Essai d’une Renault 16, la modernité des années 60

Forcément la Renault 16 n’est pas la plus belle auto qu’on ait pu essayer. Néanmoins elle peut figurer la tête haute au milieu des autres anciennes passées entre nos mains, avec une réelle modernité et une facilité étonnante, pour une auto des années 60 !

Brève histoire de la Renault 16

L’auto n’a pas eu une gestation facile. L’auto devait prendre la place dans le haut de gamme laissée par la Renault Frégate (lire aussi : Le Haut de Gamme du Losange : la Renault Frégate) arrêtée en 1960. On lance le projet 900 dès 1959. On rêve chez Renault d’une grosse voiture avec un V8 inédit ou un 6 en ligne tiré de la Rambler et d’un style réalisé par Ghia. Seulement, l’aventure américaine de Renault tourne court et en Europe, une telle auto aurait peu de chance d’être vendue.
On se tourne donc vers un autre projet, qui se décline soit en 4 cylindre, soit avec un nouveau 6 cylindres en ligne en alu. Ce dernier une fois amputé de deux cylindres devient le Cléon-Alu et va être inauguré par la Renault 16 dont le style est finalement signé par Charbonneaux.

Présentée fin 1964 à une poignée de journalistes, la version définitive apparaît à Genève en 1965. L’auto va d’ailleurs être élue voiture de l’année en 1966. Plusieurs versions se succédèrent au catalogue, de la Renault 16 TL à la TX, la plus sportive, en passant par la TS. Chacune embarquera une version différente du moteur, que ce soit au niveau de la cylindrée ou de la culasse.

L’auto eut un certain succès et dura jusqu’en 1980 ! Elle laissa ensuite définitivement la place aux Renault 20 et 30.

Photos de Retromobile 2015 où l’auto fêtait ses 50 ans.

 

La Renault 16 TL du jour

La ligne, originalité au programme

La Renault 16 est présentée en 1965 mais sa ligne tranche. Que ce soit avec ses concurrentes directes, les Peugeot 404 voire les étrangères, le plus souvent des berlines tricorps de style classique. Il n’y a que la DS, présentée 10 auparavant qui reste encore un ORNI.
La Renault 16 est à part. Déjà l’auto est une des premières autos à hayon, et la première dans ce segment si classique des routières.

Si la catégorie a pris de l’ampleur au niveau des dimensions, on remarque quand même que la Renault 16 est assez petite. 4.26 m de long et 1.63m de large et 1,45 m de haut, elle est aussi large et haute qu’une 404 en étant presque 20 cm plus courte !

La calandre est propre à la R16, et si elle sera copiée sur la Renault 6, elle rompt avec des avant Renault plus classiques. Surtout, elle est la première Renault à abandonner les phares ronds. Partout sur la voiture on remarque l’ambition de la marque pour son auto. En effet, les chromes sont présents partout, en baguettes souvent, mais ils rehaussent le design.
L’arrière est forcément plus original avec ce hayon particulier, entouré des deux arrêtes qui redescendent du toit.

Côté technique, on fait dans le moderne mais classique

La gamme Renault d’alors s’articule autour de moteurs à 4 cylindres. Appelés Billancourt et Cléon Fonte, ils sont rejoints par le Cléon Alu inauguré par cette Renault 16. Ce moteur est ici présent en version 1565 cm³ de 67 ch. Il est placé longitudinalement, et la boîte est dans son prolongement, en porte-à-faux avant. La voiture est une traction, seulement la seconde de la marque. En fait c’est une architecture similaire à la Renault 4.

Sous le capot, ça libère beaucoup de place ! Un 6 en ligne aurait pu s’y monter facilement si on avait trouvé un autre emplacement pour la roue de secours !

Comme la R4 d’ailleurs, les quatre roues sont indépendantes et des barres de torsion longitudinales à l’avant et transversales à l’arrière sont montées. Là aussi on retrouve une particularité, un empattement asymétrique, nécessaire pour caser les deux barres arrières côte à côte.

A l’intérieur, bel équipement et confort au rendez-vous

Les fauteuils sont larges, souples et on y est bien. Le tissu n’est pas trop glissant et on devrait rester en place. Cette auto est de 1976, on a donc des ceintures de sécurité. A l’avant au moins. Je me retrouve face à un énorme volant. A ses côtés, deux commodos à gauche et le levier de vitesse à droite. Je suis entouré par deux accoudoirs, la Renault 16 invite au voyage c’est sûr.

Cendriers, allume cigare et un emplacement pour un autoradio (remplacé ici par un moderne) sont en place. Le compteur carré est gradué jusque 170 km/h. Peu de boutons, deux aérations, une gouttière comme rangement, ça ressemble à ma Simca 1100. Très 60s, on est dans un intérieur bien équipé pour l’époque, mais pas dans le luxe.

Sur la route, que donne la Renault 16 ?

Bien installé, on démarre

Joël, le même que pour la 604 dont l’article est visible ici mais aussi dans le numéro actuel de Rétro Passion Automobiles, a déjà démarré la voiture aujourd’hui. Du coup elle redémarre vite, un coup de gaz est quand même nécessaire. Je desserre le frein à main qui se situe sous le volant à droite et rentre facilement la première vitesse.
L’embrayage n’est pas de première jeunesse mais le point de patinage se trouve facilement.

La voiture s’ébroue et les vitesses passent à la volée. La boîte au volant est très facile à prendre en main. C’est le souvenir qui me restait de mon tour de pâté de maison de Retromobile au volant d’une TX. Je trouve la boîte plus facile que l’équivalent Peugeot (ok j’ai un mauvais souvenir de la 403) et toutes les vitesses passent bien. Une seule erreur est à noter sur tout cet essai, et heureusement c’est dans le bon sens (2-3). Il faudra quand même un petit temps d’adaptation si vous n’avez jamais goûté à ces leviers.

Je me cale vite à 50, puis en sortie de village, le 90 est vite atteint. Elle est facile cette auto, pas nerveuse mais les 67 canassons suffisent à emmener la bête d’une petite tonne seulement, même avec trois personnes emmitouflées à bord. Bien aidé par les accoudoirs on se cale et on voyage confortablement.

Un comportement orienté confort

Elle roule sans soucis à 90 km/h et les petites courbes sont avalées sans trop ralentir. Un peu quand même, ce châssis est bon mais il n’est pas taillé pour les spéciales. Le confort est le maître mot et on se dit que pour le Monté Carlo, en TX on optera pour une préparation des trains roulants.
Le freinage est bon? Il a l’âge de l’auto, qui n’a jamais été restaurée, mais il est bien suffisant. Les disques (à l’avant) font leur travail. Là encore on a pas affaire à une auto de compétition mais la Renault 16 ralentit bien assez pour une utilisation normale. On se demande comment faisait la TX et son surplus de chevaux sur les mêmes trains roulants !

En fait l’auto voyage bien. Aux vitesses autorisées, elle est aussi à l’aise qu’une moderne faiblement motorisée. On roule vite aux vitesses autorisées. Si vous ne vous sentez pas de rouler à 130 sur autoroute, elle les atteint hein, vous pourrez toujours faire de l’autoroute à 110 km/h. Le bruit est peu présent à l’intérieur, pourtant le moteur est collé à l’habitacle !
Dans le cas où vous voudriez forcer, le moteur n’est pas un foudre de guerre. Les accélérations sont correctes, mais ce cléon-alu doit être plus à l’aise dans une A110 ou une A310.

Conclusion

Bien installé, avec une voiture volontaire qui ne se traîne pas, je me vois bien faire des kilomètres dans une Renault 16. Ce n’est certainement pas l’auto la plus fun que j’ai pu conduire, forcément, mais elle fait le boulot. Pour une auto des années 60 elle est très à l’aise sur nos routes modernes (au revêtement parfois du même âge) et ne dépareille.
Son style divisera toujours un peu mais elle est une auto qui mériterait d’être plus aimée. Une bonne alternative aux Peugeot 404 voire 504.

Rouler en Renault 16

Construite à plus de 1.8 millions d’exemplaires, la R16 n’était pas une auto rare, loin de là. Néanmoins peu d’auto sont encore en bon état et son arrivées jusque nous. Les primes à la casse ont eu raison de cette routière et les annonces ne sont pas aussi courante que la production le laisserait penser.

Vous trouverez des modèles roulants dans des états très convenables autour de 2000 €. Pour un modèle TX, il faudra augmenter le prix. Avec 93 ch on est sur le haut de gamme de la R16 et on flirtera doucement avec les 5000 €. Une voiture très abordable donc.

Dernier point, l’entretien. C’est une Renault populaire. Les pièces se trouvent la plupart du temps, en cherchant des pièces de R16 ou d’une autre auto. Et comme elles ne sont pas excessivement chères, on pourra envisager plutôt sereinement l’entretien d’une Renault 16.

Image
Entretien
Facilité de conduite
Facilité de prise en main
Plaisir de conduite
Les Plus Les Moins
Une auto moderne dans les années 60 et pas dépassée Un style qui divise un peu
Un confort réel Une auto peu dynamique et pas sportive du tout
Plus originale qu’une Peugeot 404 ou 504 Plus originale qu’une Peugeot 404 ou 504
Note Totale

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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

5 thoughts on “Essai d’une Renault 16, la modernité des années 60”

  1. Mon père a eu 2 R16 1 TL et 1 TS) que j’ai pu conduire. Je puis vous assurer que si l’on veut les pousser, elles ne sont pas ridicules surtout à l’époque où je les ai conduites ou les vitesses n’étaient pas réglementées. C’est juste mon témoignage.

  2. A l’époque, Renault distribuait les Alfa en France et Alfa distribuait (et fabriquait aussi) les Renault en Italie.

    Je m’étais laissé dire qu’Alfa avait travaillé sur un projet de voiture avec hayon et traction avant… peut-être des croquis avait été préparés. La voiture ne vit pas le jour, parce que la philosophie de la marque n’était pas celle-là.

    Alfa avait donc « proposé » le projet traction avant à Renault qui l’avait pris, modifié et naquit la R16.

    Même si Charbonneaux fit le design, la présentation de la calandre, avec la place préparée en son centre pour le cœur de calandre Alfa laisse des interrogations sans réponses.

    J’aurais aimé avoir confirmation ou infirmation de ces éléments, mais je n’ai jamais pu trouver quoi que ce soit.

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