Il y a 50 ans, Aston Martin luttait déjà contre Ford et Ferrari au Mans

Ce week-end aura lieu l’édition 2017 des 24h du Mans. Les copains de Boitier Rouge vont vous faire vivre le duel Ford vs Ferrari de l’intérieur en GT. Autre concurrente et non des moindre : Aston Martin. Déjà en 1967, au moment du duel mythique entre les Ferrari P4 et la Ford GT40, Aston Martin était aux 24h du Mans ! Retour sur cette aventure oubliée.

1967 : Aston Martin se renouvelle

En 1967 Aston Martin sort tout juste de la superbe lignée DB4, DB5 et DB6. La nouvelle auto arrive, c’est la DBS. Seulement cette dernière n’est pas tout à fait aboutie. Un élément en particulier pose problème : le moteur. On va du coup reprendre le 6 en ligne habituel, qui avouons le, fais le job.

Mais en 1967 Aston Martin a déjà lancé l’étude de son nouveau moteur. Exit le 6 cylindres en ligne, et place au V8. Et ce moteur va avoir besoin d’être éprouvé et d’être montré. Quoi de mieux que la compétition alors ?

Quand Aston Martin rencontre Lola

En 1964 Lola est entré dans la cour des grands un peu indirectement. La Mk6 qui a été dessinée par la marque d’Eric Broadley (malheureusement récemment décédé) est devenue la Ford GT40 après avoir été reprise par le constructeur à l’ovale. On parle de cette auto dans cet article.

Le nouveau challenge de Lola s’est nommé T70. Créée pour les courses de Can-Am et pour recevoir les gros V8 de Détroit, ces autos, d’abord des barquettes, font le bonheur des écuries privées. Cette configuration oblige à courir en Groupe 6. Mais Broadley veut engager la Lola T70 en Groupe 4. Pour le coup on va créer la MkIII, une T70 avec pare-brise et toit. C’est un peu rapide puisque l’auto est en fait intégralement redessinée.
Quand la voiture est présentée au salon d’Olympia en 1967, le mariage avec le constructeur a déjà eu lieu.

Fin 1966 Aston Martin a déjà commencé le développement de son V8 et cherche donc à le ramener en compétition. N’oublions pas que moins de 10 ans auparavant la marque a remporté les 24h du Mans. Pour un premier test on installe le moteur dans un spyder fin 1966.

Début 1967, Lola reçoit le premier V8 à monter dans une T70 MkIII. C’est le châssis SL73/101 qui va recevoir le moteur. C’est un « classique » V8, à 90°, double arbre à cames en tête et deux soupapes par cylindres. La cylindrée de ce moteur est alors de 5064 cm³.




Le Team Surtees engagera les Lola T70 Aston-Martin

Présent en F1, le Team Surtees est chargé de l’engagement en course des Lola T70 MkIII. La première auto, SL73/101 est engagée pour la première fois aux tests des 24h du Mans le 9 Avril 1967. Les résultats y sont modestes, le V8 ne dépasse pas les 6000 tr/min avant le freinage de Mulsanne. On compte sur le perfectionnement de l’injection Lucas pour corriger le tir. Hobbs et Surtees sont au volant.

Le premier engagement en course se fait aux 1000 Km du Nürburgring, seulement trois semaine avant la classique mancelle. Surtees et Hobbs sont qualifiés à une belle seconde place derrière une Chapparal.
En course, Surtees cale au départ ! Il arrive néanmoins à remonter à la 7e place quand il casse un triangle arrière, endommageant sérieusement SL73/101 qui repart à l’usine.

Les 24h du Mans 1967, Ford, Ferrari et Aston Martin !

Aux 24h du Mans le Team Surtees engage deux Lola T70 MkIII à V8 Aston Martin. SL73/101 qui porte le n°12 est pilotée par Irwin et de Klerk. SL73/121 est affublée du n°11 et engagée pour Surtees et Hobbs.

Les deux autos sont atteintes par des surchauffes régulières. Les mécanos Lola mettent en cause l’injection, complètement décalée selon eux et les bougies, les Marchal étant imposées par un contrat publicitaire.
La n°11 va se qualifier 13e en 3:33.700, beau score, tandis que la 12 signe le 25e temps en 3:48.300.

La course va être catastrophique ! Au bout de trois tours, la n°11 abandonne, piston fondu ! La n°12 ne tiendra que trente minutes de plus avant que le vilebrequin ne laisse s’échapper un de ses contrepoids… C’est la bérézina, surtout que ce sont les deux seules Lola T70 engagées, pour l’image de la nouvelle voiture c’est très mauvais.

C’est aussitôt la fin de l’aventure. On joue la sécurité et les autos sont équipées de classiques V8 Chevrolet pour continuer leur carrière.

La suite : la DBS et un souvenir presque effacé

SL73/121 existe encore ! Cette seconde Lola T70 MkIII Aston Martin existe toujours. L’auto a été restaurée dans les années 90 pour la remettre dans sa configuration Aston. Je ne pourrais vous dire où elle actuellement. En tout cas il reste peu de personnes qui se souviennent de l’implication d’Aston Martin en sport proto à cette époque dorée.

Au final, l’Aston Martin DBS recevra le V8 en Septembre 1969. Le moteur fait alors 5.340 cm³ et sort 315 ch. Il restera des années dans la gamme Aston, survivant à de nombreux modèles.

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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

1 commentaire sur “Il y a 50 ans, Aston Martin luttait déjà contre Ford et Ferrari au Mans”

  1. Ce fameux moteur dessiné et conçu depuis la feuille blanche par le génial Tadek Marek est d’abord installé dans une DB5 dans sa configuration 5 litres. Ce moteur entièrement assemblé à la main en 60 heures est entièrement manufacturé dans l’enceinte de Newport Pagnell. Il reste en production jusqu’à 2000, dans la V8 coupé atmosphérique (ainsi que dans la V8 volante LWB) et V600 Le Mans dans sa version à compresseurs. Ces dernières versions à 32 soupapes étaient elle mêmes dérivées de l’AMR1 , proto de groupe C préparé pour le Mans 1989…l’histoire se répète…pour la seconde et dernière fois. Notons jusqu’à cette date l’implication de motoristes de talent dans la vie des Aston Martin « classiques », John Benson, Claude Hill, Walter Owen Bentley, Tadek Marek (et Arthur Wilson pour la révision du V8 avec les culasses Callaway)

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