3000 Bornes en Anciennes, Troisième Partie, Lac de Côme – Stelvio – Chiavenna

Le Road-Trip en BMW E30 n’est pas fini loin là. Apres les Alpes dans la première partie, l’élégance et la dolce vita lombarde, repartons réaliser un rêve de lycéen pour ce troisième jour.

Direction… un monument routier !

6h du matin et déjà en route vers le paradis. Les pros de la géographie auront constaté que le lac de Côme n’est pas si loin d’une route rendue célèbre par une non moins célèbre émission britannique. Je cite le col du Stelvio. Classé comme le 2eme plus haut col d’Europe avec 2758m d’altitude il est surtout vendu pour être l’éden des automobilistes et c’est ce que je compte bien vérifier. 48km, 1900m de dénivelé, 60 épingles voilà le programme de l’attraction principale du voyage.

Depuis ma terminale j’attend ce jour béni et c’est avec un certain entrain que je me suis levé à 4h30 du matin. Un tel horaire peut sembler fou, mais il est purement stratégique quand on connaît le trafic potentiel sur cette route ! Et j’y tiens, je n’aurais qu’un essai et je veux que ce soit parfait. Le dieu de l’octane semble de mon côté, le ciel est étoilé et les prévisions météo sont au beau fixe.

Au fur et à mesure que je me rapproche de Bormio le trafic diminue et l’excitation monte. Bormio enfin ! À la sortie du village petite bifurcation vers la droite le paradis est indiqué à 23km. Je m’arrête quelques instants pour débrancher le GPS et ranger tout ce qui pourrait me gêner ou voler dans l’habitacle. Pendant ce temps, deux M3 E30 en profitent pour me doubler à toute allure. Mon 320 n’a pas le pedigree mais qu’importe il est temps de taper dedans, prendre un max de plaisir.

L’instant sacré

Les deux mains sur le volant, respirations profondes, le 6 pattes tourne rond, le soleil est bien là, la route bien sèche. 1ère c’est parti pour l’ascension ouest beaucoup plus rapide que l’autre versant ! 6000trs, le 320 nous lance comme un élastique, 2eme, 3eme, ça passe malgré la longueur du rapport final.

Les virages s’enchaînent les inquiétudes sur la mécanique s’effacent, en fait à cet instant je ne me fixe plus aucune limite et me fiche complètement de ce qui pourrait arriver. L’auto, qui semblait au bout du rouleau sur l’Izeran, devient assez précise, vive, calée sur ses appuis, légèrement sous vireuse en entrée, survireuse en sortie, équilibrée et progressive dans ses réactions. La boite est un régal à manipuler (tant mieux je vais beaucoup m’en servir), bien étagée, (ce qui n’est pas le cas sur le 325i) précise et correctement guidé. On reconnaît le savoir faire BMW. Cependant des apports plus courts n’auraient pas été de refus.

Ça ne vire pas tout à fait à plat, la sensation de rail n’est pas aussi présente que sur une moderne, mais le tout est suffisamment maîtrisé. Le moteur semble avoir retrouvé la verve qu’il avait laissé au pied de l’Izeran. 1ère épingle je reste en 2, grosse erreur et je me retrouve puni par le manque de couple et la longueur des rapports ! Je vois ce que veulent dire les propriétaires de 325. Tant pis je tomberai la 1ère à la prochaine. Une fois le réflexe acquis le 320 monte avec constance et double sans peine entre deux épingles.

La sonorité caverneuse et discrète jusqu’à présent vire au métallique puis à l’aigu à l’approche de la zone rouge. Un son à l’ancienne, qu’on ne trouve que sur le 2.0L, enivrant, particulièrement dans les enchaînements de tunnels ! Le mordant du moteur se confirme, passé 4000trs les 6 pistons se réveillent et nous entraînent jusqu’au rupteur. Et même si 50ch de plus, ainsi qu’une boite plus courte et un châssis plus ferme n’auraient pas été de trop, je ne boude pas mon plaisir.

En fait la seul chose qui pourrait gâcher la fête ce sont les freins qui perdent rapidement en constance. Je dévore l’ascension comme un enfant son gâteau d’anniversaire, cette route est magique ! Rapide, technique spectaculaire et rassurante. Le 320 virevolte d’épingles en épingles et je ne tarde pas à rattraper mes homologues et leurs M3 qui ne verront pas le sommet. Le 2.0L lui y arrive, et malgré les 2500m place un 130 à l’heure accompagné par cette sonorité. Peu à peu le paysage se transforme, au détour d’une épingle je me retrouve en plein Rohan, grande ligne droite sur un plateau. Le ruban déroule à 140 j’exulte. Malgré sa réputation cette auto et l’instant me prennent aux tripes. Mission accomplie pour le 320, pas sûr qu’un 325 ou une M3 auraient apporté finalement beaucoup plus au conducteur lambda que je suis. Dernières épingles et c’est le sommet, direction la cime.

Belvedere, 2800m on y est. L’auto n’a pas chauffée d’un poil mais l’altitude a fini par faire son effet, mêmes symptômes qu’au sommet de l’Izeran. Rien à foutre on est en haut et la vue m’éclate aux yeux comme un feu d’artifice. Coup d’œil sur la montre, 20min auront suffit pour avaler cette ascension mythique et probablement la plus belle et la plus intense qu’il m’ait été donné de faire. Pas mal le baby 6 !

Au sommet

Le sommet du Stelvio, c’est l’antithèse de l’Izeran. Ici ça grouille : cafés, hôtels, commerces, une vraie petite ville. Les sportives et moins sportives se succèdent, les terrasses se remplissent, on est bien là haut. En parlant de café un expresso bien serré me permet de faire le point sur cette montée. Effectivement les gars de Top Gear ont raison on est bien au paradis des rouleurs, une route à la fois technique et rassurante, dans un cadre à couper le souffle mais aussi un véritable défi.

C’est pas tous les jours qu’on ira titiller les 3000m, pied dedans et sans suées. Le 320 sans être une supercar ou une sportive a parfaitement accompli sa mission et même plus encore. L’auto une fois bien comprise m’a littéralement procuré du bonheur et au final c’est tout ce qui compte.

Toutes les bonnes choses ont une fin, il est temps de redescendre par le côté est et ses mythiques lacets. En bas je jette un dernier coup d’œil sur ce rocher. On était bien au 7ème ciel, et assurément je compte bien me refaire ces 60 épingles!

En route vers l’Autriche et la Suisse

La route continue, vers le nord, direction l’Autriche. Au détour d’un tunnel le spot de Curon Venosta permet une agréable pause. Ancien village englouti dans les années 50 il ne reste aujourd’hui que le clocher dépassant du lac. Voila une image improbable à ramener à la maison. Ces alpes sont décidément riches en trésors.

Autriche, Nauders, nous voici dans la vallée de l’Inn qui à cet endroit forme une magnifique gorge. Entre falaises vertigineuses et tunnels le spectacle est grandiose.

Je continue ma route quelques dizaines de kilomètres, avant de remonter le torrent vers la Suisse. La gorge étroite laisse place à des eaux turquoises et des Alpages ! Au détour d’un pont je me trouve un petit rocher au bord de l’eau pour déjeuner.

Direction Saint Morritz, la route est large et nous berce des ses longues courbes. Divers ouvrages d’arts sont nichés à flanc de montagne. Le 320 retrouve son tempérament calme de routière et enchaîne paisiblement les km. Cependant, l’Idylle est rapidement brisée par les multiples travaux et feux sur la chaussée, la qualité du réseau Suisse a un prix ! Jusqu’à Saint Morritz c’est un arrêt de 2min tous les 5km, quelle guigne !

La vallée s’élargit, la rivière laisse place à des lacs enfin nous y sommes ! Je m’arrête au bord d’un lac à quelques kilomètres de Saint Morritz. Un château dominé par des montagnes plutôt menaçantes, en voilà un beau paysage de rubrique évasion. Au loin nombreux sont les kite-surfers à profiter de ce spot grandiose.

Quelques claquements d’appareil photo et je reprends ma route. Le ciel se couvre et devient très sombre. Décidément les Alpes en fin d’après-midi, c’est vraiment pas ça ! Pourvu qu’il ne pleuve pas.

Retour en Italie et étape du jour

Descente sur l’Italie par le Molajpass.

Magnifique enchaînement de lacets à flanc de falaise un peu comme Montvernier. Le ciel devient de plus en plus inquiétant à l’approche de l’étape du jour.

Arrivée sur Chiavenna, petite pause chez un pompiste local : « Bella macchina! » me dit-il en griffonnant 80€ sur un bout de papier. « Bon sang j’ai fais que 400km depuis le dernier plein! ». J’avais oublié que les 50 bornes du Stelvio avaient plombé ma moyenne.

Quelques minutes plus tard je rejoins mon hôtel du jour. La pluie n’est pas tombée. Décidément cette journée était sous de bons hospices ! Le bilan de l’auto se renforce j’ai affaire à une belle routière, sans prétentions aucunes, mais qui sait à la fois se faire discrète et plaisante à mener vivement quand il le faut. BMW « le plaisir conduire » on est en plein dans le mille.

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