L’Autobianchi Primula, l’ancêtre des compactes modernes ?

C’est une auto qu’on voit peu, très peu. Son succès fut mitigé, mais ce sont des raisons politiques qui ont conduites à cela. Retour sur l’histoire de l’Autobianchi Primula, une voiture innovante qui en inspira plus d’un.

L’Autobianchi Primula est d’abord une voiture d’ingénieurs

La voiture est le fruit d’études menées par par la SIRA, la Società Industriale Ricerche Automotoristiche, dirigée par Dante Giacosa, père de nombreuses FIAT devenues mythiques.

Ce bureau d’étude, bien que rattaché au géant italien dispose quand même d’une certaine liberté pour ses études. C’est donc comme cela qu’ils étudient le projet 109, un projet de compact innovant.
La voiture sera une trois portes, mais elle abandonne certains des principes qui font le succès des petites Fiat d’alors. En effet, on passe le moteur à l’avant, en transversal, et on fait de la voiture une traction ! En plus, l’ensemble moteur-boîte tient entre les deux roues. Le moteur, lui n’a rien d’innovant, c’est celui de la Fiat 1100-103 D. En France on le retrouve par exemple sous le capot des premières Simca Aronde !

Quand le projet 109 est prêt, FIAT le refuse… On lui préfère la classique berline 124. Par contre, tant d’efforts ont été faits que le projet est rebasculé vers Autobianchi. La marque est jeune, si la voiture est un bide, Fiat sera moins impactée !

1964 : l’Autobianchi Primula est lancée

C’est au salon de Turin que l’Autobianchi Primula, primevère en français, est dévoilée. C’est là qu’un certain Théodore Pigozzi trouve son inspiration pour le futur projet 928 de Simca.

La voiture garde ses caractéristiques innovantes. En plus des implantations mécaniques, on notera que le freinage est assuré par 4 freins à disques. Même si en parallèle, le train arrière est un pont rigide avec ressorts à lames !
Côté style, c’est Boano qui dessine la voiture. Elle n’a rien d’innovant et pourrait ressembler aux BMC qui ont des volumes similaires. Par contre, le hayon de l’auto est une révolution, avant même la Renault 16 qui se targuera de l’avoir introduit !

La voiture est proposée en berline 2, 3, 4 et 5 portes. En effet, le hayon n’est pas obligatoire, la lunette peut aussi rester fixe !

Les évolutions de la Primula

Dès 1965, l’antique moteur 1220 cm³ est mis au placard. Il est remplacé par le moteur de la Fiat 124, ses 1167 cm³ et ses 65 ch. La vitesse maximale monte alors à 145 km/h. L’auto est plutôt bien vue par la presse qui loue son comportement.

Le succès a du mal à venir. La voiture est peut-être trop révolutionnaire. Et puis la marque Autobianchi ne garantie pas une belle exposition.

En 1968, on note l’apparition d’une Autobianchi Primula Coupé S. Sa carrosserie est revue par Touring et préfigure déjà l’A112. Le moteur est celui de la Fiat 124 S, un 1438 cm³ de 75ch qui permet à la voiture de monter à 155 km/h. Si le sport n’est pas le maître mot, les efforts faits sur la finition et l’équipement sont louables.

L’Autobianchi Primula finira sa carrière en 1970. 74.858 exemplaires sont produits et 15.000 sont vendus… en France. Chardonnet a bien fait son travail et l’auto est un petit succès.

L’héritage de l’Autobianchi Primula

On la voit peu dans les salons et autres rassemblement. Voiture confidentielle et avec une faible image, il est rare qu’elles aient survécu jusqu’à nous.

Néanmoins son héritage se remarquera dans de nombreuses autos produites par la suite. Les Fiat premièrement, la 128 en tête, qui adopteront la traction. Mais plus généralement, c’est une des premières compactes, à moteur transversal avant et à traction. Une construction qui semble depuis devenue basique.

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