Au volant d’une Peugeot 203, la populaire qui rêvait d’amérique

Dans l’ordre j’ai déjà essayé les Peugeot 404 et 403. Je continue sur ma lancée en essayant cette fois-ci la Peugeot 203. La populaire qui a permis a Peugeot de se relancer après la guerre est toujours très prisée. Cet engouement est-il à la hauteur de la voiture.

Histoire de la salvatrice Peugeot 203

La Peugeot 203 apparaît dans la gamme du constructeur au Lion en 1948. A partir de 1949 et l’arrêt de la 202, elle est la seule auto de tourisme de la gamme, c’est dire son importante.

Elle est conçue comme une 10cv aux performances comparables d’une 14cv, rien que ça. On met l’accent sur le freinage et la tenue de route, le moteur restant bien suffisant pour son usage « normal ». Toute une gamme va être créée autour de la berline, pour permettre de n’avoir que ce modèle au catalogue. Coupé, Cabriolet, Découvrable, Camionnette, Break, toutes les carrosseries seront adaptés sur la 203.


Pour les plus sportifs, le concessionnaire Darl’Mat qui s’est fait connaître en emmenant des Peugeot au Mans avant guerre proposera même une berline avec deux carburateurs et un pavillon rabaissé. Pour encore plus de puissance, on pouvait même adopter un compresseur Constantin.

La Peugeot 203 connaîtra assez peu d’évolutions. Le passage de la petite lunette à la grande lunette en est une. De 1955 à 1960 elle côtoiera la 403 dans la gamme Peugeot, et laissera sa place à la 404 en 1960 après 685.828 exemplaires produits.

Notre Peugeot 203 C

Une ligne très américaine

La Peugeot 203 est donc apparue à un moment où les Etats-Unis sont l’objet de rêve de bien des européens. La ligne de la nouvelle Sochalienne va donc chercher ses influences de l’autre côté de l’atlantique.

La Peugeot 203 qu’on a sous les yeux a tout d’une américaine. La ligne la fait paraître plus grosse qu’elle n’est. En réalité l’auto reste une auto de « seulement » 4.35m pour 1.62m de large. Loin des gabarits américains donc !
En plus de la ligne, les Robbri offrent un beau complément au rouge. Ce rouge Candy n’est évidemment pas une teinte d’origine Peugeot. Notre 203 du jour est peinte comme ça depuis 21 ans. Et à cette époque ce Rouge Candy était très prisé dans le milieu des Custom. Sur une ligne américaine comme celle-là, ça colle totalement, et en plus, ça change du sempiternel noir des 203.

Un intérieur plus petit qu’on pourrait le croire

L’intérieur est plutôt clair, les surface vitrées sont plutôt grandes. Si on manque de lumière on peut toujours ouvrir le toit ouvrant. Cette option a été tellement généralisée que c’est rare de trouver une Peugeot 203 qui en soit dépourvue.

Au niveau des équipements, on est dans la populaire. On trouve quelques boutons, placés sous la planche de bord. Derrière le volant un gros compteur regroupe toutes les infos. Pour la vitesse, il faudra se fier à une aiguille transparente.
Le volant regroupe les commodos, mais aussi le levier de vitesse. A coté du volant, les deux couvercles sont décorés de petits décors métalliques.

Côté technique, du basique

Le moteur de la Peugeot 203 est indissociable de l’auto et de son succès. Avec ses 1290 cm³, il développe une puissance de 45 ch ! Alors oui ce n’est pas avec cette auto qu’on pensait aller sur le Turini, mais c’est une populaire. Ce devrait suffire. Pour l’alimenter, le carburateur est en fait plutôt petit, surtout sous le grand capot de la 203.

La 203 C innovait grâce à l’adoption d’une boîte de vitesses totalement synchronisée. Une marche arrière, trois rapports « normaux » et une quatrième surmultipliée. Le tout est transmis au roues arrière, une architecture très classique que Peugeot n’abonnera que 30 ans plus tard.

Au volant de la Peugeot 203 C

Au niveau de la position de conduite, on est plutôt pas mal. Je n’ai pas énormément d’espace à gauche, comme tout le monde en fait, la forme de la caisse, fuselée vers l’avant impose ceci. Les pédales se trouvent bien, leur articulation les amène vers l’avant, un toucher qu’il faudra apprivoisé. La pédale d’accélérateur est plus en avant que les deux autres. Je m’y ferait.

Démarrage sans problème

On appuie sur le bouton de contact, on tire sur le démarreur à fond, et l’auto démarre instantanément. C’est sûr, Marcel l’entretient correctement. Au bout de l’allée, premier demi-tour. Le rayon de braquage est court, très court. Je comprends ici tout l’intérêt du retour des citadines à la propulsion, des décennies plus tard !

La première lance la voiture, mais alors très très vite. Cette première est très courte, et on doit vite passer la seconde. Autant trouver la première et l’enclencher n’est pas forcément évident, autant il suffit de vouloir amener le levier vers le haut pour passer la seconde. Elle aussi est plutôt courte et la troisième se trouve bien.

Étagement à bien comprendre

Une fois la quatrième atteinte, on se trouve vraiment en présence d’un rapport surmultiplié. Le premier passage de ce rapport se fait dans un faux-plat en montée et l’auto a vraiment du mal à emmener cette 4e. On repasse la 3e et tout se passe bien.
Au bout de ce faux plat, un stop en légère montée. Le freinage ne pose pas de problème. Encore une fois la Peugeot 203 n’est pas une auto faite pour attaquer sur une spéciale de rallye. Au moment de redémarrer, pas facile de sentir si la première est bien rentrée… Et le démarrage n’est pas forcément aisé non plus. Sans frein à main, le redémarrage en cote, avec un point de patinage pas forcément facile à trouver, il va falloir s’y habituer !

Plutôt à l’aise dans les virages

La Peugeot 203 est malgré tout plutôt à l’aise dans les virages. Les courbes rapides passent bien, et le freinage se montre à la hauteur. Les 45ch ne permettent pas de mise en vitesse déraisonnable mais les petits enchaînements de virage, qu’ils soient en montée ou en descente. La direction offre un bon ressenti et le caractère de propulsion n’est pas si marqué.

Sur les lignes droites, pas de problème, la voiture maintient une vitesse correcte, tient bien son cap. Rouler à 90, la Peugeot 203 sait faire. Augmenter le rythme pour rouler à 100 ou 110 sera par contre une limite, les bruits commençant à être envahissants.

Conclusion

Pour tout vous dire, j’ai vraiment préféré la Peugeot 203 à la Peugeot 403, pourtant équipée du même moteur, plus spacieuse et plus moderne. La Peugeot 203 est une bonne populaire, qui saura voyager et remplir le rôle qui était le sien à l’époque, une voiture de tous les jours.

Pas de sport au programme, mais une facilité de conduite évidente. La Peugeot 203 mérite réellement sa place dans bien des collections.

Conduire une Peugeot 203

La voiture n’est pas rare, une vraie populaire produite à presque 700.000 exemplaires… Les autos se trouvent, même si la berline est la plus répandue.
Une cabriolet ou un coupé sont hors de prix, 65.000 et 60.000 € respectivement. La plus chère est la berline rabaissée de chez Darl Mat’ qui offre aussi un moteur plus vitaminé.

Les camionnettes, fourgonnettes et commerciales sont les moins chères, environ 5000 €, les berlines, petites et grandes lunettes se négocient, elles, autour de 8.000 €.
L’entretien est encore à la portée de la plupart des bourses. Néanmoins, comme toute auto qui prend de l’âge, le prix des pièces augmente et certaines sont difficilement trouvables, surtout quand on sort de la berline.

A noter qu’on peut en trouver chez de nombreux loueurs, auprès de particulier, ou avec les copains de Retro Emotion dans le cadre d’un road-trip en Anjou, à l’image du nôtre, visible ici.

Image
Entretien
Facilité de conduite
Facilité de prise en main
Plaisir de conduite
Les Plus Les Moins
Une auto indémodable en collection Un moteur peu puissant
Une ligne qui lui est propre Un comportement peu dynamique
Une relative facilité de conduite Une auto parfois « tristoune »
Note Totale

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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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