Un Champion de F1 qui se retire, retour avec Jackie Stewart en 1973

Cela n’a échappé à personne, Nico Rosberg se retire de la Formule 1 alors qu’il vient d’être sacré champion. Ce n’est pas le premier à le faire, on en parle en fin d’article. L’un des plus aimés des champions de F1, Sir Jackie Stewart l’a également fait, en 1973. Retour sur son histoire et le pourquoi de cette décision.

Jackie Stewart avant la F1 :

La course auto, c’est de famille. Chez les Stewart, le premier à prendre le volant en course c’est Jimmy. Son nom est lié à celui de l’écurie Ecosse, dont on vous raconte l’histoire ici. Par contre Jimmy va avoir deux accidents graves et Jackie de promettre à sa mère de ne jamais courir. Il se met au tir au pigeon, dont il rafle les titres nationaux en 59 et 60.

Jackie travaille dans le garage familial et se rend de temps en temps sur circuit, comme mécanicien de Barry Filer. Ce dernier voit que le jeune Jackie est prêt à courir. Il lui propose le volant et sous pseudo, l’écossais signe ses premières victoires.

Son frère n’est pas loin et il a toujours un pied dans la course. Il suggère alors à Ken Tyrrell de lui confier le volant de la F3 de Tim Mayer sur l’année 1964. S’il n’y a pas de titre à la fin de la saison, Jackie Stewart gagne à Snetterton, Oulton Park, Goodwood, Silverstone, Monaco, Rouen, Reims, Zandvoort et à nouveau Oulton Park.

Cette expérience lui ouvre les portes de la F1. Il refuse plusieurs fois de monter dans la catégorie reine. Il se contente de la F2 pour cette année 1964.

1965-1968, l’ascenssion de Jackie Stewart :

En 1965, Jackie Stewart est un pilote de F1. Il a succombé aux sirènes de l’écurie BRM et des 4000 £ qu’on lui propose. Sa saison commence le 1er Janvier 1965 en Afrique du Sud. Il y marque un point. Il est troisième pour sa seconde course à Monaco et second pour sa troisième en Belgique. A l’automne il s’impose de manière autoritaire face à son coéquipier Graham Hill à Monza pour son premier succès, à sa 8e tentative.

Au championnat il signe la troisième place, derrière Clark et ses 6 victoires et Hill qui en compte deux. Au Mans, il est engagé sur la Rover-BRM à Turbine, et il court toujours pour Tyrell, mais en F2.

En 1966 Stewart court toujours pour l’écurie BRM, aux côtés de Hill. La saison commence on ne peut mieux pour lui, il gagne à Monaco. Par contre au Grand Prix suivant, suite à une pluie violente il sort de la piste et s’encastre dans la voiture d’un spectateur. Coincé dans sa voiture alors que le carburant fuit, c’est l’intervention de Hill et Bondurant qui lui sauvent la mise. C’est le point de départ de sa croisade pour la sécurité en F1. BRM proposera sur les courses suivantes un camion médical à sa demande !
Stewart ne termine que deux autres courses, une 4e et une 5e place en Hollande et en Allemagne.
Aux USA il est Rookie of The Year des 500 Miles d’Indianapolis, malgré son abandon à 8 tours d’une victoire promise.
Ses principaux succès se font dans l’hémisphère sud. Il y remporte la série Tasmane et les 12h de Surfer’s Paradise sur Ferrari 250 LM.

Pour 1967, BRM n’est plus compétitive. Les deux seuls arrivées de Jackie Stewart sont remarquées, une 2e place en Belgique et une 3e en France. Décevant, surtout qu’il avait fait une très bonne série Tasmane sanctionnée d’une 2e place. Par contre, il gagne en F2, avec Tyrell et sur des autos d’une marque Française, Matra.

C’est Matra International qui engage Stewart en 1968. Un abandon dans la première course et un forfait aux deux suivantes n’empêchent pas un succès impressionnant sur la saison. Trois victoires, une troisième place, une 4e et une 6e lui assurent la seconde place au championnat du monde.

1969-1972, Jackie Stewart en patron :

En 1969, Stewart est toujours chez Matra. Sa saison va être brillante. Il commence par deux victoires. En Espagne, il met deux tours à tout le monde ! Au final, ce sont 6 victoires, deux poles, une seconde place et une quatrième place qui font de lui un champion du monde de F1. Il compte 63 points, Jacky Ickx (c’est l’année des Jackie/y) est deuxième avec 37 points ! Un monde !

Pour 1970, Matra veut un V12 Matra dans ses châssis, pas le V8 Cosworth. Tyrell n’en veut pas et se sépare du constructeur français. Stewart suit son team manager qui achète des châssis March. Un podium et une victoire ouvrent la saison. La suite sera faite d’abandons avec deux deuxièmes places pour se consoler et accrocher la 5e place du championnat.

En 1971, Tyrell a son propre châssis. Après plusieurs essais, le 003 est le bon. Stewart gagne 6 course, signe une seconde et une 5e place, assez pour être de nouveau champion du monde. Il court aussi en Can-Am dans l’écurie de Carl Haas et remporte deux courses. C’est d’ailleurs le seul à se battre contre les McLarens.

En 1972 il est rejoint par un nouvel équipier. François Cevert est français et court déjà pour Matra. D’ailleurs son beau-frère, Beltoise a été l’équipier de Stewart. Jackie Stewart débute par une victoire, deux abandons et une 4e place. Par contre ses aller-retours avec les courses de Can-Am nuisent à sa santé, il doit déclarer forfait en Belgique. En fin de saison il signe 3 victoires et une seconde place mais il ne rattrapera pas Fittipaldi qui est titré. A la fin de l’année, il devient Sir Jackie Stewart !

La terrible année 1973 :

Dès le début de l’année, il le sait, 1973 sera sa dernière saison de Formule 1.
L’année 1973 commence par deux victoires pour Emerson Fittipaldi. Sir Jackie Stewart prend les 3e et 2e place en Argentine, derrière Cevert, et au Brésil.

En Espagne, Fittipaldi gagne devant Cevert, Jackie Stewart abandonne. En Belgique l’écossais gagne devant le français. Monaco voit une seconde victoire de Stewart devant Fittipaldi et Peterson qui confirme, il a déjà signé trois pôles !

En Suède, Hulme gagne devant Peterson et Cevert. Stewart n’est que 5e et Fittipaldi 12e. En France, Peterson gagne mais le public n’a d’yeux que pour Cevert second. Stewart est 4e et Fittipaldi abandonne.
En Grande Bretagne la victoire revient à Revson, devant Peterson et Hulme. Cevert est 5e, Stewart n’est que 10e et Fittipaldi abandonne.

Aux Pays-Bas nouveau doublé des Tyrell, Stewart devant Cevert et un nouveau venu remarqué, Jame Hunt. Fittipaldi abandonne et Peterson finit 11e. En Allemagne, encore un doublé dans l’ordre habituel. Fittipaldi se contente du point de la 6e place, Peterson abandonne.

En Autriche, Peterson signe sa seconde victoire devant Jackie Stewart, Fittipaldi en pole abandonne, Cevert aussi. En Italie Peterson gagne encore, devant Fittipaldi, Stewart est 4e juste devant Cevert. Jackie Stewart est alors sûr d’être champion du monde. Par contre le reste du podium est plus indécis.

Au Canada les rumeurs enflent sur une éventuelle retraite du champion du monde. Revson gagne en utilisant parfaitement la première voiture de sécurité de l’histoire. Fittipaldi deuxième prend de l’avance sur Peterson et Cevert qui abandonnent tous les deux.

La dernière course se courre à Watkins Glen pour le Grand Prix des Etats-Unis. Cevert peut aller chercher la seconde place en cas de victoire et de faux pas de ses adversaires. Il est alors 3e à 7 points de Fittipaldi et Peterson est 4 points derrière.

Jackie Stewart ne lui a pas annoncé sa retraite lorsque le samedi, aux essais, Cevert sort aux “Esses”. Il se tue sur le coup. Tout était fait pour qu’il devienne champion du monde en 1974 mais il ne le saura jamais.
Tyrell annonce qu’elle se retire de la course, Stewart annonce lui qu’il quitte la F1. Il ne courra pas son 100e Grand Prix. Il n’avait pas besoin de ce décès pour prendre sa décision, mais il confirme ses pensées.

Pour l’anecdote, Peterson gagnera la couse, privant Cevert de podium au championnat…

Jackie Stewart continue le sport auto, de loin

Il suit ensuite la F1 en tant que commentateur. Il oeuvre également pour l’amélioration des conditions de sécurité des pilotes de F1.

En 1997 il revient en tant qu’acteur, aux côtés de son fils Paul, avec Stewart Grand Prix. Avec 5 podiums dont une victoire en 3 ans, l’écurie tape dans l’œil de Ford qui la rachète pour la rebadger Jaguar Racing en 2000.

Les autres champions qui ont arrêté au sommet

Le premier pourrait presque être Fangio. Après son 5e titre en 1957 il se retire. Mais pas pour longtemps puisqu’il courra deux Grands Prix en 1958, sanctionnés d’une pole, d’un meilleur tour et d’une quatrième place !

Cette même année 1958, Mike Hawthorn se retire lui aussi ! C’est ici une combinaison d’accidents mortels de ses proches et de soucis de santé.

Jochen Rindt est à part. Il est en effet le seul pilote sacré à titre posthume. On l’a dit, cette mort a profondément affecté Jackie Stewart.

Alain Prost sera le dernier a se retirer en tant que champion. C’est en 1993 et il a déjà du se faire violence pour prendre part à ce championnat là. Cela aurait été dommage de rater l’opportunité d’être le second, après Fangio, à atteindre 4 titres de champion. Lui aussi renonce sur le coup à un pont d’or de son écurie.

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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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