Essai d’une Saab 900 Turbo : La voiture méconnue de James Bond !

Saab, majoritairement connue pour ses voitures et ses camions (Scania), est avant tout un constructeur aéronautique suédois ! Constructeur d’équipements militaires de combat et de reconnaissance en allant des avions aux sous-marins en passant pas les drones. Il apparaît alors évident, que lorsqu’une voiture est créée par une telle entreprise, un homme comme James Bond en conduise une ! C’est dans les années 80 que l’auteur John Gardner donna l’opportunité au Commander de posséder la Saab 900 Turbo, que James surnomme sa « Silver Beast ».

La Saab 900

Saab est créée en 1937 et se lance dans l’automobile en 1949 jusqu’en 2000 où la branche sera cédée à General Motors. Produite sur la base de la 99 pendant 15 ans à partir de 1978, la 900 s’est déclinée sous plusieurs versions : berline, coupé et cabriolet. Elle a connu un grand succès avec plus de 900.000 exemplaires produits. Conçue pour sa facilité d’utilisation et sa sécurité, la 900 sera dotée de nombreuses innovations pratiques, notamment des commandes utilisables avec une grosse paire de gants. La carrosserie est également renforcée par rapport aux concurrentes pour la simple et bonne raison que les concurrentes ne devraient avoir à supporter le poids de 50 cm de neige sur le toit !

La 900 Turbo est lancée en 1984 avec très peu d’éléments la différenciant : jantes spécifiques, béquet et le logo turbo. A l’époque, quand une voiture avait un turbo, il fallait le montrer. Saab a lancé son turbo dans la fin des années 70 sur un moteur conçu par Triumph : le moteur B réalisé sur base du Slant-4. Ce moteur a été utilisé pour les premiers modèles de la 900 turbo, et se révélant particulièrement endurant et fiable, il a permis à Saab d’asseoir une bonne réputation à l’exportation.

Choisie pour être la relève après divers Aston Martin ou Bentley dans les romans, La 900 Turbo n’est certes pas la plus célèbre des voitures de 007 (n’étant jamais passée à l’écran), mais elle est jugée comme la plus surprenante. Comme toutes les voitures de l’agent britannique elle vivra des aventures et des poursuites incroyables. Dans les romans, il s’agit de la voiture personnelle de Bond, et elle est équipée par la société Communication Control Systems, Ltd. (CCS) qui existe réellement. Pour la découvrir en action, je vous invite à lire les trois premiers romans écrit par John Gardner : Permis Renouvelé, Mission Particulière et Opération Brise-Glace.

La Saab 900 Turbo, la Silver Beast

Winter is Coming

C’est sous la coupe du designer Björn Envall que cette voiture est née. Légèrement en décalage avec les standards de l’époque, la 900 devait être fonctionnelle et ergonomique pour répondre au climat capricieux du nord. Lignes simples et épurées pour faciliter le déneigement de la voiture, des bas de caisse intégrés dans les portières pour ne pas ramener la neige à l’intérieur avec ses chaussures, un coffre immense pour objets volumineux, cette voiture est remplie d’astuces et innovations à la fois pratiques et malignes.

Quand on la regarde de face, on retrouve la calandre typique qui n’a pas presque plus évoluée jusqu’à la faillite de la branche automobile de Saab en 2011. D’aucuns lui trouveront un faux air de Porsche 911 en la regardant de l’arrière, à cause de sa longue lunette arrière inclinée, mais aux vues de l’époque et des lignes, elle semble plus proche d’une 944. C’est l’effet des gros feux arrières carrés !

Sobre et Efficace

On est dans un cockpit d’époque ! On pourrait presque penser que Saab a fabriqué des avions… L’intérieur est extrêmement bien pensé : le tableau de bord concave est dirigé vers le conducteur et les commandes sont placés sous les doigts, pas besoin de les chercher. On parlait de gros boutons utilisables avec des gants, c’est le cas ! Cela dit, ils ne sont pas démesurés et s’intègrent très bien dans la planche de bord.

Petit détail à la fois malin et amusant : la commande de rétroviseurs électriques, pardon, les commandes de rétroviseurs, en effet, il y en a deux. Il y en a une de chaque coté du volant, fallait y penser ! Pour continuer sur l’aspect pratique, coté passager et discrètement installée sous la boite à gants, on trouvera une poignée pour aider à s’extraire de la voiture. Si on ouvre le coffre, il est immense pour un coupé, on pourrait presque s’allonger dans la longueur. La sellerie en cuir cousue à la main à même sa petite étiquette de qualité.

Le moteur

Il faut commencer par parler de la cinématique d’ouverture du capot, elle est assez singulière : il faut le lever à l’avant en le tirant puis le basculer pour apercevoir l’âme de la voiture. La Saab 900 Turbo est équipée d’un moteur 2,0L de 4 cylindres et 16 soupapes avec un turbo, le tout développant 175 cv. Jusque là, rien de bien extravagant.

Ce qui fait une fois de plus la différente avec ses concurrentes, c’est le « boitier noir » (et pas Rouge, qui donnait un moteur de 185 ch) aussi appelé APC (Automatic Performance Control). Ce boitier autorise l’exploitation complète de la puissance du turbo sans risque et permettant d’avoir une meilleure compression. Régulé en temps réel grâce à un capteur intégré au bloc moteur, l’APC commande l’ouverture de la wastegate. En clair, ce petit boitier électronique permet d’utiliser de l’essence avec des indices d’octane différents et rend l’usage du turbo plus sûr pour le moteur. Gage de qualité et de fiabilité, cela plaira beaucoup à l’époque et encore aujourd’hui.

Dans le siège de 007

Retour de chez IKEA

Une fois assis de la Saab 900 Turbo, il n’y a rien à redire, tout est vraiment à portée de main ! La visibilité vers l’extérieur est fantastique : grand pare-brise, grandes fenêtres, petits montants. On se croirait dans une barquette avec le chauffage intégral (jusque dans les sièges). Bon allez, on démarre… Il est où le neiman ? A coté du frein à main, entre les sièges avant, pour ne pas s’accrocher à la clé en montant ou descendant de la voiture. Je pense que le deuxième prénom de Björn était « Pratique » et que c’était le genre d’homme à monter dans sa voiture avec un manteau d’alpiniste, les moufles et tout le bardas pour camper sur le dos.

Après avoir appris la procédure de démarrage, on démarre pour de vrai. Sur la route, cette 900 est très confortable. On a la sensation d’être sur coussin d’air, comme l’impression de glisser sur la route : elle se comporte comme un bateau qui ne tangue pas. A des allures raisonnées par les lois de France, la voiture ne réserve aucune mauvaise surprise et se laisse piloter par n’importe quel commandant de bord ayant du goût. La boite est très précise et les rapports s’enchaînent sans problème sauf la 5ème qui est légèrement décalée. Contrairement à la marche arrière qui est en butée à droite, la 5ème est un cran sur la gauche, du coup, comme pour toutes les premières fois, elle peut être compliquée à trouver.

Le Griffon

C’est à ce moment là que des malfrats du Spectre nous ont surpris, alors à défaut d’écran de fumée ou flaque d’huile, nous avons fait siffler la turbine ! C’est d’ailleurs assez surprenant de voir que la Saab 900 Turbo change complètement de comportement à ce moment là. On passe de la conduite douce et confortable du tailleur de glace éreinté de sa journée de travail à celle d’un agent secret.

L’accélération est forte ! La première est courte, et quand le turbo se réveille, on est rapidement collé dans le fond du siège mais c’est progressif et pas brutal (on ressent physiquement l’effet passage en hyper-espace dans le faucon millénium). En courbe, une tenue de route vraiment appréciable avec une direction présente et la 900 ne tangue toujours pas. On reste dans les tours en sortie de courbe, on se réaligne en enfonçant l’accélérateur et on laisse le reste au turbo qui nous propulse jusqu’au virage suivant. Comme d’habitude, il faut aller chercher les freins, mais ils répondent présents et sont efficaces.

Conclusion

Saab a voulu faire une voiture pratique, alors non seulement c’est réussi, et en plus réalisé avec élégance et sobriété. Le look est toujours discutable, c’est une histoire de gouts. Pour tout le reste, la Saab 900 turbo peut séduire et contenter tout le monde !

Un coupé suffisamment volumineux pour partir en vacances à 4 personnes, des références de grande routière et des performances qui ont de quoi faire jalouser les concurrentes. En France, pas forcément appréciée à sa juste valeur par le commun des mortels, elle a été la voiture de personnes souhaitant se démarquer du reste du monde. Pour ma première fois en Saab, j’ai été séduit !

Conduire une Saab 900 Turbo

Comme dirait son propriétaire, la 900 Turbo est SAAB (Supérieure Aux Autres Bagnoles). Simple, efficace, confortable et utilisable aisément en daily driver, il faudra compter aux alentours de 5000 € pour la version coupé et au moins 10000 € pour le cabriolet.

Le point qui pourrait être bloquant est le cout de l’entretient. Saab Automobile ayant fermé, et les pièces devenant de plus en plus compliquées à trouver sont chères.

Image
Entretien
Facilité de conduite
Facilité de prise en main
Plaisir de conduite
Les Plus Les Moins
Confortable et pratique Look
Son du turbo Pièces chères
Look
Note Totale

Merci à Thierry pour nous avoir permis d’essayer cette voiture nordique.

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Pierre
Rédacteur à News d'Anciennes
Chauffeur officiel pour les travellings, il lui arrive de passer derrière le volant.
Propriétaire, de 4L, d'Alfa GTV, malheureusement pas grand chose en état de rouler !

3 commentaires sur “Essai d’une Saab 900 Turbo : La voiture méconnue de James Bond !”

  1. Bonjour,conduire une SAAB 900 à ce jour est un régal. Je possède une 900 s coupé de 1990 et a chaque sortie avec je prends mon pied car cette auto n’est comparable à aucune autre de cette époque.Après une restauration mineure à 190000kms elle est repartie pour en faire autant; vive la fiabilité saab.Je l’utilise maintenant chaque jour pour le plaisir .Au club ,elle attire bien des regards lors de nos ballades.Si vous désirez piloter une auto pour votre plaisir c’est une 900 qu’il vous faut.Signer un convaicu de SAAB.

  2. Il serait peut-être bon de rappeler quand même que l’auteur originel des James Bond est Ian Fleming, John Gardner n’est qu’un des nombreux auteurs qui a pris sa succession.

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