur des trajets importants de vacances. Sous ce capot, arrière, nous trouvons donc un moteur un peu plus puissant que ceux d’origine : un 1600 sur lequel je ne m’étalerai pas plus.

Arpentons les départementales

Hit the road Jack !

Quand on s’apprête à partir, première chose, il faut adopter la posture de conduite adaptée ! Rien à voir avec une voiture ou même une camionnette classique. Le siège est haut, le volant quasiment à l’horizontale et le plafond est bas, du coup deux possibilités :
– soit on se vautre de manière totalement nonchalante style canapé d’un dimanche pluvieux à regarder un documentaire sur la pèche
– soit on opte pour la position dite “à la cool” à savoir le bas du corps correctement positionné par rapport au siège et penché en avant pour nous permettre de voir par le pare-brise en posant les coudes sur le volant à 4h40 et les deux mains à midi…

Ensuite, les commandes , je vous passe l’accélérateur et le frein qui n’ont rien d’exceptionnel en soit et je m’attarde sur l’embrayage et la boite de vitesse. Le point de patinage est très haut, et très précis. Je vous rappelle la posture d’employé de bureau avec les jambes pour doser une pédale à presque 90°, il m’a fallu un peu de temps pour ne pas faire d’à-coups. Ensuite la boîte, les rapports il faut les trouver, pour un néophyte, c’est aussi aléatoire que dans une Cox : les vitesses ne sont pas alignées… Une fois qu’on a pigé et qu’on a trouvé toutes les vitesses, c’est intuitif, c’est juste un coup à prendre !

Il est temps de rouler un peu ! En dessous de 50, malgré les améliorations, c’est une catastrophe… Entre les rapports qu’il faut chercher une une direction ultra floue, faut être réactif (a priori, on s’y fait). Impossible de le garder en ligne droite parfaite. Les villages n’étant pas trop grand, on se retrouve rapidement sur les routes limités à 90, je dépasse donc 50 et je me sens mieux, les problèmes de directions disparaissent d’eux mêmes et la conduite devient tout de suite plus “normale” (on a toujours la posture magique avec le pare-brise levé).
Disons que les réactions du combi rentrent dans les normes. Grace à sa caisse rabaissée et ses pneus plus larges, le roulis est vraiment peu palpable ce qui est agréable quant à son gabarit. Si on regarde l’aspect freinage, je vais rester sur mon comparatif du Kangoo (ça parlera peut-être à certains) : au début de la pédale, il n’y a rien et puis ça se déclenche d’un coup de manière efficace sans bloquer les roues. En terme de reprise, malgré le 1600, on reste sur quelque chose de souple et mou. Pour le coup, ce n’est pas un reproche, on est toujours dans une “camionnette”.

Conclusions

Le Combi VW est un véhicule adaptable à tout pour le voyage ou le transport. La visibilité lorsqu’il est vitré est exceptionnelle si on sait rouler voûté, mais les rétroviseurs sont là pour la décoration. Les améliorations apportées par le propriétaire lors de la restauration complète sont vraiment un plus quand à l’agrément de conduite. Conduire un combi full origine doit être particulièrement sportif tout en s’armant de patience, car même dans cette configuration je ne l’aurai pas conduit d’une main.

C’est un véhicule à partager et à ne pas conduire seul pour pouvoir en profiter pleinement ! Essai vraiment peu habituel et très agréable, j’ai encore des moucherons collés aux dents.

Conduire un Combi VW

Un Combi VW tous les jours ? Me concernant ce n’est pas jouable ! Il est passe-partout, mais l’utilisation que j’en ferai ne correspond pas à une utilisation quotidienne. Pour partir en week-end ou en vacances avec des amis ou la famille, c’est exceptionnel, amusant et décalé. Le combi possède un capital sympathie immense, tout le monde le connait et le salue à son passage quelque soit son état, le modèle ou sa couleur ! Au delà du Flower Power, l’humain devrait s’en inspirer.

Merci à Félix, le propriétaire pour m’avoir fait découvrir le plaisir de rouler doucement !

Image
Entretien
Plaisir de Conduite
Ergonomie
Facilité de conduite
Les Plus Les Moins
Mondialement (re)connu Conduite complexe à basse vitesse
Fun Camionnette
Aménageable à volonté
Note Totale



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Pierre
Rédacteur à News d'Anciennes
Chauffeur officiel pour les travellings, il lui arrive de passer derrière le volant.
Propriétaire, de 4L, d'Alfa GTV, malheureusement pas grand chose en état de rouler !

11 commentaires sur “Essais d’un Combi VW : Une autre façon de voir la route”

  1. Que voilà un article politiquement correct! Mécaniquement, c’est autre chose…
    Il existe un excellent bouquin « les liaisons au sol » de Thierry Halconruy . A la portée d’un journaliste un peu versé dans la technique, ce qui n’est pas toujours donné.
    Le jeu dans la direction se règle, hé oui. Mais avec une suspension inutilement abaissée par un amateur, la tringlerie prend du jeu. D’autant que dans ce monde de m’as-tu-vu, on préfère des jantes qui claquent à une géométrie revue.
    Reprendre le jeu de la tringlerie de la boîte de vitesse, cela se fait, mais ça coûte plus cher que les vitres safaris, seules garantes du top 10 au meeting de Marcel et Ginette.
    Pensez-vous parfois à la sécurité ?

  2. Bonjour Lucas,
    Juste pour infos, il est rabaissé de façon a laisser les biellettes travaillées normalement. Tout est NEUF bien sur.
    Une boite de vitesse de vw ancienne ou même Porsche classic nécessite un peu de temps pour l’adopter. Pour le jeu au volant, je rappelle que c’est une vis sans fin, qui même neuve, elle a un peu de jeu. C’est seulement en 1980 que VW a placé une cremaillière sur les utilitaires.
    Avant de critiquer, renseigne toi… Ce combi a fait trois meeting en dix, alors le top 10 il s’en fou. Il fait le plaisir de son propriétaire, c’est le principal !!!!

    A tu déjà conduit une VW ancienne ou Porsche classic ????
    Amicalement
    Félix

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